Lepturinae

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les Lepturiens (Lepturinae Latreille, 1802) sont une sous-famille de coléoptères cérambycidés répandue dans tout le monde avec un peu plus d'un millier d'espèces.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Adulte[modifier | modifier le code]

Les Lepturinae sont généralement caractérisés par des dimensions relativement moyennes ou petites, aspect élongé, tête prognathe souvent prolongée en rostre, aire stridulatoire divisée (sauf les groupes plus évolués), pattes élongées, (surtout les postérieures) et anches antérieures parfois coniques.
Les antennes sont généralement courtes, sauf dans les genres plus primitifs (Xylosteini, Stenocorus, Oxymirus).
Les ailes postérieures présentent une celle dans la région anale qui disparait dans les groupes plus évolués (Dorcasomini, Holopterini, Necydalini)[1].

Larve[modifier | modifier le code]

Les larves, presque toujours fournies de pattes plus ou moins développées, sont caractérisées par la tête large, divisée par deux par l'aire d'insertion musculaire, et par la lèvre supérieur large[2].
Les groupes plus primitifs (Xylosteini, Rhagiini), portent généralement une ou deux épines sur le dernier segment abdominal, qui indiquent leur parentèle avec les Spondylidinae. Toutefois le genre Rhagium comporte ces deux types de larves : avec épines pour les sous-genres Megarhagium et Hagrium, et sans épines pour le sous-genre Rhagium.

Biologie[modifier | modifier le code]

Adulte[modifier | modifier le code]

Rhagium mordax (DeGeer, 1775)
Gaurotes virgineus, filmé en Allemagne (Hesse)

Les Lepturinae peuvent être nocturnes ou diurnes.
Les tribus plus primitives (Xylosteini) sont constituées d'espèces nocturnes et arboricoles. Une telle caractéristique s'est maintenue aussi dans plusieurs Lepturinae de l'Afrique australe qui ont été regroupés dans la tribu des Dorcasomini. Les Rhagiini, les Lepturini, les Desmocerini et les Necydalini sont au contraire tous diurnes.
Les Rhagiini plus primitifs (Stenocorus, Oxymirus, Rhagium, Rhamnusium, etc.) sont arboricoles et ne se trouvent que rarement sur les fleurs. Ces espèces sont souvent fournies de colorations peu voyantes avec des teintes brunes qui les confondent avec le milieu environnant : il s'agit de mimétisme cryptique.
Certains Rhagiini plus evolués (Brachyta, Gaurotes, Pidonia) sont au contraire floricoles. Le genre Pachyta (Rhagiini) comprend soit des espèces arboricoles soit floricoles.
Les Lepturini (qui se sont évolués dès Rhagiini) sont au contraire presque tous floricoles, sauf quelque espèce plus primitive du genre Stictoleptura.
Ces espèces présentent souvent des colorations aposématiques avec des teintes contrastantes rouge-noires ou jaune-noires (analogues à celles des Cerambycinae Trachyderini et Clytini) avec une fonction d'avertissement contre les possibles prédateurs. Toutefois, puisqu'il s'agit d'espèces inoffensives, une telle coloration appartient au mimétisme batésien.

Larve[modifier | modifier le code]

Les larves des Lepturinae attaquent généralement arbres à feuilles et conifères, en se nourrissant soit du bois pourri que vivent, soit du tronc que de l'apparat radical.
Certains genres (Dinoptera, Pidonia, Cortodera, certains Dorcasomini) vivent au sol en se nourrissant des racines et elles ont évolué des pattes développées et un corps pigmenté.

Systématique[modifier | modifier le code]

Puisqu'il s'agit du groupe plus primitif parmi les cérambycidés, avec des affinités évidentes avec les autres familles des Cerambycoidea et des Chrysomeloidea, la position systématique de certaines tribus a devenu objecte de controverses qui ont porté a les diviser ou à les réunir au complexe des Lepturinae.
Les Lepturinae ont été divisés en huit tribus. La tribus des Eroschemini Lacordaire, 1869, souvent incluse dans les Lepturinae, appartienne en réalité aux Cerambycinae.

Parmi ces tribus, quatre sont répandues en Europe (Rhagiini, Lepturini, Necydalini, Xylosteini) et seulement les trois premières en Suisse, France, Belgique et Luxembourg[3],[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Saalas U., 1936 - Über das Flügelgeäder und die phylogenetische Entwicklung der Cerambyciden - Annales Zoologici Societatis Zoologicae-Botanicae Fennicae Vanamo 4 (1): 1-193
  2. Svácha P. & Danilevsky M. L., 1987 - Cerambycoid larvae of Europe and Soviet Union (Coleoptera Cerambycoidea) Part I - Acta Universitatis Carolinae, Biologica 30: 1-176.
  3. Picard F., 1929 - Faune de France 20: Coléoptères Cerambycidae - Lechevalier P. ed., Paris VII + 167 pp. PDF [1]
  4. Villiers A., 1978 - Faune des Coléoptères de France I. Cerambycidae - Encyclopédie Entomologique, XLII, P. Lechevalier ed., Paris, 611 pp.

Voix corrélées[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]