Dido and Æneas

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Didon et Énée

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Dido and Æneas
Didon et Énée
Image décrite ci-après

Genre Opéra
Nbre d'actes 1 prologue et 3 actes
Musique Henry Purcell
Livret Nahum Tate
Langue
originale
Anglais
Sources
littéraires
Livre IV de l’Énéide (Virgile)
Durée
approximative
1 heure environ
Dates de
composition
1689
Création Décembre 1689
Chelsea Londres
Création
française

Petite Scène Paris (en fr.)
Personnages
Airs
  • « Ah Belinda »
  • « Oft she visits »
  • « Your counsel, all is urg'd in vain » (récitatif)
  • « When I am laid »

Dido and Æneas Z. 626 (Didon et Énée en français) est un opéra baroque en trois actes écrit au printemps 1689[1] par le compositeur anglais Henry Purcell, sur un livret de Nahum Tate[1].

Commentaire[modifier | modifier le code]

D'une durée d'une heure environ, il fut représenté pour la première fois en 1689 à la Boarding School for Girls, à Chelsea[1], un quartier de Londres. Purcell jouait lui-même du clavecin et les élèves du pensionnat exécutaient les danses que le compositeur avait rajoutées à l'opéra.

C'est la seule œuvre de Henry Purcell réellement considérée comme un opéra baroque, les autres (The Fairy Queen, King Arthur, etc.) étant plutôt des semi-opéras ou des masks destinés à être joués au théâtre de par la présence de récitatifs[2]. Par la forme, Didon et Énée s'apparente au Vénus et Adonis de John Blow, le maître de Purcell, bien introduit à la cour de Charles II d'Angleterre. Pour cette raison, les musicologues pensent que Didon et Enée fut composé pour le roi, mais jamais représenté devant lui du fait de sa mort précoce en 1685.

Faisant écho à la tradition virgilienne de l'Énéide, Didon et Énée est considéré comme un chef-d'œuvre de la musique baroque.

Argument[modifier | modifier le code]

L'acte I[modifier | modifier le code]

  • À Carthage (palais de la reine Didon)

Belinda, la confidente de la reine Didon, l'exhorte à retrouver le sourire dans l'aria "Shake the cloud from off your brow". En effet, cette dernière est accablée car elle aime en secret Énée, prince de Troie et ne peut avouer son tourment sous crainte de décevoir son peuple (aria "Ah Belinda I am prest with torment"). Belinda suggère alors à Didon d'épouser Énée, ce dernier n'étant pas insensible à ses charmes, d'autant plus qu'une telle alliance assurerait la prospérité et la paix pour l'empire. Les courtisans reprennent en chœur les propos de Belinda, et Didon, comblée, accepte la proposition d'Énée et succombe à l'amour.

L'acte II[modifier | modifier le code]

  • Scène 1 : Elle se déroule dans une caverne.

La Magicienne, reine des sorcières, lance un appel à ses sujets, êtres malfaisants, afin d'élaborer un plan pour faire tomber Didon. Elle décide de faire passer un de ses sujets pour Mercure, l'envoyé des Dieux, afin qu'Énée quitte Didon pour aller accomplir sa destinée, bâtir une nouvelle cité en Italie. Les sorcières se réjouissent de ce plan machiavélique dans le duo "But 'ere we this perform".

  • Scène 2 :Elle se déroule dans une forêt.

Didon, Énée et leur cour se promènent et vantent les beautés de la nature environnante jusqu'au moment où un orage éclate, créé par les maléfiques sorcières. Tous se dépêchent de rentrer au château. Énée, resté seul, voit apparaître le leurre de la Magicienne qui le presse de quitter Carthage. Il est alors tiraillé entre son amour pour Didon et l'ordre divin.

L'acte III[modifier | modifier le code]

  • Le port de Carthage.

Les marins préparent le départ ("Come away fellow sailors !"). Énée annonce à Didon qu'il doit la quitter par devoir. Elle le rejette, il décide alors de braver la colère des dieux pour rester avec elle. Outrée qu'il ait songé à la quitter, elle le repousse à nouveau et lui ordonne de s'en aller. Une fois Enée parti, elle se donne la mort dans le poignant lamento "When I am laid in earth", où elle demande à Belinda de se souvenir d'elle mais d'oublier son destin.

Originalité[modifier | modifier le code]

La présence de sorcières comme Deus ex machina est une invention de Tate, dans le style shakespearien (on pense aux sorcières de Macbeth). Dans l'Énéide, c'est Jupiter qui décide de rappeler Énée à son devoir.

Partition[modifier | modifier le code]

On ne connaît pas la partition originale. Ce n'est qu'au milieu du XVIIIe siècle que furent collectées et copiées les plus anciennes partitions existantes de l'œuvre, comportant quelques variantes tant sur le texte que sur la musique.

La partition a été écrite pour quatuor à cordes (violon I, violon II, alto et basse continue) et clavecin. L'accent est plutôt mis sur les parties vocales, doublées la plupart du temps par les instruments.
L'ouverture commence adagio puis s'accélère jusqu'à allegro permettant l'enchaînement du premier aria, "Shake the cloud", chanté par Belinda.

Les morceaux des sorcières sont réellement remarquables : chantés de façon nasalisée, ils donnent à la partition une véritable fraîcheur mais aussi un côté comique, loin de l'image que l'on a aujourd'hui du baroque classique.

Malgré une écriture assez dépouillée, l'intensité dramatique est bel et bien présente, notamment dans les arias "Ah Belinda", "Oft she visits", "Your counsel, all is urg'd in vain" (récitatif) et "When I am laid".

Programme[modifier | modifier le code]

  • Movt. 1. Ouverture

Acte I[modifier | modifier le code]

  • Movt. 2. a. Aria, "Shake the cloud from off your brow"
  • Movt. 2. b. Chorus, "Banish sorrow, banish care"
  • Movt. 3. Aria and Ritornello, "Ah! Belinda, I am prest with torment"
  • Movt. 4. Duet (dialogue), "Grief increases by concealing"
  • Movt. 5. Chorus, "When monarchs unite"
  • Movt. 6. Trio (dialogue), "Whence could so much virtue spring?"
  • Movt. 7. Duet and Chorus, "Fear no danger"
  • Movt. 8. Trio (dialogue), "See, your royal guest appears"
  • Movt. 9. Chorus (dialogue), Cupid only throws the dart"
  • Movt. 10. Aria, "If not for mine"
  • Movt. 11. Prelude and Aria, "Pursue thy conquest, love"
  • Movt. 12. Chorus, "To the hills and the vales"

Acte II[modifier | modifier le code]

  • Movt. 14. Prelude and Aria, "Wayward sisters"
  • Movt. 15. Chorus, "Harm's our delight"
  • Movt. 16. Aria, "The queen of Carthage, whom we hate"
  • Movt. 17 - 20. Chorus and Dialogue, "Ho ho ho!"
  • Movt. 21. Chorus, "In our deep vaulted cell"
  • Movt. 22. "Echo dance of the furies"
  • Movt. 23. Ritornello
  • Movt. 24. a - b. Aria and Chorus, "Thanks to these lonesome vales"
  • Movt. 24. c. Dance - Gittar ground
  • Movt. 25. a. Aria, "Oft she visits this lone mountain"
  • Movt. 25. b. Ritornello, "A Dance to entertain Aeneas by Dido's Women"
  • Movt. 26. Aria, "Behold, upon my bended spear"
  • Movt. 27. Aria and Chorus, "Haste, haste to town"
  • Movt. 28. Duet (dialogue), "Stay, Prince"

Acte III[modifier | modifier le code]

  • Movt. 29. Prelude and Aria, "Come away, fellow sailors"
  • Movt. 30. Dance - The sailor's dance
  • Movt. 31. Trio (dialogue), "See the flags and the streamers curling"
  • Movt. 32. Aria, "Our next motion"
  • Movt. 33. Chorus, " Destruction's our delight"
  • Movt. 34. Dance - The witches' dance
  • Movt. 35. a. Aria, "Your counsel all is urg'd in vain"
  • Movt. 35. b. Trio (dialogue), "See, madam where the Prince appears"
  • Movt. 36. Chorus, "Great minds against themselves conspire"
  • Movt. 37. Aria, "Thy hand Belinda, darkness shades me"
  • Movt. 38. Ground, Aria and Ritornello, "When I am laid in earth"
  • Movt. 39. Chorus, "With drooping wings"
  • Movt. 40. Epilogue, "All that we know the angels do above"

Annexe[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Le messager des sorcières, sous lapparence de Mercure, essaie de convaincre Énée de quitter Carthage. (info)

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Discographie[modifier | modifier le code]

Didon et Enée, Hervé Niquet et Le Concert spirituel, Glossa, 2001.

Dido and Aeneas, René Jacobs et l'Orchestra of the Age of Enlightenment, Harmonia mundi, 2001.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c François-René Tranchefort, L'Opéra, Éditions du Seuil,‎ 1983, 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 43
  2. Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 1132

Liens externes[modifier | modifier le code]