Marcellin Boule

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Buste de Marcellin Boule à la bibliothèque de l'Institut de Paléontologie humaine.

Marcellin Boule est un paléontologue, paléoanthropologue et géologue français, né le 1er janvier 1861 à Montsalvy (Cantal) et mort le 4 juillet 1942 dans la même localité.

Parcours[modifier | modifier le code]

Licencié en sciences naturelles et en sciences physiques en 1884, il travaille au Collège de France et au Muséum national d'histoire naturelle avant d'obtenir son agrégation en sciences naturelles en 1887. Il soutient une thèse de doctorat en 1892 et occupe la chaire de paléontologie du Muséum de 1902 à 1936.

Il participe à la création de l'Institut de Paléontologie humaine à Paris. Il contribue à la publication de différentes revues ou collections dont les Archives de l'Institut de Paléontologie humaine et L'Anthropologie, qu'il dirige de 1893 à 1940.

Dès 1915, il émet des doutes concernant l'homme de Piltdown, considérant que la mandibule est définitivement simienne et ne peut être associée au crâne[1].

L'homme de La Chapelle-aux-Saints[modifier | modifier le code]

Marcellin Boule utilise ses connaissances en géologie et en stratigraphie pour l'étude du passé de l'homme. Il publie la première étude détaillée d'un squelette relativement complet d'homme de Néandertal, l'homme de La Chapelle-aux-Saints mis au jour en Corrèze le 3 août 1908 par les abbés Amédée et Jean Bouyssonie ainsi que leur frère Paul. Si sa description est extrêmement précise et détaillée, la reconstitution présente un Homme de Néandertal voûté, la colonne vertébrale courbée (comme chez les gorilles) et les membres inférieurs semi-fléchis [2]. Il faudra de nombreuses années à la communauté scientifique pour comprendre l'interprétation correcte de la reconstitution, influencée par certains traits pathologiques : le « vieillard de La Chapelle-aux-Saints » souffrait entre autres d'une hanche gauche déformée, d'une arthrite sévère dans les vertèbres cervicales, d'une côte brisée et d'un genou endommagé. Il avait perdu ses dents à l'exception d'un chicot, l'os alvéolaire s'étant résorbé il ne reste plus que la pars basilaris de la mandibule. L'interprétation de Boule est à replacer dans le contexte intellectuel de l'époque profondément marqué au Muséum d'histoire naturelle par l'école de pensée lamarckienne (1802), reprise par Charles Darwin (1872), postulant un redressement lent et graduel du corps depuis une conformation simienne hypothétique (seules deux mandibules de singes fossiles étaient connues à cette époque). Premier squelette quasiment complet d'une espèce humaine fossile, Boule ne disposait d'aucune comparaison possible, son approche n'était pas moins scientifique que le paradigme d'une lente transformation graduelle dans lequel il puisa ses arguments

Article détaillé : La Chapelle-aux-Saints 1.

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L'École auvergnate[modifier | modifier le code]

Amateur de littérature et familier du mouvement félibrige, il avait contribué en 1894 à fonder École Auvergnate (Escolo oubergnato), avec Arsène Vermenouze et Louis Farges (1858-1941).

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Émile Cartailhac et Marcellin Boule, La Grotte de Reilhac (Causses du Lot) : étude ethnographique, étude géologique et paléontologique, Lyon, Pitra Ainé,‎ 1889, 69 p. (lire en ligne)
  • Boule, M. (1920) - Les hommes fossiles - Éléments de paléontologie humaine, Paris, Masson et cie.
  • Boule, M. (1914) - Géologie.

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Boule, M. (1915) - « La paléontologie humaine en Angleterre », L'Anthropologie, t. XXVI.
  2. Boule, M. (1911-1913) - « L’homme fossile de la Chapelle-aux-Saints », Annales de paléontologie, t. VI-VII-VIII.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]