Musée océanographique de Monaco

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Musée océanographique de Monaco
Image illustrative de l'article Musée océanographique de Monaco
Informations géographiques
Pays Drapeau de Monaco Monaco
Ville Monaco-Ville
Coordonnées 43° 43′ 50″ N 7° 25′ 32″ E / 43.730631, 7.425655443° 43′ 50″ Nord 7° 25′ 32″ Est / 43.730631, 7.4256554  
Informations générales
Date d’inauguration 1910
Superficie 6 000 m2 ouverts au public
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 675 000
Site web www.oceano.org

Géolocalisation sur la carte : Monaco

(Voir situation sur carte : Monaco)
Musée océanographique de Monaco

Le musée océanographique de Monaco est un musée de la mer fondé en 1889 par le prince Albert Ier de Monaco et inauguré en 1910, basé sur le rocher de Monaco sur la Côte d'Azur. Il est l'un des bâtiments les plus imposants du rocher avec le palais de Monaco, le seul à être à flanc de falaise et descendre jusqu'à la mer, 85 m plus bas. Aujourd’hui, il est constitué de 90 bassins et sa collection est riche de 350 espèces de poissons, pour plus de 6000 spécimens[1].

Le musée océanographique de Monaco[modifier | modifier le code]

L'histoire du musée[modifier | modifier le code]

C'est en 1885 que le prince Albert Ier envisage pour la première fois de créer en Principauté un laboratoire de biologie marine, quelques mois après avoir découvert les résultats des expéditions dirigées par le professeur Milne-Edwards. L'idée murît véritablement après le fort intérêt que suscite ses collections scientifiques présentées lors de l'exposition universelle de Paris, en 1889. L’idée est de mettre en valeur les collections qu’il a réuni pendant ses campagnes scientifiques, mais aussi de diffuser les nouvelles connaissances sur la mer et la richesse de sa biodiversité[2].

La construction et l'architecture[modifier | modifier le code]

Les plans du bâtiment, qui s’élève depuis le niveau de la mer jusqu’à plus de 85 m sont établis par l'architecte Français Paul Delefortrie[3] à la fin du XIXe siècle. La première pierre est posée elle le 25 avril 1899. Pour construire cet immense monument, il a fallu résoudre de multiples problèmes techniques en raison de l’emplacement choisi. En effet, le prince désirait maintenir l'intégrité des jardins Saint-Martin, et ne détruire en rien la ceinture qu'ils forment autour de la vieille ville. Il faudra donc attendre une vingtaine d'années pour voir le musée ouvrir enfin ses portes.

L’édifice se développe sur 100 m de long, accroché au flanc de la falaise abrupte du rocher de Monaco. Il est fait essentiellement de pierre blanche de La Turbie[4] et pour les éléments d’un intérêt particulier comme les colonnes de la façade et de l’intérieur ou l'escalier monumental, de calcaire de Brescia.

L'inauguration[modifier | modifier le code]

L'un des aquariums.

Dès 1903 poissons et invertébrés sont maintenus dans des bassins en ciment armé[5]. Mais l'inauguration officielle n'aura lieu que le 29 mars 1910.

Le musée aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Il rassemble aujourd'hui environ 6 000 spécimens de poissons et 300 familles d’invertébrés et propose 6 000 m2 ouverts au public. Le Lagon aux requins, révèle la diversité du récif corallien peuplé d’une multitude de poissons tropicaux et de coraux vivants..

Dans le cadre d’un programme international qui associe des aquariums publics du monde entier, l'aquarium de Monaco joue un rôle important de conservation des espèces menacées : ferme à corail, reproduction de poissons clowns, d'hippocampes, de seiches ou de l'apogon des iles Banggaï menacés par des pêches excessives. Il s'inscrit ainsi dans la sauvegarde et la gestion durable des milieux naturels et des espèces.

Le musée présente une collection inestimable d'objets d'art et d'artisanat liés à la mer et offre l'opportunité d'apprendre, de s'étonner et découvrir la variété du monde marin.

Il se veut être un lieu d’information et de médiation entre les recherches océanographiques et le grand public. Associer l’Art et la Science est le désir initial de ce haut lieu du monde marin. L’enjeu est de maintenir cette action novatrice au fil du temps et de l’évolution du monde. Ainsi, grâce à des expositions artistiques menées en partenariat avec le nouveau musée national de Monaco, des conférences, des colloques internationaux et actions de sensibilisation menées en partenariat, et notamment avec la Fondation Prince-Albert-II-de-Monaco.

Le musée océanographique de Monaco participe activement au rayonnement de la Principauté tant sur le plan scientifique, qu'économique ou touristique. Ses 650 000 visiteurs annuels en font l’une des principales attractivités touristiques monégasques. Grâce à l’action du gouvernement princier de Monaco, le musée bénéficie en 2010 d’un ambitieux programme de travaux d’embellissement.

Expositions[modifier | modifier le code]

Cornucopia de Damien Hirst[modifier | modifier le code]

À l’occasion de son centenaire, le musée a présenté en 2010 une exposition d’œuvres plastiques et picturales de l’artiste britannique Damien Hirst : Cornucopia. Plus de 60 œuvres sont présentés, allant de la peinture sur toile aux animaux marins dans le formol en passant par des squelettes d’animaux préhistoriques. Le point d'orgue de la visite était l'aquarium de 33 tonnes contenant un Grand requin blanc installé à l’entrée du musée[6],[7],[8],[9].

Oceanomania de Mark Dion[modifier | modifier le code]

L'année suivante s’est tenue l’exposition Oceanomania de Mark Dion. Cet artiste américain a créé le plus grand cabinet de curiosités du monde marin, conçu spécialement pour le musée. Celui-ci mesurait 18 m de largeur et 10 m de hauteur. Il contenait de nombreuses pièces des collections du musée comme des maquettes, des bocaux contenant des poissons, des instruments océanographiques et toute sorte d'objets d’art d’inspiration marine. Pour illustrer son intérêt pour les océans, Mark Dion a créé 12 œuvres installées dans les différentes salles du musée[10].

The Littorial Zone de Marc Quinn[modifier | modifier le code]

En 2012, c'est l'artiste britannique Marc Quinn qui a exposé soixante-neuf œuvres (tableaux et sculptures) dans le cadre de l’exposition The Littoral Zone. Squelettes en prière, fœtus en évolution, morceau de glace du pôle Nord, bébé géant (9 m de long et 4 m de haut) ou tête modelée avec son propre sang ; cet artiste britannique affiche son obsession pour le lien entre la vie et la mort, tout en recherchant l’alchimie entre son monde et celui des océans[11],[12],[13],[14].

Exposition Méditerranée[modifier | modifier le code]

Initialement prévue du 20 novembre 2010 au 20 mai 2012, elle est finalement prolongée jusqu'au printemps 2013[15]. Elle aborde plusieurs thématiques comme la prolifération des méduses, l’acidification des océans, les espèces venues d’ailleurs ou encore la surpêche du thon rouge en Méditerranée. Cette exposition a également accueilli l’œuvre Wu Zei (乌贼), réalisée par l’artiste chinois Huang Yong Ping. Cet animal hybride entre la pieuvre et la seiche de 25 m est suspendu au plafond du Salon d'honneur[16]. « Wu zei » est le nom chinois de la seiche, mais l’idéogramme « Wu » (乌) est aussi la couleur noire, tandis que « Zei » (贼) contient aussi l’idée de « voler ». Ce titre ajoute à l’œuvre une ambigüité de sens entre encre marine et marée noire[17],[18].

Anecdotes et controverses[modifier | modifier le code]

Le premier vol en hélicoptère[modifier | modifier le code]

En 1905 eu lieu dans le musée océanographique de Monaco le premier vol en hélicoptère de l'histoire, motivé par le prince et par Maurice Léger un ingénieur français inventeur d'hélicoptères[19]. L'appareil, équipé de deux hélices coaxiales superposées de 6 25 mètres de diamètre et 1 75 mètres de large s'est maintenu en l'air pendant une quinzaine de secondes tout en soulevant un homme de 74 kilos. Cependant, l'histoire ne retiendra pas cette tentative dans la mesure où l’appareil est relié au sol et n’emporte pas son propre moteur[20].

L'expérience est répétée plusieurs fois à partir du 28 avril 1905. Elles ont été faites dans l’une des grandes salles du musée océanographique de Monaco, pendant la construction de ce dernier[21].

Le rejet de l'algue Caulerpa taxifolia en Méditerranée[modifier | modifier le code]

En 1984, le musée océanographique de Monaco aurait rejeté une souche de l'algue Caulerpa taxifolia en Méditerranée. En 2004, l'espèce invasive avait infiltré 15 000 hectares. Aujourd'hui, elle est à 80% disparue[22],[23].

L'Institut océanographique[modifier | modifier le code]

En 1910, après des années de recherches et d'expéditions océanographiques, le prince Albert crée la Fondation Albert-Ier rue Saint-Jacques à Paris en France. En l’établissant à Paris, le prince Albert souhaitait se doter d’un lieu emblématique Il est inauguré le 23 janvier 1911, dix mois après le musée océanographique de Monaco. Comme cadeau de naissance, il fait don du musée océanographique de Monaco à sa fondation.

Il est reconnu d'utilité publique.

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Au début de l’année 2009, SAS le prince Albert II de Monaco et le conseil d’administration de l’Institut océanographique ont décidé d’un plan de relance à l’occasion du centenaire du musée océanographique en 2010. La mise en œuvre de ce plan de relance a été confiée à un nouveau directeur général, Robert Calcagno, et à l’équipe de direction. Avec une orientation très claire, SAS le prince Albert II a demandé à ce qu’une nouvelle dynamique soit donnée au musée océanographique : non seulement montrer la fierté de notre passé et la richesse de notre patrimoine, mais aussi montrer que le musée est tout à fait bien dans son temps et engagé pour l’avenir, notamment grâce à la Monaco Blue Initiative (une rencontre internationale, organisée par la Fondation Albert-II et l’Institut océanographique, pour protéger nos mers).

Les princes régnants de Monaco sont de plein droit « présidents d'honneur » du conseil d'administration du musée.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'aquarium du musée océanographique de Monaco »
  2. Musée océanographique 1910-2010 – édition La Gazette de Monaco ISBN 978-2-9537017-2-2
  3. « Mémoires de la Somme »
  4. « La Pierre de La Turbie Son histoire millénaire » (consulté le 3 avril 2013)
  5. Catalogue d’exposition : « un Guide illustré pour Oceanomania de Mark Dion – 56 pages, parution avril 2011 »
  6. « Cornucopia »PRESENTATION (consulté le 26 mai 2013)
  7. « Musée océanographique de Monaco Cornucopia Damien Hirst » (consulté le 26 mai 2013)
  8. « Damien Hirst : Il n'a jamais été aussi facile de faire de l'art » (consulté le 26 mai 2013)
  9. « Avec Damien Hirst à Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  10. « Mark Dion fait écho à Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  11. « La mer, la vie, la mort selon Marc Quinn au musée océanographique de Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  12. « Marc Quinn au musée océanographique de Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  13. « EN IMAGES. Sang et squelette : l’expo Quinn décoiffe » (consulté le 26 mai 2013)
  14. « La vie, la mort, le monde et l’eau selon Marc Quinn à Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  15. « Méditerranée » splendide, fragile, vivante : Exposition prolongée jusqu'au printemps 2013,‎ 9 mars 2012 (consulté le 12 avril 2012)
  16. « La pieuvre géante découpée en morceaux » (consulté le 14 mars 2013)
  17. .com/media/publishing/s1/id66/extrait_catalogue_hypwuzei.pdf « Zei Huang Yong Ping » (consulté le 26 mai 2013)
  18. « Musée océanographique : Exposition 'Méditerranée'. Splendide, Fragile, Vivante.-27/11/10 - Monaco » (consulté le 27 mai 2013)
  19. Hélicoptère, La genèse de Léonard de Vinci à Louis Breguet - Bernard Bombeau. Octobre 2006 - ISBN 2-7089-9205-8
  20. « 1907-2007 : L’hélicoptère a 100 ans. » (consulté le 27 mai 2013)
  21. Maurice Léger et ses hélicoptères 1901-1907 - Jacqueline Carpine-Lancre - 22 Novembre 2007 - ISBN 978-2-9530929-0-5
  22. « Caulerpa taxifolia » : l'algue tueuse en voie de disparition (consulté le 27 mai 2013)
  23. « Caulerpa taxifolia, le « miraculeux » déclin d'une algue tueuse » (consulté le 27 mai 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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