Charles de Broqueville

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Charles de Broqueville
Charles de Broqueville
Charles de Broqueville
Fonctions
27e chef de cabinet belge
puis 8e Premier ministre belge
(27e et 36e chef du gouvernement)
17 juin 19111er juin 1918
Monarque Albert Ier
Gouvernement Broqueville I, II
Coalition Catholique - libéral (II) - POB (II)
Prédécesseur François Schollaert
Successeur Gérard Cooreman
22 octobre 193220 novembre 1934
Monarque Albert Ier
Léopold III
Gouvernement Broqueville III
Coalition Catholique - libéral
Prédécesseur Jules Renkin
Successeur Georges Theunis
Ministre des Affaires Étrangères de Belgique
19171918
Monarque Albert Ier
Gouvernement De Broqueville II
Coalition Catholique - libéral - POB
Prédécesseur Eugène Beyens
Successeur Paul Hymans
Biographie
Date de naissance 4 décembre 1860
Lieu de naissance Postel, (Belgique)
Date de décès 5 septembre 1940 (à 79 ans)
Lieu de décès Bruxelles, (Belgique)
Nationalité belge
Parti politique Catholique
Profession ingénieur électricien et politicien
Résidence 16, rue de la Loi

Charles de Broqueville
Premiers ministres belges

Charles Marie Pierre Albert, comte de Broqueville est un homme d'État catholique, baron en 1919 puis comte en 1920, né au château de Postel, sis près de l' Abbaye norbertine, commune de Mol (Province d'Anvers) le 4 décembre 1860 et décédé à Bruxelles le 5 septembre 1940.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine gersoise, il reçoit une éducation privée de la part de Jésuites de Turnhout, notamment de l'abbé Simon, futur prélat et aumônier de la Cour, qui joue un grand rôle. Il parle et écrit couramment le français et le néerlandais. Son mariage avec la baronne Berthe d'Huart, en 1885, fille du sénateur Alfred d'Huart et petite-fille du chef de cabinet belge et leader catholique Jules Malou, étend considérablement ses relations.

Dès 25 ans, il fut membre du conseil communal de Mol. En 1886, il devint membre du conseil provincial d'Anvers et, en 1892, représentant catholique de l'arrondissement de Turnhout à la Chambre. Il garda ce mandat jusqu'en juin 1919. Il fut ensuite sénateur provincial de Namur avant de devenir sénateur coopté de 1925 à 1936.

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

Sa carrière gouvernementale commença en septembre 1910 où il devint Ministre des Chemins de Fer, Postes et Télégraphes, dans le cabinet de François Schollaert.

En 1911, le roi Albert Ier fit appel à lui pour constituer un nouveau gouvernement de droite, à la suite de la chute de Schollaert.

Au vu de la situation internationale, il réorganisa l'armée et élargit la base de recrutement. En novembre 1912, il devint Ministre de la Guerre et fit voter la loi généralisant le service militaire préparée par son prédécesseur à la Défense Joseph Hellebaut. En même temps, il réorganisa le commandement, augmenta l'armement et créa de nouvelles unités.

En août 1914, lorsque la Belgique fut envahie par l'armée allemande, de Broqueville et le gouvernement belge suivirent l'armée et le roi Albert 1er de Belgique à Anvers, durant la bataille de la place forte, pour retraiter finalement en France, à Dunkerque en octobre, durant la bataille de l'Yser. Il s'agissait de rester collé à la frontière belge pour garder le contact avec le roi qui était à La Panne afin de pouvoir exercer sur celui-ci le contrôle constitutionnel. En décembre 1914, de Broqueville et le gouvernement restèrent en France en s'installant un peu plus au sud, à Sainte-Adresse, pour la durée de la guerre, alors que le roi restait à la tête de l'armée dans la partie du territoire belge restée libre.

L'action du gouvernement belge en exil ne cessa pas durant toute la guerre. Quoique membre du parti catholique, de Broqueville,en accord avec le roi, élargit le gouvernement, en 1915, en faisant entrer les libéraux Paul Hymans et le comte Goblet d'Alviella, ainsi que le socialiste Émile Vandervelde. En 1917, il céda le portefeuille de la Guerre et prit la responsabilité des Affaires étrangères au moment où les victoires des forces du Congo belge dans l'Est africain allemand posaient le problème de la position africaine de la Belgique en face des ambitions anglaises. Entre temps, dès 1915, le roi Albert avait établi des contacts indirects avec des relations dans la noblesse allemande, notamment avec son beau-frère, un partisan de la paix, le comte de Törring-Jettenbach. Sans résultat, les exigences belges de restauration de l'indépendance et d'indemnisation des pertes humaines et matérielles dues à l'invasion étant repoussées.

En 1916, des pourparlers secrets avec l'Allemagne mirent en cause le ministre français Aristide Briand et même Clemenceau (qui a toujours nié). Il s'agissait d'une paix de compromis permettant à la France de retrouver l'Alsace-Lorraine et pour la Belgique de retrouver son indépendance et d'être indemnisée pour les pertes immenses, humaines et matérielles imposées par l'invasion allemande. Dans cette affaire, de Broqueville approuvait le roi Albert qui avait confié aux princes Sixte de Bourbon-Parme et François-Xavier de Bourbon-Parme, frères de l'impératrice d'Autriche qui combattaient dans l'armée belge, d'utiliser leurs relations familiales dans la noblesse européenne. Ces contacts passaient par l'Autriche-Hongrie, mais le sabotage des pourparlers par le ministre autrichien, le comte Czernin, qui les révéla dans un discours public, mit fin à des tentatives de paix, qui avaient déjà commencé, en 1915, dans les milieux socialistes allemands et belges, ces derniers étant représentés par Camille Huysmans. C'est à la suite de cette tentative de paix de 1917 que de Broqueville abandonna les affaires étrangères pour être nommé ministre d'État.

En 1918, la victoire permit au gouvernement et au roi de rentrer à Bruxelles avec l'armée belge. Mais, alors que l'offensive libératrice n'avait pas encore atteint la capitale, une rencontre avait eu lieu à Loppem avec des leaders politiques restés au pays sous l'occupation allemande. Il y fut décidé de former un gouvernement de coalition dirigé par Léon Delacroix, premier ministre et ministre de l'Intérieur.

En 1926, de Broqueville fut appelé en tant que Ministre de la Défense nationale, dans le cabinet de Henri Jaspar, jusqu'en 1930. Il fut ministre de l'Instruction ad interim. En 1932, le roi le chargea de dissoudre les Chambres pour remédier à la crise économique. Il forma un cabinet dont il fut le premier ministre jusqu'en 1934. Il fut également Ministre de l'Agriculture. À la mort du roi, il fit un discours, le 6 mars 1934, au Sénat sur la nécessité de faire son deuil du Traité de Versailles et d'arriver à une entente des alliés de 1914-1918 avec l'Allemagne sur le désarmement, faute de quoi on irait vers une nouvelle guerre.

Présenté comme un homme d'une "amabilité éternellement souriante", il quitta la vie publique en 1936 et mourut à Bruxelles, le 5 septembre 1940, sous la deuxième occupation allemande.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis DE LICHTERVELDE, Charles de Broqueville, dans: Biographie Nationale de Belgique, t. XXIX, 1956-1957, p. 369-377.
  • Paul VAN MOLLE, La parlement belge, 1894-1972, Anvers, 1972
  • Luc SCHEPENS, Albert Ier et le gouvernement Broqueville, 1914–1918 : aux origines de la question communautaire. Paris 1983, ISBN 2-8011-0464-7
  • Henri HAAG, Le Comte Charles de Broqueville, Ministre d'Etat, et les luttes pour le pouvoir (1910-1940), 2 vol., Nauwelaerts/Collège Erasme, Bruxelles/Louvain-la-Neuve, 1990.
  • Thierry DENOËL, Le nouveau dictionnaire des Belges, 2e éd. revue et augm., Bruxelles, Le Cri, 1992, p. 167.
  • Maria DE WAELE, Charles de Broqueville, dans: Nieuwe Encyclopedie van de Vlaamse Beweging, Tielt, 1998
  • Paul VOS, Charles de Broqueville op de kering der tijden, dans: Vlaamse Stam, 2012, blz. 122-142.
  • Frans RENAERS, De opvoeding van Charles de Broqueville, dans: Vlaamse Stam, blz 142-145.
Monument en l'honneur de Charles de Broqueville à Woluwe-Saint-Lambert.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]