Claude Lévêque

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Claude Lévêque
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Claude Lévêque est un artiste plasticien français, né le à Nevers (Nièvre), Il vit et travaille entre Montreuil et La Charité-sur-Loire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Originaire de la Nièvre, Claude Lévêque, après un CAP de menuisier[1], rejoint l'École nationale supérieure d'art de Bourges[2], fréquente, au début des années 1980, Le Palace de Fabrice Emaer, les concerts skinheads[3]. En 1982, il présente l'installation Grand Hôtel à la maison des arts et de la culture de Créteil.

Accusations d’apologie de la pédophilie[modifier | modifier le code]

En 2000, il participe à l'exposition, Présumés innocents - L'art contemporain et l'enfance, organisée au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux, avec Christian Boltanski, Annette Messager, Nan Goldin et Cindy Sherman, dont le directeur Henry-Claude Cousseau est mis en examen. Il est défendu par Jean-Charles Massera, Emmanuel Saulnier, François Barré, Renaud Donnedieu de Vabres, Bruno Racine, Christian Bernard, et Antoine de Galbert[4]. Lévèque n'est pas concerné par la plainte mais déclare:

« Un musée est un lieu où personne n'est contraint d'aller, et où ne doit avoir lieu aucune censure. Un artiste qui a envie de peindre un enfant est tout de suite associé à la pédophilie, alors que les tableaux de la Renaissance sont pleins de ce genre de motifs. »

Carrière[modifier | modifier le code]

Il expose en France en 1984, en Europe, en Amérique et enfin en Asie, participe à des biennales d'art contemporain (Lyon, La Havane, en 2003), puis représente la France à la Biennale de Venise en 2009[5] dont le commissaire Christian Bernard, est le directeur du MAMCO.

Claude Lévêque travaille in situ. Pour La Maison des mensonges qu'il expose au musée d'art contemporain de Marseille (2006), il détourne du mobilier IKEA.

Il est sélectionné pour participer à une exposition Disney au Grand Palais, avec une pièce en néon Arbeit Macht Frei, qui associe Mickey dessiné par un enfant et la réplique, à l'identique, de l'entrée du camp de concentration d'Auschwitz ; il en est écarté pour « irresponsabilité »[6].

Nommé chevalier de la Légion d'honneur le , il refuse la décoration.[réf. nécessaire]

Proche du mouvement punk, il habille, en 2014 et 2015, l'entrée du musée du Louvre, la pyramide de Ieoh Ming Pei[5], les fossés et le donjon du Louvre médiéval[7]. Il utilise le néon, un gaz qui est un de ses matériaux privilégiés[8] et présente ses influences cinématographiques à l'auditorium du Louvre (Dario Argento et Kenneth Anger). En 2015, il est associé à l’exposition Le Bleu de l’œil au musée Soulages à Rodez[9].

Proche de l'actrice Catherine Deneuve, avec qui l'artiste partage la passion du jardinage, ils déclarent, dans un entretien croisé recueilli par Thibaut Wychowanok du magazine Numéro, le 20 mars 2017 :

« Catherine Deneuve: Puis on découvre évidemment une histoire plus compliquée. Je suis attirée par les choses qui n’ont pas toujours l’apparence qu’elles semblent avoir. Ou qui peuvent évoluer vers un mystère ou un secret. C’est le cas de vos œuvres. J’aime beaucoup les secrets. Et je les respecte beaucoup. Je ne tiens pas forcément à ce qu’on les révèle. - Claude Lévêque : Oui, la partie enfouie. J’aime beaucoup cela aussi. C’est l’ambiguïté du sens qui fait que l’on est attiré par quelque chose. Bien sûr, lorsque je travaille avec la lumière, comme avec mes néons, il y a un aspect féerique. Et quelque chose se révèle, la phrase que je dessine avec la lumière apporte une inquiétude, de l’angoisse. »

Il réalise en 2018 pour le 350e anniversaire de l’Opéra Garnier et le 30e de l’Opéra Bastille, à Paris, les installations Saturnales, deux sculptures dorées à Garnier et un « diadème » lumineux à Bastille, entre autres ; ces œuvres font polémique lors de leur installation[10],[11].

Accusations d’abus sexuels sur mineurs[modifier | modifier le code]

Alors qu'il prépare l'Expo Electro, de Kraftwerk à Daft Punk, à la Philharmonie de Paris, sur l'histoire la musique électronique et de la French Touch, en 2019, le parquet de Bobigny ouvre une enquête préliminaire à son encontre pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans »[12],[13]. Laurent Faulon, qui l'accuse, raconte en janvier 2021 dans Le Monde avoir subi des « rapports sexuels quotidiens », et précise que Claude Lévêque aurait aussi violé ses deux frères[12]. Médiapart annonce avoir recensé plusieurs faits, remontant aux années 1980[14].

Claude Lévèque répond à Laurent Faulon, dans un mail, suite au dépôt de sa plainte[15]:

« Ça me désole qu'on soit parvenu à ce point de non-retour tant de temps après une aventure forte à une certaine époque, inavouable aujourd'hui. Les plaisirs se sont transformés en douleur et tristesse (...) Je m'en veux de n'avoir pas su mesurer ta souffrance souterraine révélée lors de tes confidences et accusations récentes. Mon ego, hors réalités, m'a emporté dans une idéalisation hors sol, vers quelqu'un qui m'a aimé dans la fraîcheur de ses sentiments. Ça me mine aujourd'hui. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses œuvres, telles des parcours initiatiques, proposent au public de découvrir le réel sous un angle subjectif et nouveau. On peut citer, parmi les plus importantes, Ende à la galerie Yvon Lambert de Paris ou encore Le Meilleur des mondes à la Passerelle de Brest, Let's Dance à la fondation Miró de Barcelone, ou Reconstruire la fenêtre à la Rice gallery de Tokyo.

Attaché à l'univers de l'enfance, Lévêque a réalisé plusieurs œuvres en utilisant l'image de Mehdi El Glaoui du feuilleton Belle et Sébastien[16].

Son tapis de laine baptisé Soleil noir, exécuté en 2007 par la manufacture de la Savonnerie, orne le sol du bureau d'Emmanuel Macron à l'Elysée[17].

Son oeuvre "Je suis venu ici pour me cacher" exposée à la Nuit Blanche 2013, institution fondée par Christophe Girard[18], fait référence à Bernadette Soubirous, venue se réfugier à Nevers où l'artiste est né, qui fut harcelée après avoir eu une apparition de la vierge Marie[19].

En 2012, "Seasons in the abyss", à l'école élémentaire Pierre Budin, dans le quartier de la Goutte d’Or, à Paris, collecte puis expose les objets personnels d'élèves. L'une des oeuvres "J'ai peur" rédigée par l'un des enfants sera exposée pendant trente ans dans un musée de Dallas, lui dit l'artiste qui décrit l'abyss comme un piège, un univers de nuit, à la fois gênant et contraignant, entre la dureté, la violence et la fragilité pour créer du chaos et de la perturbation[20].

En 2020, il réalise l'installation, "La tendresse des loups", au sein de l'Eglise Saint-Joseph du Havre, du nom d'un film inspiré des crimes d'un tueur en série cannibale, violeur et tueur de jeunes garçons, produit par Rainer Werner Fassbinder.

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Claude Lévêque est aujourd'hui représenté en France par la galerie Kamel Mennour.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Claude Lévêque, l’enfant du pays : “Nevers let Love In” », sur Koikispass.com.
  2. « Bourgogne : les petits coins de paradis du plasticien Claude Lévêque », sur Le Figaro.
  3. Voir sur claudeleveque.com.
  4. Accusé artiste, levez-vous !, Le Monde
  5. a et b « La pyramide du Louvre frappée par la foudre de Claude Lévêque », sur Libération.fr, (consulté le 31 décembre 2018).
  6. « Messieurs les censeurs bonjour », L'Humanité du .
  7. « Au Louvre, l'art contemporain en un éclair », sur LExpress.fr, (consulté le 31 décembre 2018).
  8. « Claude Lévêque, l'artiste du néon », sur leparisien.fr, (consulté le 31 décembre 2018).
  9. « Une œuvre de Claude Lévêque dégradée au Musée Soulages », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 31 décembre 2018).
  10. « Les pneus de la discorde : l'installation de Claude Lévêque fait scandale à l'Opéra de Paris », sur Le Figaro, (consulté le 31 décembre 2018).
  11. Jérôme Serri, « Comment en est-on arrivé à exposer deux pneus de tracteur dorés à l’Opéra Garnier ? », Causeur.fr, .
  12. a et b Yann Bouchez et Emmanuelle Lequeux, « Le plasticien Claude Lévêque accusé de viols sur mineurs », sur Le Monde, .
  13. « Violences sexuelles : Claude Lévêque, plasticien, visé par une enquête pour viols sur mineurs », 20minutes.fr, 11 janvier 2021.
  14. Michel Deléan et Magali Lesauvage, « Pédocriminalité: plusieurs témoins accablent l’artiste Claude Lévêque », sur Mediapart (consulté le 13 janvier 2021)
  15. https://www.lepoint.fr/justice/claude-leveque-celebre-plasticien-vise-par-une-enquete-pour-viol-sur-mineurs-10-01-2021-2408966_2386.php#
  16. Voir sur arts.fluctuat.net.
  17. « Quand Emmanuel Macron "piétine" un tapis de diamants », sur 17 octobre 2017.
  18. Interview, LFI Kyoto
  19. Nuit Blanche 2013, Paris : Claude Lévêque, je suis ici pour me cacher, lightzoomlumiere
  20. https://www.franceculture.fr/emissions/latelier-interieur/numero-36-lenfant
  21. « Claude Lévêque, l’être et le néon », sur Libération.fr, (consulté le 31 décembre 2018).
  22. Une trentaine de lits de fer blanc suspendus par les pieds au plafond d'une pièce de 1 400 m2, éclairés par une lumière noire et surplombant de grandes vasques de plastique remplies de boules blanches. Sur les barreaux des lits des boules sont également disposées au hasard, comme un boulier.
  23. Olivier Wicker, « Claude Lévêque électrise l'entreprise », Le Nouvel Observateur, no 2555,‎ , p. 32 (ISSN 0029-4713).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]