Bataille de Mantinée (362 av. J.-C.)

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La bataille de Mantinée oppose le 4 juillet -362[1] les troupes thébaines et leurs alliés aux Mantinéens et aux Spartiates.

Bataille de Mantinée (362 av. J.-C.)
Informations générales
Date 362 av. J.-C.
Lieu Mantinée en Arcadie, dans le Péloponnèse, en Grèce
Issue Victoire tactique des thébains et de leurs alliés
Belligérants
Thébains, Béotiens et alliés Coalition de cités grecques
Commandants
Epaminondas Agésilas II
Forces en présence
10 000 hoplites thébains
2 000 hoplites thessaliens
1 500 hoplites de l'île d'Eubée
1 500 hoplites de Malide
3 000 hoplites de Locride
3 000 hoplites de la cité de Sicyone
5 000 hoplites d'Argos
1 000 cavaliers thébains
1 000 cavaliers thessaliens
4 000 peltastes thessaliens et mercenaires

Total : 32 000 hommes

7 000 hoplites de Mantinée
3 000 hoplites de Sparte
2 000 hoplites d'Elis
2 000 hoplites d'Achaïe
6 000 hoplites athéniens
1 000 cavaliers athéniens
1 000 autres cavaliers
1 000 peltastes mercenaires

Total : 23 000 hommes

Pertes
 ? 1 000 tués
2 000 prisonniers

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Leuctres, l'hégémonie spartiate est remise en cause, et Épaminondas, général et dirigeant thébain, décide de construire un nouveau centre de pouvoir autour de sa cité. Il crée, ainsi, la ligue arcadienne, une fédération de cités-états sur le plateau central du Péloponnèse (au sud de Thèbes et au nord de Sparte), afin de contenir l'influence lacédémonienne et préserver la prépondérance thébaine dans la région.

Pendant les années précédant la bataille, les Spartiates se sont alliés aux Élidiens : ceux-ci, en conflit territorial avec les Arcadiens, permettent à Sparte d'offrir un plus grand contrepoids à la puissance montante. Après que les Arcadiens ont conquis le temple grec de Zeus à Olympie (sur le territoire élidien, mais considéré comme neutre car religieusement pan-grec), Mantinée quitte l'alliance et s'allie avec les Spartiates afin d'attaquer l'Alliance arcadienne. Epaminondas lève, alors, une armée qui rétablit la domination arcadienne sur la région.

Les deux armées s'affrontent en -362 aux alentours de Mantinée. Les troupes thébaines sont accompagnées de soldats de la ligue béotienne, pro-thébaine, et de détachements de Megalopolis (fondée par les Thébains en tant que capitale fédérale de l'Arcadie) et Tégée (une des principales villes de l'Alliance).

l'hégémonie thébain, bataille de Mantinée


Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

En utilisant une variante stratégique déjà employée à Leuctres, Epaminondas forme, et mène personnellement, les troupes béotiennes en une longue colonne de hoplites. Aussi, les Mantinéens et leurs alliés bloquent la route entre deux sommets abrupts et les Thébains défilent devant le front ennemi pour s'arrêter et mettre l'arme au pied, comme s'ils décidaient de se préparer pour le bivouac : les Mantinéens et leurs alliés relâchent alors leur vigilance. C'est alors qu'Épaminondas fait avancer son armée en formation oblique contre la droite ennemie tandis que sa cavalerie et ses troupes légères clouent l'aile gauche adverse. La massive phalange thébaine enfonce l'aile droite des alliés qui rompt le combat et s'enfuit, suivie, peu après, par toute l'armée alliée.

Bilan[modifier | modifier le code]

Après s'être battu en tête de ses troupes, Épaminondas est mortellement blessé dans les combats. Paralysés par la mort de leur général, les Thébains n'exploitent pas leur victoire et battent en retraite. Iolaidas et Daiphantus, dauphins désignés d'Épaminondas, périssent également. En apprenant la nouvelle, le général thébain, sur son lit de mort, pousse sa cité à conclure rapidement la paix, malgré la victoire qu'elle vient de remporter.

Privée de direction, la domination thébaine s'achève, immédiatement, sans que les Spartiates, vaincus, puissent reprendre le contrôle de la région. Le résultat direct de cette double défaite a été d'ouvrir la voie à la conquête macédonienne, ni Sparte ni Thèbes n'étant plus en mesure de résister.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle (Volume 10 L-MEMN).