Les Autres (film, 2001)

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Les Autres

Titre original The Others
Réalisation Alejandro Amenábar
Scénario Alejandro Amenábar
Acteurs principaux
Sociétés de production Cruise/Wagner Productions
Las Producciones del Escorpión S.L.
Sociedad General de Cine
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Horreur
Sortie 2001
Durée 104 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Autres (The Others) est un film d'horreur franco-américano-espagnol réalisé par Alejandro Amenábar avec Nicole Kidman, sorti en 2001.

Le film qui a rencontré des critiques très positives lors de sa sortie en salle a aussi remporté un grand nombre de récompenses lors de festivals et cérémonies.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale s'achève, trois personnes frappent à la porte d’une maison isolée, perdue dans le brouillard, sur l'île de Jersey. Une jeune femme pâle leur ouvre. Il s’agit de Grace, mère de deux enfants atteints d’une maladie rare et incurable (ils sont atteints de protoporphyrie érythropoïétique), qui attend toujours des nouvelles de son mari, parti au front. Ces trois personnes, monsieur Tuttle, madame Mills et Lydia, une jeune fille muette depuis un mystérieux traumatisme, sont d'anciens domestiques de la maison à la recherche d’un travail. Grace, qui a justement besoin de domestiques et d’une nouvelle nounou pour s'occuper des enfants, les engage.

Mais leur arrivée coïncide avec la venue d’évènements étranges. Tout d’abord, alors qu’elle a séparé les enfants pour leur faire la leçon, Grace croit entendre des pleurs d’enfants dans la maison qui ne viennent d’aucuns de ses deux enfants. Sa fille, Anne, lui parle alors de Victor, le fils « des autres », qu’elle prétend avoir déjà vu plusieurs fois. Grace ne prête pas foi à ce qu’elle croit être des mensonges d’enfant. Puis la nuit, dans leur chambre, Anne reparle de Victor à Nicholas, son frère, en lui racontant qu’il est là, dans la pièce, et qu’elle le voit. Terrifié, son frère hurle, alertant Grace qui ne croit pas un traître mot de ce que dit sa fille et la punit. Un soir elle entend quelqu’un jouer du piano dans la salle de musique qu’elle est persuadée d’avoir fermée à clé. Lorsqu’elle rentre dans la pièce, le piano, habituellement fermé, est ouvert et il n’y a personne. Le piano se remet à jouer tout seul plusieurs fois avant qu’un violent courant d’air ne claque la porte, laissant Grace enfin seule. Plus tard, elle entend des bruits de pas au plafond, qu’elle attribue aux domestiques avant de se rendre compte de son erreur. Lorsqu’elle monte vérifier, il n’y a personne mais elle entend des voix et des rires d’enfants. Anne lui montre alors le dessin « des autres », une famille de deux adultes, un enfant et une vieille dame, en lui disant qu’elle les a vus également. Paniquée, elle décide de fouiller toute la maison. Et c’est dans le grenier qu’elle découvre un curieux album où figurent les photographies des membres morts des familles précédentes. Très ébranlée, elle décide de partir pour chercher un prêtre et tout lui raconter. Pendant tout ce temps, l’attitude des domestiques semble de plus en plus inquiétante, tout comme cet évènement auquel les enfants font référence sans oser en parler et qui concerne leur mère.

Alors qu’elle est perdue dans le brouillard, Grace retrouve Charles, son mari, qui erre, l’air hagard. Folle de joie de le retrouver, elle le ramène chez eux. Il est devenu l’ombre de lui-même, totalement détaché de sa femme et de ses enfants, comme absent, marqué par la guerre à jamais. De nouveau de bonne humeur, elle aide sa fille à essayer sa robe de communiante. Mais pendant qu’elle joue, elle est possédée par la vieille femme qu’elle et Nicholas ont dit avoir déjà vue. Grace s’attaque à ce fantôme pour sauver Anne mais alors qu’elle la frappe, elle se rend compte que ce n’est plus la vieille femme mais de nouveau sa fille, qui la regarde terrorisée.

Persuadée de devenir folle, elle va rejoindre Charles dans leur chambre. Celui-ci lui annonce qu’il doit repartir. Et effectivement, lorsque Grace se réveille le lendemain matin, il n’est plus là. C’est alors la panique, car tous les rideaux ont disparu, arrachés mystérieusement pendant la nuit. Alors qu’elle les cherche désespérément, les domestiques semblent peu concernés et elle les renvoie. Grace parvient quand même à calfeutrer la chambre des enfants, et la journée passe. Anne, qui en veut à sa mère, décide de s’enfuir à la nuit tombée, suivie par son frère pour aller retrouver son père . C’est dans le parc qui entoure la propriété qu’elle découvre les tombes des trois domestiques. En même temps, Grace trouve la photographie des cadavres des domestiques morts 50 ans plus tôt. Les trois fantômes réapparaissent alors dans le parc et se dirigent vers Anne et Nicholas qui fuient vers la maison. Pour les protéger, Grace les cache dans un placard où ils sont découverts par la vieille femme. Pendant ce temps, les domestiques enjoignent Grace à rejoindre ses enfants pour apprendre ce qui s'est réellement passé. Elle entre en contact avec la vieille femme qui est en fait un médium et découvre que Grace, dans une crise de fureur, a étouffé ses enfants avec un oreiller avant de se suicider. C’était l’événement dont n’osaient pas parler les enfants et qu’elle ne parvenait pas à accepter. « Les autres » sont la famille qui vient d’emménager et Grace et ses enfants sont en réalité des fantômes qui hantent la maison de manière involontaire. Après une séance de spiritisme, « les autres » décident de déménager (sur l'insistance intransigeante de l'épouse), laissant la maison à Grace, ses enfants et les domestiques.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Thèmes du film[modifier | modifier le code]

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La mort en général est présente dans tous les films d’Aménabar, Tesis où une étudiante en cinéma enquête sur des snuff movies réalisés dans sa faculté, Ouvre les yeux ou encore Mar Adentro, le combat d’un homme tétraplégique pour mourir. Ici, les thèmes majeurs sont autant la mort que son acceptation. Des thèmes qu’on retrouve également dans son film précédent Ouvre les yeux, où toute la deuxième partie du film repose sur les hallucinations de César, enfant de riche playboy agressé par une ancienne maîtresse. Des hallucinations post-mortem, fruits d’une entreprise qui s’est spécialisée dans la création de vie virtuelle pour les morts. C’est exactement ce dont souffre Grace, étouffée dans son carcan religieux et incapable d’admettre qu’elle ait pu tuer ses enfants.

La solitude est également un thème récurrent des films d'Aménabar. Celle de Grace fait écho à celle d'Hypathie, astronome grecque qui refuse l’amour dans Agora, ou encore à celle de César, trop égoïste puis paranoïaque pour partager avec d’autres.

Scénario et réalisation[modifier | modifier le code]

Le Palacio de Los Hornillos en Cantabrie, Espagne, lieu de tournage des extérieurs du film.

Le tournage s'est déroulé du 30 septembre au 5 décembre 2000 à Huntington aux États-Unis, ainsi qu'à Madrid et Santander en Espagne.

Le scénario des Autres repose sur un twist final ; la fin du film remet ainsi en question toute l’intrigue et les croyances du spectateur.

L'histoire est une relecture d’un livre d’Henry James, Le Tour d'écrou. On y retrouve les mêmes éléments principaux : une maison isolée dans la campagne, la présence d’anciens domestiques fantômes, les enfants inquiétants qu’une femme seule (dans le livre, c’est une gouvernante), amoureuse d’un homme qui ne s’intéresse pas à elle, doit garder, l’aura trouble de cette jeune femme, la mort finale des enfants. Le film emprunte aussi à Alice ou la Dernière Fugue de Claude Chabrol réalisé en 1977. Il s'agit également de l'existence de personnes trépassées dans une maison où l'on comprend les circonstances de leur mort dans les dernières images du film[réf. souhaitée].

La maladie des deux enfants qui ne leur permet d’avoir aucun contact avec la lumière du soleil est inspirée d’une maladie réelle le Xeroderma pigmentosum. Les interprètes des personnages ont ainsi dû se préparer physiquement pour leur rôle en évitant le soleil et utilisant beaucoup de protection solaire. James Bentley (qui interprète le personnage de Nicolas) s’est exprimé à ce sujet lors d’un entretien présent dans les bonus du DVD du film : « Je devais m’abriter du soleil. On m’a interdit de grimper à mon arbre. A l’école, je devais avoir une lotion solaire et un chapeau. À chaque récréation, ma maîtresse me disait : « allez, mets ta lotion solaire » et ça m’agaçait. »

Bande originale[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Le film a été très positivement reçu par la critique française lors de sa sortie, selon le classement d’allocine.fr il obtient une note moyenne de 4,54 sur 5 (note basée sur 13 critiques parues dans la presse à l’époque).

Le final du film est salué par le Télé Obs Cinéma et l’Humanité qui comparent le suspense et le style des Autres à un film d’Hitchcock, suspens ménagé jusqu’au bout selon le Parisien. La mise en scène est élégante et efficace pour Libération tandis qu’elle est qualifiée d’envoutante et d’inspirée par le Ciné Libre qui reconnait aussi l’ingéniosité du scénario et la cohérence de la filmographie du réalisateur.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]