Sophrologie

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La sophrologie (du grec ancien σῶς / sôs (« bien portant »), φρήν / phrến (« conscience ») et -λογία / -logía (« étude »)) est une technique de développement personnel[1],[2],[3], qui s'intéresse à l'étude de la conscience individuelle, dans une approche phénoménologique visant à tenir compte de l'historicité de chacun[4]. Elle a été créée en 1960 par Alfonso Caycedo, médecin neuropsychiatre colombien, qui l'a ensuite renommée en sophrologie caycédienne pour se distinguer d'autres courants de la même méthode apparus par la suite.

Divers courants[modifier | modifier le code]

Le mot « sophrologie » n'a jamais été protégé dans son usage public[5] et diverses écoles de formation à la sophrologie se sont ouvertes, variant le contenu des apprentissages, sans l'accord de Caycedo. Ce dernier a alors trouvé une nouvelle appellation, « sophrologie caycédienne », cette fois déposée à La Haye[6] breveté à l'OMPI (organisme de protection mondiale des propriétés intellectuelles et droits d'auteur).

D'autres courants utilisent à leurs manières le mot sophrologie. Ils se sont créés en France autour de positions concernant :

  • la formation, le coaching, le marketing, le bien-être
  • la liberté d'entreprendre sans devoir se conformer aux principes de la sophrologie caycédienne.
  • l'apport d'autres techniques (hypnose, yoga, massages, cognitivisme, PNL, Qi Gong, etc.)
  • le découragement d'anciens membres de l'école caycédienne (rigueur sémantique, formation et pratique continue, améliorations de la méthode, lenteur des instances académiques).

Ainsi s'est constitué au fil du temps un mouvement multiple (écoles, syndicat, observatoire, instituts de formations, cabinets de sophrologues…) au vocable proche mais aux pratiques plus ou moins éloignées des fondements et de celles de Caycedo[7].

La sophrologie caycédienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : sophrologie caycédienne.

La sophrologie caycédienne (d'abord créée sous l'appellation de « sophrologie » par Alfonso Caycedo en 1960, le qualificatif « caycédienne » a été ajouté et labellisé en 1989) est présentée entre autres comme méthode de développement personnel et de gestion du stress par son créateur lors de sa déclaration à Récife en 1977[8].

Critiques[modifier | modifier le code]

Selon Paul Ranc, diacre de l'Église évangélique réformée du canton de Vaud, « La dérive de la sophrologie était prévisible. Se situant aux confins du Nouvel Âge (hypnose, training autogène, yoga) et de la médecine traditionnelle (notamment la psychiatrie et la médecine psychosomatique), la sophrologie n’a aucun point de repère solide. Basée avant tout sur l’expérience subjective de la personne et ne disposant d’aucun moyen d’évaluation objectif, la sophrologie était condamnée à des écarts de doctrine » et « Des hommes ou des femmes ayant une connaissance plus ou moins grande de la technique sophronique se mettent à offrir des « cocktails » de « thérapies libératrices », telles que la sophrologie, la parapsychologie, le mysticisme, l’orientalisme et aussi la voyance ou la médiumnité ! Ces nouveaux « marchands de bonheur » prolifèrent un peu partout et la guerre est déclarée entre les néo-sophrologues et les sophrologues orthodoxes »[9].

Le Ministère de la Santé en France a publié au Journal officiel du 21 septembre 2004 sa position sur cette méthode : « La sophrologie n’est pas une discipline définie ni reconnue dans le cadre du code de la santé publique »

Selon Léon Chertok, la sophrologie ne serait que de l'hypnose, rebaptisée parce qu'il y aurait un tabou autour de ce terme[10].

Il est possible que d'autres techniques comme la méditation pleine conscience partage des points communs avec la sophrologie[11]. Ces principes sont plus codifiés. Cette technique souhaite s'inscrire dans une démarche d'évaluation expérimentale comme les thérapies cognitivo-comportementales.

Diplômes[modifier | modifier le code]

Certaines formations de sophrologie bénéficient aujourd'hui d'une inscription au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) de niveau III (nomenclature de 1969)[12]. Ces formations sont dispensées par l'Institut de formation à la sophrologie, la Fédération des écoles professionnelles en sophrologie (FEPS), l'Académie de sophrologie de Paris (et les membres de son réseau d'Académies de Sophrologie) et Société française de sophrologie (SFS). Cette inscription permet de bénéficier d'une prise en charge au titre de la formation professionnelle et de la Validation des Acquis de l'Expérience.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Soulager la douleur: écouter, croire, prendre soin, par Patrice Queneau, Odile Jacob, 1998, p. 111 « incontestable réussite populaire »
  2. La sophrologie, de l’hôpital à l’école, par Laureline Duvillard, sur Le Temps « Bien que populaire, la sophrologie reste floue dans l’esprit du grand public »
  3. La Sophrologie « parmi les méthodes de relaxation (…) les plus populaires »
  4. Claude Chatillon et Michèle Declerck, Manuel de Sophrologie et de Sophrothérapie, ed. Grego, 2009
  5. Alfonso Caycedo, Code déontologique de la sophrologie caycédienne, mars 2007, page 9 (texte en [PDF])
  6. Revue de Sophrologie caycédienne, page 4 - 2e trimestre 1996
  7. La sophrologie ou le pouvoir des images en psychothérapie par Benoît Fouché, Éditions L'Harmattan, 2004 « Il est certain que la sophrologie telle que nous la pratiquons est assez éloignée de la sophrologie dite caycédienne (…) La sophrologie caycédienne a pour objet de se détourner de la part de l'ombre, alors que la sophrologie que nous pratiquons a pour objectif de prendre en charge la part de l'ombre et de l'amener à la conscience»
  8. Patrick-André Chéné, Sophrologie - Tome 1 : Fondements et méthodologie, page 36
  9. Paul Ranc, Le Bonheur a Tout Prix ? Éditions Contrastes, 2005
  10. L'hypnose entre la psychanalyse et la biologie: Le non-savoir des psy Par Léon Chertok, p. 194
  11. (en) Hayes (2004) S.C. Hayes, Acceptance and commitment therapy, relational frame theory, and the third wave of behavioral and cognitive therapies, Behavior Therapy 35 (2004), p. 639–665.
  12. « Résumé descriptif de la certification au RNCP », sur http://www.rncp.cncp.gouv.fr,‎ 16/7/2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick-André Chéné, Sophrologie - Tome 1 : Fondements et méthodologie (préface et code déontologique par Alfonso Caycedo), Ellébore Éditions, 1994 (ISBN 286898505X) 2003 (ISBN 286898049X), Rééditié en 2008 (ISBN 2868989020)
  • Ouvrage collectif dirigé par Patrick-André Chéné, Sophrologie - Tome 2 : Champs d'application (préface et introduction d'Alfonso Caycedo), Ellébore Éditions 1999 (ISBN 2868985831)

Articles connexes[modifier | modifier le code]