Voiture sans permis

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Georges Cormier sur voiturette Renault, en 1902.
Une voiturette Delage de 1906.
Giosuè Giuppone Champion automobile de l'année 1909 pour ses nombreux succès en voiturettes Lion-Peugeot (La Vie au Grand Air).
Arzens "L'Œuf" de 1938 (musée Schlumpf).
Peugeot Tulip de 1996.

Une voiture sans permis ou « voiturette » est un véhicule automobile dont la conduite ne nécessite pas un permis obligatoire. Il s'agit le plus souvent d'un quadricycle à moteur, mais une voiturette peut être aussi un véhicule à trois roues dont le moteur très puissant peut atteindre 500 CV et 8 cylindres.

Historique[modifier | modifier le code]

Voiturette (Tri-Car britannique) Léon Bollée, de la fin du XIXe siècle.

Le terme de « voiturette » a été utilisé pour la première fois par le constructeur automobile français Léon Bollée pour désigner un tricycle de son invention. Il en déposa le nom, et ce mot au fil du temps est passé dans le langage courant pour désigner actuellement des voitures dont la conduite ne nécessite pas de permis[1]. Bollée crée en 1896 les « voiturines », déjà qualifiées de voiturettes, qui sont des tricycles motorisés (« tricars » en Angleterre) désormais montés sur pneumatiques.

Des voitures légères à quatre roues (« light cars » en Angleterre), aussi appelées « voiturettes », de 250 à 400 kg[2] et de moins de 1,5 litre de cylindrée, apparaissent avant le premier conflit mondial. Elles ont l'avantage d'être relativement abordables à l'achat et à l'entretien. Faciles à assembler, elles sont même parfois vendues en kit à monter soi-même sur un châssis (comme pour la marque française de voitures en bois Malicet-Blin, importée notamment en Espagne par Carlos de Salamanca).

Wilfrid, le vainqueur du Critérium des Voiturettes de juin 1899 sur voiturette Bollée.
L'équipe Peugeot au départ du Grand Prix de Dieppe Voiturettes de 1908.

La première course spécifique « Voiturettes », le Critérium des Voiturettes, est disputée le 6 juin 1899, et remportée par un certain « Wilfrid » (sur Bollée). Elle sera suivie par la Coupe des chauffeurs amateurs au mois d'août, gagnée par Louis Renault. La Coupe des Voiturettes de Boulogne verra sept éditions entre 1906 et 1913. Des courses spécifiques de cyclecars existent aussi alors. Les compétitions idoines se déroulent pour quelques décades en France, en Italie, au Royaume-Uni, en Espagne... Jusqu'en 1903, Renault domine grâce aux frères du même nom les courses de voiturettes de l'ouest européen, puis vient le tour de Lion-Peugeot entre 1908 et 1911 (Guippone, Goux et Boillot). De 1922 à 1923, les cyclecars Samson sont aussi fréquemment récompensés (Desvaux, Benoist et Casse).

En France, la loi de finances du 30 juillet 1920, qui fixe une taxe fiscale forfaitaire annuelle de 100 francs pour les cyclecars (véhicules offrant une ou deux places, pesant au plus 350 kg et dont le moteur présente une cylindrée ne dépassant pas 1 100 cm3)[3],[4], permet l'essor de la vente de ces véhicules légers jusqu'en 1925, lorsque ce régime fiscal avantageux sera supprimé[5].

Jusqu'à la fin de 1947, alors que ces dernières ne sont plus vendues telles quelles en tourisme, le terme « voiturette » désigne alors aussi une catégorie de voitures de courses, devenue Formule 2 en 1948[6].

Synonymes[modifier | modifier le code]

Outre les expressions « voiture sans permis » et « voiturette », d'autres appellations ont vu le jour :

  • Sans permis : raccourci de « voiture sans permis » ;
  • VSP : abréviation utilisée dans la presse écrite automobile française pour désigner une « voiture sans permis » ;
  • Minivoiture : synonyme de « voiturette » ;
  • Microvoiture : dérivé du terme anglophone « microcar » ;
  • Minicitadine : utilisé dans la mesure où ces véhicules sont principalement destinés aux déplacements urbains ;
  • Cyclecar : terme plus ancien désignant un véhicule pas forcément motorisé ;
  • VBV : abréviation utilisée au Québec pour « véhicule basse vitesse ».
  • TPV ou « très petit véhicule », nom de code sous lequel a été développée la Citroën 2 CV

Réglementation[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Une voiture sans permis est un véhicule automobile d'encombrement et de performances réduites. L'absence de nécessité du permis de conduire justifie la limitation de performance et de gabarit des mini-voitures.

Sur un quadricycle à moteur, l'apposition d'une plaque d'immatriculation n'est obligatoire qu'à l'arrière du véhicule (elle n'est que facultative à l'avant ; voir l'art. R.317-8 du code de la route, I., al.2).

Les quadricycles légers et même les quadricycles lourds à moteur n'ont strictement pas le droit de circuler sur les autoroutes et routes pour automobiles en France (y compris le boulevard périphérique parisien).

Une suspension, annulation ou invalidation du permis de conduire interdit également la conduite des quadricycles lourds à moteur. La conduite des quadricycles légers à moteur reste cependant autorisée sauf décision contraire du tribunal.

Depuis le mois de novembre 2014, la France a adopté la législation européenne sur la conduite des voitures sans permis. Ainsi il est possible de conduire à partir de 14 ans.

Quadricycle léger à moteur[modifier | modifier le code]

L'article R.311-1 du code de la route français définit le quadricycle léger à moteur comme un véhicule à moteur à quatre roues dont la vitesse maximale par construction n'excède pas 45 km/h, la cylindrée n'excède pas 50 cm3 pour les moteurs à allumage commandé (moteur à essence 2 ou 4-temps) ou dont la puissance maximale nette n'excède pas 4 kilowatts pour les autres types de moteur (Diesel ou électrique par exemple), le poids à vide n'excède pas 350 kilogrammes et la charge utile n'excède pas 200 kg[7].

L'obtention du Permis AM option quadricycles légers à moteur, ex BSR, est obligatoire pour la conduite de ce type de véhicule en France, pour les personnes nées après le 1er janvier 1988, sauf si ils sont déjà obtenu le BSR option quadricycles légers à moteur avant le 19 janvier 2013 ou si ils ont déjà obtenu l'un des permis suivant : A, A1, B, B1 [8]. Les autres usagers peuvent l'utiliser sans code, ni permis de conduire, ni examen médical[8].

Quadricycle lourd à moteur[modifier | modifier le code]

L'article R.311-1 du code de la route français définit le quadricycle lourd à moteur comme un véhicule à moteur à quatre roues dont la puissance maximale nette du moteur est inférieure ou égale à 15 kilowatts, le poids à vide n'excède pas 550 kg pour les quadricycles affectés au transport de marchandises, et 400 kg pour les quadricycles destinés au transport de personnes, la charge utile n'excède pas 1 000 kg s'ils sont destinés au transport de marchandises, et 200 kg s'ils sont destinés au transport de personnes, et qui ne répond pas à la définition des quadricycles légers à moteur[7].

Une formation spécifique au quadricycle lourd à moteur peut être suivie et un examen spécifique B1 autorise la conduite de ces véhicules. L'obtention du permis de conduire A (ainsi qu'A progressif) ou B autorise la conduite des tricycles à moteur et des quadricycles lourds à moteur (sous-catégorie B1). La sous-catégorie A1 (motocyclette légère) du permis de conduire permet par équivalence la conduite des véhicules inscrits dans la sous-catégorie B1.

Nouvelle-Calédonie[modifier | modifier le code]

En Nouvelle-Calédonie, où elles sont essentiellement conduites par des jeunes de 15 à 18 ans, il est nécessaire d'obtenir un permis de conduire spécifique pour conduire une voiturette. De plus, il y a deux permis différents, selon que l'on conduise un véhicule léger (dès 15 ans) ou lourd (dès 16 ans).

Location de VSP[modifier | modifier le code]

La France est l'un des rares pays d'Europe à autoriser la location de voiture sans permis. Ce nouveau système est en pleine expansion depuis quelques années, avec des entreprises telles que Moving-Car, appartenant au groupe Mobivia Groupe, Freerent ou Always Car. La plupart de ces entreprises de location exigent un âge minimum de 21 ans pour une question d'assurance.

En Belgique[modifier | modifier le code]

La réglementation belge est très semblable à la réglementation française.

Constructeurs et marques (vendues en Europe)[modifier | modifier le code]

Actuellement en activité[modifier | modifier le code]

AIXAM[modifier | modifier le code]

Aixam est un groupe industriel implanté en région Rhône-Alpes, à Aix-les-Bains (Savoie) et à Chanas (Isère). Aixam déclare produire environ 12 000 véhicules par an[9]et dispose d'un réseau de distribution de plus de 130 distributeurs en France et 600 en Europe. La marque Aixam propose une gamme nommée « Vision » composée de deux compact, la City et la City S, de deux break, le Crossline et le Crossover, ainsi que deux modèle haut de gamme, la coupé et la GTO.

MEGA[modifier | modifier le code]

Mega est une marque du Groupe Aixam, principalement axée sur le marché de l'utilitaire avec et sans permis. Créée en 1992 par Aixam, cette marque avait pour but de montrer le savoir-faire d'Aixam. La marque se lance ainsi dans l'automobile traditionnelle avec une gamme de véhicules modulables, la Mega Concept avec divers modèles comme la Ranch, la Club… Mega développa ensuite des modèles plus exclusifs comme la Mega Track et la Montécarlo à la suite du rachat de la marque du même nom. Mega se fit connaître également grâce au sport automobile : en 1994, 1996 et 1998, Mega gagne le trophée Andros et en 2000, Mega finit deuxième du Paris-Dakar avec Stéphane Péterhansel comme pilote. Mega participa également au trophée Andros électrique en 2010.

Aujourd'hui[Depuis quand ?], Mega ne fait plus que des modèles utilitaires, et produit également sous son nom les véhicules électriques Aixam.

Bellier[modifier | modifier le code]

Initialement fabricant d'accumulateurs électriques, Bellier Automobiles, fondé par Jean Bellier, construit en 1968 une mini-voiture à moteur Solex pour enfants, destinée à la Prévention Routière. Désormais le constructeur, implanté à Talmont-Saint-Hilaire en Vendée, propose deux modèles de tourisme, la Jade et la Jade électrique, un utilitaire, le Docker, et une série limitée, la Jade Racing[10].

Casalini[modifier | modifier le code]

Casalini M10 Daytona.

Casalini est une marque de voiture sans permis d'origine italienne. Elle est le fruit de la collaboration de deux sociétés, l'une active dans le secteur des engins agricoles, l'autre dans le métier de la carrosserie.

Chatenet[modifier | modifier le code]

Automobiles Chatenet a été créée en 1984 par Louis-Georges Chatenet. Comme Ligier, le constructeur réalise 70 % de son chiffre d'affaires à l'export. Sa gamme est constituée de quatre voitures sans permis : la CH26, la CH30 (version à permis B1 de la CH26), la ch26 Z.e (zéro émission), et la CH32, version break rallongée de la CH26.

Driveplanet[modifier | modifier le code]

Driveplanet est né du rapprochement, en 2008, de deux acteurs majeurs sur le marché européen du quadricycle lourd et léger, Automobiles Ligier et Microcar.

Dué[modifier | modifier le code]

Dué est une marque créée par le groupe Driveplanet. Il s'agit d'une marque qui vise le marché low-cost du sans permis avec le modèle First, une version restylée du modèle MC 2 produit par Microcar entre 2003 et 2007. Cette marque lancée en 2010 atteint des parts de marché en France aux alentours de 4,5 % autant que Chatenet ou JDM, de bon augure pour cette marque créée seulement deux ans auparavant. Depuis le milieu de l'année 2013, la marque a créé le modèle Premium dans le style de la nouvelle Fiat 500.

Ligier[modifier | modifier le code]
Une voiture sans permis Ligier Nova.

Automobiles Ligier a été fondée par Guy Ligier, pilote de F1 dans les années 1960. Aujourd'hui, ce constructeur présente une large gamme de véhicules sans permis : un modèle, l'Ixo, est décliné en de nombreuses versions, allant de la classique à la sportive (Ixo meta street), en passant par les versions Clim, Treck, et quatre places. À ce modèle vient s'ajouter un véhicule utilitaire-break, l'Optimax, ainsi qu'un véhicule électrique, le Be Sun. Pour surfer sur la vague du marché des véhicules de loisirs de plein air et tout-terrain, le constructeur s'est lancé dans la production de quads. Ligier est surtout axé sur l'export, 70 % de son chiffre d'affaires se fait à l'étranger. Ligier appartient maintenant au groupe Driveplanet.

Microcar[modifier | modifier le code]

Microcar est une société qui a appartenu au groupe Bénéteau du 1er septembre 2000 à mars 2008[11] et dont l'ensemble de la production est rassemblée du côté de Nantes. C'est le deuxième constructeur de voitures sans permis. La société a été cédée au groupe Driveplanet, également propriétaire des marques Ligier et Dué, renforçant ainsi sa place de numéro deux dans le domaine de la construction de voitures sans permis. Son modèle phare est la M Go, déclinée en version classique, sportive, évasion ou électrique. Elle propose aussi un utilitaire-break, le Cargo.

Italcar[modifier | modifier le code]

Italcar est une marque de voiture sans permis italienne qui produit actuellement des véhicules électriques pour des missions utilitaires (golf, plage, etc.).

JDM Automobiles[modifier | modifier le code]

JDM Automobiles est le quatrième constructeur de véhicules sans permis implanté en France et à l'étranger. La société a été créée en 1975, mais ne sort sa première voiture, la JDM 49 SL, qu'en 1981. Actuellement, le constructeur propose un modèle disponible avec différentes finitions : la XHEOS, ainsi qu'un utilitaire, le Max Ut. La société a été rachetée par le français Heuliez en 2011 et se situe maintenant sur le site d'Heuliez à Cerizay (79). L'entreprise a été placée en liquidation judiciaire le 17 septembre 2014[12].

Renault[modifier | modifier le code]

Renault Twizy 1.

La Renault Twizy est un quadricycle léger (Twizy45) ou lourd (Twizy80), à propulsion électrique, fabriqué et commercialisé par le constructeur automobile Renault depuis mars 2012[13].

SECMA[modifier | modifier le code]

La Secma, fondé par Daniel Renard, était initialement installée à Lambres, désormais située à Aniche, a homologué 62 véhicules dont l'homologation concerne la F16 en juillet 2008. 70 % de la production est exportée.

Ayant cessé leur production[modifier | modifier le code]

Les constructeurs suivants ne sont plus en activité :

  • Erad
  • Léonard
  • Marden
  • Teilhol créée dans les années 1950 par Raoul Teilhol. Son fondateur est mort en 2008. Plus de production depuis 1990.
  • Duport
  • Grecav, a cessé toute production en aout 2012[14].
  • Lawil

Parts de marché[modifier | modifier le code]

En 2009, les ventes des constructeurs français en Europe se répartissaient ainsi[15] :

  • Aixam : 11 484 véhicules ;
  • Microcar : 6 124 véhicules ;
  • Ligier : 5 792 véhicules ;
  • Chatenet : 1 823 véhicules.
  • JDM: 1 609 véhicules ;

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]