Émile Vandervelde

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Émile Vandervelde
Émile Vandervelde en 1919
Émile Vandervelde en 1926

Émile Vandervelde, né le 25 janvier 1866 à Ixelles (Région de Bruxelles-Capitale) où il est mort le 27 décembre 1938, est un homme politique socialiste belge, docteur en droit, en sciences sociales et en économie politique.

Vie politique[modifier | modifier le code]

En 1881, il s'inscrit en droit à l'Université libre de Bruxelles. À l'origine, Vandervelde est membre du Parti libéral[réf. nécessaire]. Il adhère au Parti ouvrier belge (POB) dès sa fondation en 1884, alors qu'il est encore étudiant, et dix ans plus tard, alors qu'il vient d'entamer sa carrière parlementaire, c'est lui qui propose le texte idéologique de base du POB, la Charte de Quaregnon.

Il est élu député et représente Charleroi de 1894 à 1900, puis Bruxelles de 1900 à 1938. Il est président de la Seconde Internationale de 1900 à 1918 et est nommé ministre d'Etat en 1914. Lors de la guerre et de l'attaque allemande de la Belgique, il approuve la décision de résister et va entrer dans le gouvernement d'Union sacrée en 1916 [1]. Il participe en 1923 à la fondation de l'Internationale ouvrière socialiste, dont il est président jusqu'en 1938 et dont Friedrich Adler est le secrétaire. Son siège se trouva successivement à Londres, Zurich puis Bruxelles à partir de 1935. Il est l'instigateur de la politique de participation délibérée des partis socialistes aux gouvernements de coalition.

Ses principaux combats concernent l’instauration du suffrage universel et la démocratie sociale. Du point de vue théorique, il discutera beaucoup sur le rôle de l'État dans une société socialiste. En 1913, il fut nommé membre correspondant de la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques de l'Académie royale de Belgique, puis membre titulaire en 1929 et directeur de sa Classe en 1933. Il fut un fervent opposant à Léopold II et au pouvoir absolu dont il jouissait au Congo durant les années 1890. Le débat s'intensifia en 1906 et amena à l'annexion du Congo par la Belgique le 15 novembre 1908.

En août 1914, il est nommé Ministre d'État par le roi. Dès 1916, il devient membre du Conseil des ministres du gouvernement belge en exil en France, à Sainte-Adresse, puis ministre de l'Intendance de 1917 à 1918 jusqu'à la reconquête de territoire occupé par les troupes belges et les alliés. Il participera ensuite à la Conférence de la Paix à Paris comme membre de la délégation officielle belge. Au cours des négociations, il s'opposa à toute formes d'acquisitions de territoire. En septembre 1920, il fit partie de la délégation (avec Camille Huysmans, Louis De Brouckère et sa femme, Ramsay MacDonald, Thomas Shaw, Mme Philip Snowden, Pierre Renaudel, Albert Inghels, Luise et Karl Kautsky) de l'Internationale Socialiste qui visita la République démocratique de Géorgie dirigée par le Parti social-démocratique de Géorgie.

Il reçut le portefeuille de ministre de la Justice de 1918 à 1921 où il défendit la réforme pénitentiaire, la lutte contre l'alcool, les droits syndicaux, les droits de la femme, etc. Il fut ensuite ministre des Affaires étrangères de 1925 à 1927 où il contribuera à l'élaboration du pacte de Locarno patronné par le premier ministre français Aristide Briand et le secrétaire d'état américain Frank Billings Kellogg. Il fut de nouveau membre du Conseil des ministres de 1935 à 1936, ministre de la Santé publique de 1936 à 1937 dans le cabinet de Paul Van Zeeland. Pendant ces vingt années, les socialistes belges voient aboutir plusieurs des réformes politiques qu’ils avaient appelées de leurs vœux :

  • le suffrage universel d'une voix par électeur remplaçant l'ancienne formule d'un suffrage universel vicié par le suffrage plural;
  • la liberté syndicale ;
  • la journée de 8 heures ;
  • la pension et l’assurance chômage ;
  • la loi contre l'alcoolisme, dite « loi Vandervelde ».

Il est professeur à l’Université libre de Bruxelles. Il collabore au Germinal, journal littéraire, artistique et social, au Mouvement social et à la Revue Rouge.

En 1933, date de la création de la fonction, il assure la présidence du Parti Ouvrier Belge (P.O.B.) et ce durant les cinq dernières années de sa vie. La guerre civile espagnole de 1936 à 1939 créa une véritable scission entre deux générations socialistes belges. Henri De Man et Paul-Henri Spaak prônent le neutralité dans le conflit tandis que Vandervelde s'y oppose en dénonçant la menace grandissante du fascisme. Suite à cela, il finit par démissionner du gouvernement.

Ses archives personnelles sont consultables à la bibliothèque et au centre d'archives de l'Institut Émile Vandervelde au boulevard de l'Empereur à Bruxelles. Le réalisateur Henri Storck relate dans Le patron est mort, l'un de ses films militants, l'annonce de sa mort, ses obsèques et l'émotion de la classe ouvrière belge[2].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • ABS Robert, Émile Vandervelde, Bruxelles, Éditions Labor, 1973.
  • DELWIT, Pascal, LEPAIGE, Hugues (Eds), Les socialistes et le pouvoir. Gouverner pour réformer, Bruxelles, Editions Labor, 1998.
  • DENOËL Thierry, Le nouveau dictionnaire des Belges, 2e éd. revue et augm., Bruxelles, Le Cri, 1992, p. 722.
  • POLAKSY Janet, Émile Vandervelde, le Patron, Bruxelles, Éditions Labor, 1995 (ISBN 28040103510[à vérifier : ISBN invalide])
  • POLASKY Janet, The Democratic Socialism of Emile Vandervelde : Between Reform and Revolution, Washington, Oxford, Berg, 1995.
  • POLASKY Janet, « Vandervelde Émile », dans Nouvelle Biographie nationale, t. I, Bruxelles, 1988, p. 344-354.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 2010, p. 84
  2. Pionniers en Belgique par Émile Breton d'après le journal L'Humanité.