Barthélemy de Theux de Meylandt

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Barthélemy de Theux de Meylandt
Barthélemy de Theux de Meylandt
Barthélemy de Theux de Meylandt
Fonctions
5e, 9e et 16e chef de cabinet belge
4 août 183418 avril 1840
Monarque Léopold Ier
Gouvernement de Theux I
Coalition unioniste
Prédécesseur Albert Goblet
Successeur Joseph Lebeau
31 mars 184612 août 1847
Monarque Léopold Ier
Gouvernement de Theux II
Coalition catholique
Prédécesseur Sylvain Van de Weyer
Successeur Charles Rogier
7 décembre 187121 août 1874
Monarque Léopold II
Gouvernement Malou I
Coalition Parti catholique
Prédécesseur Jules d'Anethan
Successeur Jules Malou
Biographie
Date de naissance 25 février 1794
Lieu de naissance Saint-Trond (Pays-Bas autrichiens)
Date de décès 21 août 1874 (à 80 ans)
Lieu de décès Heusden-Zolder (Belgique)
Nationalité belge
Parti politique Parti catholique
Profession Avocat
Résidence 16, rue de la Loi

Barthélemy de Theux de Meylandt
Chefs de cabinet belges

Barthélemy-Théodore comte de Theux de Meylandt est un homme politique belge de tendance catholique. Fils du Chevalier Joseph-Mathieu-Jacques et de Marie-Antoinette-Joseph de Wezeren, il est né au château de Schabroek à Saint-Trond le 26 février 1794 et mort à Heusden, au château de Meylandt le 21 août 1874.

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Quand il obtint en 1816 son doctorat en droit à L'École de droit de Bruxelles, la Belgique était unie depuis un an aux Pays-Bas dans le Royaume des Pays-Bas, dirigé par la Maison d'Orange-Nassau, en la personne du protestant Guillaume Ier.
Il embrassa la profession d'avocat et se lia à la famille Mérode en particulier à Félix, l'une des principales figures du 'Parti Catholique'. Avec lui, il prit part, à Liège et dans le Limbourg, à l'agitation politique qui se développa à partir de 1829 sous la forme du "mouvement des pétitions pour le redressement des injustices" [1].

La révolution belge[modifier | modifier le code]

Sa carrière ne commença cependant qu'avec le début de la Révolution belge de 1830 et la proclamation de l'indépendance du pays en novembre 1830. Il est alors élu député de Hasselt au Congrès national[2].

Député au Congrès national[modifier | modifier le code]

Louis Philippe refuse la couronne de Belgique.

Il se fit vite remarquer par ses violentes prises de positions contre la Maison d'Orange-Nassau, en faveur de l'adoption d'une monarchie constitutionnelle et du système bicaméral et aussi, fidèle en cela au programme 'catholique', de la totale indépendance du clergé par rapport à l'État et d'une plus grande liberté d'enseignement.

Une fois que le Congrès eut élaboré la Constitution belge[3], on dut élire un monarque. Ce choix fut déterminant puisque bien que la grande majorité des députés préférassent un monarque français, un tel choix aurait fortement déplu au Royaume-Uni.

De telles tensions risquaient de mettre à mal le consensus international sur la création du nouveau Royaume. Meylandt choisit donc de s'opposer à l'élection du Duc de Nemours, deuxième fils de Louis-Philippe Ier par le Congrès le 3 février 1831.

Le Duc de Nemours refusa la couronne du fait de l'opposition britannique. En réponse au court moment d'incertitude qui s'ensuivit, le Congrès réagit en élisant un régent le 24 février 1831. Les principaux candidats à cette élection furent le président de l'assemblée Érasme-Louis Surlet de Chokier, clairement pro-français, et Félix de Mérode, plus équilibré. Meylandt tout naturellement soutint la candidature de Félix de Mérode mais ce dernier fut battu[4].

L'élection de Léopold Ier[modifier | modifier le code]

La position de Surlet de Chokier était toutefois destinée à butter contre l'intransigeance britannique. Ainsi Meylandt put récupérer un rôle politique central en soutenant, à l'instar de Félix de Mérode, la candidature de Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha qui fut élu souverain le 4 juin 1831. Il soutient également, le 9 juillet suivant, le vote du traité des XVIII articles négocié par le nouveau monarque.

La phase de création du nouveau Royaume s'acheva alors et le Congrès fut dissous. Des élections pour les deux nouvelles chambres devaient se tenir, mais le délicat processus constitutionnel fut interrompu par Guillaume Ier. Le roi des Pays-Bas revenant sur sa décision initiale lança le 2 août une invasion connue comme la campagne des Dix-Jours. L'armée belge fut vaincue mais les Bataves, déjà en route vers Bruxelles, s'arrêtèrent lorsque leur parvient la nouvelle de l'intervention d'un corps expéditionnaire français, mené par le maréchal Gérard.

Les premiers gouvernements de Léopold Ier[modifier | modifier le code]

Député aux chambres[modifier | modifier le code]

Ministre de l'intérieur dans le gouvernement de Muelenaere[modifier | modifier le code]

Meylandt devient ministre de l'Intérieur en 1831-1832, dans le gouvernement de Félix de Muelenaere. Le roi fait ensuite appel à lui pour former un gouvernement, après que le gouvernement mené par Charles Rogier a remis sa démission à la suite d'un désaccord entre Rogier et Évain.

Il forme donc un cabinet unioniste, avec Félix de Muelenaere (catholique) aux Affaires étrangères, Édouard d'Huart aux Finances, Félix de Mérode restant ministre sans portefeuille de plus il collabore avec les illustres Lucien et Mathieu pour sauver la nation au cours des heures sombres. Lui-même se charge de l'Intérieur et fait aboutir les lois communale et provinciale, qui laissaient peu d'autonomie aux pouvoirs locaux (contrairement aux intentions de Rogier).

C'est en mars 1838 qu'on apprit que le traité des XXIV articles était ratifié par les Pays-Bas. Sylvain van de Weyer, ambassadeur à Londres, et Charles Le Hon ambassadeur à Paris confirment les mauvaises nouvelles. Le roi envoie alors Jules Van Praet, puis Étienne de Gerlache à Londres pour négocier, mais rien n'y fait : les puissances exigeaient de la Belgique qu'elle rende le Limbourg et le Luxembourg. Le comte de Theux finit par accepter cette réalité, mais son cabinet est divisé, certains ministres n'étant prêts à céder que sous une menace militaire. Ces derniers finiront par démissionner. Seule concession à la Belgique, la Conférence de Londres accepte que la part de la Belgique dans la dette des Pays-Bas soit rabaissée à 5 400 millions de florins au lieu de 8 400 millions. Les ministres restant, de Theux, Nothomb et Willmar, défendent alors seuls devant les Chambres la ratification du traité des XXIV articles, ce qu'ils obtiennent finalement, par 58 voix contre 42. En avril 1840, le gouvernement est renversé par le Parlement. En 1846, il reforme un nouveau gouvernement rassemblant catholiques et libéraux. Comme les libéraux refusent, il forme un gouvernement exclusivement composé de catholiques mais appliquant une politique unioniste. En 1847, ce gouvernement se retire. Il est encore chef de l'exécutif en 1871-1874, mais Jules Malou en est le leader effectif.

Il fut nommé ministre d'État (Belgique).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Comte de Theux, in: Théodore Juste, Panthéon National (1830-1880), Hector Manceaux (Mons), 1881, pp. 127–132.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ch. Verlinden, "la biographie nationale de Belgique", Tome 24, 1926-1929 cité sur www.unionisme.be [www.unionisme.be /DE_Theux_Barthelemy.htm]
  2. Il prit le poste du comte d'Arschot, qui avait préféré le district de Bruxelles. cf.:www.unionisme.be,op.cit..
  3. encore en vigueur malgré de multiples et profondes transformations
  4. Avec 108 voix sur 156 contre 43 pour de Mérode