Piero Chiara

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Piero Chiara

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Signature de Piero Chiara

Nom de naissance Pierino Chiara
Activités écrivain
Naissance 23 mars 1913
Luino, Italie
Décès 31 décembre 1986
Varèse, Italie
Langue d'écriture Italien
Genres Roman, Nouvelle

Piero Chiara (Pierino Chiara, pour l'état-civil) est un écrivain italien né à Luino le 23 mars 1913 et mort à Varèse le 31 décembre 1986 (à 73 ans).

Le prix littéraire Piero Chiara, fondé en 1989 par la ville de Varèse lui est dédié.

Biographie[modifier | modifier le code]

Piero Chiara naît en 1913 à Luino, où son père Eugenio est agent des douanes. Ce dernier est originaire de Resuttano, dans la province de Caltanissetta, et sa mère, Virginia Maffei, de Comnago, un village de la rive occidentale du lac Majeur[1].

Contemporain et ami de Vittorio Sereni, il fait ses études dans divers collèges religieux sans réelle diligence ni constance. Ce n'est qu'en 1929 qu'il obtient un diplôme de « licenza complementare ». Il poursuit sa formation culturelle en autodidacte. Après une période passée en voyageant en Italie et en France, en 1932, pour contenter ses parents, il trouve un emploi dans la magistrature comme "assistant de chancellerie". En 1936, il épouse la Suisse-allemande Jula Scherb avec qui il a un fils, Mark. Le mariage, cependant, ne dure guère.

Après un bref passage sous les drapeaux, en dépit de son désintérêt pour la politique, en 1944, il est contraint de fuir vers la Suisse, à la suite d'un mandat d'arrêt délivré par le Tribunal spécial fasciste pour avoir mis, le 25 juillet 1943, à la chute du fascisme, le buste de Mussolini dans le box des accusés du tribunal où il travaillait. Là, il vit dans des camps où les réfugiés italiens sont internés. Après la guerre, il enseigne les lettres au lycée italien de Zugerberg et l'année d'après, il retourne en Italie.

Commence alors une période d'imagination ardente et de créativité continue. Il obtient en 1965 le Prix Charles Veillon pour Con la faccia per terra

En 1970, Piero Chiara joue dans Venga a prendere il caffè da noi (Venez donc prendre le café chez nous), film réalisé par Alberto Lattuada et interprété par Ugo Tognazzi, film tiré de son roman de 1964 La spartizione (Le Trigame), pour lequel il collabore également au scénario.

Son succès culmine en 1976 avec son chef-d'œuvre, La stanza del vescovo (La Chambre de l'évêque), qui devient immédiatement un film à succès réalisé par Dino Risi, avec, en vedette, Ugo Tognazzi et Ornella Muti. Il apparaît souvent comme figurant ou avec un petit rôle dans des films basés sur ses romans, comme greffier du tribunal dans La stanza del vescovo, par exemple.

Il meurt dix ans plus tard, à Varèse, après avoir occupé au niveau national de nombreux postes au sein du Parti libéral italien. Il était également affilié aux loges maçonniques de Varèse, Côme et Milan[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Piero Chiara est le poète des petites histoires du «grand lac», qui sert souvent comme décor dans ses histoires courtes et instructives. Il raconte la mesquinerie de la vie provinciale avec un style où l'on ne s'ennuie jamais, toujours teinté d'humour, d'ironie, parfois avec une délicatesse mélancolique, toujours capable de saisir dans le quotidien l'essence, virtuellement oubliée, de la vie.

Souvent comparé à Giovannino Guareschi, le conteur de la Bassa padana (partie basse de la plaine du Pô), Chiara montre les traits de vie de la Haute Lombardie et des cantons suisses : une vie frontalière, avec ses passeurs et contrebandiers, bandits et fugitifs, mais surtout sa petite bourgeoisie et ses personnages au quotidien.

Chiara traite souvent de des sujets parfois scabreux (assassinat, l'adultère, obsession érotique) sans jamais céder à une vulgaire complaisance.

Il se dégage de ses pages un sentiment de nostalgie qui n'est pas un désir pathétique de revenir en arrière (comme dans Giovannino Guareschi), mais la réalisation qui donne à réfléchir que ce retour n'est pas possible. L'amertume de l'écrivain est particulièrement évidente dans ses dernières œuvres, de Il cappotto di astrakan a Vedrò Singapore? jusqu'aux posthumes Saluti notturni dal Passo della Cisa, histoire désillusionnée de la province inspirée par un fait divers.

Chiara est aussi l'un des meilleurs connaisseurs de la vie et l'œuvre de l'écrivain et aventurier Giacomo Casanova. Il publié de nombreux écrits sur le sujet repris par la suite dans le livre Il vero Casanova (1977). Il s'occupe, pour Mondadori, de la première édition, basée sur le manuscrit original, de l'ouvrage autobiographique de Casanova L’Histoire de ma vie. Il a également écrit le scénario de l'adaptation télévisuelle (1980) de la nouvelle d'Arthur Schnitzler, Le Retour de Casanova.

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Le Trigame, [« La spartizione »], trad. de Jacques Brousse, Paris, Albin Michel, 1965, 228 p. (notice BnF no FRBNF32949844)
  • Les Jeudis de Madame Giulia, [«  I giovedi della signora Giulia »], trad. d'Amélie Lahontaa, Paris, Éditions et publications premières, 1971, 183 p. (notice BnF no FRBNF35223839)
  • La Lune rousse, [« Saluti notturni dal passo della Cisa »], trad. de Roland Stragliati, Paris, Éditions Julliard, 1988, 152 p. (ISBN 2-260-00534-9)
  • D'une maison l'autre, la vie, trad. de Simone Darses, Paris, Éditions Rivages, coll. « Littérature étrangère » 1993, 182 p. (ISBN 2-86930-691-1)
  • Le Préteur de Cuvio, [« Il pretore di Cuvio »], trad. de Henri Lewi, Monaco-Paris, France, Le Rocher, 2008, 178 p. (ISBN 978-2-268-06425-3)

Sur l'auteur[modifier | modifier le code]

  • Giancarlo Sala, Piero Chiara e la sua sentenziosa affabulazione allegorico-picaresca : intendimenti artistici, didascalici, e iniziatici, Poschiavo, Suisse, Menghini, 1996, 318 p. (ISBN 88-86917-00-7)
  • Stefano Giannini, La musa sotto i portici : caffè e provincia nella narrativa di Piero Chiara e Lucio Mastronardi, Florence, Italie, M. Pagliai, 2008, 236 p. (ISBN 978-88-564-0047-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Piero Chiara - Biografia », sur Italia libri,‎ 7 mai 2002 (consulté le 10 août 2012)
  2. Vittorio Gnocchini, L'Italia dei Liberi Muratori, Livourne, Erasmo Editore, p. 71

Sources[modifier | modifier le code]