Terre sans pain

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Terre sans pain

Titre original Las Hurdes, tierra sin pan
Réalisation Luis Buñuel
Scénario Luis Buñuel
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Documentaire
Sortie 1933
Durée 27 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Terre sans pain (Las Hurdes, tierra sin pan) est un film documentaire franco-espagnol, « essai cinématographique de géographie humaine[1] », réalisé par Luis Buñuel en 1932, montré en privé en 1933, sorti en public en 1937.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Seul film documentaire de Luis Buñuel, tourné en avril et mai 1932 dans la région des Hurdes (Estrémadure), à partir de la thèse ethnographique de Maurice Legendre, directeur de l'Institut français de Madrid, Las Jurdes : étude de géographie humaine[2] (1927), Terre sans pain ne fut sonorisé qu’en 1937, puis à nouveau en 1965 lorsque Buñuel décida, avec son producteur Pierre Braunberger, de diffuser une version non censurée du film. Remarquable par son sujet peu traité à l’époque (la misère en milieu rural), par son montage (fait par Buñuel « sur une table de cuisine, à Madrid »), par l'usage du gros plan et de la piste sonore, ainsi que par la place assignée au spectateur par le film, le film continue à surprendre aujourd’hui encore.

Buñuel a reconstitué certaines scènes du film en les mettant en scène afin de créer une forte impression dans le public. Une chèvre et un âne ont notamment été tués pour les besoins du film.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Buñuel a décrit les conditions particulières de production du film : « J'ai pu filmer Las Hurdes grâce à Ramón Acín, un anarchiste de Huesca, professeur de dessin qui, un jour, dans un café de Saragosse, me dit : « Luis, si un jour je gagne à la loterie, je te paierai un film. » Il gagna cent mille pesetas à la loterie et m'en donna vingt mille pour faire le film.[...] Pierre Unik est venu, engagé par Vogue pour faire un reportage ; et Éli Lotar est arrivé avec une caméra prêtée par Yves Allégret[3]. »

« J'ai pu rendre l'argent du film, finalement, aux deux filles de Ramón Acín, après sa mort[4]. »

Autour du film[modifier | modifier le code]

Le CRDP de l'académie de Lyon a édité un double DVD[5] comprenant la version complète du film (1965) et la version censurée (1936). Cet outil pédagogique détaille et analyse le contexte de ce film grâce de nombreuses ressources : articles de presse, documents historiques rares…

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Indication du carton post générique
  2. Las Jurdes : étude de géographie humaine, Notice BnF no FRBNF32366003w
  3. Turrent et Colina 1993, p. 72
  4. Buñuel, Mon dernier soupir
  5. crdp.ac-lyon.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Las Hurdes (et Le Journal d'une femme de chambre), L'Avant-scène-cinéma, n°36, avril 1964
  • Luis Buñuel, Mon dernier soupir, Robert Laffont, 1982 ; réédition Ramsay poche cinéma, 2006 (ISBN 2841148149)
  • Tomas Perez Turrent et Jose de la Colina, Conversations avec Luis Buñuel, Cahiers du cinéma,‎ 1993 (ISBN 978-2866425005)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Documentaires connexes[modifier | modifier le code]