Jaime Rosales

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Jaime Rosales (Barcelone, 1970) est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma espagnol, auteur notamment de La soledad. C'est un auteur singulier, en perpétuelle réflexion et expérimentation. Tant son propos que son langage esthétique se radicalisent de film en film.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Barcelone en 1970, Jaime Rosales a étudié l'économie avant de fréquenter les écoles de cinéma de San Antonio de Los Baños (EICTV) à Cuba puis de Sydney (AFTRSBE) en Australie. Après trois courts, il écrit, produit et réalise trois longs-métrages inclassables et dérangeants, dans les années 2000.

En 2003, l'étrange thriller Las horas del día, tourné en Catalogne (mais en castillan), est présenté et primé à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes. Il suit le quotidien on ne peut plus banal (sa mère, sa petite amie, sa boutique, etc.) de l'impassible Abel, qui s'avère être un serial killer. Entre autres prix, Jaime Rosales reçoit pour ce premier film les Goya du meilleur réalisateur révélation et du meilleur scénario.

En 2007, Jaime Rosales présente, à nouveau au Festival de Cannes (section Un certain regard), La soledad, qui se déroule cette fois à Madrid. C'est un drame croisé suivant deux femmes : la jeune Adela quitte son ami pour élever seule son bébé dans la capitale ; Antonia, plus âgée, affronte le cancer de l'une de ses filles. Chacune va être confronté à une forme de violence. La principale signature formelle de La soledad est l'usage récurrent du split-screen, matérialisation de l'incommunicabilité entre les personnages, de "la solitude" annoncée par le titre du film. Malgré ses seulement trente copies, le film fut un succès surprise en Espagne et fut couronné aux Goya du doublé "meilleur film"-"meilleur réalisateur".

En 2008, il présente son troisième long-métrage, Un tir dans la tête (Tiro en la cabeza), au Festival de Saint-Sébastien, ville où il a tourné la plupart de ce film inspiré d'un fait divers : l'assassinat non prémédité de deux gardes civils par un commando ETA, à Capbreton dans les Landes, le 1er décembre 2007. Le film, extrêmement dépouillé, est intégralement tourné au téléobjectif, de loin, de sorte que les dialogues sont inaudibles ; quant au propos, clairement politique, il a fait débat en Espagne (d'autant plus que la première eut lieu le lendemain d'un assassinat similaire). El País parle de "cinéma-guérilla"[1]. En France, l'accueil a été très mitigé : si certaines critiques comme celle des Inrockuptibles ont loué "une proposition de cinéma risquée et inventive" de la part d'un "cinéaste passionnant"[2], la plupart ont vu un exercice de style plutôt vain, et surtout ennuyeux.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Chacun des films de Jaime Rosales, cousin ibérique d'un Michael Haneke, est une expérience pour le spectateur, d'abord confronté à la banalité de gens ordinaires durant de longs plans fixes, cadrés simplement, sans musique ni mouvement de caméra, instaurant une sensation de tension sourde, ou de torpeur (selon la sensibilité de chacun), puis brutalement réveillé par des scènes violentes fonctionnant comme des électrochocs. À quel moment déceler l'anormalité dans l'apparence la plus banale ? À quel moment surgit l'horreur ? Avec le regard distancié d'une étude, le cinéma de Rosales radiographie et interroge l'être humain, et notamment les rapports qu'il entretient avec le hasard et la violence, omniprésente sous toutes ses formes mais rarement évidente. Le réalisateur catalan ne fait pas l'unanimité : si certains cinéphiles voient en lui l'un des plus importants auteurs européens actuels, d'autres le considèrent clairement comme un imposteur prétentieux[3].

Filmographie[modifier | modifier le code]

courts-métrages[modifier | modifier le code]

  • 1998 : Yo tuve un cerdo llamado Rubiel
  • 1998 : Episodio
  • 1999 : The Fish Bowl

longs-métrages[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]