Ovoviviparité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Une espèce est ovovivipare lorsque les œufs incubent et éclosent dans le ventre de la femelle, sans relation nutritive avec celle-ci (simples échanges d'eau et de gaz). Dans de nombreux cas, la rétention des zygotes peut avoir lieu ailleurs que dans le tractus génital et se dérouler dans des sacs d'incubation ou même dans d'autres organes (l'estomac chez Rheobatrachus). Cette stratégie de reproduction est appelée l'ovoviviparité.

Plus rigoureusement en se fondant sur l'état du zygote et de l'embryogenèse, il convient de considérer[1] ovuliparité, oviparité, ovo-viviparité, viviparité histotrophe et viviparité hémotrophe[2].

Dans le règne animal[modifier | modifier le code]

L'ovoviviparité est utilisée par de nombreux poissons (comme le Torpedo), requins, reptiles et invertébrés. D'un point de vue phylogénétique, l'ovoviviparité est un caractère convergent se répétant de nombreuses fois durant l'évolution de façon variée. Ce caractère ne permet pas de définir de groupe monophylétique[réf. souhaitée].

Avantages de l'ovoviviparité[modifier | modifier le code]

L'ovoviviparité est un pas évolutif vers la viviparité car ce mode de développement confère l’avantage d’une incubation protégée dans les voies génitales de la mère, mais n'est pas aussi abouti que celui des vivipares.

Voici une liste non exhaustive d'avantages conférés par l'ovoviviparité :

  • principalement le maintien constant des facteurs primordiaux au développement de l'œuf (température, humidité et pression partielle des gaz)
  • pas de prédation des œufs
  • pas de nid donc pas d'incident (piétinement, inondation…)
  • possibilité de migration de la femelle avec ses œufs face à un changement brutal du milieu

Par exemple, le maintien constant de la température permet aux espèces ovovivipares de coloniser les milieux des latitudes froides, non colonisés par les autres espèces ovipares à défaut d'une température suffisante pour le développement de leurs œufs. Toutefois ces avantages sont relatifs aux milieux de vie de ces espèces et l'ovoviviparité n'est pas sans inconvénient. Par exemple, les femelles « gestantes » subissent une grande perte de mobilité à cause des œufs stockés dans leurs voies génitales et sont de ce fait plus exposées à la prédation.

Oophagie[modifier | modifier le code]

Chez certaines espèces de requins ovovivipares a lieu, au sein de l'utérus, un phénomène de cannibalisme intra-utérin, appelé oophagie : le premier des petits requins qui éclot dévore ses frères et sœurs potentiels ; au final, un seul requin naîtra, mais plus gros et plus fort que si plusieurs jeunes avaient éclos. On l'observe par exemple chez le requin taureau et les lamnidés.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Thierry Lodé 2001 Les stratégies de reproduction des animaux. Dunod Sciences
  2. Ovipare ? vivipare ? sur ecologieevolutive.fr.gd, le site de Thierry Lodé

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :