Émile Bertin (croiseur)

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Émile Bertin
Image illustrative de l'article Émile Bertin (croiseur)
L’Émile Bertin après modernisation en 1943

Histoire
A servi dans Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Commandé 18 décembre 1928
Lancement 9 mai 1933
Caractéristiques techniques
Type Croiseur léger
Longueur 177 m
Maître-bau 15,84 m
Tirant d'eau 5,44 m
Déplacement 5 886 t (normal)
8 480 t (à pleine charge)
Propulsion 6 chaudières Penhoët et 4 turbines centrales Parsons
Puissance 102 000 ch
Vitesse 34 nœuds, 40,2 aux essais
Caractéristiques militaires
Blindage ponts : 25 mm
soutes à munitions : 30 mm
tour : 20 mm
Armement Origine : 9 canons de 152 mm (3×3)
6 canons de 90 mm (3×2) AA
8 canons de 37 mm (4×2) AA
8 mitrailleuses de 13,2 mm (4×2) AA
6 tubes lance-torpilles de 550 mm (3×2)

Après modernisation : 9 canons de 152 mm (3×3)
10 canons de 90 mm (5×2) AA
16 canon de 40 mm (4×4) AA
20 canons de 20 mm (20×1) AA

Rayon d'action 6 000 nautiques à 15 nd
2 800 nautiques à 20 nd
1 100 nautiques à 33 nd
Autres caractéristiques
Équipage 675 hommes
Chantier naval Ateliers et chantiers de Penhoët à Saint Nazaire

L’Émile Bertin était un croiseur léger de la marine française. Il a été baptisé du nom de l'ingénieur naval Louis-Émile Bertin, en son honneur. Ses caractéristiques ont inspiré la conception des croiseurs légers français de la classe La Galissonnière.

Carrière à la mer[modifier | modifier le code]

L’Émile Bertin, conçu pour opérer comme mouilleur de mines et conducteur de flottille de contre-torpilleurs, avait reçu un armement de neuf pièces de 152 mm, complètement nouveau, tant par son calibre que par sa disposition en trois tourelles triples. Il disposait, comme artillerie secondaire anti-aérienne, de quatre pièces de 90 mm, en un affût double, et deux pièces simples. Son déplacement était de 5 886 tonnes, ses machines développaient 102 000 ch, pour 34 nœuds en service normal, mais il n’avait pas de blindage d’une épaisseur supérieure à 30 mm, et son rayon d’action n’était que de 3 600 nautiques à 15 nœuds. Atteignant 40,2 nœuds à ses essais de vitesse, en développant 137 908 ch, ce fut le croiseur français le plus rapide jamais construit[1].

Jusqu'en 1939, il navigue en Atlantique comme navire amiral d'une flottille de douze contre-torpilleurs. À cette date, le navire est employé pour une mission secrète de transport de l'or de la Banque de Pologne de Beyrouth à Toulon. En avril 1940, il opère avec la Home Fleet britannique, lors de la campagne de Norvège et y est endommagé par une bombe d'avion. En mai 1940, il reçoit l'ordre d'évacuer une partie de l'or de la Banque de France. Il embarque 286 tonnes d’or fin à Brest le 10 juin 1940 pour Halifax (Nouvelle-Écosse). où il arrive le 18 juin 1940. Il réussit à y échapper à l'internement, alors que les Britanniques ont déjà la préoccupation de prendre le contrôle des navires de guerre français. Son commandant, le Capitaine de vaisseau Battet reçoit l'ordre de gagner la Martinique. Surveillé par le croiseur lourd HMS Devonshire, l'Émile Bertin rejoint Fort-de-France, avec son chargement précieux le 24 juin 1940. L'or est stocké au Fort Desaix jusqu'à la fin de la guerre. Le croiseur séjourne dans la baie de Fort-de-France avec le porte-avions Béarn chargé de 106 avions, et le croiseur léger Jeanne d'Arc.

Les trois navires sont désarmés du 25 juin 1940 à juin 1943. Ils échappent de peu à la destruction le 3 juillet 1940 lors de l' opération Catapult quand l'ordre donné par l'Amirauté britannique de couler les croiseurs fut annulé par l'intervention personnelle in extremis du Président des États-Unis Franklin D. Roosevelt. Leur présence et celle de l'or de la banque de France entraînent le blocus total de l'île de la Martinique par les navires anglais et américains. L'Émile Bertin reste au mouillage en 1941 et 1942 à part pour deux exercices. Le 16 mai 1942, il commence à être désarmé sous la pression des États-Unis.

Après l'occupation de la Zone Sud et le sabordage de la Flotte à Toulon, les navires de guerre français internés aux Antilles, restés aux ordres de l'amiral Robert, ne rallient le camp des Alliés qu'avec le ralliement de ces îles à la France Libre, en juillet 1943[2]. L’Émile Bertin est modernisé à Philadelphie de septembre à novembre 1943. Il est équipé d'un sonar et de radars, ses installations aéronautiques ainsi que ses tubes lance-torpilles sont débarqués. Son artillerie antiaérienne est renforcée par deux tourelles doubles supplémentaires de 90 mm et modernisée avec 16 canons antiaériens de 40 mm en 4 affûts quadruples, 20 canons simples de 20 mm à la place des canons de 37 mm et des mitrailleuses de 13,2 mm d'origine. Les installations de mouillage de mines qui étaient démontables n'ont jamais été utilisées.

Il rejoint ensuite la Méditerranée où il participe aux opérations d'appui naval lors des débarquements en Italie puis en Provence. Il effectue également des bombardements côtiers contre les défenses allemandes sur la Riviera italienne. Il appareille de Toulon à destination de l'Indochine en octobre 1945. Il y contribue à diverses opérations (notamment le débarquement au Tonkin) et accueille à son bord la rencontre entre l'amiral Thierry d'Argenlieu et Hô Chi Minh le 24 mars 1946. Il regagne Toulon au mois de juillet suivant. De Toulon, Le 4 décembre 1947, retour en France à bord du croiseur Émile Bertin des cendres du général Philippe Leclerc de Hauteclocque qui reposent dans le Panthéon militaire de l'Hôtel des Invalides, à Paris. Il passe bâtiment-école en 1947, puis est utilisé comme navire cible entre son désarmement en 1952 et son retrait définitif du service en 1959.

Liste des commandants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Masson 1969, p. 102
  2. Richard Seiler, « L'histoire mouvementée de l'Emile Bertin, croiseur rapide de la marine française de 1939 à 1946 », Magazine 39-45, no 186,‎ janvier 2002, p. 24-35 (ISSN 0761-7348)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Henri Le Masson, Navies of the Second World War The French Navy Volume 1, Londres, Macdonald&Co Publishers Ltd,‎ 1969 (ISBN 0356-02384-2)
  • LV Jean-Michel Roche : Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, tome II (2005)
  • Jean Lassaque : Le Croiseur Émile Bertin 1933-1959, (Marines éditions, 2004) ISBN 2-915379-05-X
  • Richard Seiler, « L'histoire mouvementée de l'Émile Bertin, croiseur rapide de la marine française 1939-1946 », in 39-45, no 186, janvier 2002
  • Tibéry, Denis Lefebvre et Jean-Pierre Pécau : L'Or de France (tome 1, « La croisière de l’Émile Bertin » et tome 2, « 12 milliards sous les Tropiques »), Le Lombard, 2011 et 2012.
  • HISTOIRE DE LA MARTINIQUE. - Tome 3, De 1939 à 1971 Armand Nicolas IBSE 2738472095

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Croiseur Émile Bertin, possibilité de télécharger la troisième édition d'un livre sur l’histoire de l’Émile Bertin au format Word.

Sources[modifier | modifier le code]