Dronne

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la Dronne
(Drône, occitan : Drona)
La Dronne au Saut du Chalard à Champs-Romain.
La Dronne au Saut du Chalard à Champs-Romain.
Caractéristiques
Longueur 200,6 km [1]
Bassin 2 816 km2 [2]
Bassin collecteur la Dordogne
Débit moyen 24,6 m3/s (Coutras) [2]
Organisme gestionnaire le SyMAGE Dronne[3]
Régime pluvial océanique
Cours
Source près du lieu-dit les Borderies
· Localisation Bussière-Galant
· Altitude 480 m
· Coordonnées 45° 38′ 54.2″ N 1° 04′ 49.8″ E / 45.648389, 1.0805 (Source - la Dronne)  
Confluence l'Isle
· Localisation Coutras - la Fourchée
· Altitude 4 m
· Coordonnées 45° 02′ 15″ N 0° 08′ 55″ E / 45.0375, 0.14861 (Confluence - la Dronne)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche la Côle
· Rive droite la Lizonne, la Tude
Pays traversés Drapeau de la France France
Département français|Départements Charente, Charente-Maritime, Dordogne, Gironde, Haute-Vienne
Régions traversées Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes
Principales villes Brantôme, Ribérac, Coutras

Sources : Sandre, Géoportail, Banque Hydro, SyMAGE Dronne[3]

La Dronne (en occitan : Drona) est une rivière du sud-ouest de la France, sous-affluent de la Dordogne par l'Isle.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Les Cars, mémorial source de la Dronne
Les Cars, mémorial source de la Dronne

Drône est une graphie française archaïque que l'on retrouve dans le nom de deux communes du Ribéracois : Saint-Méard-de-Drône et Saint-Pardoux-de-Drône, mais qui témoigne de sa prononciation.

Noté Drona en 1215[4], son nom s'explique par la racine hydronymique dur- du celtique "dour" qui signifie "la rivière" et le suffixe pré-latin -onna.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Dronne devant l'abbaye de Brantôme.
La Dronne devant l'abbaye de Brantôme.
La Dronne à Bourdeilles.
La Dronne à Bourdeilles.

Elle prend sa source à 480 mètres d'altitude[5] dans le Massif central, département de la Haute-Vienne (87), région Limousin, sur la commune de Bussière-Galant[1] au sud des Cars, près du lieu-dit les Borderies, trois kilomètres au sud du bourg des Cars.

Sur deux kilomètres, son cours sert de limite aux régions Limousin et Aquitaine avant d'entrer en Dordogne sur la commune de Firbeix. Elle traverse Saint-Pardoux-la-Rivière, borde Saint-Front-la-Rivière, Quinsac et Champagnac-de-Belair avant d'arroser Brantôme, enserrant son centre-ville sur une île d'environ 300 mètres de diamètre, à l'origine du surnom de Venise du Périgord attribué à cette localité.

Elle longe ensuite Valeuil, traverse Bourdeilles, borde Lisle, Tocane-Saint-Apre et Ribérac. De Petit-Bersac jusqu'à Saint-Antoine-Cumond, elle sert alors de limite sur sept kilomètres aux régions Aquitaine et Poitou-Charentes. Elle pénètre en Charente et baigne Aubeterre-sur-Dronne, l'un des plus beaux villages de France puis Bonnes.

À partir de Saint-Aulaye et jusqu'aux Églisottes, son cours sert à nouveau sur trente kilomètres de limite naturelle entre Aquitaine et Poitou-Charentes, bordant successivement en rive droite des communes de la Charente puis de la Charente-Maritime (Saint-Aigulin), la rive gauche égrenant ses bourgs en Dordogne : Chenaud, Parcoul et La Roche-Chalais.

À partir des Églisottes, son cours continue en Gironde. Elle traverse Coutras et, un kilomètre et demi plus loin vers le sud-ouest, se jette dans l'Isle en rive droite, à 7 mètres d'altitude.

Sa longueur est de 200,6 km[1].

Départements et principales localités traversés[modifier | modifier le code]

La Dronne à Montagrier, au Moulin du Pont
La Dronne à Montagrier, au Moulin du Pont
La Dronne à Brantôme, vers 1910, à l'époque des Chemins de fer du Périgord (à gauche du cliché).
La Dronne à Brantôme, vers 1910, à l'époque des Chemins de fer du Périgord (à gauche du cliché).
La Dronne à Coutras.
La Dronne à Coutras.

La Dronne arrose cinq départements et cinquante-trois (53) communes[1] dont les principales sont les suivantes :

Toponymes[modifier | modifier le code]

La Dronne a donné son hydronyme a trois communes : Aubeterre-sur-Dronne, Saint-Méard-de-Drône, Saint-Pardoux-de-Drône.

Organisme gestionnaire[modifier | modifier le code]

En Dordogne, de Creyssac à La Roche-Chalais, la gestion de la Dronne est réalisée par un syndicat de rivière, le SyMAGE Dronne[3].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

La Dronne est une rivière assez abondante, comme sa voisine l'Isle.

La Dronne à Coutras[modifier | modifier le code]

Son débit a été observé sur une période de 45 ans (1967-2011), à Coutras, localité du département de la Gironde située au niveau de son confluent avec l'Isle [2]. Le bassin versant de la rivière y est de 2 816 km2, à 6 m d'altitude, c'est-à-dire sa quasi-totalité[note 1].

Le module de la rivière à Coutras est de 24,6 m3/s.

La Dronne présente des fluctuations saisonnières de débit bien marquées, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 33,3 et 50,5 m3/s, de décembre à avril inclus (avec un maximum en janvier et surtout février), et des basses eaux d'été, de début juillet à fin septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à 4,85 m3 au mois d'août. Mais les fluctuations sont bien plus prononcées sur de plus courtes périodes.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : P8462510 - La Dronne à Coutras pour un bassin versant de 2 816 km2 et à 6 m d'altitude[2]
(08/07/2014 - Données calculées sur 45 ans de 1967 à 2011)

Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable

Étiage ou basses eaux[modifier | modifier le code]

À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque 1,10 m3⋅/s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui est fort bas pour ce cours d'eau assez puissant et peut être qualifié de sévère, le débit étant alors réduit à 2,5 % du débit moyen. Ce phénomène est assez fréquent dans les régions de plaine de l'Aquitaine, malgré la proximité de l'océan.

Crues[modifier | modifier le code]

Les crues peuvent être assez importantes. Ainsi les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 180 et 270 m3⋅/s, le QIX 10 est de 340 m3⋅/s, le QIX 20 de 400 m3⋅/s et le QIX 50 de 470 m3⋅/s.

Le débit instantané maximal enregistré à Coutras a été de 538 m3/s le 5 mai 1986, tandis que la valeur journalière maximale était de 524 m3/s le 3 mai de la même année. Si l'on compare le premier de ces chiffres à l'échelle des QIX de la rivière, il ressort que cette crue était bien plus importante que la crue cinquantennale définie par le QIX 50, et donc fort exceptionnelle.

La hauteur maximale instantanée a été de 384 cm ou 3,84 mètres le 5 mai 1986 à 8h11.

Pour se faire une idée de l'importance de ces débits, on peut les comparer à un des affluents de la Seine au sud-est de Paris, le Loing, réputé jadis pour ses débordements, et quelque peu régularisé depuis. Le QIX 10 du Loing en fin de parcours vaut 190 m3⋅/s (contre 340 pour la Dronne) et son QIX 50 se monte à 270 m3⋅/s (contre 470 pour la Dronne). Ainsi malgré un bassin inférieur d'un tiers environ, le volume des crues de la Dronne est près de 80 % plus abondant que celui du Loing.

Lame d'eau[modifier | modifier le code]

Au total, la Dronne est une rivière irrégulière et moyennement abondante. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 277 millimètres annuellement, ce qui est un peu inférieur à la moyenne d'ensemble de la France (plus ou moins 320 millimètres), mais aussi à la moyenne du bassin de l'Isle (304 millimètres). Le débit spécifique (ou Qsp) de la rivière atteint 8,7 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

La Dronne a soixante-deux (62) tronçons affluents référencés (59 ruisseaux pour seulement trois rivières : la Côle, la Lizonne et la Tude) [1], dont les principaux sont :

(G) Affluent rive gauche ; (D) Affluent rive droite ; (CP) Cours principal, signale le nom donné à une partie du cours d'eau prise en compte dans le calcul de sa longueur.

Écologie[modifier | modifier le code]

Herbier subaquatique essentiellement composé de Vallisneria spiralis ondulant dans le courant photographié dans la Dronne, à Brantôme mi- Aout 2014, devant l’Abbaye Saint-Pierre de Brantôme

La Dronne et sa vallée présentent des biotopes variés qui autorisent la présence d'une flore et d'une faune riches. De ce fait, 80 % de son cours est classé soit en zones Natura 2000, soit en zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF).

Natura 2000[modifier | modifier le code]

Trois zones Réseau Natura 2000 concernent la vallée de la Dronne.

  • Sur environ 110 kilomètres, du sud de Brantôme jusqu'à sa confluence avec l'Isle, la Dronne s'écoule dans un milieu principalement composé de prairies humides et de terres cultivées avec des zones de bocage[8]. C'est un site important pour la reproduction de la lamproie marine (Petromyzon marinus). On y rencontre cinq autres espèces de poissons menacées ainsi que des écrevisses à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) et des visons (Mustela lutreola) [8] .

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

Recoupant en très grande partie les sites Natura 2000 décrits ci-dessus, sept zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique se succèdent le long de la vallée de la Dronne, soit cinq de type II et deux de type I.

ZNIEFF de type II[modifier | modifier le code]

  • Du sud de Brantôme jusqu'au nord de Lisle, sur 416 hectares et près de 18 kilomètres, la Dronne serpente entre zones forestières et prairies humides avec présence de parois calcaires qui, selon l'exposition septentrionale ou méridionale, révèlent tour à tour une flore montagnarde ou méditerranéenne[10].

Quatre autres zones protégées associant bocage et prairies humides, avec une flore et une faune spécifiques, lui font suite :

  • du nord de Lisle jusqu'au bourg d'Épeluche, sur 1 580 hectares et environ 30 kilomètres de long[11] ;

ZNIEFF de type I[modifier | modifier le code]

  • De son entrée sur la commune de Mialet jusqu'au nord de Saint-Pardoux-la-Rivière, dans une zone essentiellement boisée longue de 25 km et sur 541 hectares, la Dronne évolue parmi des gorges où selon l'exposition des versants, la flore méditerranéenne alterne avec la flore atlantique. On y trouve de nombreuses espèces de fougères [15].
  • Sur la commune de Saint-Front-la-Rivière, entre les hameaux de Pombol et Chazelles, une zone de 115 hectares longue de 4 kilomètres, principalement composée de prairies humides, abrite une flore intéressante notamment liée aux parois calcaires qui la délimitent[16].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Aménagements[modifier | modifier le code]

Les aménagements le long de la Dronne sont répartis sur les quatre masses d'eau et plus de soixante ouvrages sont référencés : Point de rejet de collectivité ou d'établissement industriels, Stations d'épuration, stations hydromètriques, stations qualité rivière, établissements industriels, point de restitution ou prise d'eau des usines hydroélectriques[17]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Les coordonnées de cet article :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le Sandre 2014 ne donne d'ailleurs que 2 798 km2 alors que la Banque Hydro est déjà à 2 816 km2 ?!

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Sandre, « Fiche cours d'eau - La Dronne (P7--0250) », consultée le 7 mai 2012
  2. a, b, c et d Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - La Dronne à Coutras (P8462510) » (consulté le 10 juillet 2014)
  3. a, b et c Syndicat mixte d'aménagement et de gestion des eaux du bassin Dronne, consulté le 18 novembre 2013.
  4. Albert Dauzat, Gaston Deslandes, Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France, 1982, (ISBN 2252024070).
  5. Géoportail - IGN, « Géoportail » (consulté le 31 décembre 2010)
  6. a et b Réseau hydrographique de la Haute Dronne sur le réseau Natura 2000. Consulté le 9 mars 2009
  7. Moule perlière sur le réseau Natura 2000. Consulté le 9 mars 2009
  8. a et b Vallée de la Dronne de Brantôme à sa confluence avec l'Isle sur le réseau Natura 2000. Consulté le 9 mars 2009
  9. Coteaux de la Dronne sur le réseau Natura 2000. Consulté le 9 mars 2009
  10. [PDF] Vallée de la Dronne de Lisle à Brantôme sur le site de la DIREN Aquitaine. Consulté le 9 mars 2009
  11. [PDF] Zone bocagère de la vallée de la Dronne de l'embouchure à Épeluche sur le site de la DIREN Aquitaine. Consulté le 9 mars 2009
  12. [PDF] Vallée de la Dronne d'Épeluche à Saint-Aulaye sur le site de la DIREN Aquitaine. Consulté le 9 mars 2009
  13. [PDF] Vallée de la Dronne de Saint-Aulaye à Saint-Aigulin sur le site de la DIREN Aquitaine. Consulté le 9 mars 2009
  14. [PDF] Vallée de la Dronne de Saint-Aigulin à Coutras sur le site de la DIREN Aquitaine. Consulté le 9 mars 2009
  15. [PDF] Gorges de la Dronne, d'Arrivaux à Saint-Pardoux sur le site de la DIREN Aquitaine. Consulté le 9 mars 2009
  16. [PDF] Vallée de la Dronne à Saint-Front-la-Rivière sur le site de la DIREN Aquitaine. Consulté le 9 mars 2009
  17. « La Dronne sur le SIE Système d'information sur l'eau du bassin Adour Garonne », sur adour-garonne.eaufrance.fr (consulté le 10 juillet 2014)