James Abbott McNeill Whistler

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James Abbott McNeill Whistler

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Autoportrait (vers 1872)
Detroit Institute of Arts, Détroit

Naissance 10 juillet 1834
Lowell (Massachusetts)
Décès 17 juillet 1903 (à 69 ans)
Londres
Nationalité Américaine
Activités peintre
Formation Académie impériale des beaux-arts
Maîtres Charles Gleyre

James Abbott McNeill Whistler /ˈdʒeɪmz ˈæbət məkˈniːl ˈwɪslɚ/ (11 juillet 1834 - 17 juillet 1903) est un peintre américain, lié au mouvement symbolique et impressionniste.

Symphonie en blanc no 1 (La Fille en blanc), 1862, National Gallery of Art, Washington
Gris et Argent - La Plage de Battersea, 1863, Institut d'art de Chicago, Chicago

Biographie[modifier | modifier le code]

James Abbott McNeill Whistler est né le 10 juillet 1834 à Lowell, dans le Massachusetts, au nord-est des États-Unis. Son père s'appelait George Washington Whistler, et sa mère Anna Matilda McNeilla.

En 1842, son père, ingénieur, est employé au chemin de fer à Saint-Pétersbourg, dans l'empire russe. Là, le jeune Whistler s'inscrit à l'Académie impériale des beaux-arts et apprend le français. (Plus tard, au cours de son procès contre John Ruskin, Whistler revendiquera la Russie comme lieu de naissance : « Je suis né quand et où je veux, et je ne veux pas être né à Lowell », déclarera-t-il). Il conserve néanmoins sa nationalité américaine[1]. Le jeune homme s'installe à Londres en 1848, mais après la mort de son père en 1849, Whistler et sa mère reviennent à Pomfret (en), dans le Connecticut. Il entre à l'école locale pour ensuite s'inscrire en 1851 à l'Académie militaire de West Point, où son père avait autrefois appris le dessin et la cartographie. Il échoue à l'examen de chimie, comme il s'est lui-même exprimé plus tard : « Si le silicium avait été un gaz, j'aurais été un jour général. » Il en est renvoyé en 1854.

En 1855, il part étudier la peinture à Paris, après avoir hérité d'une petite somme d'argent. En 1856, il s'inscrit à l'atelier de Charles Gleyre[1], alors atelier le plus célèbre après celui de Thomas Couture. D'autres élèves préparent le concours d'entrée à l'École des beaux-arts : Monet, Renoir, Sisley et Bazille. Volontiers plus "dandy" que bohème, il fait l'objet de caricatures. George du Maurier le dépeint dans un roman Trilby (1894) sous les traits de Joe Sibley. Whistler lui fait un procès qu'il gagne. Il se lie d'amitié avec Alphonse Legros et Henri Fantin-Latour. Ils décident de faire carrière et fondent la Société des Trois.

En 1859, il arrive à Londres où il passe une longue partie de sa vie. Il se présente comme un aristocrate sudiste ruiné, bien que sa sympathie envers les sudistes pendant la Guerre civile américaine ne soit pas démontrée.

Découvrant Vélasquez et la peinture espagnole introduite au Louvre par Louis-Philippe Ier, il part pour Madrid afin d'admirer l'œuvre du maître, mais le voyage s'interrompt à Guéthary. Cependant, Velasquez l'influençera dans nombre de portraits comme Arrangement en noir (1884), son Autoportrait en brun et or (1896), ou dans "Arrangement noir et or, le comte Robert de Montesquiou" (1891-1892, The Frick Collection, New York).

Whistler s'intéresse également à la peinture extrême-orientale et collectionne les porcelaines et les tissus orientaux ou, comme Dante Gabriel Rossetti, les bois gravés servant à imprimer les tissus.

En 1863, Napoléon III fait ouvrir le Salon des Refusés dans un coin du Palais de l'Industrie. Deux tableaux font sensation : Le Déjeuner sur l'herbe de Manet et La Dame en blanc de Whistler, œuvre refusée l'année précédente à la Royal Academy de Londres.

En 1866, Whistler participe à un trafic d'armes au cours de la guerre entre l'Espagne et le Chili[2].

En 1870, Whistler peint les portraits en pied de l'armateur anglais Frederick Richards Leyland (en) et de sa femme. Leyland lui a, par la suite, commandé la décoration de sa salle à manger ; le résultat est "l'Harmonie en Bleu et Or : La Chambre du Paon" (Galerie Freer Gallery of Art à Washington.

La pièce est conçue et peinte dans une riche palette de verts-bleus brillants rehaussée à la feuille d'or. Elle est considérée comme un exemple du style anglo-japonais". La peinture est inspirée de la porcelaine bleue et blanche copiée du catalogue de Monsieur Henry Thompson et des porcelaines que Leyland avait rassemblées.

Le travail terminé, l'artiste et le commanditaire se disputent si violemment sur le montant des honoraires réclamés pour ce travail que leur relation s’arrête là. Whistler réussit cependant à pénétrer une nouvelle fois dans la pièce et peint deux paons se battant, cette scène est censée représenter l'artiste et son commanditaire : l'un tient un pinceau et l'autre un sac d'argent…

La pièce entière sera achetée plus tard par l'industriel et esthète Charles Lang Freer, qui y installera une collection d'œuvres de Whistler. Les courriers publiés entre Charles Lang Freer et Whistler révèlent l'intérêt de ce dernier à rassembler son travail aux États-Unis.

En 1888, Whistler épouse Beatrix, la veuve d' E. W. Godwin. Les cinq ans de leur mariage sont très heureux, mais Beatrix est emportée par un cancer.

Whistler meurt le 17 juillet 1903 et est enterré à l'église St Nicholas dans le quartier de Chiswick, à Londres.

La personnalité[modifier | modifier le code]

Whistler était réputé pour son esprit acéré, particulièrement dans des échanges avec son ami Oscar Wilde. Tous les deux étaient des figures de la société parisienne en cette fin du XIXe siècle. On raconte que le jeune Oscar Wilde, alors invité à un des dîners de Whistler, son hôte lui fit une remarque brillante, et Wilde aurait répliqué : « Je regrette de ne pas l'avoir dit plus tôt. » Ce à quoi Whistler riposta : « Vous le ferez, Oscar, vous le ferez !. » Quand Oscar Wilde sera publiquement reconnu homosexuel en 1895, Whistler le raillera ouvertement.

En 1878, Whistler poursuit en justice pour diffamation le critique John Ruskin après que celui-ci a condamné sa peinture le Nocturne in Black and Gold : The Falling Rocket (1874). Au procès, l'avocat de John Ruskin croise Whistler et lui dit : «  Combien de temps vous a-t-il fallu pour peindre Nocturne in Black and Gold ?, « Une demi-journée », répondit Whistler, « Ainsi », continue l'avocat, « vous facturez deux cents guinées le travail d'une demi-journée ? », « Non, mais pour l'expérience d'une vie ! », répondit Whistler. Whistler eut une indemnisation symbolique, mais le procès lui avait coûté mille livres, plus les dépenses.

Cette somme, et les dettes énormes contractées pour construire sa résidence, "la Maison Blanche" dans la rue Tite, à Chelsea, l'acculent à la faillite. Alors qu'un journal hollandais annonce sa mort après une crise cardiaque, Il écrit au journal, disant que la lecture de sa propre nécrologie l'a incité à « un rougeoiement tendre de santé ».

La notoriété[modifier | modifier le code]

Whistler a été mondialement reconnu de son vivant. En 1884, il est élu membre d'honneur de l'Académie royale des beaux-arts à Munich. En 1892, il est fait Officier de la Légion d'honneur en France et il est devenu un membre fondateur et premier président de la Société internationale des sculpteurs, peintres et graveurs en 1898[N 1]. Il est souvent admis qu'il a été le modèle d'un des personnages importants d'À la recherche du temps perdu de Marcel Proust : le peintre Elstir[3].

Son influence[modifier | modifier le code]

Après le procès de Ruskin, tout ce que Whistler mentionne ou écrit sur son travail, et tout particulièrement ce qu'il dit, est fait dans le but avoué de se dissocier de l'école anglaise de peinture, de rompre les relations qu'il a parmi les Académiciens Royaux et les artistes qu'il a connu pendant les années 1860. Malgré ses tentatives pour prouver qu'il n'appartenait à aucune école, il est sans aucun doute l'un des peintres victoriens qui a le plus revitalisé la peinture britannique.

L'influence laissée par Whistler est très significative et est sujet d'expositions de musées et de publications. Un voyage à Venise en 1880 pour réaliser une série de gravures a non seulement renfloué ses finances, mais a aussi stimulé de nouveau le regard que les artistes et les photographes ont porté sur la ville.

Whistler était persuadé que l'art devrait se concentrer sur l'harmonie des couleurs, ce qui lui valut beaucoup de critiques. Il est vu alors comme un précurseur de l'art abstrait. Il aime l'harmonie des formes et de couleur et souhaite créer un art basé sur des lois précises de composition où le dessin est maitrisé. Il disait: "l'Art est la science du Beau".

Considéré comme l'initiateur de l'impressionnisme anglais, il conçoit la peinture comme une pure expérience esthétique au-delà des valeurs de la représentation et se rapprochera de la culture symboliste des années 1880-1890. Ses contemporains comparent ses nocturnes et ses symphonies picturales aux variations subtiles de la musique de Wagner.

La maison dans laquelle il est né est devenue le Musée Whistler.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'Artiste dans son atelier, 1865-66,
Institut d'art de Chicago, Chicago

Arrangement en gris et noir no 1[4] (1871) est le portrait que Whistler fit de sa mère. D'une composition dépouillée, l'Arrangement en gris et noir no 1 est courammnent intitulé la Mère de Whistler. Cette peinture est achetée par le gouvernement français en 1891[1] et est maintenant exposée au Musée d'Orsay à Paris.

La Fille en blanc (1862) soulève une controverse pendant son exposition à Londres et, plus tard, au Salon des Refusés à Paris. Certains voulaient voir Whistler médium ou spirite, d'autres coopté par la Confrérie préraphaélite de Dante Gabriel Rossetti avec lequel il avait des relations d'amitié, alors que pour le peintre ce tableau incarne sa théorie selon laquelle l'art devrait essentiellement être concerné par l'harmonie des couleurs, non par la représentation réelle du monde. Whistler adopte finalement le titre Symphonie en blanc, plus proche de sa démarche. Le modèle qui a posé pour La Fille en blanc, Joanna Hiffernan, a également posé pour Gustave Courbet. Ce dernier peint son portrait en hiver de 1861-62 dans un studio du 18 boulevard Pigalle à Paris. Les historiens supposent que la peinture érotique de Courbet, L'Origine du monde peinte en 1866 a mis fin à leur amitié.

Variations en violet et vert, 1871, musée d'Orsay, Paris : Whistler transpose la technique de l'estampe japonaise pour représenter la Tamise et préfigure l'impressionnisme.

Estampes : graveur très doué, Whistler a produit nombre de lithographies et des pointes-sèches. Ses lithographies, certaines dessinées sur le papier puis lithographiées, d'autres dessinées directement sur la pierre, sont presque aussi nombreuses que ses gravures.

Certaines des lithographies sont des portraits, deux ou trois ont pour sujet la Tamise, tandis que d'autres représentent le Faubourg Saint-Germain à Paris et des églises géorgiennes dans Soho et Bloomsbury à Londres. Les gravures sont les portraits de famille, de ses maîtresses et des scènes de rue à Londres et Venise.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Whistler a publié deux livres qui ont détaillé ses pensées sur la vie et l'art : "Ten O'Clock Lecture" (1885), et "The Gentle Art of Making Enemies" (1890).
  • Il a été, à son tour, le sujet d'une biographie contemporaine écrite par un ami Joseph Pennell en collaboration avec sa femme Elisabeth Robins Pennell: "La Vie de James McNeill Whistler", publié en 1908.
  • Catalogue de l'exposition James McNeill Whistler, textes de Richard Dorment, Margaret MacDonald, Nicolai Cikovsky Jr, Geneviève Lacambre (Musée d'Orsay, Paris, R.M.N., 1995);
  • Hors-série Beaux-Arts Magazine, Whistler (expos. musée d'Orsay du 13/10/1994 - 8/01/1995);
  • Isabelle Enaud-Lechien, James Whistler, le peintre et le polémiste, 1834-1903 (Pchecouleur, ACR éditions, Courbevoie, 1995);.
  • Idem, Whistler et la France (le Musée miniature, Herscher, Paris, 1995);
  • Edgar Munhall - curateur de la Frick Collection de New-York, qui détient, entre autres œuvres du peintre, le portrait de Robert de Montesquiou cité plus haut- : "Whistler et Robert de Montesquiou" (Flammarion, Paris, 1995);
  • Jocelyne Rotily, "Napoléon et moi !" James McNeill Whistler en Corse, 1901, (Marseille, ACFA Éditions, 2008)
  • Robin Spencer, Whistler. A retrospective (Wings Books, New York, 1989);
  • Hilary Taylor, James McNeill Whistler (New Orchard Éditions, Londres, 1978).
  • McLaren Young A. - Mac Donald M. - Spencer R. - Miles H., The paintings of James McNeill Whistler, Londres, New Haven, 1980

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Film : Edwige Kertes, Whistler, 26 min, RMN, 1995.
  • En 1997, Bean, un film où le réalisateur Mel Smith prend pour sujet principal le transfert du célèbre tableau Arrangement en Noir et Gris (ou La Mère de Whistler).

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. à ne pas confondre avec la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs créée en 1874 par les impressionnistes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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