Sven Ier de Danemark

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Sven Ier
Sven Ier de Danemark
Sven Ier de Danemark
Titre
Roi de Danemark
986
Prédécesseur Harald Ier
Successeur Harald II
Roi d'Angleterre

&&&&&&&&&&&&&0401 mois et 8 jours
Prédécesseur Æthelred II
Successeur Æthelred II
Souverain de Norvège
999 –
Prédécesseur Olaf Ier
Successeur Éric Håkonsson
Biographie
Date de naissance vers 960
Date de décès
Lieu de décès Gainsborough
Père Harald Ier
Mère Aesa la Couturière
Conjoint Gunhild
Enfant(s) Harald II
Knud Ier

Sven Ier (vers 960), dit à la barbe fourchue, est roi de Danemark et d'Angleterre, et suzerain de Norvège. En norrois, sa langue : Sveinn ; en anglais : Sven Otto Haraldsson ; en danois : Svend Tveskæg, initialement Tjugeskæg ou Tyvskæg ; en norvégien : Svein Tjugeskjegg ; en suédois : Sven Tveskägg ; en français Sven ou Svein ou Svend.

Origine[modifier | modifier le code]

La date de naissance de Svein est inconnue, mais on suppose qu'il est né avant que son père Harald Ier n'épouse la religion chrétienne, vers le début ou la moitié de la décennie 960. Sa mère, Aesa la Couturière, était la fille d'un pauvre fermier chez qui « Harald à la Dent bleue » (Harald Ier) avait fait halte. Il aurait ensuite été élevé par Palna-Toki, chef des Vikings de Jomsborg, lequel l'aurait ensuite poussé à se faire reconnaître de force comme héritier par le roi. On raconte que lors de sa conversion, Svein prend le nom chrétien d'Otto en l'honneur de l'empereur Otton Ier du Saint-Empire romain germanique (couronné en 962).

Surnom[modifier | modifier le code]

Son surnom de « Barbe fourchue », probablement utilisé de son vivant, lui viendrait de sa moustache taillée en fourche (tjuge en vieux norvégien), alors particulièrement à la mode en Angleterre. En outre, il est le premier monarque danois à avoir fait frapper des pièces de monnaie à son effigie, sous l'inscription Zven, Rex ad Dener (Sven, roi des Danois).

Règne[modifier | modifier le code]

Le roi Sven Ier

Après s'être opposé à lui, Svein succède à son père, Harald à la dent bleue, en tant que roi du Danemark, probablement vers fin 986 ou début 987. Il lance une première expédition contre l'Angleterre en 994. Il épousa peu après Sigrid, la veuve du roi Éric de Suède, gagnant ainsi de l'influence en Suède via le fils d'Éric, Olof. À la suite de la mort du roi Olaf Ier de Norvège à la bataille de Svoldr, Svein peut contrôler en 1000 le sud de la Norvège au travers du jarl de Hladir Éric Håkonsson, son vassal. On suppose que Svein est derrière les expéditions contre l'Angleterre de 1003-1005, 1006-1007, et 1009-1012 en représailles du massacre des habitants danois en Angleterre dont sa sœur, Gunnhild, et son beau-frère, le jour de la Saint-Brice, le [1]. Il déclenche enfin une invasion massive en 1013 à laquelle il participe en personne.

D'après les chroniques de l'époque, « avant le mois d'août vint le roi Svein avec sa flotte à Sandwich. Il atteint très vite les alentours de l'est de l'Anglia et monte le long du Trent jusqu'à atteindre Gainsborough. Earl Uhtred et toute la Northumbrie se prosternent devant lui tout comme ceux de Lindsey puis ceux des Cinq Bourgs [...] On lui laisse des otages de toutes contrées. Quand il comprend que tous se sont soumis, il demande à ce que son armée soit réapprovisionnée et à ce qu'on lui donne des montures, puis il part vers le sud et confie sa flotte et ses otages à son fils Cnut (en français : Canut). En arrivant à Watling Street, ils font tout le mal qu'une armée peut faire. Ils vont à Oxford où les habitants se prosternent bientôt devant lui et lui donnent des otages. De là, ils poursuivent à Winchester, font de même, puis à l'est, vers Londres ».

Mais on raconte que les Londoniens détruisent les ponts sur la Tamise (ce qui aurait inspiré la comptine anglaise London bridge is falling down, « le pont de Londres tombe »). Svein souffre en conséquence de sévères pertes, et doit battre en retraite. Il va conquérir Wallingford, puis Bath où il stationne ses troupes.

Londres a résisté à l'invasion danoise, mais se retrouve isolée et complètement encerclée par les terres conquises. Svein Barbe fourchue est accepté comme roi d'Angleterre après la fuite en Normandie du roi Æthelred le Malavisé, vers fin 1013. Londres fait alors sa soumission et le Witan déclara Svein roi le jour de Noël.

Svein s'installe à Gainsborough, dans le Lincolnshire où il commence à organiser son nouveau royaume, mais il meurt le , après seulement 5 semaines de règne sur l'Angleterre[2]. Sa dépouille est rapatriée au Danemark et son fils Harold II lui succède en tant que roi de Danemark, tandis que son jeune fils est proclamé par sa flotte roi d'Angleterre sous le nom de Canute (Knud Ier). Mais ce dernier rentre un temps au Danemark après le retour d'Æthelred de Normandie. Finalement, Knud régnera sur l'Angleterre, le Danemark, la Norvège ainsi qu'une partie de l'Allemagne du nord.

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Selon les Sagas scandinaves[3], Sven aurait épousé Sigrid Storråda, la veuve d’Éric VI de Suède, qui lui aurait donné Knut II de Danemark.

La critique moderne estime que cette union est légendaire et que Sven épousa plutôt la femme d’Eric de Suède, qui était une princesse slave connue uniquement sous son nom scandinave de Gunnhild et était une fille ou une sœur de Boleslas Ier de Pologne[4]. Selon Thietmar de Mersebourg[5], le roi Sven aurait épousé non pas la fille mais la sœur du roi Borislav et en aurait eu deux fils : Knut et Harald.

D’autres vont jusqu’à identifier les deux épouses, pourtant bien distinctes chez Adam de Brême et dans les Sagas, en une seule : Świętosława = Sigrid Storråda.

En tout état de cause, Sven eut au moins quatre enfants avérés de ses épouses :

Polémiques[modifier | modifier le code]

Au XIe siècle, l'historien Adam de Brême publie le Gesta Hammaburgensis Ecclesiae Pontificum dans lequel il soutient que Svein aurait été détrôné par Éric le Victorieux, roi de Suède qui règne alors sur le Danemark jusqu'à sa mort en 994 ou 995. Il impute aussi à Svein la révolte qui coûte la vie à son père et soutient que, puni par Dieu pour cette action, il dut subir un exil de 14 années. Partout où il cherche refuge, il est mal accueilli, sauf en Écosse, où le roi, païen et meurtrier, se plaît en sa compagnie. Ce n'est que lorsque Svein reconnaît le Christ comme véritable sauveur qu'il peut à nouveau redevenir monarque[8].

Mais il semblerait qu'aucune autre source ne soutienne ces allégations (hormis celles qui se basent sur les travaux d'Adam de Brême). En outre, il est établi avec quasi-certitude que Svein est présent à une rencontre avec deux de ses vassaux sur l'île danoise de Sejerø en 993 pour résoudre une querelle, soit au moins un an avant la fin de l'exil dont parle Adam de Brême.

De plus, Adam de Brême souligne avec insistance que Svein est païen, alors que celui-ci a été baptisé avec son père lors de la christianisation du Danemark, a invité nombre de prêtres de Hambourg à venir en Angleterre.

Il semblerait donc que le Gesta Hammaburgensis Ecclesiae Pontificum soit une œuvre de pure propagande, mais il arrive qu'il soit brandi pour défendre pour diverses idéologies politiques (la page anglophone est suspectée de non-neutralité).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cassagnes-Brouquet S., Histoire de l'Angleterre médiévale, Gap, Ophrys, 2000, p. 31.
  2. « Svein Haraldsson mourut subiement, la nuit dans son lit, et il y a des Anglais qui disent que c'est Saint Edmond qui le tua de la même façon que Saint Merkurius tua Julien l'Apostat » Régis Boyer Saga de Saint Olaf, Payot 1983 (ISBN 2228132500), chapitre XII, p. 31.
  3. Histoire des rois de Norvège « Histoire de Olaf fils de Tryggvi », chapitre 92 : « Le roi de Danemark Sven la Barbe fourchue avait pour épouse Gunnhild, la fille de Borislav le roi des Vendes. À l'époque qui vient d’être relatée il se fit que la reine Gunnhild tomba malade et mourut. Peu après le roi épousa Sigrid l’Impérieuse, la fille de Skoglar-Tosti »
  4. Adam de Brême livre II chapitre 35 scholie 24 .
  5. Chronique : Livre VII chapitre XXXIX
  6. Adami, Gesta Hammenburgensis Ecclesiæ Pontificum II.52, MGH SS VII, p. 325.
  7. Saxo Grammaticus (Christiansen), 10, XIV, p. 28.
  8. Adam de Brême Livre II chapitre 34 qui précise qu'il a obtenu ces informations « sur son aïeul le parricide » de Sven II de Danemark le propre petit-fils de Sven!