Segundo de Chomón

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Segundo de Chomón

Description de cette image, également commentée ci-après

Segundo de Chomón en 1900.

Nom de naissance Segundo Víctor Aurelio Chomón y Ruiz
Naissance 1871
Teruel
Décès 1929
Paris
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession réalisateur et opérateur

Segundo Víctor Aurelio Chomón y Ruiz (également connu comme Chomont ou Chaumont) est un opérateur et réalisateur espagnol né en 1871 à Teruel et décédé en 1929 à Paris. Il demeure l'un des pionniers du cinéma d'animation. Il réalise ses premiers films en Espagne avant que Pathé ne l'attire en France où il travaillera sous le nom de Chaumont.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premiers pas[modifier | modifier le code]

Peu de choses sont connues de son enfance à Terruel[1]. Il a peut-être fait des études de dessin industriel[1]. Lors d'un voyage à Paris vers 1895, il rencontre Juliette Mathieu, chanteuse d'opérette, qui devient sa compagne et peut-être sa femme[2]. Elle lui fait connaître les premières projections cinématographiques des frères Lumière[3]. En 1897, ils ont un fils, Robert Mathieu[2]. Entre 1897 et 1899, il s'enrôle dans l'armée espagnole et part à Cuba où il participe à la guerre hispano-américaine[3], puis revient à Paris en 1899[4]. En l'absence de Segundo de Chomón, Juliette Mathieu avait commencé à travailler à l'enluminure, c'est--à-dire le coloriage image par image, de films pour les principales sociétés cinématographiques de l'époque, celle de Georges Méliès et de Charles Pathé[3]. Il en apprend la technique, qu'il cherche à perfectionner, et décide d'en faire son métier[3],[5]. Fin 1901, Segundo de Chomón, Juliette Matthieu et leur fils partent s'installer à Barcelone, où ils établissent un petit atelier de coloriage au pochoir de films, équipé d'un banc-titre rudimentaire pour tourner les titres traduits en espagnol des films de Pathé Frères [6], qu'il distribue à Barcelone[3]. L'atelier réalise notamment pour Pathé Frères le coloriage de Ali Baba et les quarante voleurs (1902), Danses cosmopolites à transformations (1902), La Fée Printemps (1902), La Vie et la passion de Jésus-Christ (1902-1903), Guillaume Tell (1903), La Valise de Barnum (1904) et Métamorphoses du papillon (1904)[7]. Parallèlement à ces activités de sous-traitance et de distribution, Segundo de Chomón tourne quelques documentaires pour Pathé Frères, dont Ascension du mont Serrat en Espagne et Descente du mont Serrat, tournés tous deux le même jour, en 1901 (films perdus), en installant la caméra à l'avant du train pour la montée et à l'arrière pour la descente, afin de donner la sensation du mouvement du train[8], et Barcelone - Parc au crépuscule (1904). À partir de 1902, il réalise quelques films pour la société de production espagnole Macaya y Marro, formée en 1902 par Alberto Marro, l'exploitant de la salle de cinéma Edén Concert à Barcelone, et le financier Luis Macaya[9]. Parmi ceux-ci, Choque de trenes (Collision de trains, 1902, film perdu).

Il interprète notamment les rôles principaux de deux courts métrages comme En avant la musique (connu aussi sous La Leçon de solfège) et dans Les Œufs de Pâques de Chomón en 1907[10].

Activité cinématographique[modifier | modifier le code]

Il est souvent considéré depuis 1912 comme le grand rival de Georges Méliès. Il produit un son de grande qualité technique et sa créativité le fait reconnaître comme l'un des plus grands cinéastes de l'époque. Il invente de nombreux trucages grâce à la prise de vue image par image.

Longtemps, le réalisateur aura des difficultés à se faire connaître du grand public bien que son rôle demeure essentiel dans la mise au point des trucages et des prises de vues image par image.

Il reçoit à ce titre des contrats avec des entreprises comme en 1905 Pathé frères avec qui il fonde une succursale espagnole de Charles Pathé à Barcelone ou encore avec Itala Film de Turin.

Segundo de Chomón contribue au développement de la création d'une véritable industrie nationale cinématographique espagnole. Ses films sont souvent de portée populaire avec des mélodrames, des zarzuelas, des drames historiques et des comédies.

Il sera l'un des quatre opérateurs de Giovanni Pastrone sur le film Cabiria.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Réalisés en Espagne

Réalisés en France

La Maison hantée (1906)

Réalisés en Espagne

Réalisés en France

Le Spectre rouge (1907)

Réalisés en Espagne

  • 1910 : Amor Gitano
  • 1910 : La expiación
  • 1910 : El puente de la muerte
  • 1910 : La fatalidad
  • 1910 : Flores y perlas
  • 1911 : Pulgarcito
  • 1911 : Barcelone, principale ville de la Catalogne
  • 1912 : L'Antique Tolède

Réalisés en France

  • 1912 : Métamorphoses avec France Mathieu

Réalisés en Italie

comme chef-opérateur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tharrats 2009, p. 17
  2. a et b Tharrats 2009, p. 18
  3. a, b, c, d et e Minguet Batllori 2009, p. 95
  4. Tharrats 2009, p. 19
  5. Tharrats 2009, p. 20-22
  6. Tharrats 2009, p. 23
  7. Tharrats 2009, p. 39-43
  8. Tharrats 2009, p. 44
  9. (es) Juan carlos de la Madrid et Román Gubern, Primeros tiempos del cinematógrafo en España, Universidad de Oviedo,‎ 1997 (ISBN 9788460561088, lire en ligne), p. 20
  10. Le Cinéma Balzac

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) « Chomón y Ruiz, Segundo de », dans Gran Enciclopedia Aragonesa (lire en ligne)
  • (en) Joan M. Minguet Batllori, Segundo de Chomón, Beyond the Cinema of Attractions (1904-1912), Filmoteca de la Generalitat de Catalunya, Barcelone, 1999
  • (es) Joan M. Minguet Batllori, « Segundo de Chomón y el cine de los orígenes: apuntes para una revisión », Secuencias: revista de historia del cine, no 26,‎ 2007, p. 53-65 (lire en ligne)
  • (en) Joan M. Minguet Batllori, « Segundo de Chomón and the fascination for colour », Film History, vol. 21,‎ 2009, p. 94-103 (lire en ligne)
  • (en) Emily McWilliams, « The Red Spectre: Commentary on Modernity Through Surrealism », Kino: The Western Undergraduate Journal of Film Studies, vol. 3, no 1,‎ 2012 (lire en ligne)
  • (en) Leigh Mercer, « Fear at the hands of technology: The proto-Surrealism of the films of Segundo de Chomón », Studies in Hispanic Cinemas, vol. 4, no 2,‎ 2008, p. 79-90 (DOI 10.1386/shci.4.2.79_1)
  • (es) Carlos Fernández Cuenca Segundo de Chomón, maestro de la fantasía y de la técnica,(1871-1929), 1972, Editora Nacional, Madrid, 1972, 226 p.
  • (es) Agustin Sanchez Vidal, « Segundo de Chomón : Compas de espera para un turolense universal », Artigrama, no 2,‎ 1985 (lire en ligne)
  • (es) Juan Gabriel Tharrats, Inolvidable Chomón, Filmoteca regional de Murcia, 1990, 59 p.
  • (fr) Juan-Gabriel Tharrats, Segundo de Chomón : un pionnier méconnu du cinéma européen, Paris, L'Harmattan,‎ 2009 (ISBN 978-2-296-09970-8)
  • (fr) Louise Beaudet, À la recherche de Segundo de Chomón : pionnier du cinéma, Annecy, Les Éditions du lac, 1985
  • (fr) Réjane Hamus, « Segundo de Chomón », 1895, septembre 1999, n° 27 p. 49

Liens externes[modifier | modifier le code]