Marc Donnadieu

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Marc Donnadieu
Marc Donnadieu.jpg
Biographie
Naissance
(62 ans)
Jerada
Surnom
Charles-Arthur Boyer
Nationalité
Activité
Autres informations
A travaillé pour

Marc Donnadieu, né à Jerada le , est un conservateur de musée, commissaire d'exposition, critique d'art, journaliste et écrivain français. Il est également connu sous le nom de Charles-Arthur Boyer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marc Donnadieu est originaire d’une famille maternelle espagnole et française et d’une famille paternelle arménienne et belge. Son arrière-grand-père, Paul Atamian, photographe de profession, est le frère du peintre Charles Atamian. Entre 1981 et 2021 il écrit sous le nom de Charles-Arthur Boyer, puis sous son propre nom.

Au départ photographe autodidacte, il se perfectionne à la fin des années 1970 auprès de différents praticiens dont Denis Brihat. Il débute ensuite une carrière dans le domaine de la photographie d'architecture et d’ateliers d’artiste, avant de poursuivre des études d’architecture avec comme spécialisation la muséologie, la muséographie et la scénographie d’exposition. Son diplôme d’architecte DPLG, passé en 1983, porte sur une reconfiguration et un agrandissement du Musée des Beaux-Arts de Nancy. L’artiste Anne Poirier, à sa demande, fait partie du jury. Il rencontre, par son entremise et celle de Patrick Poirier, Christian Boltanski, Annette Messager puis Bob Calle.

Durant les années 1980, il s’engage et accompagne en tant que journaliste et critique d’art une nouvelle génération de créateurs qu’ils soient peintres, photographes, cinéastes, designers, graphistes, créateurs de mode ou écrivains. Il fréquente régulièrement les galeries de Karl Flinker, Jean Fournier, Éric Fabre, Bama ou Philip Nelson, ainsi que les toutes premières galeries de photographies à Paris comme Agathe Gaillard, Alain Paviot, Zabriskie, Remise du Parc, Texbraun ou Michèle Chomette. Il participe également à la création des radios libres en tant que chroniqueur-animateur. Il se lie d’amitié avec le peintre Étienne Yver, et soutient le travail de Sylvie Blocher, Bertholin, Bertrand Gadenne, Richard Monnier ou Étienne Pressager[1].

En 1989, il abandonne définitivement son activité d’architecte et rejoint les équipes de l’Institut Français d’Architecture au sein du département Création-Diffusion dirigé par Patrice Goulet. Il initie plusieurs commandes photographiques en coproduction avec le département de la commande publique du Ministère de la Culture, en particulier Repérages. Regards d’artistes sur l’architecture contemporaine en 1996, dont le résultat sera versé dans les collections du Fonds National d’Art Contemporain. Durant cette période, il rencontre Jean-Claude Lemagny, Agnès de Gouvion Saint-Cyr, Jean-Luc Monterosso, et se lie d’amitié avec les photographes Bernard Plossu et Corinne Mercadier ainsi que le tireur de photographies Guillaume Geneste et l’éditeur Patrick Le Bescont.

Parallèlement, à la demande d’Alice Morgaine, il devient rédacteur, de 1990 à 1996, au Jardin des modes et, à la demande de Myriam Salomon, depuis 1994, à Art Press. Il est correspondant en France pour la revue d’architecture néerlandaise Archis de 1992 à 1997. Il collabore également aux revues Purple Prose, Documents, Galeries Magazine, Beaux-Arts Magazine, Eighty, Kanal Magazine, New Art International, Omnibus, Critique d’art, L’Architecture d’Aujourd’hui, ArchiCréé, Costruire, Domus, A+U, ainsi qu’aux magazines gay 3 Keller, Illico, Ex æquo et Tribus pour lequel il réalise deux couvertures portant l’une sur Wolfgang Tillmans, l’autre sur Matthew Barney. Il tient une chronique culturelle sur Fréquence Gay.

En 1991, il rédige une monographie sur l’architecte Hervé Bagot publié aux Éditions Pandora[2]. En 1992, il est invité en tant que critique d’art par Jean-François Taddéi, directeur du FRAC des Pays-de-la Loire, lors des 9e Ateliers internationaux des Pays de la Loire. Il y rencontre et commente l’œuvre de Claude Lévêque, Xavier Veilhan, Claire Dehove et Roman Signer. En 1993, il est invité par Jean-Louis Froment, directeur du CAPC de Bordeaux, et Michel Bourel, à concevoir un séminaire sur les relations entre l’art et l’architecture intitulé L’Architecture au risque de l’art. Leçons sur l’état du réel en référence aux Leçons américaines. Aide-mémoire pour le prochain millénaire d’Italo Calvino. Celui-ci sera prolongé en 1995 par une exposition intitulée Ce que l’art et/ou recouvre de l’architecture. Il se lie d’amitié avec Andrée Putman, Lise et Jacques Toubon ainsi que Pierre Staudenmeyer. En 1994, les Éditions Flammarion lui commandent le premier ouvrage exhaustif sur la cartographie des centres d’art en France. Il participe également, à la demande de José Alvarez et d’Anne Bony, à l’ouvrage Les Années 80 publié aux Éditions du Regard en 1995, collaboration qui se poursuivra avec celui consacré aux Années 90, publié en 2000. En 1995, à la demande de Michel Nuridsany, il réalise une exposition sur la photographie des fantômes et des spectres pour les 26e rencontres internationales de la Photographie d’Arles[3]. En 1996-1997, il participe au séminaire organisé par Élisabeth Lebovici à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris sur le thème L’Intime. Sa conférence s’intitule Architecture, intimité, promiscuité. L’Évolution de l’espace domestique du Moyen Âge au XIXe siècle. Les Éditions Dis Voir lui commandent la première monographie consacrée au designer britannique Jasper Morrison qui sera publiée en 1999[2]. À la demande d’Yvon Lambert, il réalise un projet de tatouage pour l’artiste Douglas Gordon intitulé Three Inches.

En 1997, il devient membre de l’AICA et membre du bureau de l’AICA France de 2003 à 2005. En 1998, il participe au XXXIe Congrès de l’AICA International à Tokyo sur le thème L’Espace urbain. Un territoire à partager[4].

Son œuvre photographique est montrée dans plusieurs expositions de groupe à la Galerie du jour agnès b., puis représentée par la Galerie Bouqueret+Lebon de 1990 à 1997. La Polaroid Collection et la Bibliothèque Nationale de France[5] acquièrent certaines de ses photographies au Polaroid[6],[7]. Suite au décès de Gilles Dusein en 1993 et à la fermeture en 1997 de la galerie Bouqueret+Lebon, il suspend la présentation de son travail qui ne sera qu’à de très rares occasions exposé ou commenté[8].

Il participe parallèlement à nombreux projets initiés par Jean-Marc Dimanche, dont la revue FauxQ, et collabore étroitement avec les artistes Anne-Marie Jugnet & Alain Clairet et Thomas Fougeirol. En 1997, avec Élisabeth Lebovici, Caroline Bourgeois et Pierre Del Fondo, il fait partie du projet Beau comme un Camion visant à présenter et distribuer gratuitement, à l’intérieur et aux abords d’un « camion d’art contemporain », des œuvres inédites d’artistes à tous les participants du défilé de l’Europride à Paris, première diffusion libre et ouverte d’art contemporain au sein de la communauté LGBT. Il rencontre à cette occasion agnès b. Il partage alors sa vie avec l’auteur et traducteur Jean-Baptiste Coursaud et se lie d’amitié avec Caroline Bourgeois.

La même année, Les Éditions Tarabuste publient pour la première fois son texte Celui qui encore est au monde (La parole transmise) illustré de photographies inédites de Bernard Plossu.

En janvier 1999, il est nommé directeur du Fonds Régional d’Art Contemporain de Haute-Normandie. Il y expose les artistes français Bertholin, Jérôme Boutterin, Damien Cabanes, Philippe Cognée, Didier Courbot, Franck David, Fabrice Dubreuil, Thomas Fougeirol, Charles Fréger, Anne Marie Jugnet & Alain Clairet, Andrea Keen, Patrick Lebret, Guy Lemonnier, Claude Lévêque, Stéphane Montefiore, Marylène Negro, Dominique Petitgand, Bernard Piffaretti, Bernard Plossu, David Saltiel et les artistes internationaux Silvia Bächli, Marian Breedveld, Elina Brotherus, Geneviève Cadieux, Helmut Dorner, Michel François, Bill Jacobson, Chris Johanson, Javier Pérez, Nancy Spero, Richard Tuttle, Marthe Wéry. Il rend également hommage à James Lee Byars, Felix Gonzalez-Torres, Hervé Guibert et Robert Mapplethorpe lors de l’exposition Larmes blanches. Il initie parallèlement des collaborations avec de nombreux musées régionaux tels que Le Regard de l’autre, Memento Mori, L’Hybride avec le Musée des Beaux-Arts de Rouen ; La Vague puis Le Nuage avec le Musée d'art moderne André-Malraux du Havre ; Signes, gestes, traces, espaces. Figures sur la peinture moderne française dans les collections publiques normandes avec les musées de Caen, d’Evreux et du Havre. Pierre Bazin, directeur du Château-Musée de Dieppe sera l'un des soutiens déterminants de ses projets, ainsi que Didier Mouchel, responsable de la galerie photographique du Pôle Image de Haute-Normandie, Laurent Salomé, directeur-conservateur du Musée des Beaux-Arts de Rouen et Annette Haudiquet, directrice-conservatrice du Musée d'art moderne André-Malraux du Havre.

En 2003, il participe au catalogue de l’exposition Steve McQueen. Speaking in Tongues au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. En 2004, à la demande de Régis Durand, il fait partie de l’équipe de commissariat, avec Dominique Baqué, Caroline Bourgeois et Annick Duvillaret, de la réouverture du Centre National de la Photographie dans le bâtiment du Jeu de Paume qui se concrétisera par l’exposition L’Éblouissement. En 2008, sur proposition de Jean-Luc Monterosso, il est commissaire, avec Françoise Huguier et Laura Serani, du Mois de la Photo à Paris.

Il est fait Chevalier des Arts et Lettres en 2004.

Il est nommé membre de la Commission Arts Plastiques du Centre National des Arts Plastiques de 2001 à 2003, puis membre de la Commission Photographie-Arts de l’image du Centre National des Arts Plastiques de 2010 à 2012. Il est également rapporteur pour le Prix Gilles-Dusein initié par la Fondation NSM Vie en partenariat avec la Maison Européenne de la Photographie de 1999 à 2009.

En septembre 2010, à la demande de Sophie Lévy, il rejoint les équipes du nouveau LAM Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut afin de redéfinir le département art contemporain[9],[10]. Il renouvelle les principes d’accrochage des collections permanentes d’art contemporain, programme des expositions monographiques consacrées à l’œuvre de Dove Allouche, Jean Dubuffet, Jockum Nordström, Éric Poitevin, Anne-Marie Schneider, Hiroshi Sugimoto, Luc Tuymans, présente pour la première fois hors Paris les nominés du Prix Marcel Duchamp et réalise plusieurs expositions collectives remarquées par la critique comme Déplacer, déplier, découvrir. La Peinture en actes 1960-1999 (Martin Barré, Marc Devade, Jean Degottex, Simon Hantaï, Michel Parmentier[11] et Là où commence le jour[12]. Il présente également pour la première fois la collection personnelle de la créatrice agnès b.

Parallèlement, il s’inscrit à L’ICOM et à l’Association des conservateurs des musées du Nord-Pas de Calais, devient membre de la Commission scientifique régionale des collections des Musées de France – Région Île-de-France, membre du Conseil d’Administration du Fonds Régional d’Art Contemporain Nord-Pas de Calais, membre de la Commission d’acquisition du MAC’s Musée des arts contemporain de la fédération Wallonie-Bruxelles (Le Grand-Hornu, Belgique), membre du Comité de sélection des pensionnaires de la Villa Medicis à Rome, membre du Comité de sélection de l’association Premier Regard sur la création contemporaine (présentation de l’œuvre de Yoan Belliard, Elsa Guillaume, Guillaume Talbi), membre du Comité de sélection de Drawing Now et conseiller pour le Fonds de soutien Drawing Lab ainsi que conseiller pour le Fonds de soutien Link Art is Hope et pour la Fondation Neuflize Vie. Il réalise le réaccrochage des collections de la banque Neuflize OBC en 2017.

À la demande de Gilles Mora, il présente au Pavillon populaire de Montpellier l’œuvre en couleur de Bernard Plossu en 2013, puis une rétrospective sur l’œuvre de Lynne Cohen en 2019. Il réalise en 2014, pour la galerie d’art du Conseil général des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence, une importante exposition intitulée L’Œuvre photographiée. Les Ateliers d’artiste de Picasso à Warhol. Il conçoit également en 2013-2014 un projet en deux volets intitulé À corps perdus consacré aux représentations de la masculinité et présenté à la galerie Backslash à Paris et à la galerie Gourvennec Ogor à Marseille. À l'invitation de la galerie Jean Fournier, il poursuit un important travail de recherche sur l’œuvre de Simon Hantaï de 1948 à 1955, qui donnera lieu à une exposition en 2017[13].

Il participe à de nombreux projets de catalogues monographiques consacrés à l’œuvre de Geneviève Asse, Abdelkader Benchamma, Mohamed Bourouissa, Thomas Lerooy, Speedy Graphito, Sophie Kuijken, Pierre & Gilles, Sabine Pigalle, Denis Roche, Niki de Saint-Phalle, Christine Sefolosha, Veit Stratmann, et rédige deux livres consacrés à l’histoire du corset. Sur proposition de Luc Tuymans, il collabore également à l’exposition La Pelle présentée au Palazzo Grassi à Venise en 2019.

En 2017, à la demande de Tatyana Franck, il devient conservateur en chef du Musée de l’Élysée[9]. Il y présente l’œuvre de Liu Bolin et René Burri. Il pilote surtout le nouveau projet scientifique et culturel du musée et collabore à son nouveau branding en vue de son déménagement sur le site de Plateforme10. Il est commissaire de l’exposition inaugurale intitulée Train Zug Treno Tren. Destins croisés[3],[14].

Il s’engage parallèlement sur une réflexion continue sur les relations entre photographie et art brut et collabore avec la galerie Christian Berst.

En 2022, il est lauréat du Prix Spécial des 10 ans du Prix de l’AICA France de la critique d’art.

À la demande de Guillaume Piens, il est commissaire invité d’Art Paris 2023, et propose comme thème L’Engagement.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « DONNADIEU Marc (pseudo Charles-Arthur BOYER ) - Archives de la critique d'Art », sur www.archivesdelacritiquedart.org (consulté le )
  2. a et b « Le survivant romantique au service des créateurs », sur 24 heures, (consulté le )
  3. a et b « Marc Donnadieu rejoint le musée de l’Élysée à Lausanne », sur Le Quotidien de l'Art (consulté le )
  4. « Marc Donnadieu », sur AICA-France (consulté le )
  5. Marc Donnadieu, [Recueil. Photographies originales. Oeuvre de Marc Donnadieu] (lire en ligne)
  6. « Du Polaroïd à la photophonie : vers une réincarnation pixellisée ? - revue art contemporain - revue art contemporain », sur www.lacritique.org, (consulté le )
  7. Centre Photographique d'Ile-de-France, « Foto Povera 3 : du sténopé au téléphone portable - CPIF | Archives », sur Centre Photographique d'Ile-de-France (consulté le )
  8. Vigouroux, « FOTO POVERA: « Le document ment » (Marc Donnadieu) », sur FOTO POVERA, (consulté le )
  9. a et b « Marc Donnadieu devient le nouveau conservateur en chef du Musée de l’Élysée à Lausanne », sur Connaissance des Arts, (consulté le )
  10. « Prix de la photo Camera Clara », sur www.prixcameraclara.com (consulté le )
  11. GG, « Déplacer Déplier Découvrir | Zérodeux / 02 », (consulté le )
  12. « Promenade poétique à travers la Création », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. Galerie Jean Fournier, « Simon Hantaï », Exposition Reviews,‎ (lire en ligne)
  14. « TRAIN ZUG TRENO TREN – Trois expositions pleines de correspondances | FAO VD », sur mag.faovd.ch (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]