Ford Sierra

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La Ford Sierra est une voiture produite par Ford entre 1982 et 1993. Elle est la remplaçante de la Taunus en Europe (Ford Cortina en Grande-Bretagne) et sera elle-même remplacée par la Mondeo.

À l'époque, son style signé d'un certain Patrick le Quément a séduit et les ventes n'ont pas tardé à décoller. Au total 3 400 000 Sierra furent fabriquées, principalement en Allemagne, en Belgique (à Genk précisément avec ses 2 750 000 unités), au Royaume-Uni, en Argentine, Afrique du Sud...

Ford Sierra RS 500

Finitions[modifier | modifier le code]

La Sierra possède une gamme assez vaste de finitions, que l'on retrouve sur les quatre phases de sa production (notées Mk1, Mk2, Mk3 et Mk4). Pour compliquer les choses, certaines finitions n'ont pas reçu certaines motorisations. Ces finitions sont relativement nombreuses : standard, Laser, C, L,CL, GT, CLX, GLS, GL, S, Coupé, Ghia… Pour couronner le tout, ces finitions ne s'appliquent pas aux modèles sportifs. Les finitions se distinguent par les options dont elles disposent. La Sierra existe en 5 portes (hayon), 3 portes (S - ou Le Coupé -, XR, Cosworth pour la France, L, GL, CL, 3 portes non importées), 4 portes (silhouette tricorps), break et pick-up (Sierra P100). Il existe notamment un modèle unique réalisé par Etienne le Bolideur, la Vega Missyl[1].

Mécanique[modifier | modifier le code]

Contrairement à la plupart de ses concurrentes, ce sont les roues arrière qui sont motrices sur la Sierra (sauf Cosworth 4x4-berline 4 portes-, XR4x4-en version hayon- et CLX 4x4-berline 4 portes ou break-). Jusqu'en 1989, les Sierra étaient équipées avec une transmission type N venant de la Cortina, puis elle a été remplacée par la MT75 (sur DOHC et V6). On retrouve également des supensions indépendantes et des freins à tambour à l'arrière (sauf les modèles avec l'ABS et sportifs équipés de quatre freins à disques)

Motorisations disponibles[modifier | modifier le code]

L’OHC (dit "Pinto") : Le moteur le plus fidèle de la gamme Sierra tout au long des années. D'abord présenté au Royaume-Uni en 1970 dans la Cortina, le Pinto était un moteur bon marché à distribution par courroie crantée. Ce moteur a été monté dans des millions de véhicules principalement en Europe, que ce soit dans l'Escort RS2000, la Taunus / Cortina, la Sierra, la Granada, la Scorpio, la Capri ou le Transit. Au commencement disponible en 1.3, 1.6, 1.8 et 2 litres, le Pinto a été éliminé de la gamme au fur et à mesure car incapable de respecter les nouvelles normes d'émissions polluantes entrant en vigueur au cours des années 1990. Ford a alors décidé que le Pinto avait fait son temps. Les 1.3 ont disparu d'abord (de toutes façons il n'a jamais été vraiment adapté à une voiture de la taille de la Sierra bien que ce modèle était annoncé à 975 kilos) suivi des 1.8 en 1987(remplacé par le CVH), puis les 2.0, remplacés par un nouveau moteur double arbre à came 8 soupapes en avril 1989 (le Twincam / DOHC). Le 1.6 a finalement disparu à la fin de 1991 avec l'introduction du 1.6 CVH.

Le CVH : monté dans la Sierra en version 1.6 (après 1991) et en version 1.8 (à partir de 1987). D'abord présenté au Royaume-Uni au début des années 1980, le CVH a trouvé sa place sous le capot d'une Ford traction : l'Escort qui utilisait les versions 1.3, 1.4 et 1.6. La Fiesta l’a utilisé également en version 1.3 et 1.6 au début, puis en version 1.4 sur la génération suivante. Le CVH est issu du Pinto, mais utilisant une culasse en alliage d'aluminium et de fonte sur un bloc cylindres en acier.

Le DOHC : en service dans les Sierra 2.0 depuis 1989 en remplacement du Pinto 2.0. Il est disponible en version carburateur et en version injection. C'est un moteur à la fois performant et économique. Les deux arbres à cames sont entraînés par une chaîne qui est conçue (selon Ford) pour durer la vie du moteur. Cependant une chaîne peut s’user et nécessiter un remplacement mais certains moteurs peuvent atteindre facilement 250 000 km sans en changer. Le DOHC est souvent considéré comme étant l'un des meilleurs moteurs de grande série jamais fait par Ford pour le marché européen.

Le Cologne V6 : le Cologne a d’abord été monté dans ses versions 2.0 et 2.3 sur les Sierra mk1 puis plus tard sur les modèles 2,8 litres de la XR4i et la XR4x4. Retouché vers la fin des années 1980 pour lui donner un meilleur couple à bas régime, il a gagné une augmentation de cylindrée portée alors à 2.9 et un changement de la conception de la culasse mais au détriment d’une voiture au comportement moins « viril » comme l’était la 2.8.

Listing complet des moteurs :

  • Pinto (OHC) 1.3 de 60 ch
  • Pinto (OHC) 1.6 de 75 ch (7 CV fiscaux)
  • Pinto (OHC) 1.6 E 75 ch (6 CV fiscaux)
  • Pinto (OHC) 1.8 de 90 ch
  • Pinto (OHC) 2.0 de 105 ch
  • Pinto (OHC) 2.0i de 115 ch
  • 1.6 (CVH) de 80 ch
  • 1.8 (CVH) de 90 ch
  • 2.0 (DOHC) : 109 ch
  • 2.0i (DOHC) : 120 ch (catalysé) / 125 ch (non catalysé)
  • V6 Cologne (OHV) 2.0 90 ch
  • V6 Cologne (OHV) 2.3 de 114 ch
  • V6 Cologne (OHV) 2.8i puis 2.9i de 150 ch (non catalysé) / 145 ch (quelques blocs 2.9 catalysés)
  • 2.3 D (OHV) de 67 ch (origine Peugeot)
  • 1.8 TD (OHC) de 75 ch
  • 2.0 Turbo 16S (sur Sierra Cosworth) de 204 ch (version 2RM) puis 220 ch (version 4x4)

On retrouve aussi quelques modèles spéciaux :

  • 2.3 16S (carburateur) 150 ch (expérimental)
  • Essex V6 3.0 : 140 ch (sur Sierra XR6, modèle sud-africain)
  • V8 OHV 5L : 205 ch (sur Sierra XR8, modèle sud-africain)
  • 2.3 Turbo : 175 ch (sur XR4Ti, un modèle produit aux États-Unis sous la marque Mercury)

Modèles sportifs[modifier | modifier le code]

Sierra RS Cosworth[modifier | modifier le code]

Sierra RS Cosworth.
La Sierra RS Cosworth de D. Auriol.
La Sierra RS Cosworth de C. Sainz.

Lancée en juillet 1986, la RS Cosworth, conçue par le groupe SVE (Special Vehicule Engineering) de Ford, fut fabriquée en Belgique dans l'usine de Genk, à 5 545 unités seulement. Un 2 litres DOHC, alimenté par un turbo Garrett T3, transmet les 204 ch aux roues arrière.

Palmares en rallye[modifier | modifier le code]

WRC (14 podiums):
Introduction en 1987 (à partir de 1991 version 4x4; 1993 passage à Ford Escort RS Cosworth): (Stig Blomqvist, Carlos Sainz, Kalle Grundel, Didier Auriol (1987-88), Ari Vatanen (1987, 1991), Mark Lovell (1988), Franco Cunico (1989-91), Pierre-César Baroni (1989), Pentti Airikkala (1990), Malcolm Wilson (1990-92), Alex Fiorio (1990), Gwyndaf Evans (1990-91), François Delecour (1991-92), Mía Bardolet (1991-92), Miki Biasion (1992))
Titres: Ford vice-champion du monde des constructeurs en 1988, puis 3e du championnat constructeurs en 1992;
Victoire: Tour de Corse 1988 (D. Auriol);
2e Finlande 1987
2e Grande-Bretagne 1987
2e Suède 1988 (XR 4x4)
2e Portugal 1992
2e Corse 1992
3e Finlande 1987 et 1988
3e Grande-Bretagne 1987
3e Monte-Carlo 1991
3e Corse 1991
3e Catalogne 1991
3e Acropole 1992
3e SanRemo 1992
Titres continentaux:
Euro-Rallye-Trophée: 1988 Daniel Hoffner (français, 1re édition) et 1991 Philippe Camandona (suisse);
Titres nationaux (>40):
Championnat de Belgique des rallyes: 1986 et 1987 Robert Droogmans, puis 1990 Marc Duez, 1991 Patrick Snijers, et 1992 Robert Droogmans;
Championnat d'Irlande des rallyes: 1987 et 1988 Mark Lovell, 1989 Russell Brookes, et 1991 Kenny McKinstry;
Championnat de France des rallyes: 1987 et 1988 Didier Auriol, puis 1991 et 1992 Bernard Béguin;
Championnat de France des rallyes 2e Division: 1987 Jacques Vuillet, 1988 et 1989 Christian Rigollet, 1990 Jacques Tasso, et 1991 Gérard Maurin (version 4x4);
Championnat des Pays-Bas des rallyes: 1987 Jan van der Marel, 1988 Mark Lovell, et 1990 Erwin Doctor;
Championnat d'Espagne des rallyes: 1987 et 1988 Carlos Sainz;
Championnat d'Angleterre des rallyes: 1987 et 1988 (Jimmy McRae);
Championnat de Suisse des rallyes: 1988 et 1989 Christian Jacquillard, 1990 Philippe Camandona, puis 1991 et 1993 Olivier Burri (4x4);
Championnat de Pologne des rallyes: 1991 et 1992 Marian Bublewicz (4X4 au 2e titre);
Championnat du Portugal des rallyes des voitures de Production (Gr.N): 1991 et 1992 Fernando José Rebelo Martins Peres (4x4);
Championnat d'Espagne des rallyes terre: 1991 Mía Bardolet et 1994 Claudio Aldecoa (4x4);
Championnat de Turquie des rallyes: 1991 Ali Karakan;
Championnat d'Allemagne des rallyes: 1992 et 1993 Dieter Depping;
Championnat d'Écosse des rallyes: 1992 Raymond Munro, 1994 Michael Horne et 1995 David Gillanders;
Championnat du Liban des rallyes: 1992 "Bagherra";
Championnat de République tchèque des rallyes: 1993 Václav Blahna (4x4).

Palmares en endurance[modifier | modifier le code]

Sierra Cosworth (2RM et 4x4)[modifier | modifier le code]

Sierra Cosworth 4x4

La nouvelle Cosworth, basée sur la Sierra Sapphire, fit son apparition en 1988 et fut produite en 11 000 exemplaires. En 1990, sort la Cosworth 4x4 produite à 9 250 exemplaires et dont la puissance est légèrement supérieure (220 ch). Cette dernière bénéficie, en plus de la transmission intégrale, d'un équipement plus complet de série, aussi bien pour le confort (la sellerie cuir, notamment) que pour la sécurité.

Sierra XR4i[modifier | modifier le code]

La Sierra XR4i, sortie en 1983, est équipée du Cologne V6 2.8 de la Capri légèrement vitaminé pour atteindre 150 ch. Elle existe seulement en version 3 portes. Son style particulier, notamment le double spoiler, fut lui aussi considéré comme avant-gardiste.

Sierra XR4x4[modifier | modifier le code]

En 1985, la XR4x4 apparait, mais en version 5 portes cette fois (la version 3 portes n'est pas importée). Elle sera équipée du même moteur que la XR4i, à savoir le 2.8i V6, puis en 1988 par le nouveau le 2.9i V6. Enfin en 1990 celle-ci est disponible avec le 2.0i 4 cylindres DOHC.

25 941 exemplaires de XR4x4i ont été produit avec le moteur 2.8i, 18 599 exemplaires avec le 2.9i et 1 871 exemplaires avec le 2.0i. Source : http://www.fordpower.org.uk/nik/history.html

Merkur XR4Ti

Merkur XR4Ti[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis et au Canada, la Sierra était commercialisée par Merkur (une filiale de Ford spécialisée dans l'importation des Ford Scorpio et Sierra à la fin des années 1980) sous le nom de XR4Ti (le nom Sierra n'y a jamais été utilisé). Ford espérait pouvoir vendre ses modèles européens sur le marché d'Amérique du Nord par le biais de Merkur mais cela n'a pas marché et la marque Merkur a depuis cessé d'exister. La XR4Ti est motorisée par un 2.3 OHC Turbo de 175 ch (145 ch en boîte automatique), ce qui la distinguait de sa version européenne, équipée du 2.8 V6. Malgré son échec commercial, la XR4Ti figura dans la "Ten Best list" de Car and Driver en 1985.

Modèles spéciaux[modifier | modifier le code]

Sierra P100 (Pickup)[modifier | modifier le code]

Ford Sierra P100.
Même modèle.

Le P100 est une Sierra Mk2 (à la seule différence que la calandre est une grille qui sera généralisée ensuite à tous les modèles) transformée en pick-up. Les modèles vendus en France sont montés avec le 1.8 TD (turbo diesel) tandis que dans d'autres pays on peut le trouver avec le Pinto 2 litres à carburateur. Le châssis n'est pas celui de la Sierra mais celui du Ford Transit.

Sierra XR6[modifier | modifier le code]

Ce modèle fut produit entre 1984 et 1991 en Afrique du Sud. On trouve deux modèles de XR6 Mk1, tous deux équipés du V6 3.0 "Essex" : Une première version classique, atteignant 203 km/h, et un modèle bi-turbo atteignant 231 km/h. En 1989, la Sierra sud-africaine a suivi le mouvement européen avec deux ans d'intervalle et a subi un petit restylage pour donner la XR6 Mk2. Enfin, en 1991 apparut la XR6 3.0i RS.

Sierra XR8[modifier | modifier le code]

Afin de pouvoir concurrencer les sportives européennes dans les courses Sud-Africaines, le V6 de la XR6 fut remplacé par un V8 5 litres de 205 ch : la XR8 était née. Produite à seulement 250 exemplaires donc extrêmement rare, la XR8, tout comme la XR6 n'est disponible qu'en 5 portes et dispose d'un aileron bi-plan comme la XR4i.

Sierra RS500[modifier | modifier le code]

Ford Sierra RS 500

Il s'agit d'une Sierra RS de 224 ch au lieu des 204 d'origine, modifiée par Tickford, qui fut produit à seulement 500 exemplaires en 1987. Les modifications concernent le bloc moteur, notamment l'injection, le turbo (un Garrett T4) et l'intercooler, mais aussi les freins, les suspensions et quelques changements sur les spoilers et le bouclier avant (pour un meilleur flux d'air dans le compartiment moteur). La RS 500 est disponible en trois coloris : blanc, noir ou Moonstone Blue. C'est sur ce modèle musclé que sont basées beaucoup de Sierra dédiées à la course. La puissance de ces modèles de course pouvait atteindre 500 à 700 ch.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Yvelines Première, fan de Bolidage », sur youtube.com,‎ 15.12.2010 (consulté en 17.08.2014)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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