Jean Del Cour

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Jean Del Cour

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Jean Del Cour, Portrait par son frère, Jean-Gilles Del Cour (1632-1695), Liège, Grand Curtius

Nom de naissance Jean Delcour
Naissance 1627
Blason de Hamoir Hamoir,
Principauté de Stavelot-Malmedy
Décès 4 avril 1707
Blason de Liège Liège,
LuikVlag.svg Principauté de Liège
Nationalité Principautaire liégeois LuikVlag.svg
Activité(s) sculpteur
Maître Robert Henrard, Le Bernin
Mouvement artistique Baroque
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Jean Del Cour, né en 1627 puis baptisé le 13 août 1631 à Hamoir et décédé le 4 avril 1707[1] à Liège, est un sculpteur du courant baroque. Il est connu comme étant celui qui introduisit ce style dans la principauté de Liège et est considéré comme le plus fameux représentant de ce style en Wallonie.

Sommaire

[modifier] Biographie

Il est né à Hamoir comme son frère Jean-Gilles Delcour, célèbre peintre, tous les deux fils de Gilson Delcour et de Gertrude de Verdon à l'époque dans la principauté de Stavelot-Malmédy. Il se rend à Rome en 1648. Il séjourne près de 10 ans en Italie où il est devient élève du Bernin. À son retour, vers 1660, il s'installe définitivement à Liège, rue Sœurs de Hasque, à l'enseigne du Saint-Esprit, lieu où il meurt en 1707. Resté célibataire, il est enterré, comme sa mère et son frère, à la Collégiale Saint-Martin de Liège.

Par son testament[2], il laisse tous ses biens pour la fondation d'une chapelle, qui a été érigée à Hamoir, sur le premier modèle de celle de Notre Dame de Lorette dans la Marche d'Anconne. Cette chapelle est consacrée le 23 septembre 1739, par Jacquet, évêque de Hippone, et suffragant de l'évêque de Liège. Elle est démolie en 1868, mais on récupère les matériaux pour la nouvelle église de Hamoir[3]

Sa maison natale existe encore aujourd'hui au no 4 de la rue Gilles Del Cour. Ce bâtiment connaît une procédure de classement.

Jean Del Cour travaille le bois et le marbre, mais il réalise également des moules dans lesquels on coule du bronze. Les œuvres que nous possédons de ce sculpteur montrent qu'il posséde la même maîtrise de ces techniques si différentes. Or, sous l'ancien régime, l'apprentissage d'un métier dépend des corporations. On ne sait toujours pas quand il a pu acquérir ces différentes techniques.

[modifier] Demande de Vauban

Peu avant la fin de sa vie, Vauban lui propose de travailler sur une des statues équestre du Roi-soleil pour la Place des Victoires à Paris. Il décline l'offre.

[modifier] L'œuvre sculptée

Christ mort en marbre blanc, cathédrale Saint-Paul
  • la Vierge du Vinâve d'Île
  • les trois Grâces surmontant le Perron
  • la statue de Jean-Baptiste, Cathédrale Saint-Paul
  • le Christ mort en marbre blanc de la Cathédrale Saint-Paul: cette statue provient de l'église des religieuses Sépulcrines dites des Bons-Enfants, rue Agimont. Il faisait partie du monument que Walter de Liverlo, bourgmestre de Liège en 1705 et 1712, avait fait élever pour lui et son épouse dans l'église des dites Sépulcrines[4]. Il porte l'inscription suivante :
CHRISTO SEPVLTO WALTERUS DE LIVERLO ET MARIA D'OCIER/ CONJUGES POSUÉRE ANNO 1696
La tête du Christ est dépouillée de sa couronne d'épines. On voit encore les trous qui servaient à la maintenir au moyen d'écrous.
Cette fontaine, construite en marbre provenant de carrières aujourd'hui abandonnées près de Hamoir a été construite en 1696 et 1697 sur les plans et dessins du sculpteur Jean Delcour. Le Perron placé sur le Marché ayant été renversé par un vent violent le 9 janvier 1693, vers 9 heures du soir, fut réparé par cet artiste qui exécuta les trois statues en marbre blanc soutenant la pomme de pin et 6 bustes de même matière qui décoraient les arcades de la fontaine. En 1717, les bourgmestres Michel-Nicolas de Lohier et Louis-Lambert de Liverlo firent transporter ces bustes dans le vestibule de l'Hôtel de ville où ils se trouvent encore au dessus des portes[5].
La fontaine élevée par Del Cour est démolie en 1848 et reconstruite sur les plans primitifs. Elle est livrée à l'usage du public en juillet 1864.

[modifier] Fortune critique

On estime que, comme Le Bernin, il a réussi à dégager la sculpture de l'architecture qui témoignait autrefois d'une certaine soumission vis-à-vis de [celle-ci]. Les œuvres ne parvenaient pas à faire oublier le bloc dont elles étaient extraites. Le Bernin les libère de la pesanteur et crée des formes qui sortent de la matière originelle, s'animent, se soulèvent et planent entre ciel et terre (...) Del Cour ne copie pas Le Bernin, il ne l'imite pas de manière servile mais il l'assimile, il adapte à son tempérament et à son goût ce qu'il comprend de mieux en mieux[6].

L'art de Jean Del Cour illustre pleinement le modernisme de son époque. Élan mystique, passion, amour, sensualité, tous les thèmes chers à l'époque baroque, il les a traduits avec force, dynamisme et noblesse, mais aussi une certaine retenue. Jean Del Cour n'a jamais cédé aux emphases du baroquisme : pas de contorsions débridées, d'outrances anatomiques ni d'expressions ostentatoires. Il a su, en quelque sorte, garder une juste mesure dans l'expression passionnée des sentiments.[7]

Jean Del Cour est le frère de Jean-Gilles Delcour peintre liégeois, élève de Bertholet Flémal, à l'instar de Gérard de Lairesse.

[modifier] Expositions

[modifier] Notes et références

  1. Del Cour est inhumé à la paroisse Saint-Martin-en-Île, à Liège. cf. Michel Lefftz, Jean Del Cour 1631-1707. Un émule du Bernin à Liège, asbl "Les Musées de Liège" et Éditions Racine, Bruxelles, 2007, p. 21.
  2. 25 octobre 1702
  3. René Henry, Hier en Ourthe-Amblève: Mythes et Destinées, p. 139, 1991.
  4. Olivier-Joseph Thimister, Essai historique sur l'église de Saint Paul, Liège, 1867, p. 184
  5. Catalogue descriptif de Musée Provincial de Liége - Page 52 , 1864 n° 75
  6. Marie-Madeleine Robeyns, Jean Delcour, Collection Wallonie, art et histoire, éditions Duculot, Gembloux, 1977, p.53
  7. A.Geersten, Professeur à l'Institut supérieur des Beaux-Arts Saint-Luc de Liège, Histoire de l'art de la sculpture en Wallonie in 2000 ans d'art wallon, La renaissance du livre, Bruxelles, 2000, pp.103-141, p.121

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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[modifier] Bibliographie

  • Michel Lefftz, Jean Del Cour 1631-1707. Un émule du Bernin à Liège, asbl Les Musées de Liège et Éditions Racine, Bruxelles, 2007, 192 p.
  • Albert Lemeunier (dir.), Jean Del Cour et la sculpture baroque à Liège. Chefs-d'œuvres du Musée d'Art religieux et d'Art mosan, catalogue d'exposition, Liège, 1994.
  • Jean Del Cour, 1631-1707 : catalogue de l'exposition organisée à l'occasion du 250e anniversaire de sa mort, Salle des Pas perdus de l'Hôtel de ville du 29 septembre au 20 octobre 1957, Liège, 1957, 20 pages.
  • Suzanne Collon-Gevaert, Le Christ mort de Jean Del Cour, 1966
  • Pascale Bontemps-Wery, Musée d'Art Religieux et d'Art Mosan. Liège, Jean Del Cour et la sculpture baroque à Liège : Chefs-d'œuvre du Musée d'Art religieux et d'Art mosan, catalogue, exposition org. au Podium de l'INNO - Liège du 30 avril au 28 mai 1994.
  • René Lesuisse, Le sculpteur Jean Del Cour, sa vie, son œuvre, son évolution, son style, son influence : étude historique, esthétique et critique, 1953 - 222 pages
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