Tipû Sâhib

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Tipû Sâhib.

Tipû Sâhib, également connu sous le nom de Tipû Sultân (1749-) fut sultan de Mysore à partir de 1782 et l'un des principaux opposants à l'installation du pouvoir britannique en Inde ce qui lui valut le surnom de Tigre de Mysore.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tipû Sâhib, à l'âge de 15 ans, accompagne son père Haidar Alî en guerre contre les Britanniques dans ce que l'on nommera plus tard la première guerre de Mysore. La seconde guerre de Mysore suit cinq ans plus tard, et bien que les Britanniques soient défaits cette fois, Tipû Sâhib est convaincu que les Britanniques constituent une nouvelle forme de menace en Inde. Après être devenu sultan à la suite du décès de son père survenu en 1782, il œuvre à maintenir les progrès britanniques en concevant une série d'alliances. Lorsque celles formées avec les Marathes et l'Empire moghol échouent, il se tourne vers la France, qui avait mené une politique coloniale en Inde quelques décennies plus tôt, politique qui avait été arrêtée après la guerre de Sept Ans.

Tipû envoie trois ambassadeurs à Paris en 1788, Mohammed Dervich Khan, Akbar Ali Khan et Mohammad Osman Khan, qui suscitent un grand intérêt public. Louis XVI, qui a commandé un service de porcelaine de Sèvres comme cadeau diplomatique, leur accorde une audience et persuade l'un d'entre eux de poser pour Élisabeth Vigée-Lebrun.

Attendant plus de cette alliance qu'elle ne pouvait lui offrir, il envahit, en 1789, l'État voisin de Travancore, un protectorat britannique, ce qui déclenche la troisième guerre de Mysore, qui durera trois ans et a pour conséquence une défaite retentissante pour Mysore qui perd la moitié de son territoire, la défection de la France impliquée dans sa Révolution dès le début du conflit étant un facteur majeur de cet échec.

La mort de Tipû Sâhib

Tipû Sâhib signe le traité de Seringapatam par lequel il perd la moitié de ses territoires au profit de ses ennemis, les Britanniques, qui s'emparent du Malabar et du Coorg, mais aussi les Marathes et le Nizâm d'Hyderâbâd. Il doit aussi payer trois millions de roupies à la Compagnie anglaise des Indes orientales et laisser comme otages deux de ses fils, Abdul Khaliq et Maiz ud-Din, âgés de 10 et 8 ans, auprès de Cornwallis dans l'attente du paiement. Tipû Sâhib, pour laver ces humiliations, recherche alors le soutien de la France républicaine, devenant même membre du club des Jacobins. Un certain François Ripaud plante un arbre de la Liberté à Seringapatam et y déploie la bannière républicaine. Il reçoit même quelques troupes de la France.

Richard Wellesley est nommé gouverneur général des Indes en 1798. Sa mission est d'étendre la domination britannique sur le pays. La même année, l'expédition de Bonaparte en Égypte a pour but de menacer l'Inde, et Mysore est un atout majeur dans ce plan. Dès son arrivée, Wellesley, prenant prétexte des contacts de Tipû Sâhib avec la France, l'attaque et la quatrième guerre de Mysore débute. Bien que Nelson ait anéanti les ambitions de Napoléon à la bataille d'Aboukir, les armées britanniques - dont l'une est commandée par Arthur Wellesley, le futur premier duc de Wellington - marchent sur Mysore en 1799 et assiègent sa capitale Seringapatam. Le 4 mai, les attaquants franchissent les murailles et Tipû Sâhib, se précipitant sur les lieux, est tué.

Une avancée notable des militaires sous les ordres de Tipû Sâhib est l'utilisation de brigades munies de fusées. L'effet produit par ces armes sur les Britanniques pendant les troisième et quatrième guerres de Mysore inspirera le colonel William Congreve pour inventer ses propres fusées.

Il a laissé le souvenir d'un souverain extrêmement cruel et fasciné par le tigre[1].

Dans la fiction : les origines du capitaine Nemo[modifier | modifier le code]

Dans L'Île mystérieuse (1874), Jules Verne révèle les origines du capitaine Nemo : il s'agit en réalité d'un prince, fils d'un râja indien et neveu de Tipû Sâhib.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Non seulement la nature de Tipoo-Sahib était comparable en cruauté à celle du tigre, mais cet animal servait de symbole à son pouvoir. Son drapeau était un grand carré vert orné de rayures de tigre sur les côtés et dans les angles ; des tigres dorés figuraient sur son trône, son cachet représentait une tête de tigre, et il y avait sur son territoire le rocher du tigre, d’où les prisonniers de guerre étaient précipités et livrés aux bêtes sauvages. » R. G. Burton. Les mangeurs d'hommes. Paris, Montbel, 2012.