Jean Degottex

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes (octobre 2016).

Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références à l'aide d'appels de notes.

Jean Degottex
Jean Degottex dans les années 60.jpg

Jean Degottex dans les années 60.

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Mouvement
abstraction lyrique
Distinction
Prix Kandinsky (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean Degottex (né à Sathonay-Camp le , mort à Paris le ) est un peintre français abstrait, connu notamment pour sa proximité avec le mouvement de l'Abstraction lyrique des années cinquante et soixante. Selon lui son œuvre était passée du geste et du signe, à l'écriture, puis de l'écriture à la ligne. Considéré comme un artiste majeur de l’abstraction de la seconde moitié du XXe siècle, il s'inspire de la calligraphie extrême-orientale et de la philosophie zen pour aboutir à l'effacement du sujet créateur.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Issu d'un milieu modeste, Jean Degottex est quasi autodidacte. Il gagne sa vie dès l'âge de quinze ans et prend contact à cette occasion avec les milieux libertaires des années trente. Il pratique occasionnellement le dessin dans les académies de Montparnasse. En Tunisie, où il fait son service militaire, puis en Algérie, de 1939 à 1941, il peint ses premiers tableaux, figuratifs, sous influence du fauvisme (Sidi-Bou Saîd).

Il décide alors de se consacrer entièrement à la peinture. Dès 1941, il participe au Salon des moins de Trente Ans. À partir de 1948, il s'oriente définitivement vers l'abstraction. En 1949, il expose pour la première fois chez la galeriste Denise René, qui soutient les artistes de l'avant-garde abstraite, puis à la Galerie de Beaune.

La même année il devient le compagnon de Renée Beslon, poète, plasticienne et critique d'art, et le restera jusqu'à sa mort. Il fait la connaissance de Roger Van Gindertaël, rédacteur en chef de la revue Cimaise et de Charles Estienne, critique d'art à Combat. Il reçoit le prix Kandinsky en 1951.

À Saint-Léonard-en-Beauce, puis en Bretagne, à Portsall, en 1953 et en 1954, ses œuvres se présentent encore comme de libres interprétations de la nature (La Nuit des feuilles, L'Épée dans les nuages, Vagues). Il va s'orienter vers une gestualité abstraite plus radicale dès 1954, privilégiant la liberté et la rapidité d'exécution du geste.[interprétation personnelle]

En 1953, il expose une première fois à la galerie L'Étoile Scellée, dont le directeur artistique est André Breton. Il le rencontre à plusieurs reprises à partir de 1954. Breton voit dans ses toutes dernières œuvres (Feu noir 12-1955, Ascendant 12-1955) une possible illustration picturale du principe de l'« écriture automatique ». Il lui signale son affinité spontanée avec le lavis et les écritures chinoises et japonaises, et surtout avec la philosophie et les pratiques du zen[1].

En 1955, puis en 1956, il rejoint la galerie Kléber, dirigée par Jean Fournier. Il y entretient un temps des relations mouvementées avec Simon Hantaï et Georges Mathieu. Il se lie d'amitié avec le poète Bernard Heidsieck, avec les peintres Françoise Janicot, Jean Dupuy et le sculpteur Paul Gette.

En 1959, il intègre la Galerie internationale d'art contemporain, dirigée par Maurice d'Arquian. Il y fréquente Pierre Henry, Yves Klein et Maurice Béjart. Il se fait mieux connaître à l'étranger, notamment en Belgique, en Suisse, en Italie et en Allemagne.[interprétation personnelle]

La période de 1956 à 1963 est particulièrement féconde. C’est aussi la mieux connue du public.[interprétation personnelle] Il travaille par séries/suites : suite Ashkénazi (1957), suite Serto (mars-avril, novembre 1957), suite des Hagakure (novembre 1957), les 18 Vides (1959), suite des Roses (1960), suite des Alliances (1960), les 7 Métasignes (1961), Jshet (1962). De nombreuses œuvres sont alors titrées : Écriture, Suite Écriture.

En 1963, sa fille unique disparaît accidentellement à l’age de 16 ans. Après une année de désespoir et d'inactivité[interprétation personnelle], il reprend la série des Écritures. En 1964, il fait la connaissance de Maurice Benhamou, poète et critique d’art. Il rencontrera plus tard le poète Edmond Jabès.

Suivent notamment les suites Rose noire (août 1964), Suite obscure (novembre-décembre 1964), Métasphère (1966), les 5 Etc (décembre 1964/ mars 1967) et Horsphères (1967). À partir de 1966 et jusqu’à sa mort, il multipliera les périodes de travail à Gordes, dans le Vaucluse.

Il participe au mouvement de créations graphiques qui accompagne Mai 68 (affiches : Il faut du noir pour sortir du rouge ; L’infini n’a pas d’accent ). En 1969, il travaille avec l’architecte Jean Daladier à la conception de maisons-coupoles à Saint-Julien-du-Sault (série des Spacifique). Il expose avec Jean Daladier à L’Arc, au Musée d’art moderne de la ville de Paris.

De 1972 à 1976, il monte plusieurs expositions personnelles à la Galerie Germain. Il expose notamment la série des Médias, qui séparent le plus souvent une surface unie en acrylique noir mat et une partie basse en lavis d’encre de chine. Cette période donne lieu à des Suites Média et Parcours Médias, déclivant toutes les phases matérielles du processus de création[interprétation personnelle]. Coulures de l’encre de chine apposée papier au sol, bandes médianes de papiers compressées en boules : BBC ( bandes-boules-compression), empreintes des boules : Signes-Boules. Les Feuilles-son et Poly-ondes sont les traductions graphiques d'évènements sonores liés à la création des Médias.

Il se lie à l’écrivain Bernard Lamarche-Vadel et expose, à nouveau chez Jean Fournier, la série des Médias. Il travaille de plus en plus la matière du papier : des déchirures par exemple en révèlent la texture (série des ARR rouges, puis blancs). La Galerie Germain expose aussi ses Papiers pleins (1974-1975) : papiers encollés et décollés par bandes horizontales ; les Papiers pleins Obliques (1976) sont des papiers aux incisions soulevées par diagonales.

Avec les Papiers-Report (1977), il explore une nouvelle technique qui consiste à « reporter » par pliage une moitié de la surface de la feuille sur l’autre. Il utilisera cette technique d’empreinte à partir de 1978, y compris pour des grandes toiles acryliques dont la surface, d’une extrême sensibilité tactile, est faite de sillons en négatif et en positif, encollés, horizontaux et irréguliers, tracés avec une pointe : séries des Lignes-Report (1978) et des Plis-Report (1978). Puis suivent les séries des Dia (Dia-Collor, Dia-Umber, Dia-tra, Dia-Noir).

En 1979, il crée spécialement pour une exposition personnelle à l’Abbaye de Sénanque à Gordes, une série de toiles dites Déplis dont de nombreux grands Déplis-Bleu.

Il reçoit en 1981 le troisième Grand Prix national de peinture.

En 1982, il entre à la Galerie de France, dont Catherine Thieck vient de reprendre la direction. Des bandes diagonales au roulor se rétractent sous l’effet de la colle (séries des Grilles-Collors,des Oblicollors, des Diacollors ).

Ses dernières grandes œuvres, les Lignes-Bois (1985) et Contre-Lignes Bois (1986), blanches, grises, ou gris bleu, sont aussi considérées par les plus experts comme parmi les plus abouties.

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie de Beaune, Paris, 1950.
  • Galerie à l’Étoile Scellée, textes d'André Breton et Charles Estienne Paris 1955.
  • Galerie Kléber, textes de Renée Beslon, Paris 1956 et 1958.
  • Les Dix-huit vides, Galerie internationale d'Art Contemporain, Paris, 1959.
  • Les Alliances, Hélios Art , Bruxelles; Galerie San Stephan, Vienne, 1960.
  • Sept Métasignes sur la Fleur, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 1961.
  • Horsphères, Galerie Jean Fournier, Texte d'Alain Jouffroy, Paris, 1967.
  • Les déchirures, Galerie Germain, Paris, 1972
  • Suite, Mèdias, Galerie Germain, Paris, 1976 et 1978
  • Musée de Grenoble, 1978
  • Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Texte de Bernard Lamarche-Vadel. 1978.
  • Abbaye de Sénanque, Gordes ,Vaucluse, 1979
  • Degottex, Galerie de France, Paris, 1983 et 1985
  • Repères 1955-1985, Galerie de France, Paris 1988
  • Musée d’Évreux et Musée de Brou, Bourg-en Bresse, 1988
posthume 
  • Reports 77-81, texte de Pierre Buraglio, Galerie de France, Paris, 1990
  • Signes et Métasignes, texte de Renée Beslon, Carré d'Art, Nîmes, 1992.
  • Papiers-Reports, Galerie Sablon, Paris, 1993.
  • Médias, texte de Geneviève Breerette , Galerie Rabouan-Moussion,Paris, 1996egottex, Espace Fortant Sète, 1997
  • Reports, texte de Maurice Benhamou, Galerie Regard, Paris 1997.
  • La révolution continue, Frac Bourgogne, Dijon, 2000.
  • Œuvres 78-83, textes de Hubert Besacier et Maurice Benhamou, Maison de la culture de Bourges, 2003.
  • Degottex 73-86, textes de Hubert Basacier et Maurice Benhamou, Carré Saint Vincent, Orléans, 2005
  • Degottex, 58-85, texte de Pierre Wat, Art Paris, Galerie l'Or du Temps, 2007
  • Jean Degottex, textes de M.Benhamou, B.Heidsieck, R.Mabin, Pierre Wat, sous la direction d'A. Cariou, Musée des Beaux Arts de Quimper.2008
  • Musée du monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse, 2009.
  • Musée des Beaux-Arts . Évreux, 2009.
  • Galerie Pascal Lainé, présentation Dominique Bollinger, Ménerbes, Vaucluse, 2011.
  • Galerie Bernard Bouche, Paris, 2013.
  • Vide-matière, Galerie Jacques Lévy, Paris, 2013.
  • Jean Degottex, du signe à l'écriture, de l'écriture à la ligne, texte de Pierre Wat, Galerie Berthet-Aittouares, Paris, 2013
  • FRAC Bourgogne, Dijon, 2014.
  • Galerie Berthet-Aittouares, Paris ,2015.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • Sept peintres, Galerie Denise René, Paris, 1949
  • Peintres de la Nouvelle École de Paris, Galerie de Babylone, Paris, 1952
  • La Coupe et l'Épée, galerie L'étoile Scellée, Paris, 1953
  • Alice in Wonderland, conçue et présentée par Charles Estienne, Galerie Kléber, Paris, 1956
  • Documenta II, Cassel, Allemagne, 1959
  • XXXIIe Biennale de Venise, Italie, 1964
  • Douze ans D'art contemporain en France, Grand Palais, Paris, 1972
  • Abstraction Analytique, présentée par Bernard Lamarche-Vadel, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1978
posthume 
  • La peinture après l'Abstraction, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1998
  • Rendez-Vous, Musée Guggenheim et Centre Georges Pompidou, New-York et Paris, 1998
  • Kunst-svelten im Dialog, Musée Ludwig, Köln, 2000
  • Les Sujets de l'Abstraction, Fondation Gandur , Musée Rath, Genève, 2011 et Musée Fabre, Montpellier, 2012
  • Phares, Centre Pompidou-Metz, 2014-2016

Dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

En Autriche

Vienne, musée d'Art Moderne

En Belgique
Aux États-Unis
En France
En Israël
Au Japon
Aux Pays-Bas
En Suède

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1951 : Prix Kandinsky
  • 1981 : Grand Prix National de Peinture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [BRETON 1955] André Breton, « L'épée dans les nuages (janvier 1955) », dans Le surréalisme et la peinture, Paris, Gallimard,
  • [LAMARCHE-VADEL 1978] Bernard Lamarche-Vadel, Degottex, l'œuvre de Jean Degottex et la question du tableau, Saint-Étienne, Musée de peinture et de sculpture, Grenoble / Musée d’art et d’industrie, .
  • [FREMON 1986] (fr+en) Degottex (préf. Jean Frémon), Paris, Editions du Regard et Galerie de France,
  • « Jean Degottex », Eighty, no 29,‎ , p. 2-32
  • [CARIOU 2008] André Cariou (dir.), Bernard Heidsieck, Maurice Benhamou, Renée Mabin, Jean Degottex : Catalogue des expositions Degottex aux musées de Quimper, Evreux, et Brou, Lyon, Ed. Fage, .
  • [BOUTEILLER-LAURENS 2013] Caroline Bouteiller-Laurens, Degottex, un parcours singulier, , thèse d'État, sous la direction de Serge Lemoine, Université Paris IV.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]