Grand Curtius

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Curtius.
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Palais Curtius.
Grand Curtius
Musée d'Archéologie, d'Art mosan, d'Armes, du Verre, et des Arts décoratifs
Image illustrative de l'article Grand Curtius
Informations géographiques
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Ville Blason de Liège Liège
Adresse 136, Féronstrée,
13, quai de Maestricht
Coordonnées 50° 38′ 49″ N 5° 35′ 02″ E / 50.64692, 5.583984 ()50° 38′ 49″ Nord 5° 35′ 02″ Est / 50.64692, 5.583984 ()  
Informations générales
Date d’inauguration Mars 2009 (après rénovation)
Conservateur département archéologie : Jean-Luc Schütz
département armes : Philippe Joris,
département Art religieux et Art mosan : Albert Lemeunier
Collections Archéologie, arts décoratifs, arts religieux, art mosan, arme, verre
Nombre d’œuvres 5 914 (100 000 dans les réserves)
Superficie 8 163 m2
(exposition permanente : 2 848 m2, exposition temporaire : 974 m2, cours et jardins : 2 315 m2)
Informations visiteurs
Site web Grand Curtius

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Grand CurtiusMusée d'Archéologie, d'Art mosan, d'Armes, du Verre, et des Arts décoratifs

Géolocalisation sur la carte : Liège

(Voir situation sur carte : Liège)
Grand CurtiusMusée d'Archéologie, d'Art mosan, d'Armes, du Verre, et des Arts décoratifs

Expositions temporaires

Le Grand Curtius est un ensemble muséal situé à Liège en Belgique.

Inauguré en 2009, il regroupe les collections de plusieurs musées liégeois : musée Curtius (archéologie et arts décoratifs), musée d'art religieux et d'art mosan, musée d'armes et musée du verre.

Il occupe notamment la résidence et le Palais Curtius, les hôtels de Hayme de Bomal et Brahy, et la maison de Wilde. Son nom lui vient de Jean De Corte, dit Jean Curtius, industriel liégeois et négociant d'armes du XVIIe siècle qui construit sa demeure, le Palais Curtius au bord de la Meuse à Liège.

Article détaillé : Palais Curtius.

Histoire[modifier | modifier le code]

Historique des collections[modifier | modifier le code]

En 1850 fut fondé l'Institut archéologique liégeois (IAL), dont l'un des objectifs était d'ouvrir un musée. Les collections furent successivement présentées dans différents lieux avant d'être exposées dans une aile du palais des Princes-Évêques en 1874. En 1891 naquit le projet de transfert du musée dans la maison Curtius. En 1896, la ville projeta également d'abriter ses collections propres ainsi que celles de l'IAL dans un bâtiment à leur mesure. Le palais Curtius fut acquis par la ville en 1901. Après une longue restauration, il abrita le musée Curtius (appelé initialement Musée archéologique liégeois) en 1909.

À l'origine, l'œuvre d'une famille de collectionneurs, Alfred Baar et son fils Armand Baar, la collection de verres fut mise en dépôt au musée Curtius par la veuve d'Armand en 1946. La ville l'acheta en 1952. Dès 1959, cette collection devint une section indépendante, qui fut progressivement enrichie en pièces des XIXe et XXe siècles, ainsi qu'en cristal du Val-Saint-Lambert.

Le musée d’Armes de la ville de Liège fut créé grâce à la donation initiale du fabricant d'armes Pierre-Joseph Lemille. Lorsqu'il ouvrit ses portes en 1885, la Cité ardente était toujours l'une des plus grandes productrices d'armes portatives au monde. Cette tradition liégeoise de fabrication d'armes perdure d'ailleurs encore au XXIe siècle, notamment à la Fabrique nationale d'Armes d'Herstal ou à l'école d'armurerie. Il était abrité dans l'hôtel Hayme de Bomal. S'il fut créé pour montrer aux professionnels ce qui se fabriquait dans le monde en matière d'armurerie, il eut pour vocation, depuis les années 1960, d'intéresser le grand public.

L'ancien musée d'Art religieux et d'Art mosan, également appelé MARAM, fut fondé en 1891 par la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, et agréé par la ville de Liège dès 1976. Ce musée fut hébergé rue Mère-Dieu jusqu'à la création du Grand Curtius.

Historique du projet de regroupement des collections[modifier | modifier le code]

Si l'idée de regroupement fut maintes fois évoquée, c'est en 1995 que le projet devint plus précis. À ce moment le regroupement des musées décrits est arrêté sous le nom d’EMAHL, pour « Ensemble muséal d’art et d’histoire de Liège ».

De nombreuses polémiques et recours, principalement architecturaux, émailleront sa conception jusqu'en 2005. Le projet prit entre-temps le nom de "Grand Curtius". L'aménagement se poursuivit ensuite sans heurts jusqu'à la date d'ouverture, en mars 2009.

Collections[modifier | modifier le code]

S’étendant sur une superficie d'environ 10 000 mètres carrés, et exposant quelque 4 000 œuvres, le Grand Curtius présente deux parcours. Le premier est chronologique. Le second est thématique et couvre certains domaines particulièrement bien représentés dans le musée.

Les principales sections sont les suivantes.

L'archéologie[modifier | modifier le code]

Engis 1, homo sapiens du néolithique, un des crânes découverts par Schmerling à Engis

Les collections d'archéologie sont riches notamment de pièces néolithiques et paléolithiques, gallo-romaines et mérovingiennes. La plupart proviennent de fouilles menées en Wallonie (Spy, Engis, Haccourt, Liège, Roche-aux-faucons, Omal). Elles retracent l'histoire locale de la préhistoire à la fin de l'époque carolingienne.

L'art religieux et l'art mosan[modifier | modifier le code]

Datée de 1970[1], une maquette de la Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège, ici comme vue du Palais des Prince-évêques, montre les tours de sables en tuffeau, sorte de craie sableuse…

L'art religieux, issu des collections du MARAM [2] et de l'ancien musée Curtius, est plus particulièrement représenté par ses pièces d'art mosan mais, plus globalement, la section présente l'évolution de l'art religieux dans l'ancien diocèse de Liège, suivant les grands courants artistiques du Haut Moyen Âge au début du XXe siècle.

Y sont notamment présentées des sculptures sur bois, des manuscrits, des pièces d'orfèvrerie mosane et liégeoise, des bronzes, des peintures des écoles wallonne, flamande, italienne, allemande et française, des tissus orientaux et des ornements liturgiques du VIIIe au XIXe siècles.

Une section du musée est consacrée à Saint-Lambert: elle regroupe les principaux souvenirs historiques et iconographiques liés au Saint, ainsi qu'une maquette au 1/100 de l'ancienne cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert détruite à partir de 1794 pendant la Révolution liégeoise.

Enfin, une salle consacrée à la franc-maçonnerie à Liège termine le parcours, exposant des pièces prêtées par les musées maçonniques et les principales loges de Liège.

Les armes[modifier | modifier le code]

L'ensemble est réparti en deux grandes sections : les armes civiles et les armes militaires. L'équipement défensif, l'artillerie, l'armurerie de luxe sont plus brièvement évoquées. Cette section du Grand Curtius regroupe près de 13 000 pièces dans ses collections.

Le verre[modifier | modifier le code]

La collection de verres était à l'origine constituée de 2 400 pièces représentant les verres vénitiens, liégeois, anversois, hollandais, ainsi que le cristal de Bohême et d'Angleterre.

Elle fut plus tard enrichie en verres des XIXe siècle et XXe siècle, de pièces d'art contemporain, et en œuvres des Cristalleries du Val-Saint-Lambert. Actuellement, il s’agit d’une des plus prestigieuses collections mondiales, riche d’environ 10 000 pièces.

Les arts décoratifs[modifier | modifier le code]

La section consacrée aux arts décoratifs est constituée de sculptures, d'orfèvrerie, et de faïences et porcelaines.

Diverses donations l'ont enrichie, et ont notamment permis d'élargir ses collections étrangères par quelques pièces égyptologiques.

Enfin, elle présente une riche collection de mobilier depuis l'époque gothique. Plusieurs créations de Gustave Serrurier-Bovy s'y retrouvent, notamment dans le studio d'Eugène Ysaÿe, légué à la ville par ses héritiers et désormais présenté au Grand Curtius.

Biens classés[modifier | modifier le code]

Le musée compte 17 biens classés au patrimoine mobilier de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Catégorie Sous-catégorie Nom du bien Datation Illustration
Beaux-arts Peinture La Vierge à l’Enfant avec donatrice et Marie Madeleine du Maître à la Vue de Sainte Gudule XVe siècle
03gudulf.jpg
Beaux-arts Sculpture Vierge dite de Dom Rupert 1149-1158
Vierge Dom Rupert.jpg
Beaux-arts Sculpture Tympan de la Prophétie d’Apollon Dernier quart du XIIe siècle
École mosane - Tympan d'Apollon.jpg
Beaux-arts Sculpture Vierge de Berselius y compris son socle 1529-1535
Vierge de Bersélius.JPG
Beaux-arts Sculpture Christ de Rausa vers 1230-1240
Christ de Rausa.JPG
Beaux-arts Sculpture 6 fragments d’un retable de la Passion (Collection privée) ca 1340
Defaut.svg
Beaux-arts Sculpture Christ d’Oreye vers 1260
Defaut.svg
Beaux-arts Sculpture Ivoire d’Amay De 850 à 1050 (selon auteurs)
Defaut.svg
Beaux-arts Orfèvrerie Coupe Oranus dans son ensemble 1564
(datation non certaine)
Defaut.svg
Beaux-arts Orfèvrerie
Manuscrits
Les plats de reliure et l’Evangéliaire dit de Notger manuscrit : vers 860
ivoire : fin Xe siècle
émaux : vers 1160-1170
Ivoire de Notger.jpg
Beaux-arts Orfèvrerie Triptyque-reliquaire de la Sainte-Croix vers 1160-1170
Triptyque de la sainte Croix.JPG
Beaux-arts Verre Vase « Crépuscule » de Philippe Wolfers c. 1900
Defaut.svg
Beaux-arts Verre Aiguière catalagne 2e moitié du XVIe - début du XVIIe siècle
Defaut.svg
Beaux-arts Mobilier Piano de la Chapelle-en-Serval, Gustave Serrurier-Bovy 1901-1902
Gustave Serrurier-Bovy02.jpg
Archéologie Bronzes d’Angleur formant un ensemble de vingt pièces constitutives du décor d’un autel et d’une fontaine dédiés à Mithra Fin du IIe siècle/première moitié du IIIe siècle
Bronzes d'Angleur.JPG
Sciences-Techniques-Industries Fusil de chasse de grand luxe pour cartouche à broche, attribué à Pierre-Joseph Lemille 1865
Defaut.svg
Pendule astronomique à 6 cadrans de Sarton, Dieudonné Hubert Sarton vers 1794-1795 Liège
Defaut.svg

Expositions[modifier | modifier le code]

En quelques chiffres[modifier | modifier le code]

  • Superficie totale du site : 5 635 m2, dont 3 176 m2 bâtis ;
  • Superficie totale du projet (exposition, circulation, espace technique) : 9 687 m2 ;
  • Superficie totale des parcours : 5 103 m2 répartis de la manière suivante :
    • parcours chronologique : 2 417 m2,
    • parcours thématiques : 1 290 m2 (Égypte, verre, armes, lapidaire, arts de la table et spiritualité),
    • parcours exposition temporaire :1 396 m2 y compris la salle d’actualité ;
  • Nombre de pièces exposées : 5 914[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Si la maquette au 1/100 donne une représentation assez fidèle de la cathédrale d'après les données recueillies et compulsées jusqu'en 1970, les nouvelles recherches et les fouilles de 2004 font apparaître de nombreuses divergences ; vide Marcel Otte (dir.), Les fouilles de la place Saint-Lambert à Liège,‎ 1984
  2. nom de l'ancien Musée d'Art Religieux et d'Art Mosan
  3. « Grand Curtius », sur proxiliege.net,‎ 6 mars 2009 (consulté le 7 décembre 2012) : « Comment visiter ? »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]