La Mauvaise Éducation

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La Mauvaise Éducation

Titre original La mala educación
Réalisation Pedro Almodóvar
Scénario Pedro Almodóvar
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Sortie 2004
Durée 105 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Mauvaise Éducation (La mala educación) est un film espagnol réalisé par Pedro Almodóvar, sorti en 2004.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, Ignacio et Enrique se retrouvent. Ensemble ils ont grandi vingt ans auparavant dans une école religieuse et ont tous les deux subi l'omniprésence, les émois sexuels, ainsi que les mauvais traitements du père Manolo, un professeur de littérature et prêtre pédophile passionnément épris d'Ignacio.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre : La Mauvaise Éducation
  • Titre original : La Mala Educación
  • Réalisation : Pedro Almodóvar
  • Scénario : Pedro Almodóvar
  • Producteurs : Agustín Almodóvar, Pedro Almodóvar, Esther García
  • Sociétés de production : Canal + España, El Deseo S.A., Televisión Española
  • Musique : Alberto Iglesias
  • Photographie : José Luis Alcaine
  • Montage : José Salcedo
  • Pays d'origine : Espagne
  • Langue : espagnol
  • Format : couleurs - 2,35:1 - Dolby - 35 mm
  • Genre : drame
  • Durée : 105 minutes
  • Dates de sortie : 19 mars 2004 (Espagne) ; 12 mai 2004 (France).
  • Interdit aux moins de 12 ans (France)

Distribution[modifier | modifier le code]

Production et tournage[modifier | modifier le code]

La Mauvaise Education est produit par El Deseo avec le soutien de Canal+ et de la TVE. Quand le tournage débute, le 16 juin 2003, le titre La visita a déjà été délaissé au profit du titre définitif[1]. Almodóvar a travaillé à l'écriture du scénario pendant près de dix ans[2].

Le film se déroule intégralement en Espagne, principalement à Madrid, à Valence et à Alella, village catalan où les habitants ont participé activement au tournage[3]. L'ancienne école de Pías d'Alella, édifice néoclassique du XIXe siècle, est choisie pour recréer l'atmosphère de l'époque franquiste [4]. Pendant le tournage, Almodóvar, qui a la réputation d'être dur avec ses acteurs, a mis trop de pression sur Gael García Bernal, à tel point que le tournage a été interrompu une semaine pour qu'il se remette[5].

Analyse[modifier | modifier le code]

Almodóvar a nié avoir réalisé un film autobiographique, même s'il reconnaît que de nombreuses expériences personnelles se retrouvent dans le scénario[6]. L'univers féminin traditionnel d'Almodóvar laisse place à un univers homosexuel, abordant aussi bien le travestissement par le biais de Zahara et Paca, la transsexualité, avec Ignacio, ou la bisexualité, représentée par l'ambigüité sexuelle de Juan, Enrique Serrano et Manuel Berenguer.

Le thème des abus sexuels commis par une partie des religieux dans le système d'éducation nationale-catholique de l'époque franquiste donne au film son titre : la mauvaise éducation. Ce thème est bien délimité autour du personnage du père Manolo, marquant la volonté de ne pas faire de généralité[7].

Le réalisateur n'oublie pas ses veilles obsessions : l'amour passionné et irrationnel et la séduction animale. Dans ce film, la relation entre les personnages de Juan et Manuel Berenguer en est la meilleure démonstration. Berenguer est disposé à briser sa propre vie pour obtenir les faveurs de Juan, qui à son tour, conscient de son charme, ne ménage pas ses efforts ni les chantages dans le but de devenir célèbre dans le monde du cinéma et de se débarrasser du fardeau que représente son frère.

« Le cinéma dans le cinéma » (la mise en abyme), thème déjà apparu dans des films d'Almodóvar comme Attache-moi ! ou La Fleur de mon secret, prend ici une importance toute autre avec la représentation du scénario fictif, mélangeant réalité et fiction[8].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le film a obtenu trois nominations : au Butaca, au Film européen et au World Soundtracks Awards.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Pedro Almodóvar avoue avoir mis plus de dix ans à élaborer ce récit qui, s'il est intime, n'est pas à proprement parler autobiographique. Il s'est néanmoins nourri des souvenirs qu'il garde de ces trois époques cruciales que furent l'absolutisme franquiste, la fin de règne et la Movida.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Pedro Almodóvar, « Diario de rodaje », Blog officiel, sur Club cultura,‎ 13 juin 2003 (consulté le 27 octobre 2007).
  2. (en) Anna Marie de La Fuente, « Almodovar puts 'Education' to use », sur Variety,‎ 11 avril 2004 (consulté en 24 août 2013).
  3. (es) F. C. Garcia, ¿Cómo ser un 'pueblo Almodóvar'?, sur El Mundo,‎ 25 juillet 2003 (consulté le 27 octobre 2007).
  4. (es) Cristina Savall Barcelona, « Almodóvar ultima el rodaje de ´La mala educación´ », sur Diario de Córdoba,‎ 11 juin 2003 (consulté le 28 octobre 2007).
  5. Yago García, « Los rodajes más conflictivos del cine español », sur Cinemanía,‎ 25 octobre 2011 (consulté en 24 août 2013).
  6. (es) Pedro Almodóvar, « Autoentrevista », sur Club cultura,‎ 13 juin 2003 (consulté le 27 octobre 2007).
  7. (es) Departamento de Cine, Escuela de Artes, Universidad Central de Venezuela, « La mala educación. Crítica », sur Zona Moebius,‎ 2004 (consulté le 27 octobre 2007).
  8. (es) Diego Guerra, « La mala educación. », sur Ocho Y Medio,‎ 2004 (consulté en 24 août 2013).

Liens externes[modifier | modifier le code]