Samuel Ier de Bulgarie

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Samuel (Samuil)
Reconstitution faciale.
Reconstitution faciale.
Titre
Tsar de Bulagarie
9976 octobre 1014
Prédécesseur Roman de Bulgarie
Successeur Gabriel Radomir
Biographie
Dynastie Maison des Comitopouloï
Date de décès 6 octobre 1014
Lieu de décès Prilep, Premier Empire bulgare
Père Comita Nikola
Mère Ripsimia d'Arménie
Conjoint Kosara de Bulgarie
Agatha
Enfant(s) Gabriel Radomir
Theodora Kosara de Bulgarie
Miroslava de Bulgarie
Katun Anastazya de Bulgarie

Samuel Ier de Bulgarie (bulgare: Самуил, Samouïl) (mort le 6 octobre 1014) fut commandant militaire bulgare (général) de 980 à 997, et tsar de 997 à 1014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Apogée de la Bulgarie sous Samuel Ier (en vert).

Samuel était le quatrième fils d'un certain « comte Nicolas » (Nikola Kumet/Komet ou Nicholaos Komitos), un noble décédé après 969 (selon certains auteurs gouverneur de la région de Sredets), arménien de la province de Derjan, dans l'Euphrate, venu avec des troupes byzantines à Bulgarie et fut gouverneur de la province de Macédoione et comte de Serdica, et de son épouse Rhipsime (peut être d'origine arménienne[1] Christian Settipani la fait fille d'Achot II Bagratouni et de sa femme Marie de Kachum.). Avec ses trois frères aînés aux noms bibliques : David, Moïse (Moses, Roses ou Roisy) et Aaron (ou Aron) que les auteurs grecs dénomment les « Comitopouloï » ((i.e fils du comte), il entreprend de reconstituer le royaume Bulgare soumis à Byzance depuis 971.

Sur les quatre frères selon Jean Skylitzès: David, co-tsar dès 976, est tué en cet année entre Kastoria et Prespa par un « brigand » valaque, Moïse, co-tsar dès 976, meurt au siège de Serrès frappé par une pierre ou tué par un homme du duc byzantin Mélissènos. Samuel se débarrasse ensuite de son autre frère Aaron [2] lorsqu'il le fait exécuter avec toute sa famille sauve un fils le 14 juin 987. Pendant ce temps il avait libéré la Roumélie, envahit la Thessalie jusqu’aux Thermopyles (983), puis la Grèce jusqu’à Corinthe et occupe l’Albanie (986). L'Empereur byzantin Basile II subit une défaite face aux bulgares le 17 août 986 à la bataille des Portes de Trajan (Trayanovi Vrata, près de Sofia)[3]. L’empire bulgare atteint la mer Noire. Après sa victoire, le tsar Samuel se tourne contre la Dalmatie. Il occupe le port de Dyrrachium et le littoral de l’Albanie. Il assiège tour à tour les villes dalmates de Cattaro, Raguse, Spalato, Traù et Zara, qui résistent, mais leur territoire est mis à sac et incendié, puis se tourne vers la Dioclée, alliée de Byzance, qu'il occupe (986-989)[4].

C'est à cette époque que remportant la victoire dans la Bataille de Thessalonique (996), Samuel estimant qu'il avait rétabli la Bulgarie dans son étendue du temps du tsar Siméon et après la mort de Roman de Bulgarie se proclame basileus en 997. Il est un temps considéré comme invincible même par les Byzantins: jouant sur le nom « Cometopoulos », le poète Jean Géomètre le compare à une comète apparue en 989.

À partir de 1001, Basile II envahit la Bulgarie chaque année jusqu’en 1014. En 1004 il reprend Vidin, Skopje et Vodéna (Maintenant Édessa en Grèce) et coupe l’empire de Samuel en deux, soumet la partie orientale puis se dirige vers l’ouest. L'année suivante Dyrrachion fait défection à Samuel mais l’« Empire bulgare », progressivement réduit à l’Albanie, résiste jusqu’en 1014.

Le 29 juillet 1014, Basile II est victorieux des Bulgares à Stoumitza (Cimbalougou). Les troupes de Nicéphore Xiphias font prisonnière l’armée bulgare. Samuel s’échappe : 15 000 prisonniers ont les yeux crevés et les mains coupées à l’exception de 150, qui sont éborgnés pour pouvoir guider les autres auprès du tsar Samuel, qui meurt de chagrin dans Prilep le 6 octobre suivant.

Hypothèses alternatives[modifier | modifier le code]

Il y a aussi une autre version de l'origine de Samuel. Au XIe siècle l’historien Stepanos Asoghik écrit que Samuel eut seulement un frère, déclarant qu’ils étaient tous les deux Arméniens de la région de Derjan, une terre arménienne incorporée à l'Empire byzantin. Ils ont été envoyés pour combattre les Bulgares en Macédoine mais ont fini par se rallier à eux[5]. Cette version est défendue par l’historien Nicolas Adontz, qui a analysé les événements et les faits du siècle et a conclu que Samuel eut seulement un frère, David[6].

La version d'Asoghik est aussi défendue par l’historien bulgare Jordan Ivanov[7]; de plus, selon l’Inscription de Samuel, il a eu seulement un frère appelé David. Yahya, un historien arabe, indique que le fils de Samuel, Gavril, fut assassiné par le dirigeant des Bulgares, le fils d’Aaron, parce qu’Aaron appartenait à la famille ayant régné sur la Bulgarie. Asoghik et Yahya distinguent clairement la famille de Samuel de celle d’Aaron ou la famille du Cometopouli de la famille royale. Selon eux, Moïse et Aaron ne sont pas de la famille du Cometopouli. David et Samuel étaient d’origine arménienne mais Moïse et Aaron n'étaient arméniens que par leur mère[8].

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Samuel Ier épouse vers 970 Agathe Chryselia, née à Larissa, fille de Jean Chryselios, gouverneur et seigneur de Durazzo, dont il a quatre enfants :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul Stephenson, The Legend of Basil the Bulgar-Slayer p. 13, citant comme premier auteur à donner à la famille une origine arménienne Nicolas Adontz, Samuel l'Arménien, roi des Bulgares ; selon Stephenson cette hypothèse n'a pas fait consensus.
  2. « qui était favorable aux Romains » selon Jean Skylitzès
  3. Guérin Songeon, Histoire de la Bulgarie, Paris, Nouvelle Librairie nationale,‎ 1913 (présentation en ligne)
  4. Louis Comte de Voinovitch Histoire de Dalmatie Textor Verlag, 1934 (ISBN 978-3-938402-16-0)
  5. Asołik de Tarôn, L'histoire universelle, traduit de l'arménien et annoté par Frédéric Macler, Paris, E. Leroux, 1917 [Publications de l'École des langues orientales vivantes ; Sér. 1,18,2].
  6. Nicolas Adontz. Bruxelles, Palais des académies, 1938. Republié : Études Arméno-Byzantines, Livraria Bertrand. Lisbonne, 1965, p. 347-407.
  7. Йордан Иванов (Jordan Ivanov). Произход на цар Самуиловия род (L'Origine de la famille du roi Samuel). In : Сборник в чест на В. Н. Златарски, София, 1925.
  8. Nicolas Adontz, Samuel l’Arménien, Roi des Bulgares (réédition de 1965), p. 387-390

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • Jean Skylitzès Empereurs de Constantinople « Synopsis Historiôn » traduit par Bernard Flusin et annoté pat Jean-Claude Cheynet éditions P.Lethilleux Paris 2003 (ISBN 2283604591) p.216,275-277, 283, 285-295, 297-299, 302-303, 314,338-340.
  • (ru) Степанос Таронеци-Асохик [Stepanos Taroneci-Asoghik, 10e - 11e siècle]. Всеобщая история Степаноса Таронского - Асохика по прoзванию, писателя ХІ столетия. Перевод с армянскoго и объяснения Н.Эминым. Москва, Типография Лазаревского института восточных языков. 1864. ХVІІІ.
  • Asołik de Tarôn, L'histoire universelle, traduit de l'arménien et annoté par Frédéric Macler, Paris, E. Leroux, 1917 [Publications de l'École des langues orientales vivantes ; Sér. 1,18,2].
  • Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les Princes caucasiens et l'Empire du VIe au IXe siècle, 2006 [détail des éditions].

Études contemporaines[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]