Robert Surcouf

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Robert Surcouf
Image illustrative de l'article Robert Surcouf

Naissance 12 décembre 1773
à Saint-Malo
Décès 8 juillet 1827 (à 53 ans)
à Saint-Servan
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Corsaire
Grade Enseigne
Années de service 17871801
Conflits Guerres de la Révolution et de l'Empire
Commandement La Créole,
La Clarisse,
La Confiance,
Le Revenant
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Signature
Signature de Robert Surcouf0001.jpg

Emblème

Robert Charles Surcouf (12 décembre 1773 - 8 juillet 1827 à Saint-Servan) est un corsaire français.

Marin intrépide, il harcèlera sans répit les marines marchandes et militaires britanniques, non seulement sur les mers de l'Europe, mais aussi sur celles de l'Inde. Ses multiples exploits dans ce domaine lui vaudront à la fois la gloire - il sera nommé membre de la Légion d'honneur le 26 prairial an XII (14 juin 1804) - mais aussi la fortune. Devenu armateur, il ne cessera d'accroître cette dernière. S'étant embarqué dès l'âge de 13 ans entre désir d'aventures et besoin d'argent, Robert Surcouf pourra se flatter, à la fin de sa vie, d'être un des plus riches et puissants armateurs de Saint Malo doublé d'un prospère propriétaire terrien de 800 hectares.

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Robert Charles Surcouf naît le 12 décembre 1773, à Saint-Malo. S'il est certain que cette naissance eut lieu rue du Pélicot ou rue de la Bertaudière, on ignore toutefois laquelle des deux exactement. En effet sur le rôle d'imposition de 1773, la famille Surcouf est déclarée comme résidant rue du Pelicot mais sur celui de 1775 son adresse est située rue de la Bertaudière. Le registre de 1774 ayant disparu, il est donc impossible de dire si la famille Surcouf habitait déjà rue de la Bertaudière tout en payant l'impôt à son ancienne adresse ou résidait encore à cette dernière[1].

Descendant d'une famille « ancienne, riche et justement considérée dans ce pays[2] », fils de Charles-Ange Surcouf, sieur de Boisgris, et de Rose-Julienne Truchot de la Chesnais[3], il était notamment cousin de Duguay-Trouin par sa mère et par Jean Porçon de La Barbinais (1644-1687), dit le « Régulus malouin »[2],[4],[N 1]. Par ailleurs, sous le règne de Louis XIV entre 1704 et 1705, son arrière grand-père paternel, Robert Surcouf de Maisonneuve (en) (1671-1720) prendra le commandement du navire corsaire ''Le Comte de Toulouse"[5].

L'élève Surcouf[modifier | modifier le code]

Ses parents, commerçants, le destinaient à la prêtrise. Il suit des études au collège de Dinan dont il s'échappe en 1787 après avoir mordu le mollet du prêtre qui tentait de le retenir. Le jeune garçon parcourut 7 lieues dans la neige pour rejoindre la mer, un trajet qui faillit lui être fatal. La même année, alors qu'il n'a que 13 ans et demi, il accomplit son premier voyage.

L'aspirant Surcouf[modifier | modifier le code]

Enrôlé comme apprenti-navigant sur " Le Héron " faisant du cabotage à destination de Cadix, Surcouf bien que sans solde (" apprenant le métier") , n'en mange pas moins à la table du capitaine et est considéré comme étant membre de l'état major. De par son "grade", il est à ce titre exempté des corvées incombant habituellement aux mousses, apprenant en revanche les rudiments de la navigation et du commandement[6].

Après cette première expérience, il s'engage le 3 mars 1789 comme volontaire sur L'Aurore[7], navire marchand de 700 tonnes commandé par le capitaine Tardivet, en partance vers les Indes[8],[9] pour y faire le commerce d'esclaves. Surcouf n'a pas encore 16 ans.

L'Aurore rejoint Pondichéry d'où elle est chargée de transporter des troupes à destination de l'Isle de France[7],[10]. Cette mission accomplie, L'Aurore part chercher des esclaves sur la corne de l'Afrique, sur le chemin du retour, elle fait naufrage dans le canal de Mozambique, 400 esclaves meurent noyés enchaînés dans les cales[10]. Tardivet et son équipage, qui ont pu quitter le navire et rejoindre la terre ferme, affrètent un navire portugais, le San Antonio en octobre 1790 pour retourner à Port-Louis, mais ils sont contraints de se dérouter sur Sumatra en raison de mauvaises conditions météorologiques. Finalement ils ne regagneront Port-Louis qu'à la fin 1790 à bord d'un vaisseau français parti de Pondichéry[10].

L'officier Surcouf[modifier | modifier le code]

Promu officier, Surcouf embarque à bord du " Courrier d'Afrique ", un autre navire négrier[11] en partance pour le Mozambique sous les ordre du capitaine Garnier[7]. À son retour, il est nommé lieutenant par le capitaine Tardivet et embarque sur le nouveau navire de celui-ci, la " Revanche "[12]. Sur la " Revanche ", Surcouf effectue plusieurs expéditions au large de Madagascar[7],[12].

Il s'engage alors dans la Marine royale comme timonier et embarque sur la flûte de 20 canons la " Bienvenue ", en partance pour la métropole[13], et il est placé sous les ordres du lieutenant Haumont[14]. La " Bienvenue " arrive à Lorient le 2 janvier 1792. Sur place, Surcouf découvre les bouleversements politiques générés par la Révolution[13].

Après six mois passés sur place, Surcouf s'engage comme lieutenant sur le navire négrier le " Navigateur "[11], capitaine Lejoliff[13],[N 2],[10]. Le " Navigateur " lève les voiles le 27 août 1792 à destination du Mozambique avant de rejoindre l'Isle de France, où Surcouf est informé à son arrivée de l'éclatement des guerres de la Révolution[13].

Il reprend du service dans la Marine et l’État et sert d'enseigne auxiliaire à bord de la " Cybèle " frégate de 40 canons, dans l'océan Indien[10].

Il connaît son baptême du feu lors du premier combat de la Rivière Noire, le 22 octobre 1794 : " La Cybelle", la frégate " Prudente " et la corvette " Jean Bart ", parviennent à chasser deux petits vaisseaux britanniques de 50 et 44 canons qui assuraient le blocus de l'île. C'est le seul combat de Surcouf dans la marine de l'État, refusant toujours par la suite le commandement de frégates, il retourne rapidement à la course et ne dépassera jamais le grade d'enseigne dans la marine militaire.

À vingt ans, il était déjà capitaine au long-cours de " La Créole ", un navire faisant notamment du transport d'esclaves[15]. Sans en exclure la possibilité, il est toutefois douteux que, sous le commandement de Surcouf, le navire ait effectué un pareil transport . En effet les rotations, avérées, du navire ne correspondent pas en termes de délai avec ceux nécessités par un voyage de nature " négrière" [16].

Un corsaire au service de la France[modifier | modifier le code]

Ce jeune et fougueux capitaine de vingt ans va commander successivement plusieurs bâtiments: l' " Émilie ", le " Cartier ", la " Clarisse ", la " Confiance " et le " Revenant ". Il effectuera des dizaines de combats et par deux fois, il fera front à deux contre un : en février 1799 contre l " Anna-Maria " et le " Coturbok " puis en janvier 1800 contre la " Louisia " et le " Mercury " . Il totalisera entre 1795 et 1801, puis 1807 et 1808, pas moins de 44 prises dont deux - le " Triton " et le " Kent " - entreront dans la légende[17].

Ses débuts : 1795-1796[modifier | modifier le code]

A bord de L'Émilie[modifier | modifier le code]

Faute d'avoir pu obtenir en juin ou juillet 1795 une lettre de marque, le capitaine brestois Le Vaillant renomma son navire le " Modeste " en " Émilie ". Armé pour le commerce, le bâtiment n'avait, de fait, qu'une faible puissance de feu et un équipage réduit. Il en confia le commandement à Surcouf dont la feuille de route était des plus claires: aller aux Seychelles afin d' y acheter des tortues, à défaut du maïs, du coton et autres marchandises.

Parti le 3 septembre 1795 de l'Ile de France; Surcouf déroute dès le 8 octobre son navire de sa trajectoire initiale. Dans un procès-verbal - contresigné par l'ensemble de son équipage - Surcouf se justifie ainsi  : Résultant d'une concertation entre Surcouf et ses hommes, la décision avait été prise d'un commun accord devant l'imposante présence de navires anglais. Dérouté pour sa sécurité vers l'est (secteur allant de la côte orientale du Golfe du Bengale jusqu'au sud de la Malaisie), le navire y ferait cargaison de marchandises. Et de prévoir - si necessité se faisait sentir- de défendre la dite cargaison à l'aide des quelques canons dont le bateau disposait.

Dans le cadre de cette " défense", il arraisonne le 18 décembre 1795 un brick anglais le " Peguan " dans les brasses du Pégou (delta de l'Irrawady situé sur le littoral de la Birmanie). Puis, s'étant dirigé vers l'embouchure du Gange, il rencontre le 10 janvier 1796 un senau américain - le " Sambolass, le 15 janvier c'est le tour d' un schooner - le " Russel ", enfin le 21 janvier vient un brick-pilote du Gange: le " Cartier ". Plus performant que l' " Émilie " , dès sa prise Surcouf s'y installe avec 23 hommes et 4 canons, confiant le soin à un de ces seconds de ramener l' " Émilie " à l'Ile de France laquelle y arrivera à bon port le 15 mars 1796.

A bord du Cartier  : La Prise du Triton[modifier | modifier le code]

Dès le 28 janvier 1796, Surcouf "inaugure" son nouveau navire par la prise d' un brick américain - la " Diana " - et ce après un bref combat. Le capitaine Tapson soulignera ultérieurement combien les Français se conduisirent en gentlemen. En effet aucun membre de l'équipage, passagères et passagers, n'eurent à se plaindre du moindre mauvais traitement à leur encontre.

Le lendemain, un indiaman de 1000 tonneaux croise le " Cartier ", c'est le " Triton ". Surcouf inclus, ils sont 19 hommes et 4 canons, le " Triton " peut compter de son côté sur 150 hommes et 26 canons. Surcouf sous pavillon anglais, s'approcha du navire puis envoya le pavillon français juste avant l'assaut. L'abordage lancé, les officiers furent rapidement tués, désorganisant ainsi l'équipage, lequel se rendra après une résistance brève mais violente. Surcouf a vingt-trois ans, à la tête de trois navires- le " Cartier, "la " Diana " et le " Triton, sa légende peut commencer.

Le " Cartier sera envoyé à l'Ile de France sous le commandement d'un adjoint. Intercepté par le " Victorious ", il sera dérouté sur Madras. Contre promesse de régler une rançon (qui ne sera jamais payée), la " Diana sera rendue au capitaine Tapson. Y seront embarqués les prisonniers faits sur le " Triton, lesquels furent traités avec les mêmes égards que ceux de la " Diana " - la presse anglaise saluera d'ailleurs ce geste dans ses colonnes. Quant à Surcouf ayant pris ses quartiers sur le " Triton, une fois toutes ces affaires réglées, il prendra à son tour la direction de l'Ile de France - destination qu'il atteindra le 10 mars 1796[18].

Le conflit autour des prises[modifier | modifier le code]

Ayant armé en Course sans Lettre de marque, il fut sur le point d'être privé du fruit de ses exploits. En effet, dès qu' il accosta avec le Triton, ses prises furent confisquées puis vendues sans que ni Surcouf ni les armateurs de l'Émilie perçoivent quoi que ce fût dessus. Le tribunal de l'île en avait décidé ainsi par jugement rendu le 9 floréal an IV ( 28 avril 1796), ayant estimé qu'absence de permission à faire la Course ôtait, dans ces conditions, tout droit financier. Malgré ce jugement peu flatteur, Surcouf - auréolé du prestige de la prise du " Triton " - fut le 22 mai 1796 initié dans la loge maçonnique "La Triple Espérance". Toutefois il ne resta pas longtemps en compagnie de ses nouveaux frères.

Bien que le montant des ventes soit inconnu, le préjudice devait être conséquent. De fait les armateurs de l'Émilie décidèrent d'envoyer, dès la mi-août, Surcouf plaider à Paris leur cause commune auprès du Conseil des Cinq-Cents. Informés des circonstances mais jugeant que l'exploit du fougueux corsaire méritait largement récompense, un décret fut pris en date du 17 fructidor an V( 3 septembre 1797) afin d'octroyer à Surcouf au titre de "don national" le montant de ses prises. Evaluées à 1.700.000 livres, Surcouf ne voulut pas ruiner son pays dont les finances étaient mal en point. Non seulement il se contenta pour lui et les armateurs de 660.000 livres mais il poussa le geste jusqu'à proposer à ce que cette somme soit réglée autrement que par de l'argent[19].

À bord de La Clarisse : 1798 - 1800[modifier | modifier le code]

Son conflit juridique réglé, Surcouf accepta en février 1798 l'offre du négociant nantais Félix Cossin, à savoir le commandement du corsaire " La Clarisse ". Avec ses 200 tonneaux, 20 canons et plus de 100 hommes d'équipage, rejoint par son frère Nicolas qui devint pour l'occasion son second, Surcouf prit le 18 août 1798 la direction de l'Océan Indien.

Première série de prises[modifier | modifier le code]

Avant même d'y être arrivé, le navire fit 5 rencontres et pas moins de 4 prises. Il croisa en premier, au passage de l'Équateur, un Trois-mâts anglais aux 22 canons qui échappa de peu à un abordage. En effet; un de ses boulets ayant brisé le petit mât de hune de Surcouf, le Trois-mâts put filer sans demander son reste.

S'en suivit la rencontre avec " L'Eliza " , brick anglais de 150 tonneaux qui se rendit sans combattre. Emmené à l'Ile de France, la vente de la cargaison rapportera 45000 piastres soit 45 millions de livres. Puis viendra le" Fly " et deux autres navires, portugais ceux-là.

Seconde série[modifier | modifier le code]

Ayant fait une rapide escale à l'île Bourbon, Surcouf et son équipage repartirent de plus belle. Avant d'arriver au port de Soo-Soo (royaume d'Achem situé dans l'île de Sumatra)", la Catherine " et ses 200 tonneaux chargés de diverses marchandises croisa le chemin de Surcouf, puis ce fut le tour des navires anglais " l'Anna Maria " et " le Cotorbuk ". Le premier livra une rude bataille tandis que le second tenta de se jeter sur les côtes. En rétorsion, " le Cotorbuk " fut conservé à titre de prise et vendu outre sa cargaison.

À cette liste s'ajoutera " le Pacific ", navire américain. Une fois capturé, un officier de Surcouf en prendra le commandement afin de le rapatrier sur l'Isle de France mais il sera intercepté par les Anglais qui saisiront à leur tour la cargaison et couleront ensuite le navire.

Troisième série[modifier | modifier le code]

Après une escale à l'Isle de France, puis une autre à l'île Bourbon - laquelle fut des plus tendues avec les autorités locales - La Clarisse " reprit la mer. Sur son chemin " le Rudenmark " navire danois, un brick portugais " la Notre Dame de Bon Succès ", un trois-mâts chargé de sel et un autre chargé de fer . Vinrent enfin les Trois-mâts " l'Auspicious " et " l'Albion " respectivement de 500 et 460 tonneaux.

Passe alors à portée " la Sibylle ", navire anglais de 54 canons. Surcouf, avec ses 20 canons, jugea plus prudent de fuir le combat. Afin d' accroître sa vitesse, il allégea donc son navire en faisant jeter, comme la coutume le voulait en pareille circonstance, des canons à la mer en l'occurrence 8. Étant parvenu à échapper à " la Sibylle " , le corsaire reprit sa chasse et bien qu'amoindri en termes de force de feu, il arraisonnera un Trois-mât anglais " la Jane " pourtant accompagné de deux autres navires. Mais ces derniers s'enfuiront, préférant laisser " la Jane " à son sort plutôt que de la secourir. Après un combat de trois heures et n'ayant plus de poudre pour ses canons, son commandant se résignera à la reddition. Il sera conduit lui et son bâtiment à l'Isle de France sous la direction d'un officier de Surcouf.

Enfin une dernière prise aura lieu, clôturant la liste par un nouvel exploit du corsaire. En effet, le navire de Surcouf rencontra sur son chemin deux bâtiments américains: " la Louisia " et " le Mercury ". Un combat commença à un contre deux. Outre ce désavantage numérique, s'ajoutaient pour Surcouf un armement diminué et un équipage fortement réduit puisqu'une partie avait été déléguée sur " la Jane ".

Après un échange de coups de canons entre les 3 navires, " la Louisia " se rua sur " La Clarisse ", provoquant l'accrochage des deux bateaux. Surcouf en profita pour se lancer à l'abordage de " la Louisia " avec 30 hommes, le reste de l'équipage continuant de canonner de plus belle " le Mercury " - lequel préfèra finalement s'enfuir. Après cette nouvelle victoire, Surcouf rejoignit l'Isle de France en date du 6 févier 1800, suivi le 11 du même mois par son frère Nicolas à qui il avait confié le convoyage de la " Louisia " .

Premier bilan[modifier | modifier le code]

le 2 mai 1800, " La Clarisse " repartit en Course mais avec un nouveau capitaine. Surcouf, quant à lui, quitta l'île le 10 mai sur la Confiance sans son frère Nicolas, et ce pour une raison inconnue. En 18 mois, Surcouf avait fait 15 prises pour un montant, dans son estimation la plus pessimiste, de 264 000 piastres soit l'équivalent en monnaie française à 264 millions de livres[20].

À bord de La Confiance : 1800- 1801[modifier | modifier le code]

La Confiance sous les ordres de Surcouf (18 canons et 190 hommes) prend le Kent (40 canons et 437 hommes). Tableau de Ambroise-Louis Garneray.

Caractéristiques du navire[modifier | modifier le code]

La Confiance est un solide Trois-mâts : deux ponts, 364 tonneaux, 24 canons et plus de 200 hommes d’équipage. Parti le 10 mai 1800 de l'Ile de France, il ne lui faut pas plus d’un mois et demi pour faire une première prise : un trois-mâts américain l' " Alknomack ", jaugeant 350 tonneaux et nanti de 14 canons . Il n’y eut pas de bataille. Si les deux coups de semonce du corsaire laissèrent de marbre l'" Alknomack " , les trois coups de canons à boulet qui suivirent, plus explicites, incitèrent l’équipage à se rendre sans combat.

Septembre 1800[modifier | modifier le code]

Fin septembre 1800 sera une période chargée : Le 19 septembre, le " Praise ", un Trois-mât de 800 tonneaux, est arraisonné . Le 22 septembre, c'est le tour d'un brick anglais dont on ignore le nom et le tonnage. Le 24 septembre, l' " Harriet " et ses 400 tonneaux connaît le même sort. Le 26 septembre , un brick danois croise le chemin de Surcouf et son équipage. Délesté de sa cargaison de riz, le danois se voit confié les prisonniers anglais qui venaient d’être capturés. Enfin le 30 septembre, le " Tiger et ses 500 tonneaux clôture le mois en beauté.

Mais si septembre fut particulièrement fructueux, le mois d’octobre 1800 sera, lui, légendaire.

Octobre 1800: le "Kent"[modifier | modifier le code]

Le 2 octobre, l’ " Union " et ses 450 tonneaux tombent dans l’escarcelle de Surcouf. Le 4 octobre voit la prise de deux navires : " la Charlotte " aux 400 tonneaux et la " Rebecca " de 450 tonneaux.

Puis vient le 7 octobre, date à laquelle Surcouf rentre de son vivant dans la légende avec la prise du " Kent ". Navire anglais de type Indiaman, il appartient à la Compagnie anglaise des Indes orientales. Son tonnage est presque le triple de celui de la Confiance, soit 1200 tonneaux. Il aligne 38 canons aux calibres divers face aux 24 canons de la Confiance - tous de calibre inférieur à ceux du " Kent ". Enfin, côté anglais, on compte 400 hommes tandis que les Français n'en ont que 160.

À l'aube du 7 octobre, les deux navires s'aperçoivent. Certain de sa supériorité, le capitaine anglais convia ses passagers au « spectacle » lequel durera moins de deux heures. Après une course/poursuite nautique où Surcouf se montra plus fin stratège que son adversaire, la Confiance put accoster le " Kent ", permettant ainsi son abordage . En dix minutes - les Anglais affirmeront 20 – après un combat acharné, l’affaire sera réglée . Il en résultera pour les Anglais, bien que trois fois supérieurs en nombre, une perte humaine 4 fois plus nombreuse que celle des Français, lesquels compteront dans leurs rangs entre 3 et 5 morts et de 6 à 13 blessés.

Le combat achevé, Surcouf arrêtera immédiatement le début de pillage de ses hommes et veillera à ce que les passagères ne subissent aucun outrage. De cette prévenance naîtra une véritable amitié entre Surcouf et l'époux de l'une d'elle - une princesse d'origine allemande mariée au général Saint John.

Puis la Confiance et le " Kent ", dont le commandement fut confié à son second, le capitaine Drieux, feront route vers l'Ile de France où ils arriveront en date du 16 novembre 1800. La vente du navire ainsi que sa cargaison sera estimée à 100 000 piastres soit 100 millions de livres. Suite à quoi la Confiance sera désarmée puis chargée de marchandises, prenant la direction de la France, atteignant La Rochelle le 13 avril 1801.

Bilan total des Courses de 1798 à 1801[modifier | modifier le code]

Au total entre les prises de " la Clarisse " au montant estimé (à minima) à 264 millions de livres et celles de la Confiance évaluées à 200 millions de livres (dont 100 millions rien que pour le " Kent " ), Surcouf peut se flatter d’avoir amassé près de 500 millions de livres. La prise du " Kent " inspirera - peut-être - la chanson de marin "Le Trente et un du mois d'août", laquelle modifie toutefois la date du combat [21]

Quant à gêner l'ennemi, premier but de la Course, le résultat sera dans ce domaine tout aussi exceptionnel : prime au montant record pour qui capturerait Surcouf, hausse des tarifs d'assurance, des filets anti-abordage équiperont désormais les navires anglais. Consécration suprême : le nom de Surcouf aurait été utilisé comme équivalent du Croquemitaine par les mères pour calmer les petits anglais trop chenapans[22].

Surcouf, l'armateur-corsaire[modifier | modifier le code]

Statue de Surcouf à Saint-Malo par Alfred Caravanniez (fin XIXe siècle).

En 1801, revenu à Saint-Malo, il épouse Marie-Catherine Blaize de Maisonneuve. Surcouf pouvant déjà se prévaloir d'être à la tête d'une petite fortune, les familles des deux jeunes gens appartenant au monde des armateurs malouins, il n' y a donc pas de difficulté à ce que le mariage se fasse.

Bien que jeune marié, Surcouf n'envisage pas pour autant d'arrêter ses activités de marin. Il prépare d'ailleurs activement l'armement d'un navire en vue de lui faire faire la Course quand la signature de la paix d'Amiens met un terme à son projet. Devenu armateur, la paix le contraint à pratiquer uniquement le commerce maritime mais dès la reprise des hostilités avec l'Angleterre en 1803, il retourne à ses activités guerrières, à la fois comme armateur mais aussi en tant que corsaire lui-même.

1803 - 1809[modifier | modifier le code]

En tant qu'armateur, ses navires dédiés à la Course connaîtront des fortunes diverses. Ainsi le bilan de la " Caroline " navire corsaire de 1804 à 1806 - commandé par son frère Nicolas - sera très positif. Le " Marsouin " corsaire de 1805 à 1808 pour être très lucratif au final, le sera néanmoins moins que le premier. En revanche si le " Napoléon " corsaire de 1805 à 1806 est peut-être rentré dans ses fonds, la " Confiance " corsaire de 1805 à 1806 sera totalement déficitaire[23].

Mais Surcouf est, avant tout, un corsaire dans l'âme. Son retour sur un pont va être à nouveau auréolé de gloire et d'exploits.

Le " Revenant " (1807 - 1808)[modifier | modifier le code]

Dès 1803 tout incite Surcouf à reprendre la mer. En effet, convoqué par Napoléon durant l'été, ce dernier lui offre un grade élevé - peut-être celui de capitaine de vaisseau et le commandement d'une escadre mais Surcouf refusera. Peu enclin à être commandé - il prétextera le manque d'efficacité de la Marine d'État au regard des ravages engendrés par la Course au sein de l'économie ennemie. Napoléon ne lui tiendra pas rigueur, lui faisant même décerner, en 1804, la Légion d'honneur [24].

Le corsaire Surcouf repart donc le 2 mars 1807 . Il commande le " Revenant " - solide Trois-mâts de 300 tonneaux et 20 canons. Officiellement il n'en est pas l'armateur mais le nom du navire résume qui est, dans les faits, le véritable" maître" tant à bord que sur les pontons.

Surcouf, en multipliant exploits et prises, redevient rapidement dans les parages de l'Inde, la terreur du commerce britannique. Contraint de rassurer ses propres armateurs, le gouvernement anglais devra se résigner à l'envoi de plusieurs frégates supplémentaires dans ces mers. Mais Surcouf n'en continuera pas moins d'être aussi insaisissable que redoutable.

Ainsi entre septembre 1807 et février 1808, Surcouf pourra se flatter d'avoir été pourchassé une dizaine de fois mais toujours en vain grâce à la vitesse du navire et l'adresse de son capitaine, d'avoir capturé quinze navires dont cinq ramenés à l' l'Isle de France et ce pour un montant avoisinant les deux millions et demi de francs - gains qui ne s'arrêteront pas là.

Surcouf, pour un motif inconnu, confie le commandement à son cousin et second Joseph-Marie Pottier. Ce dernier n'hésite pas à aligner les 300 tonneaux du " Revenant " aux 145 hommes et 20 canons face au " Conceçao Y Sao Antonio " - vaisseau portugais de 1000 tonnes, 200 hommes et 34 canons. Au bout d'une heure de combat, le capitaine portugais finit par se rendre portant ainsi le montant des gains du Revenant à presque 4 millions de francs.

Le navire aurait continué ses lucratifs exploits s'il n'avait été réquisitionné le 4 juillet 1808 par le capitaine général de l' l'Isle de France Decaen. Ce dernier justifie sa décisions par le nécessité de devoir remplacer une frégate de la Marine d'État devenue inutilisable, la " Sémillante ". Surcouf, la mort dans l'âme, sera obligé d'accepter.

La " Sémillante ", rachetée par des négociants de l'île puis réparée, sera rebaptisée en " Charles ". Surcouf se voit confier le commandement de ce vaisseau particulièrement vétuste et lourdement chargé. Malgré tout il échappe à nouveau aux patrouilles anglaises grâce à son sang-froid et à l'habileté de ses manœuvres. Le navire sera sauvé une dernière fois. Se présentant début 1809 devant Saint-Malo, il y aurait fait naufrage sans l'adresse de Nicolas, son frère [25].

1809 - 1814[modifier | modifier le code]

Statue de Robert Surcouf 1773-1825

Entre 1809 et 1814, Surcouf armera encore sept navires corsaires dont le bilan militaire sera très mitigé car tous, hormis le " Renard ", seront rapidement faits prisonniers. Il en résultera un bilan financier catastrophique puisque la majorité de ces vaisseaux n'aura même pas le temps de faire au moins une prise, transformant ainsi leur armement en perte sèche.

C'est ainsi le cas de la " Revanche " qui portera bien mal son nom. Sortie en octobre 1809, elle est prise dès novembre. Sort identique pour la " Biscayenne " qui naviguera 6 mois - de mars à septembre 1810 - sans inscrire à son actif une seule prise. La " Dorade " ne sera guère plus chanceuse. À peine mise à l'eau en avril 1810, elle se voit capturée dès août de la même année. Quant à l'" Auguste ", il totalisera 3 semaines de navigation en tout et pour tout. En effet, mis à l'eau le 29 août 1810, il est capturé dès le 17 septembre.

L'" Edouard " fera à peine mieux. Mis à l'eau en novembre 1811, fait prisonnier dès février 1813, il fera deux prises avant de tomber entre les mains anglaises. Le gain issu de ces deux prises ne couvrant pas les dépenses effectuées pour son armement, le bilan financier du navire sera lui aussi négatif. À l'inverse la " Ville de Caen " fera deux prises suffisamment conséquentes pour rendre bénéficiaire son armement durant les 4 mois qui séparent sa mise à l'eau en mars 1812 de sa capture en juillet[26].

" Le Renard "[modifier | modifier le code]

Seul le " Renard " - cotre de 70 tonneaux, avec un un équipage de 46 hommes d'équipage, armé de quatre canons de "4" et dix caronades de "8" ne sera jamais fait prisonnier. Le navire n'effectuera aucune prise lui aussi mais à défaut de procurer des revenus financiers à son armateur, au moins il entrera dans la légende le 8 septembre 1813 en affrontant l " Alphéa " - goélette anglaise, largement supérieure en puissance de feu comme en hommes. Dotée de 16 canons de "12", seize pierriers et d'un équipage évalué entre 80 et 120 hommes, son commandant exigea du modeste " Renard " une reddition qui lui fut refusée. Commença alors par une canonnade nourrie de part et d'autre, un combat qui deviendra une légende - les Anglais étant à trois contre un tant sur le plan de la puissance de feu que de l'équipage.

Malgré leur infériorité, les Français rendirent dès le début du combat coups de canons pour coups de canons. Quand les navires parvinrent à s'agripper, capitaine et équipage du " Renard ", poussant l'audace, prirent même l'initiative de l'abordage. Deux seront successivement tentés mais à chaque fois repoussés par les Anglais. Les deux côtés se combattant avec la même rage, mitrailles et canonnades continuant, rapidement morts et hommes gravement blessés ne se comptèrent plus. Le capitaine du " Renard " fait d'ailleurs partie de ces derniers, son bras droit ayant été emporté par un boulet anglais.

La mer, particulièrement agitée ce jour-là, finit par séparer les navires. L'incident, loin d'arrêter le combat, fit redoubler les canonnades. Le combat en était là quand deux boulets français firent exploser la goélette anglaise qui coula corps et biens en quelques minutes.

Revenu à Saint-Malo, les dommages subis par le " Renard " nécessiteront sa reconstruction. En janvier 1814, le navire put enfin reprendre du service quand, en avril, Napoléon abdiqua. Les officiers du navire décidèrent alors de mettre fin à l'expédition - estimant que leur Lettre de marque signée par l'empereur, n'avait plus de légitimité[27].

Premier bilan pour l'armateur Surcouf[modifier | modifier le code]

Si la période 1803 - 1809 est une très belle réussite tant sur un plan militaire que financier, tout autre est le bilan des années 1809 - 1814. Entre les pertes sèches et les prises trop peu nombreuses, le déficit, pour cette période, est évalué à 400.000 francs[28].

Toutefois grâce à la période 1803 - 1809 et notamment aux exploits du " Revenant ", le solde global demeure malgré tout nettement positif. La fortune de Surcouf est certes entamée mais demeure suffisamment conséquente pour lui permettre de poursuive des activités d'armateur. L' année 1814 mettant un terme définitif à plusieurs siècles de Course, les expéditions ne seront plus désormais que de nature purement commerciale.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Une des dernières lettres de Robert Surcouf écrite le 10 avril 1827
Tombe de Surcouf

Considéré encore de nos jours comme un des meilleurs marins que la France ait jamais eu, son palmarès reste inégalé.

Il a attaqué en cinq ans de Course plus de 50 navires dont nombre ont été détournés vers les ports français. Il a porté des coups si sévères au commerce maritime britannique que ce dernier fut passablement désorganisé tout le temps que Surcouf sillonna les mers.

Marin exceptionnel, il a fait de ses navires des anguilles insaisissables malgré escadres à ses trousses. Guerrier alliant audace et sagesse, il a affronté à plusieurs reprises un ennemi supérieur en nombre et en puissance de feu.

Celui qu'on surnomme le " roi des corsaires", entré de son vivant dans la légende, met donc un terme définitif à sa carrière de marin en 1809 pour se consacrer désormais à son activité d' armateur, activité qu'il mènera avec son dynamisme habituel.

C'est ainsi qu'entre 1814 et 1827, il effectue 116 armements. La majorité de son activité sera orientée pour les deux tiers vers le Cabotage et la pêche à la morue, le tiers restant concernant à faire du commerce dans l'Océan Indien. Dans ce cadre 6 expéditions (2 avérées et 4 suspectées) seront dévolues au Commerce triangulaire [29] ainsi que son énergique signature en témoigne sur une lettre envoyée à un commissaire de la marine[30].

« Monsieur Jullou, Commissaire principal, Chef maritime de Saint Servan. Monsieur, vous savez que mon navire, l’Africain, en rade de Solidor, destiné pour la traite des Nègres, ayant sa cargaison à bord, a été retardé depuis deux mois par les circonstances. Veuillez avoir la complaisance, Monsieur, d’écrire à S.Exc : le Ministre de la Marine, par ce courrier, pour lui demander si vous pouvez autoriser le départ de mon susdit navire pour le Gabon y traiter des Noirs... ! Agréez Monsieur l’assurance de ma considération distinguée. »

— Robert Surcouf, Saint-Malo, le 27 juillet 1815

En effet si l'esclavage fut aboli par le décret du 16 pluviôse an II (4 février 1794), le commerce triangulaire n'en continua pas moins de façon illégale. Le régime de la Restauration, après la défaite de Napoléon à Waterloo en juin 1815, fut d’autant plus favorable à l’abolition de la traite négrière, que cette mesure convenait tout à fait aux Britanniques. Plaire aux anglais n'étant pas la principale priorité de l'ex-corsaire Surcouf qui cumulait à ses activités d'armateur, celles d'un colonel de la Garde Nationale de Saint-Malo, il expédia donc en juillet 1815 " L’ Africain " vers l’Angola non sans afficher ouvertement la nature de son activité comme le prouve ce courrier au commissaire principal, Monsieur Jullou.

À ses activités d'armateur s'ajoutèrent, au fil du temps, celles d'un gros propriétaire terrien, faisant peu à peu l'acquisition de 800 hectares répartis en diverses métairies. Il demeurera d'ailleurs très actif dans la gestion de ses affaires jusque dans les derniers jours de sa vie comme en atteste une lettre écrite de sa main et datée du 10 avril 1827.

S'étant embarqué dès l'âge de 13 ans à la fois par soif d'aventures et besoin d'argent, on estimera sa fortune à plus de 3 millions de francs à la fin de sa vie

Amateur de bonne chère et de bons vins, devenu obèse avec les années et les excès, probablement atteint d'un cancer lequel sera soigné par le biais de sangsues censées améliorer sa circulation sanguine, il meurt le 8 juillet 1827 dans une maison de campagne située près de Saint-Servan. Inhumé à Saint-Malo, sa tombe se trouve toujours au cimetière dit de Rocabey avec comme épitaphe

« Un célèbre marin a fini sa carrière / Il est dans le tombeau pour jamais endormi / Les matelots sont privés de leur père / Les malheureux ont perdu leur ami »

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Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Marié le 28 mai 1801, à Saint-Malo, avec Catherine Blaize de Maisonneuve (1779-1848), dont :

  • Caroline Marie (1802-1852), épouse d'Auguste de Foucher de Careil (né en 1791), et postérité à nos jours, notamment représentée par la famille de Foucher de Careil
  • Eléonore (1804-1839), épouse Pierre Claude Florian Sevoy (né en 1786), et postérité à nos jours, notamment représentée par la famille Potier de Courcy ;
  • Auguste (1806-1867), 2e baron Surcouf (1827), et postérité ;
  • Edouard (1810-1823), sans postérité ;
  • Robert Victor (1812-1813), sans postérité ;
  • Marie Pauline (1814-1860), épouse d'Achille, baron Guibourg (1799-1890), et postérité ;
  • Adolphe Eugène (1816-1878), marié mais sans postérité.

Robert Surcouf laisse aujourd'hui une très nombreuse descendance. L'une de ses descendantes est l'épouse du fils aîné de Philippe de Dieuleveult (1951-1985).

Légendes[modifier | modifier le code]

Baron d'Empire[modifier | modifier le code]

Souvent présenté comme ayant été fait baron d'Empire, aucun document -officialisant l'octroi d'un titre- le mentionne: ni le registre alphabétique des anoblissements impériaux, ni les lettres patentes enregistrées auprès du Sénat. Inversement tant de son vivant qu' après son décès, il sera toujours administrativement désigné comme le "sieur Robert Surcouf" [31].

Le duel avec les officiers prussiens[modifier | modifier le code]

L'histoire d'un duel entre Surcouf et des officiers prussiens, dans la France occupée de 1816, fut souvent rapportée ; ici par Louis Gallouédec[32] :

« Un matin de l'automne de 1816, à l'époque où les Alliés occupaient encore la France envahie, Surcouf se trouvait à Saint-Malo, au café, le café Joseph, place Duguay-Trouin, en face de la sous-préfecture, avec ses partenaires habituels, M. de Mainville, un ancien émigré, et son vieil ami Brisebarre : chaque matin, Surcouf venait là fumer sa pipe, prendre un verre, parcourir la gazette et jouer au billard. Ce jour-là, tandis que Surcouf faisait sa partie, la porte s'ouvre, donnant passage à une douzaine d'officiers prussiens du régiment de Wrangel qui tenait garnison à Dinan. Ils entrent bruyamment, faisant tinter leurs éperons et donner leurs sabres, traitant le café Joseph en pays conquis. L'un d'eux, en passant, bouscule Surcouf qui grogne et se fâche. On s'invective de part et d'autre. Surcouf, sa queue de billard à la main, après les avoir menacés de leur caresser la figure, termine la discussion en provoquant en duel tous les officiers prussiens. Ce fut un duel épique, digne de celui de Cornic. La marée était basse. Séance tenante on se rendit derrière le Fort-Royal, près le Grand Bé ; les témoins de Surcouf étaient de Mainville et Brisabarre. Surcouf tranche net le poignet de son premier adversaire. Il « démâte » le second et le troisième avec la même désinvolture. Le quatrième a le ventre ouvert d'un coup de banderole. Tous, jusqu'au onzième, tombent plus ou moins blessés. Alors, Surcouf se tournant vers son dernier adversaire : « Restons-en là, si vous voulez bien, monsieur. Il est bon que vous puissiez raconter en votre pays comment se bat un ancien soldat de Napoléon. »

— Louis Gallouédec, inspecteur général de l'Enseignement

Elle est fortement sujette à caution, notamment parce que Charles Cunat, premier biographe de Surcouf et qui le connut personnellement, n'en parle jamais dans son ouvrage de 1842[33]. D'autre part, aucune référence à ce fait n'a été retrouvée antérieurement à 1890[34].

Hommages[modifier | modifier le code]

Cinq bâtiments de la Marine nationale française ont porté le nom de Surcouf[35] :

Robert Surcouf figure sur une pièce de 10 € en argent éditée en 2012 par la Monnaie de Paris pour représenter sa région natale, la Bretagne.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ils descendaient en effet tous deux de Pierre Porçon de la Barbinais et de Thomase Chartier, Duguay-Trouin par leur fille, Guillemette et Surcouf par leur fils, Pierre Porçon de la Barbinais (1586-1634).
  2. Granier (1998) parle du « capitaine de Joliff » et non « Lejoliff ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p 36
  2. a et b Hennequin 1835, p. 378
  3. « Robert Surcouf négociant et armateur, grand-père du corsaire Robert Charles Surcouf » (consulté le 21 avril 2009)
  4. Voir les quartiers de Robert Surcouf.
  5. Alain Roman, La Saga des Surcouf,‎ 2006, p 67-72,
  6. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p 48
  7. a, b, c et d Cunat 1857, p. 390
  8. Briant 2002, p. quatrième de couverture
  9. Levot 1866, p. 493
  10. a, b, c, d et e Granier 1998, p. 216
  11. a et b Alain Roman, Robert Surcouf, www.netmarine.net
  12. a et b Levot 1866, p. 494
  13. a, b, c et d Cunat 1994, p. 391
  14. Roche, p. 74
  15. http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-surcouf/
  16. Alain Roman, La Saga des Surcouf,‎ 2006, p 86-87,
  17. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p 358
  18. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères, Editions Cristel,‎ 2007
  19. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p 94 à 100
  20. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p 103 à 117
  21. Jean Merrien, Corsaires et Flibustiers, L'Ancre de marine, 23 novembre 2000 (ISBN 2-84141-100-1) p. 300 Lire en ligne
  22. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p 119 à 138
  23. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p157 à 184
  24. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p 155 à 156
  25. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p 185 à 207
  26. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p237 à 244
  27. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p244 à 251
  28. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p251 à 252
  29. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p292 à 298
  30. Lettre publiée par M. René Richelot, in Mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, tome LXX, 1958
  31. Alain Roman, Robert Surcouf et ses frères,‎ 2008, p 210
  32. Gallouédec 1917, p. 233
  33. Cunat 1994
  34. Conférence présentée devant la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo le 16 août 1954 par M. Corbes http://shaasm.org/wp-content/uploads/ConfSurcoufPrussiens.pdf
  35. La frégate Surcouf sur le site de netmarine.net

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages utilisés pour les sources Document utilisé pour la rédaction de l’article

Sur les autres projets Wikimedia :

En anglais 
  • (en) Cristopher Biden, Naval Discipline : Subordination Contrasted With Insubordination. Or, A View Of The Necessity For Passing A Law Establishing An Efficient Naval, General Books Publishing (ISBN 0-217-73067-1)
  • (en) C. Norman, The Corsairs of France, Kessinger Publishing (ISBN 1-163-35740-5)
En français 
Ouvrage réédité par les éditions La Découvrance

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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