Chrysomelidae

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La grande famille des chrysomèles ou Chrysomelidae (Coleoptera : Chrysomelidae) est divisée en 19 sous-familles et rassemble environ 37 000 espèces herbivores réparties dans le monde entier. Presque chaque espèce est oligophage et se nourrit donc exclusivement sur des plantes appartenant à la même famille, voire au même genre[1].

Du fait de leur mode de vie sédentaire (elles passent l'essentiel de leur vie à la surface des feuilles d'arbres, arbustes ou plantes herbacées) et agrégatives, les chrysomèles sont particulièrement exposées à la prédation. Il n'est donc pas étonnant d’observer, a posteriori, qu'elles ont développé, au cours de leur évolution, des mécanismes de protection variés contre leurs ennemis naturels[2]. Elles sont souvent brillamment colorées (l'étymologie grecque du mot chrysomèle signifie coléoptère doré) et ce caractère distinctif est un signal d'avertissement de leur toxicité. La défense chimique est en effet très répandue au sein de la famille. Les substances défensives utilisées peuvent être stockées dans le sang et les tissus de l’insecte. Lorsque l'insecte est inquiété, elles peuvent également être émises par saignée réflexe ou depuis des glandes spécialisées. Ces substances sont de véritables armes chimiques qui les protègent de la prédation. Elles doivent agir rapidement et être au moins dissuasives, irritantes voire toxiques. La diversité des composés chimiques présents dans les sécrétions défensives de ces insectes est étonnante[3]. La plupart de ces substances sont d'origine autogène mais certaines espèces séquestrent des composés secondaires des plantes pour élaborer leur propre stratégie défensive.

Les chrysomèles sont au cœur d'une communication chimique intense : elles appréhendent leur environnement grâce aux odeurs émises par les plantes et se protègent de la prédation en libérant dans l'atmosphère un bouquet de composés volatils répulsifs ou toxiques. Elles constituent donc un modèle privilégié pour étudier le rôle et l'évolution des médiateurs chimiques dans les relations multi-tritrophiques.

Deux modèles biologiques indépendants ont été exploités afin de comprendre l'évolution des caractères écologiques et chimiques associés aux interactions entre les plantes et les insectes[4]. D'une part les larves de la sous-tribu des Chrysomelina sont un excellent modèle pour évaluer la faculté qu'ont les insectes phytophages spécialisés de migrer sur des plantes hôtes différentes et d'étudier les paramètres qui facilitent ou contraignent ces changements de spécificité alimentaire. D'autre part, les chrysomèles tropicales adultes du genre Platyphora (sous-tribu des Chrysolinina), permettent d'étudier les contraintes et le potentiel d'évolution des affiliations de plantes hôtes, associées à la possibilité de séquestrer des composés phytotoxiques.

Liste des sous-familles[modifier | modifier le code]

Chrysomelidae

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jolivet, 1995
  2. Deroe, 1982
  3. Pasteels, 1988
  4. Termonia, 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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