Lampyridae

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Lucioles mâles : noter les gros yeux noirs, très sensibles à la lumière
Les traits jaunes matérialisent le vol de lucioles, qu'il est de plus en plus rare d'apercevoir dans les zones urbanisées ou d'agriculture intensive
Les yeux, sensibles à de faibles intensités lumineuses sont situés sous la tête, proches l'un de l'autre et protégés du soleil
La larve du ver luisant se nourrit d'escargots qu'elle paralyse.

La famille des lucioles et des lampyres (Lampyridae) regroupe plus de 2 000 espèces connues de coléoptères produisant presque tous de la lumière (jaune à verdâtre, longueur d'onde de 510 à 670 nanomètres), à l'état de larve et/ou adulte, réparties sur tous les continents. Ces insectes, en tant que petits prédateurs de la strate herbacée et buissonnante, jouent un rôle important dans leur niche écologique en limitant notamment la pullulation des chenilles, escargots et limaces [1].

Bien que ces espèces fassent partie des coléoptères, la plupart des femelles ne peuvent pas voler, ressemblent à leurs larves, d'où le nom de "ver". Le lampyridé le plus connu est le lampyre ou ver luisant commun (Lampyris noctiluca). Chez les lucioles, par exemple en Europe, Luciola lusitanica Charpentier, la femelle possède des ailes, mais ne vole pas.

Cycle reproductif[modifier | modifier le code]

Dans l'hémisphère nord, les larves cessent de se nourrir en mai ou juin, se transforment en nymphe d'où émergera un coléoptère adulte.

La nuit, la femelle émet une lumière de couleur vert laser, relativement puissante.

Les mâles de chaque espèce émettent un signal lumineux en général plus faible que les femelles, et différent de celui des autres espèces. Les gros yeux noirs des mâles sont très sensibles à la lumière, et permettent ainsi aux couples de se trouver pour assurer la reproduction.

Les œufs et les larves peuvent aussi émettre de la lumière.

Mode de production et de contrôle de la lumière[modifier | modifier le code]

Le biologiste Raphaël Dubois a montré en 1887, que la réaction était due à une enzyme, la luciférase, agissant sur un substrat, la luciférine, avec nécessité de présence de dioxygène. En fait les molécules correspondant à la luciférase et luciférine varient selon les espèces. W.D. McElroy a plus tardivement montré que l’émission de « lumière froide » nécessitait aussi deux cofacteurs ; l'ATP (adénosine triphosphate) et un minéral (le magnésium). On a d’abord cru que l'ATP était la source de l’énergie, mais pour ensuite démontrer qu’il joue plutôt un rôle de catalyseur en se liant avec le magnésium, la bioluminescence étant alimentée par une suite de réactions d’oxydoréductions.
Il a été montré (à l'Université de Tufts) que ce sont des molécules d'oxyde nitrique émises par l'organisme qui contrôlent l'interruption du signal lumineux à un rythme clignotant propre à chaque espèce et que certaines espèces clignotent en groupe, ce qui permet aux mâles de mieux les détecter et de trouver une partenaire de leur espèce[2].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Leurs larves dites " vers luisants " vivent dans les forêts, les bocages, les landes, les ripisylves, souvent cachées le jour sous les tapis de feuilles mortes où elles recherchent des escargots, larves, vers qu'elles consomment après les avoir paralysés.

Menaces[modifier | modifier le code]

Ces espèces sont sensibles aux insecticides, à la régression de leur proies et de leurs habitats, mais semble-t-il aussi au phénomène dit de « pollution lumineuse ». Il faut 5000 lucioles environ pour produire une lumière équivalente à celle d'une bougie. L'éclairage artificiel peut perturber les lucioles, comme il perturbe de nombreuses autres espèces nocturnes. On trouve par exemple[3] des larves qui montent sur des poteaux de lampadaire pour se transformer en pupe, en s'exposant à leurs prédateurs diurnes et au soleil qui risque de les déshydrater. Certains individus sont également attirés et « piégés » par des diodes électroluminescentes émettant dans certaines longueurs d'onde.

Bioindicateur ?[modifier | modifier le code]

Vues de la partie lumineuse d'un lampyridé

Une présence importante de lucioles et de lampyres semble pouvoir être considérée comme un des indicateurs de bon état de naturalité de l'environnement nocturne. Autrefois des groupes de milliers de lucioles pouvaient être aperçus sur et autour d'un arbre, aux abords d'un ruisseau. C'est un phénomène devenu très rare hormis dans des lieux éloignés de l'agriculture, des villes, et dépourvus d'éclairage artificiel.

Liste des sous-familles[modifier | modifier le code]

Selon ITIS (31 août 2014)[4] :

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (31 août 2014)[5] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :