Cétoine dorée

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Cetonia aurata

La Cétoine dorée (Cetonia aurata), ou « Hanneton des roses » est un insecte coléoptère de la famille des Cetoniidae. Elle est commune en Europe.

Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

Longtemps attribuée à Johan Christian Fabricius[1], qui l'a nommée, c'est Carl von Linné qui est reconnu aujourd’hui comme le premier descripteur de cette espèce qu'il a décrite sous le nom de Scarabeus auratus en 1758[2]. Statut accepté.

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • Catinette[3]
  • Cétoine dorée
  • Émeraudine [4]
  • Hanneton des roses [5]

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Liste des sous-espèces

Selon NCBI (5 juin 2011)[6] :

  • sous-espèce Cetonia aurata aurata
  • sous-espèce Cetonia aurata pisana

Description[modifier | modifier le code]

Les adultes mesurent entre 13 et 20 mm.

Cette espèce présente une grande variation chromatique, souvent d'une couleur vert métallisé plus ou moins vive, elle est parfois teintée de rouge, rarement de bleu, de violet ou de noir.

Ponctuation forte du pronotum sur les côtés, plus fine et éparse sur le disque avec un espace médian quasiment lisse.

Les élytres sont soudés, donc ne s'ouvrent pas en vol, mais un espace permet le déploiement latéral des ailes membraneuses, sous les élytres. Ceux-ci peuvent être glabres ou légèrement pubescents. Ils présentent de façon inconstante des petites taches blanches plus ou moins marquées, alignées transversalement. Les côtes élytrales sont atténuées vers la base.

L'abdomen du mâle présente une petite dépression ventrale, le dernier sternite n'est pas ponctué au milieu, ce qui permet de différencier les sexes, celui de la femelle l'est entièrement.

Distribution[modifier | modifier le code]

Très commune en Europe méridionale et en Europe centrale, plus rare en Angleterre et en Scandinavie.

Éthologie[modifier | modifier le code]

Larve[modifier | modifier le code]

La larve est de type mélolonthoïde, comme celle du hanneton (ver blanc) ou du lucane cerf-volant avec laquelle elle peut être confondue.

Comparativement au ver blanc, la larve de cétoine :

  • est plus claire, a la tête et les pattes plus petites et le bas du corps plus renflé ;
  • a une fente anale (face ventrale de ce qui apparaît être le dernier segment) simple et transverse et, au niveau de la tête sur la face avant au-dessus de la bouche, une rangée transverse de petites épines alors que le hanneton a une fente anale en Y ou en V puis tête et « joues » entre emplacement de l’œil et la bouche avec des petites soies d'aspect rugueux ;
  • se déplace en rampant sur le dos alors que le hanneton rampe sur le côté ;
  • est saproxylophage, se nourrissant de bois très décomposé. Son habitat naturel est généralement une souche ou un arbre creux contenant un terreau de bois en décomposition. Mais certains terreaux ou composts de jardin leur conviennent également. Le bois n'étant pas une nourriture très riche, le développement larvaire s'étale sur plusieurs années. Puis la larve constitue une coque de matière organique (fibres de bois) et de terre dans laquelle elle se nymphose. À l'opposé, les larves de hannetons vivent dans le sol creusant des galeries qui leur permettent d’accéder aux racines vivantes dont elles se nourrissent.
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Imago[modifier | modifier le code]

L'adulte (ou imago) se rencontre dans des endroits ensoleillés d'avril à octobre mais surtout de juin à août. Il mange les étamines des fleurs pour leur pollen (ce qui constitue une castration des fleurs) ainsi que les fleurs entières comme celles des rosiers sauvages ou cultivés, des arbres fruitiers, des sureaux, des aubépines, des reines-des-prés, (Filipendula ulmaria) et des apiacées (ombellifères) comme la berce commune (Heracleum sphondylium). Il peut également consommer des fruits mûrs sur les sureaux, les rosiers, les troènes ou les spirées.

Parmi les cétoines parues dans le courant de la même année, deux générations sont donc à distinguer : celles du printemps qui ont hiverné et qui se nourrissent de pollen, et qui pondent en juin puis périssent ensuite et celles de l'automne qui se nourrissent de fruits, qui hivernent et font leur ponte l'été suivant[7].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Utilité[modifier | modifier le code]

Comme tous les saproxylophages, la Cétoine dorée a une fonction écologique de recyclage des matières organiques et ne doit donc pas être détruite à l'état de "ver blanc" (confusion possible avec le ver blanc du hanneton) car sa présence dans le compost permet d’accélérer sa maturation. L'abattage des arbres morts est responsable de sa raréfaction.

Au XIXe siècle la Cétoine dorée passait pour « un remède efficace contre la rage[8] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Essai sur l'entomologie horticole, Jean Alphonse Boisduval, 1867, p. 132. Texte intégral.
  2. Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières, Linné, 1790, p. 409
  3. Cétoine dorée sur www.insectes-net.fr
  4. Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, Jean Baptiste Pierre Antoine de Monet de Lamarck, 1839, p. 257 (Geoff. t .1 p.75 N°5)
  5. Encyclopédie illustrée des insectes, Stanek, éditions Gründ, page 276
  6. NCBI, consulté le 5 juin 2011
  7. Souvenirs entomologiques, Jean-Henri Fabre
  8. Revue de thérapeutique médico-chirurgicale, volume 1857, p. 634

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Liens externes[modifier | modifier le code]