Isolement

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Solitude par Frederic Leighton.

L'isolement est le constat d'une situation dans laquelle un individu est séparé de gré ou de force du reste de son environnement habituel.
Certaines formes d'isolement peuvent être à la source d'un état pathologique de solitude.

Différents types d'isolement[modifier | modifier le code]

Isolement sanitaire et psychiatrique[modifier | modifier le code]

  • L'isolement peut correspondre à une nécessité sanitaire :

L'isolement est cité dans la Bible, lorsque les lépreux sont mis à l'écart de la population. Au XIXe siècle on a recommandé de placer les patients dans des établissements séparés. L'OMS, préconise l'isolement dans ses différentes composantes et notamment le placement en chambres individuelles. L'isolement concerne aussi le port d'équipements de protection, masques, gants, blouses, etc.[1].
L'isolement des patients est prescrit comme mesure efficace contre la propagation des maladies[1]

  • L'isolement est utilisé en psychiatrie pour protéger les autres patients d'un patient particulièrement dangereux.

Isolement relationnel[modifier | modifier le code]

Isolement relationnel volontaire[modifier | modifier le code]

L'isolement peut être librement recherché par une personne, généralement de façon temporaire, pour des motifs positifs comme la recherche d'intimité, le besoin de prendre de la distance, de supprimer toute sollicitation extérieure perturbante pour permettre une meilleure concentration, réflexion, méditation ou ressourcement.

Isolement relationnel « subi »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : solitude.
Article détaillé : Isolement social.

En revanche un isolement « subi » contrevient aux besoins relationnels élémentaires de la personne. Celle-ci se trouve alors - pour des raisons multiples extérieures et/ou propres à sa personnalité- en situation d'isolement social: Ses relations sociales sont amoindries ou perdues, ce qui les conduit la plupart du temps à éprouver un sentiment de souffrance et de solitude.

Effets de l'isolement[modifier | modifier le code]

Effets physiologiques[modifier | modifier le code]

Les symptômes d'un isolement total, également appelé privation sensorielle, incluent souvent l'anxiété, des illusions sensorielles, ou même un trouble de la perception du temps. Cependant, ces symptômes surviennent lorsqu'il n'y a absolument aucune stimulation du système sensoriel et aucun contact avec le monde extérieur. Ainsi, lorsque l'individu ne trouve rien à faire pour s'occuper l'esprit, celui-ci peut très vite se remettre en question. De plus, l'isolement à long terme est souvent perçu comme indésirable, causant la solitude ou la réclusion résultant en une incapacité d'établir des relations sociales. En outre, cela pourrait éventuellement conduire à une dépression clinique. Cependant, pour certains individus, l'isolement ne conduit pas à la dépression. Des individus (par ex., les moines) apprécient l'isolement à long terme et le décrivent comme un éveil spirituel.

L'ouvrage datant de 2008 de John T. Cacioppo, Loneliness: Human Nature and the Need for Social Connection, décrit cinq pathologies distinctes à travers lesquelles l'isolement social contribue à fortes maladies et à la mort prématurée[2]. La solitude forcée (confinement solitaire) a été une méthode punitive à travers les époques, souvent considérée comme une forme de torture. En contraste, certaines conditions psychologiques (telles que la schizophrénie[3] et le trouble de la personnalité schizoïde) sont fortement liées aux recherches de la solitude. Durant certaines études animales, l'isolement cause une psychose. Les criminels et délinquants récidivistes sont maintenus en « isolement » dans les prisons afin de préserver la société de leur méfaits.

Effets psychologiques[modifier | modifier le code]

Il existe des effets positifs et négatifs de l'isolement. La plupart du temps, elles se déterminent selon la durée pendant laquelle l'individu reste isolé[4]. Les effets positifs peuvent impliquer la spiritualité[5], tandis que les effets négatifs impliquent une privation insupportable de liens sociaux qui provoque des troubles mentaux[6]. Bien que l'isolement positif soit désiré, l'isolement négatif est souvent involontaire et non-désiré lorsqu'elle survient[7].

Effets positifs[modifier | modifier le code]

Passer du temps seul en isolement peut être bénéfique. La liberté est considérée comme le facteur le plus bénéfique de l'isolement ; aucune contrainte ne peut atteindre un individu en isolement, ce qui donne plus de liberté dans ses activités. Grâce à cette liberté, les choix d'un individu sont moins affectés par l'entourage[5]. La créativité d'un individu peut également être attribuée à l'isolement volontaire. En 1994, le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi découvre que les adolescents qui ne peuvent passer du temps seuls sont moins attraits à la créativité[5]. Un autre effet bénéfique prouvé dans l'isolement est le développement de soi[5].

Effets négatifs[modifier | modifier le code]

Un isolement trop important peut avoir des effets négatifs. La plupart des effets négatifs peut être observés chez les prisonniers. Souvent, les prisonniers passent du temps seuls en isolement et leur état psychologique peut empirer[6]. Les effets négatifs dépendent également de l'âge ; les très jeunes individus qui font face à l'isolement peuvent réagir négativement[8]. C'est parce que souvent l'isolement n'est pas choisi par l'enfant[8]. L'isolement, comme la solitude, chez les enfants surviennent lorsque ces derniers ne souhaitent pas se faire d'amis et préfèrent rester seuls, ce qui peut causer la timidité et l'isolement social[8].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b L'OMS prescrit l'isolement des patients comme mesure efficace contre la propagation des maladies en milieu de soins. Dans James Atkinson, Yves Chartier, C. L Pessoa-Silva, P. Jensen, Y. Li, W. H. Seto. Utilisation de la Ventilation Naturelle Pour Lutter Contre Les Infections en Milieu de Soins. World Health Organization, 2011. Consulter en ligne
  2. (en) Cacioppo, John T. & William Patrick (2008), « Loneliness: Human Nature and the Need for Social Connection, W.W. Norton & Co., New York. ISBN 978-0-393-06170-3 », sur scienceofloneliness.com (consulté en 17 février 2011)
  3. Maltsberger, J.T., M. Pompili and R. Tatarelli, Sandro Morselli: Schizophrenic Solitude, Suicide, and Psychotherapy, vol. 36,‎ 2006, 591–600 p. (PMID 17087638, DOI 10.1521/suli.2006.36.5.591)
  4. (en) Bartol, C.R., & Bartol, A.M., « Psychology and Law: Research and Application », Pacific Grove, CA: Brooks/Cole.,‎ 1994
  5. a, b, c et d (en) Long, Christopher R. and Averill, James R. “Solitude: An Exploration of the Benefits of Being Alone.” Journal for the Theory of Social Behaviour 33:1 (2003): Web. 30 septembre 2011.
  6. a et b (en) Kupers, Terry A. “What To Do With the Survivors? Coping With the Long-Term Effects of Isolated Confinement”. Criminal Justice and Behavior 35.8 (2008): Web. 30 September 2011.
  7. (en) Long, Christopher R., Mary Seburn, James R. Averill, et Thomas A. More, Solitude Experiences: Varieties, Settings, and Individual Differences, Sage Publications,‎ 5 septembre 2002
  8. a, b et c (en) Larson, Reed W, « The Emergence of Solitude as a Constructive Domain of Experience in Early Adolescence." Child Development 68 (1997): 80-93 », EBSCO Publishing Service Selection (consulté le 29 novembre 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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