Vote plural

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Le vote plural est la pratique par laquelle un seul individu a le droit de vote plusieurs fois à une même élection, en raison de critères de propriété, d'imposition, de scolarisation ou de statut social. Il s'agit d'une variante du suffrage censitaire et du suffrage capacitaire.

On parle aussi de vote plural dans les sociétés quand certaines catégories d'actionnaires ont plus de voix que d'autre, tout chose égales par ailleurs (par exemple, deux actionnaires avec 10 actions chacun, mais l'un est un dirigeant dont les voix comptent double)

Applications historiques[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, le suffrage plural est utilisé de 1894 à 1918, sur proposition d'Albert Nyssens. Le but du suffrage plural est alors de limiter l'impact du suffrage universel et de trouver ainsi un compromis entre les partisans du suffrage universel et partisans du suffrage censitaire.

Tout citoyen masculin de plus de 25 ans a une voix, mais selon certains critères certains électeurs peuvent avoir jusqu'à deux voix supplémentaires selon un ou deux des critères suivants[1]:

  • en tant qu'électeur capacitaire, c'est-à-dire détenteur d'un diplôme de l'enseignement secondaire ;
  • en tant que chef de famille de plus de 35 ans, payant au moins 5 francs de taxe de résidence ;
  • en tant que détenteur d'un livret d'épargne de 2 000 francs minimum, ou bénéficiaire d'une rente viagère de 100 francs.

Pour les élections communales, une quatrième voix est octroyée aux pères de famille payant un cens électoral déterminé ou dont le revenu cadastral atteint 150 francs. Une mesure similaire est instaurée pour les provinces.

Concrètement, aux élections législatives de 1894, 800 000 électeurs disposaient d'une seule voix, 290 000 de deux voix et 220 000 de trois voix[2].

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni et dans certaines anciennes colonies (Australie, Nouvelle-Zélande), les personnes rattachées à une université pouvaient voter à la fois dans une circonscription universitaire et dans leur circonscription de résidence. De même, les propriétaires fonciers pouvaient voter à la fois dans leur circonscription de domicile et dans celle où ils possédaient une propriété, si les deux différaient. Le cumul était possible jusqu'à trois circonscriptions différentes pour les propriétaires affiliés à une université. Cette pratique fut abolie pour les élections législatives par le Representation of the People Act de 1948, mais subsista pour les élections locales en Irlande du Nord jusqu'en 1968.

Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

En Nouvelle-Zélande, disposent d'un droit de vote aux élections locales les personnes ayant une propriété dans la localité mais résidant ailleurs ou les partenariats, copropriétaires et sociétés, qui sont habilitées à désigner un titulaire nominatif. Les électeurs de cette catégorie sont inscrits sur le Non-resident ratepayer roll [3].

Sources[modifier | modifier le code]

  1. L'évolution du droit de vote, Portail fédéral belge Belgium.be
  2. Marie-Thérèse Bitsch, Histoire de la Belgique de l'Antiquité à nos jours, Bruxelles, Éditions Complexe, 2004, ISBN 2804800237
  3. Ratepayer Roll, Christchurch City Council; formulaire d'inscription sur le Non-resident ratepayer roll

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Système des trois classes