Années 1000

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Évènements[modifier | modifier le code]

Amérique[modifier | modifier le code]

Reconstitution en 2000 du débarquement viking à l'Anse aux Meadows.
  • Découverte possible de l’Amérique (Vinland) par Leif Erikson. Vers 986, un proche parent d’Érik le Rouge, Bjarni Herjólfsson, venu de Norvège pour rejoindre son père au Groenland, a été dérouté par les vents et a aperçu, à l’ouest, une terre nouvelle. Leif l’Heureux, fils d’Érik, monte une expédition pour explorer cette terre inconnue. Il atteint le Helluland (« terre des Pierres plates », sans doute la terre de Baffin), le Markland (« terre des Forêts », vraisemblablement le Labrador) puis le Vinland, où pousse la vigne (?) et le blé sauvage où il passe l’hiver puis retourne vers le Groenland. Plusieurs expéditions sont entreprises par la suite, dont celles de Thorvald, frère de Leif Erikson (1000-1003), de Thorfinn Karlsefni et de Freydi, fille d’Érik (1010). Au Vinland, les Vikings de Karlsefni rencontrent des indigènes, qu’ils appellent les Skræling et avec qui ils font d’abord des échanges (étoffes rouges et armes contre fourrures). Mais face à l’hostilité des indigènes, les Vikings doivent finalement se replier.
  • Les annales islandaises mentionnent pour 1121 que « l’évêque Eiríkr du Groenland s’en alla à la recherche du Vinland » et pour 1347 un voyage au Markland rapporté par l’équipage d’un bateau venu du Groenland.
  • Les Vikings fondent une colonie à Terre-Neuve. Des fouilles entreprises en 1960 ont dégagé à l'Anse aux Meadows, à la pointe nord de Terre-Neuve, sept maisons longues aux parois de tourbe, quatre hangars à bateaux, une forge et un four à charbon de bois, occupées entre 1000 et 1050. La forme des maisons et de rares objets retrouvés (fragments de quenouille, lampes de pierre, épingles en bronze) attestent de l’origine scandinave de l’établissement.

Afrique[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

L'Arménie Bagratide.
  • Les dynasties bagratides règnent sur les royaumes d'Arménie.
  • De 1003 à 1013, Le calife fatimide d'Égypte al-Hakim persécute les chrétiens et les juifs[1]. Les Coptes sont massacrés, les vignes arrachées, la vertu des femmes musulmanes contrôlée, les fêtes, la musique, le jeu d’échecs sont interdits, comme les promenades sentimentales sur le Nil… Pour être distingués des musulmans, les Juifs doivent porter une clochette et les chrétiens une croix très lourde autour du cou. Plus tard, pour des raisons obscures, al-Hakim reviendra sur certaines de ces mesures contre les chrétiens.

Europe[modifier | modifier le code]

La République de Venise vers 1000.

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • La population de la Terre s’élève à quelque 253 millions d’hommes.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

  • Début XIe siècle : fléchissement démographique en Syrie. Abandon de certaines villes. Les prix agricoles, assez bas, témoignent de la faible demande en denrées alimentaires.

Europe[modifier | modifier le code]

Le Jugement dernier, folio 53 de L'Apocalypse de Bamberg, manuscrit écrit vers 1000-1020.
  • La France compte 8 millions d'habitants et l'Europe 36 à 42 millions, retrouvant ainsi le niveau connu sous l'Empire romain, 1000 ans plus tôt… Grâce au réchauffement climatique et à diverses innovations agricoles, la population occidentale est en pleine croissance (2 pour mille par an, soit 20 % en plus de 1000 à 1100) :
  • Autour de l’an Mil, dans l’Empire d’Otton III, la société est figée. Le roi, la noblesse et l’Église dominent de très haut les autres groupes sociaux : les Königsfreie (libres du roi), sont des paysans attachés au sol qui payent la capitation, l’impôt foncier et un impôt du rachat de service militaire ; les leibigen (serfs), jouissent d’une certaine liberté de mouvement mais sont souvent la propriété d’évêques où d’abbés. Ils dépendent directement du seigneur ecclésiastique et non du vogt, le prévôt local, ancien juge de centaine carolingien. Parmi eux se recrutent les ministeriales (serviteurs), les artisans, les marchands, etc.
  • La société de Francie présente par contre un véritable état de fluidité et d’anarchie sociale. Le passage du milieu paysan au milieu noble se fait facilement. La frontière entre libres et non libres est floue. Libres, non libres et noblesse, sans crainte d’un roi puissant, peuvent se livrer à toutes les initiatives économiques et belliqueuses. Ce dynamisme anarchique social s’oppose à l’archaïsme germanique.
  • Au sud de la Francie, région peu touchée par l’ordre local féodal, la disparition de l’ordre public provoque un regain de violence et parfois un retour au paganisme. Un état d’esprit eschatologique se développe alors à partir des commentaires de l’Apocalypse. Devant les triomphes du Mal (famine, épidémies), face aux ravages des bandes armées de féodaux, les écrivains ecclésiastiques guettent les événements annonciateurs de la fin du monde. Les terreurs de l’an Mil n’ont sans doute jamais existé, mais elles constituent une phase de l’histoire des mentalités : à travers les méditations claustrales, les pèlerinages populaires et les pénitences, la foi cesse petit à petit d’être axée sur la colère de Dieu pour déboucher sur le culte de la Croix et la vision de Jésus souffrant pour les hommes.
  • Apparition de la propriété privée et de la stratification de la société en Hongrie. Sous les úr, (seigneurs), se trouvent les guerriers libres (jobbágy), et à l’échelon inférieur, le peuple.

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]


Religion et philosophie[modifier | modifier le code]

Christianisation de l'Islande. Les idoles de l'ancienne religion nordique sont jetées dans le Goðafoss
  • Légende des terreurs de l’an mille en Occident, en rapport avec un aspect de la prédication monastique et de certaines formes de l’iconographie. La fin du monde est imminente et les pêcheurs font pénitence : c'est « la Grande peur ».
  • Arrivée de missionnaires chrétiens en Islande en 998 ou 1000. Le prêtre allemand Thorbrandr est envoyé par le roi de Norvège Olaf Tryggvason, et tente de convertir le pays par la force. Il est rejeté et doit quitter le pays. Le roi Olav aurait menacé de garder en otage les fils des islandais importants alors en Norvège, et renvoie Thorbrandr en Islande pour qu’il parle devant l’Althing (assemblée démocratique). Deux partis se forment et sont prêts à s’affronter. Finalement, chacun des deux partis désigne son lögsögumadhr à l’assemblée. Le chef du clan chrétien Hallr désigne le lögsögumadhr païen à dire la loi pour l’ensemble de la communauté. Après un délai de réflexion, le christianisme est accepté comme religion officielle par l’Althing. Toute l’Islande se fait alors baptiser. Les Islandais ne doivent plus manifester publiquement leur attachement à l’ancienne coutume. Les godhar, chef de clans ou de district et jusqu’alors prêtres païens, se voient confier la responsabilité de construire des églises à leurs frais et d’assurer la continuité du culte (godharkirkja). Ils se font eux-mêmes consacrer prêtres ou désignent un jeune homme qu’ils font instruire comme prêtre rétribué (leiguprestar).
  • Vers l’an mille la communauté juive de la vallée du Rhin se développe. Mayence accueille un centre d’étude talmudique réputé attirant des étudiants venant d’Espagne et d’Italie. Son fondateur Rabbenou Guershom ben Juda (960-1028) convoque un conseil réunissant les érudits ashkénazes et les chefs de chaque communauté. Le synode vote de nouvelles lois sur le mariage et le divorce, dont l’une interdit la polygamie. Une autre, adoptée au cours d’un synode ultérieur, stipule qu’un mari ne peut divorcer sans le consentement de sa femme. Le synode réaffirme que tous les Juifs sont dans l’obligation de se plier à la juridiction des tribunaux juifs locaux. Il déclare qu’un individu se voyant confier une lettre pour un autre destinataire n’a pas le droit de la lire. Rabbenou Guershom créera d’autres lois, comme celle consistant à interroger les nouveaux venus avant de les admettre dans une communauté afin de s’assurer de leur foi et de leur moralité (et dans le but non avoué de les écarter de la compétition commerciale). Il interdit que l’on insulte les apostats qui sont revenus au judaïsme et que l’on écrive des commentaires dans les marges du Talmud. Il considère les chrétiens comme des idolâtres, mais autorise les transactions commerciales avec eux (par nécessité).
Article détaillé : Histoire des Juifs de Mayence.
  • Le moine japonais de l'école Tendai Jakushô se rend en Chine en 1003. Il y reste jusqu'à sa mort en 1034[7].

Art et culture[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Rouleaux illustrés du Dit du Genji, vers 1130, musée de Tokugawa
  • Le savant et historien persan Al-Biruni écrit une Histoire de l'Inde (Kitab fi Tahqiq ma li'l-Hind).
  • Scandinavie : Rédaction de la Völuspá « Les prédictions de la Voyante », texte cosmogonique de l’Edda poétique décrivant la création de l’univers et ses différents âges, puis prédisant sa destruction et le retour à un âge d’or.
  • Apparition des premiers documents écrits en latin en Hongrie. Ce sont des textes religieux et juridiques, rédigés dans les monastères. Le roi Étienne Ier laisse des Exhortations, adressées à son fils Emeric, deux codes juridiques et des fragments de correspondance, dont une lettre à l’abbé Odilon de Cluny.
  • Le moine Ælfric d'Eynsham commence en 1003 la rédaction du Colloquium, une grammaire anglo-latine rédigée sous forme de dialogues[12]. Entre 997 et 1012, il traduit sept livres de l'Ancien Testament en vieil anglais (Heptateuque)[13].

Arts plastiques et architecture[modifier | modifier le code]

  • Développement de la peinture monumentale en Bulgarie.


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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Moshe Gil A history of Palestine, 634-1099, Volume 1 CUP Archive, 1992 (ISBN 0-521-40437-1 et 9780521404372)
  2. Robert Browning The Byzantine Empire CUA Press, 1992 (ISBN 0-8132-0754-1 et 9780813207544)
  3. Claude de Vic, Joseph Vaissete, Alexandre Du Mège Histoire générale de Languedoc J.B. Paya, 1841
  4. Katia Zakharia, Ali Cheiban Savoirs et pouvoirs : genèse des traditions, traditions réinventées Maisonneuve & Larose, 2007 (ISBN 2-7068-2000-4 et 9782706820007)
  5. Aldo Mieli, Henri-Paul-Joseph Renaud, Max Meyerhof, Julius Ruska La science arabe et son rôle dans l'évolution scientifique mondiale Brill Archive
  6. Claude Brézinski Histoires de sciences : inventions, découvertes et savants Éditions L'Harmattan, 2006 (ISBN 2-296-00350-8 et 9782296003507)
  7. Notes Journalieres de Fujiwara No Michinaga, Volume 3 Librairie Droz, 1991 (ISBN 2-600-03322-X et 9782600033220)
  8. Paulette Bascou-Bance, La mémoire des femmes : anthologie, Les Guides MAF,‎ 2002 (ISBN 9782914659055, résumé)
  9. a et b Seiichi Iwao, Teizō Iyanaga, Dictionnaire historique du Japon, Volume 2, Maisonneuve & Larose,‎ 2002 (ISBN 2-7068-1632-5, lire en ligne)
  10. Kodansha encyclopedia of Japan, Volume 5 , 1983 (ISBN 0-87011-620-7 et 9780870116209)
  11. Jean Claude Fredouille, R.-Michel Roberge La documentation patristique : bilan et prospective Presses Paris Sorbonne, 1995 (ISBN 2-7637-7395-8 et 9782763773957)
  12. Marchands et navigateurs frisons du haut Moyen Âge Par Stéphane Lebecq Presses Univ. Septentrion, 1983 (ISBN 2-85939-198-3 et 9782859391980)
  13. George Sherburn, Albert C. Baugh, Donald F. Bond A literary history of England : The restoration and eighteenth century, Volume 1 Routledge, 1993 (ISBN 0-415-04557-6 et 9780415045575)
  14. Jean François Bazin Histoire de Dijon Éditions Jean-paul Gisserot, 2001 (ISBN 2-87747-595-6 et 9782877475952)
  15. Jean de Gazanyola Histoire du Roussillon J. B. Alzine, 1857
  16. Emmanuelle Santinelli Des femmes éplorées : les veuves dans la société aristocratique du haut Moyen Âge Presses Univ. Septentrion, 2003 (ISBN 2-85939-777-9 et 9782859397777)