Écrevisse à pattes blanches

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L'écrevisse à pieds blancs ou à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est une espèce se rencontrant seulement dans l'ouest de l'Europe : Irlande, Grande-Bretagne, nord et est de l'Espagne, nord du Portugal (où elle a été introduite dans les années 1930), France (elle a été introduite en Corse), Italie, Yougoslavie et de façon plus sporadique en Allemagne, Suisse et Autriche.

Description[modifier | modifier le code]

La taille maximale des adultes est de 9 à 12 cm, ceux-ci pèsent alors de 30 à 90 g. Les tailles et les masses maximales sont atteintes lorsque l'animal a une douzaine d'années. La maturité est atteinte lorsque les animaux atteignent cinq centimètres de long (à l'âge de deux ou trois ans). Elle se distingue par la présence théorique de deux paires d'épines latérales sur le sommet de son rostre. En pratique, il est fréquent que l'une des quatre épines soit manquantes, indifféremment du côté droit ou du côté gauche. Elle est d'une couleur uniformément verte, dans des tonalités variants du bronze au gris olivâtre ; une des variété toutefois est dépourvue de pigment bleu ce qui lui donne une couleur rouge vermillon.

Habitat[modifier | modifier le code]

Cette espèce peuple les eaux froides et vives, torrents et ruisseaux. Elle se rencontre dans les cours d'eau claire partout dans son aire de répartition ainsi que des lacs et des canaux en Irlande et en Grande-Bretagne. Sa répartition dépend de la température des eaux et de la force du courant. Les mues se trouvent dans les eaux à une température supérieure à 10 °C, les adultes sont visibles de juin à septembre, l'activité est réduite en hiver.

Ses populations peuvent être mêlées à celle d’Astacus astacus en France et en Allemagne. Austropotamobius torrentium occupe des territoires différents lorsque les deux espèces occupent les mêmes cours d'eau (en Allemagne, Autriche, Suisse et Yougoslavie).

L'écrevisse à pattes blanches vit dans certaines rivières de France préservées de toute pollution, elle peut cohabiter avec l'écrevisse autochtone (également verte). Il est strictement interdit de la pêcher.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La reproduction réclame des eaux inférieures à 12 °C en octobre. Les œufs, entre 40 et 150, sont incubés durant six à neuf mois.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La nourriture est constituée pour les écrevisses les plus jeunes par de petits invertébrés, les adultes consomment quant à eux des végétaux terrestres ou aquatiques. Le cannibalisme des adultes sur les jeunes maintient le niveau des populations.

Menaces[modifier | modifier le code]

Les menaces pesant sur cette espèce sont nombreuses :

  • L'écrevisse de Louisiane introduite dans son milieu est vectrice du straménophile Aphanomyces astaci, qui décime les populations en Espagne, Grande-Bretagne et sans doute en Irlande.
  • Toutes les écrevisses américaines sont potentiellement porteuses saines de cette maladie appelée "peste de l'écrevisse".
  • La saturation des eaux en poussières ou particules, l'augmentation brutale des cours d'eau et la modification du milieu ambiant sont également montrées du doigt.
  • Une autre menace est constituée par les ruminants lorsqu'ils vont boire dans les rivières, dont ils piétinent les berges et le lit, laissant sur place leurs excréments. Pour protéger les écrevisses il est possible d'aménager des abreuvoirs selon deux systèmes : l'abreuvoir gravitaire en champ, alimenté à partir de l'eau du ruisseau ou d'une source, et, l'abreuvoir aménagé en berge permettant au bétail de s'abreuver directement dans le ruisseau en passant la tête sous une barrière pour boire mais leur interdisant le lit du cours d'eau.
  • La pollution des eaux et les pluies acides sont probablement aussi une cause de la baisse des effectifs. Par exemple, suite au déversement, en septembre 2008, d'une mixture de chaux dans une rivière, lors de la construction de l'autoroute A65, dans le sud-ouest de la France, l'écrevisse à pattes blanches a failli disparaitre de cette région[1]. Les autoroutes du sud de la France (ASF) se sont vu imposer en 2008 une réintroduction de cette écrevisse dans le ruisseau du Peisselay (département 69) à l'ouest de Lyon. Environ 300 écrevisses à pattes blanches issues d'un élevage conservatoire du muséum de Besançon, y ont été réintroduites début 2011). Pour cela, en 2008, environ 120 écrevisses avaient été collectées dans le Boussuivre et le Gand, deux des trois rivières impactées par cette nouvelle autoroute, afin de les élever à Besançon à destination de repeuplements en cas de pollution accidentelle. ¨Près de 800 jeunes écrevisses sont nées dans l'élevage entre 2008 et 2011, ce qui a permis de réinsérer 300 juvéniles dans un ruisseau d'où l'espèce avait disparu[2]. Un « comité Environnement » dédié aux impacts de l'autoroute fait se rencontrer périodiquement les ONG environnementales locales et les ingénieurs de l'ASF [2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Canard enchaîné, « L'autoroute de l'après-Grenelle dérape », 8 octobre 2008, p.5, http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2011/06/08/a-65-a-lienor-poursuivie-par-la-pollution-du-riumayou,197916.php
  2. a et b DB, Environnement magazine on line ; Les Autoroutes du sud de la France (ASF) viennent de relâcher dans le ruisseau du Peisselay (69) quelque 300 écrevisses à pattes blanches nées dans un élevage conservatoire géré par le Muséum d'histoire naturelle de Besançon.(10 mars 2011)

Compléments[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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