Mégalithe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Mégalithes)
Aller à : navigation, rechercher

Dans l'architecture néolithique, un mégalithe (grec megas (μέγας), « grand », et lithos (λίθος), « pierre ») est un monument lié au mégalithisme et constitué d’une ou plusieurs pierres de grandes dimensions, érigées (ou levées) par les hommes, sans l’aide de mortier ou de ciment pour fixer la structure.

Si le terme de « mégalithe » peut être utilisé pour décrire des monuments érigés partout sur la planète à différentes époques, l'attention des chercheurs se concentre sur les monuments les plus anciens correspondant au Mésolithique, au Néolithique, au Chalcolithique ou même à l'âge du bronze, suivant les régions.

Pour certains chercheurs, il existe au Néolithique à côté de ces mégalithes, leurs équivalents en bois appelés, faute de terme créé pour les désigner, dolmens et menhirs en bois[1].

Extension du mégalithisme en jaune

Origine géologique des mégalithes[modifier | modifier le code]

Le refroidissement et la cristallisation d'intrusions de roche plutonique crée un réseau de failles de retrait à l'origine de chaos mais aussi de fissures tectoniques qui peuvent former, sous l'effet de l'érosion qui fait affleurer la roche, un débit de cette roche en forme de lames plus ou moins arrondies donnant un mégalithe[2].

Types de mégalithes[modifier | modifier le code]

Un des menhirs de la Cham des Bondons (Lozère, France).

Le terme « mégalithe » recouvre différentes structures. Parmi les mégalithes préhistoriques on distingue principalement :

  • les menhirs, pierres dressées plantées verticalement en terre ;
  • les statues-menhir: un monument mégalithique constitué d'un seul bloc sculpté ou en bas-relief représentant une figure humaine.
  • les dolmens, tombeaux constitués de dalles souvent monumentales, et les allées couvertes, formées de plusieurs pierres dressées (ou orthostates) recouvertes par une ou plusieurs dalles (ou tables) ;
  • les alignements, une ou plusieurs lignes de menhirs, de même direction approximative ;
  • les cercles de menhirs, plus ou moins complets (parfois appelés cromlechs) ;
  • les alignements de forme ovale, appelés bateau de pierre, fréquents au sud de la Scandinavie ;
  • les hypogées, grottes artificielles creusées par l’homme, avec couloir en pente douce, vestibule et chambre sépulcrale ; ils sont classés parmi les mégalithes puisqu'ils étaient souvent signalés par des dalles monumentales à l’extérieur en indiquant l’entrée.

Ces mégalithes peuvent être solitaires ou constituer des structures plus larges, comme des alignements, des cercles, des cairns, des galgals, etc.

Il existe également des monuments mégalithiques plus rares, comme Stonehenge ou les taulas des îles Baléares, pierres verticales surmontées d’une autre horizontale.

Il existe aussi de nombreux cercles mégalithiques en Afrique de l'Ouest (mais certains d'entre eux sont d'une époque historique correspondant au Moyen Âge européen), ou en Grande-Bretagne.

Statue-menhir de Filitosa en Corse-du-Sud, France.

L'image d'Épinal des dolmens ou des pierres levées isolées est aujourd'hui contredite par la recherche archéologique qui montre que les monuments mégalithiques font généralement partie de dispositifs architecturaux plus vastes[3].

Si l'on considère le grand nombre de monuments mégalithiques que l'on peut observer à travers le monde, et qui ont survécu aux multiples facteurs de destruction (notamment ceux de l'homme lui-même) auxquels ils ont été confrontés au cours des siècles, il semble bien que l'on puisse considérer que les motifs qui ont abouti à leur construction aient eu une importance considérable pour l'humanité, tant aux premières époques de son développement qu'à l'heure actuelle.

La plupart des chercheurs concernés s'accordent aujourd'hui à leur reconnaître un rôle multiple, soit, par ordre d'importance, social, culturel (religieux et funéraire, les archéologues ne pouvant plus toujours mettre en évidence ce dernier rôle en raison de l'absence totale d'ossements disparus dans les régions de roches anciennes, aux sols trop acides[4]), astronomique, astrologique, artistique, agricole, etc. Si toutes ces constructions ne possédaient pas toutes ces fonctions, elles révèlent une société organisée « sous la direction d'élites dirigeantes, princes ou prêtres, sachant organiser et inciter de gré ou de force des populations importantes, peut-être renforcées à l'occasion des cérémonies et des travaux religieux par des éléments exogènes »[5].

Au sens strict et archéologique du terme, les mégalithes désignent des constructions faites avec de grandes pierres, mais surtout élevées à l'époque préhistorique.

Distribution des mégalithes les plus anciens[modifier | modifier le code]

Des mégalithes furent érigés à de nombreux endroits de la planète aux différentes ères préhistoriques puis historiques :

Europe de l'Ouest[modifier | modifier le code]

la priante, mègalithes Argimusco, Montalbano Elicona, Sicile

En Europe de l'Ouest, la néolithisation des régions côtières atlantiques coïncide avec les premières constructions de la côte de l’Atlantique et le début du mouvement mégalithique.

En Angleterre, on ne peut ignorer le site exceptionnel par son état de conservation de Stonehenge.

Sur le territoire français, on peut citer le tumulus de Bougon ou le cairn de Barnenez qui peuvent être datés du Ve millénaire av. J.-C., soit plus de 2 000 ans avant la première pyramide égyptienne. Ces constructions extrêmement nombreuses datent généralement du Néolithique ou du Chalcolithique (4700 à 1500 av. J.-C.), tel Stonehenge en Angleterre. Mais le tumulus F de Bougon a fourni la date de 4785 av. J.-C. dans sa partie Fo[7]. Les alignements de Carnac datent d'environ 4000 av. J.-C.[8].

En Belgique, plus de cent vingt sites de mégalithes, dolmens et menhirs sont relevés, dont les alignements de Weris avec les dolmens et cromlechs qui leur font cortège, les pierres de Mousny-lez-Ortho, Gozée, Sart-lez-Spa, Neerwinden, Manderfeld, la tombelle de Tourinnes-Saint-Lambert[9],[10],[11] et jusque dans Bruxelles où des toponymes (Tomberg, Plattesteen, etc.) témoignent de l'existence d'anciens monuments mégalithiques.

L'important groupe mégalithique méditerranéen de Corse et Sardaigne se prolonge jusqu'en Syrie. Le mégalithisme de Malte (Ggantija, 3500 av. J.-C.) constitue un cas particulier et culturellement assez indépendant.

En Sicile se trouve le plateau de l'Argimusco près de la ville de Montalbano Elicona où sont situés plusieurs mégalithes qui ont une forme très singulière encore d'incertaines sources.

Asie[modifier | modifier le code]

Mégalithe rituel indonésien (photographie prise vers 1915)
Site mégalithique près de Mörön (Mongolie)

En Inde, les monuments mégalithiques datent du IIe millénaire av. J.-C. jusqu'au milieu du Ier millénaire av. J.-C..

Les dolmens les plus à l'est, en Corée, sont du Ier millénaire, et au Japon du VIIe siècle av. J.-C. au IIe siècle av. J.-C.. En Asie centrale, en Sibérie et en Mongolie, les pierres de cerf sont datées de la fin du IIe millénaire av. J.-C. et du Ier millénaire av. J.-C., elles sont attribuées à des cultures indo-européennes comme la culture d'Andronovo et ses annexes et descendants comme les Scythes qui élèveront également de nombreux menhirs anthropomorphes.

En Indonésie, la production à partir de carrières de mégalithes, parfois très décorées, faisait encore partie des traditions culturelles de l'île de Nias au siècle dernier. Il y avait des statues de pierre, des bancs de pierre pour les chefs et des tables en pierre pour exercer la justice. Des mégalithes étaient aussi nécessaires à la commémoration de défunts de la noblesse afin qu'ils puissent rejoindre leurs pieux ancêtres dans l'au-delà. L'érection d'une telle pierre préludait à un festin rituel. La photo ci-contre présente une de ces pierres rituelles, tirée (vers 1915) sur une pente. L'histoire locale veut que 525 personnes aient, en trois jours, érigé cette pierre dans le village de Bawemataloeo[12].

Afrique[modifier | modifier le code]

Détail d’un des monuments du champ de stèle de Tiya, Éthiopie, Patrimoine mondial de l'UNESCO [lire en ligne]

C'est dans la région du sud de l'Éthiopie que se trouve encore aujourd'hui la plus grande concentration de mégalithes de tout le continent africain[13]. ils se divisent en deux ensembles distincts: des cistes dolmeniques datant du IIe millénaire av. J.-C. pour l'ensemble le plus ancien[14], et d'autres, plus récents (Ier millénaire de notre ère), se comptent par milliers (un chiffre de 10 000 est avancé) dans le Shoa et le Sidamo éthiopien. L'une des régions les plus marquées par ce mégalithisme est le district (wereda) du Soddo, au sud d'Addis-Abeba, où quelque cent soixante sites archéologiques ont été découverts jusqu'à présent ; celui de Tiya, l'un des plus importants, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO[15].

Les dolmens et menhirs de Haute-Égypte (Abou-Simbel, Nabta Playa, etc.) seraient datés du Ve millénaire av. J.-C. (– 4500).

Les mégalithes d'Afrique du Nord n'apparaissent qu’à la fin du IIIe millénaire av. J.-C. (– 2200).

En Tunisie, la nécropole à dolmens du djebel Gorra, située près de la petite ville de Thibar, sur la route qui mène à Téboursouk, présente deux à trois cents sépultures mégalithiques bien reconnaissables.

En Mauritanie, au Mali (dans la région de Niafunké, le site de Tundidaro comprend plus de 150 pierres dressées). Au Niger, au Togo et au Tchad, les pierres dressées protègent les sépultures ; en Sénégambie, près de 29 000 cercles mégalithiques de latérite ont déjà été identifiés, dans un espace limité entre les fleuves Gambie au sud et Saloum au nord. Ils sont datés d'une période qui s'étend du IIIe siècle av. J.-C. au XIVe voire peut-être au XVIe siècle de notre ère[16],[17],[18],[19]. En République centrafricaine, à Bouar, les constructions mégalithiques datent du VIe siècle av. J.-C..

Amérique[modifier | modifier le code]

La Colombie possède des dolmens : San Augustin et Alto de los Idolos, les deux sites principaux ne sont distants que de quelques kilomètres. Ils s’étagent du VIe siècle av. J.-C. jusqu'au XVe siècle. Au Brésil : Une équipe d'archéologues brésiliens a découvert sur le site de Calçoene (État amazonien d'Amapá) près de la Guyane française, un observatoire astronomique datant de l’époque antique, remontant probablement à 2000 ans. (Étude des céramiques trouvées sur les lieux.) Selon l’archéologue Mariana Petry Cabral, de l’Institut de Recherche Scientifique et Technologique d’Amapá (IEPA), seule une société organisée a pu être en mesure d’ériger un tel monument. L’observatoire est constitué de 127 blocs de granite, chacun d’une hauteur de 3 mètres, disposés en cercles réguliers dans une clairière de la forêt amazonienne. La disposition du monument rappelle celle de Stonehenge.

Parmi les meilleurs exemples d’architecture néolithique au Pérou, à Cuzco, il faut mentionner Sacsayhuaman (forteresse faite de pierres découpées de plus de 100 tonnes) et le KoriCancha qui, selon la légende inca, étaient là bien avant l'arrivée des Incas (1320-1533). En Bolivie, Puma Punku (près de Tihuahuanaco) demeure encore un mystère, par ses pierres découpées précisément et qui s'imbriquent.

Extraction, transport, érection et destruction des mégalithes[modifier | modifier le code]

L'hypothèse selon laquelle les tumulus auraient servi de rampe pour la mise en place de la table d'un dolmen est controversée.

« Sauf pour l'exploitation des roches en carrières, la fouille apporte peu d'indication sur la façon dont furent jadis construits les monuments mégalithiques. On est réduit à des démarches indirectes qui sont d'ailleurs suggestives, ne serait-ce que sur le plan des structures sociales concernées »[20].

Au niveau de l'extraction, des bois de cerf aménagés[21] en pics[22] ont pu permettre l'extraction des blocs en élargissant les fissures naturelles ou les plans de stratification. Des percuteurs en silex ou en chaille ont pu servir à enfoncer les pics dans la roche ou à la mettre en forme par bouchardage, tandis que les omoplates de bovidés ont pu être utilisées comme pelle[23]. L'emploi de coins en bois[24], mouillés, permettait de gonfler et déliter le banc rocheux[25].

Au niveau du transport et de l'érection, les techniques sont diverses : transport par voie d'eau pour les grandes distances. Le transport sur le continent peut se faire par roulage sur des chemins de ripage en rondins, par glissement sur sol gelé, par des traîneaux ou des sortes de rails en troncs de chêne, par la technique du panglong en Asie du Sud-Est[26]. Des coins, perches et cordages (cordes en fibre végétale tressée, en racines souples de sapin, de lierre et de viorne, qui sont trempées, martelées puis tressées) permettent de manipuler et d'élever ces blocs[27].
La mise en place des dalles de couverture sur des piliers verticaux peut se réaliser à l'aide de rampes ou plans inclinés, voire des échafaudages[28]. Après basculement du menhir dans sa fosse, ce mégalithe peut être relevé à l'aide d'un portique, puis solidement maintenu par des « blocs de calage »[29].

Il ne semble pas que les bœufs aient été employés pour tracter, bien que le joug ait été connu au néolithique[30]. Les chercheurs pensaient que le transport et l'érection des mégalithes nécessitaient une main-d'œuvre importante réunie au cours de festivités ou cérémonies. Mais l'expérience, largement médiatisée en 1979, réalisée par Jean-Pierre Mohen à Bougon dans les Deux-Sèvres, a bousculé plusieurs idées reçues sur les investissements en temps et en main-d'œuvre, sur l'usure, ou sur la densité des populations qui auraient participé aux travaux. Poussé par vingt hommes et tiré par cent soixante-dix autres à l'aide de cordes en lin sur un train de rondins, eux-mêmes installés sur des rails de bois, un bloc de 32 tonnes a parcouru une quarantaine de mètres avant d'être élevé d'un mètre au moyen de trois leviers[31].

En ce qui concerne la destruction des mégalithes, il « était autrefois d'usage d'attribuer ces dégradations aux outrages du temps, à une maladresse éventuelle des constructeurs de mégalithes, à l'action d'une Église médiévale soucieuse d'extirper les dernières traces du paganisme, à des prélèvements opérés en vue d'empierrer les routes ou d'édifier à bon compte les habitations du voisinage ». Mais une partie des dégradations les plus anciennes était tout à fait intentionnel par les hommes du Néolithique : réutilisation des blocs, récupération du site à des fins agricoles, destruction symbolique, soustraction d'un monument qui ne servait plus pour l'usage funéraire, aux regards des hommes[32].

Exemples de mégalithes[modifier | modifier le code]

Mégalithes préhistoriques[modifier | modifier le code]

Menhir de Men Marz

Mégalithes antiques[modifier | modifier le code]

  • Le trilithe de Baalbek, construit par les Romains et devant servir de soubassement au temple de Jupiter.
  • Des monolithes dressés en Éthiopie et en Inde à l'époque historique et dont certains dépassent 15 mètres de hauteur.
  • Les statues de l’île de Pâques ont été érigées vers le Xe siècle. Ce sont bien de grandes pierres dressées mais pas des mégalithes au sens strict du terme.

Les obélisques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : obélisque.

Mégalithes modernes[modifier | modifier le code]

Les vingt dernières années ont vu un renouveau inattendu du mégalithisme dans les pays développés. On s'est mis à dresser un nombre considérable de grosses pierres dans les ronds-points, dans les parcs, et dans les jardins. Il n'y a là aucune volonté explicitement religieuse. Il s'agit de poser des signes forts dans l'espace public ou dans l'espace privé. La référence au mégalithisme ancien est cependant visible en Bretagne, en Irlande, et en bien d'autres lieux. Dans une banlieue de Toulousel'Union — est apparu, dans un rond point, un ensemble mégalithique en granit, composé d'une vingtaine de blocs qui fait grand effet sur le public.

Près de Bruxelles, au cœur de la forêt de Soignes, un monument dédié aux garde forestiers tombés au champ d'honneur se présente sous la forme d'un cercle de grandes pierres levées dont la présence, dans ce site naturel, au milieu des grands arbres séculaires, dégage un air d'authenticité "préhistorique" qui laisse perplexe plus d'un promeneur.

L'étude sociologique de ce retour au mégalithisme reste à faire.

Socle de la statue équestre de Pierre le Grand[modifier | modifier le code]

La plus grosse pierre jamais déplacée par l'homme est peut-être le socle de la statue équestre de Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg, monument élevé par Catherine II de Russie. Ce bloc de granite, donné pour 450 et 1250 tonnes[réf. souhaitée] (ou encore 7 × 14 × 9 m, pour 1 500 tonnes[33]) fut acheminé à travers les marécages par la force de 64 hommes commandés par le comte de Carbury.

Ce mégalithe fut déplacé sur un traîneau de bois dont les patins étaient creusés d’un rail garni d’un alliage cuivre-étain-calamine ; ce traîneau était lui-même posé sur des poutres possédant un rail creux garni du même alliage. Des sphères métalliques furent placées dans ce chemin de roulement, réduisant le frottement au minimum. Il fut déplacé au moyen de cabestans, sur terrain gelé, en moins de six semaines[33].

Représentations artistiques[modifier | modifier le code]

À partir du XIXe siècle, de nombreux écrivains et peintres ont consacré une partie de leur œuvre à la représentation des mégalithes. Flaubert dans son récit de voyage en Bretagne — Par les champs et par les grèves — fut sans doute un des plus déçus. Après avoir évoqué toutes sortes d'hypothèses sur les menhirs de Carnac, il affirme : les pierres de Carnac sont de grosses pierres. Victor Hugo, en revanche, voyait dans les mégalithes des signes d'une présence poétique, bien antérieure aux civilisations antiques. Il écrit ainsi l'avant-dernier poème des ContemplationsCe que dit la Bouche d'ombre — près du dolmen qui domine Rethel. Les Travailleurs de la mer méditent largement sur la présence des pierres ancestrales dans les îles anglo-normandes.

Plus récemment, en 2006, le cinéaste F. J. Ossang a réalisé au Portugal un court-métrage poétique, Silencio (Prix Jean-Vigo 2007), qui met en jeu les éléments — eau, vent, terre, soleil — dans lequel se croisent les monuments ancestraux et des ouvrages d'art actuels. Mégalithes, ponts, bunkers, éoliennes, s'érigent fièrement comme témoins du temps qui passe sur une nature mystérieuse et sauvage, ou apprivoisée, selon que s'y inscrive ou non la trace de l'homme.

Les mégalithes ont également inspiré les légendes populaires[34]. Ainsi les paysans français leur ont donné les origines les plus diverses ; leurs bâtisseurs peuvent être surnaturels (miracles divins, de la Vierge ou d'un saint, ou au contraire œuvres du Diable, des fées, des nains, de géants comme Gargantua) mais aussi humains : Romains, Sarrasins, Anglais (Aveyron), seigneurs locaux pour commémorer une victoire, voire plus rarement de simples paysans comme les alignements de Carnac, censés avoir été dressés à raison d'une pierre chaque année, le jour de la Saint-Jean. Sous une forme plus littéraire de légende, le Merlin de Robert de Boron attribue l'érection de Stonehenge au célèbre enchanteur, pour commémorer la victoire par laquelle Uther a retrouvé la royauté.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles-T. Le Roux et Jean-L. Monnier, « Des menhirs en bois ? », La Recherche, no 360,‎ , p. 21
  2. Bruno Cabanis, Géologie et paysages de Bretagne, Éditions Jean-paul Gisserot, , p. 13
  3. J.-M. Large, E . Mens, « L’alignement du Douet à Hoëdic (Morbihan, France) », L’Anthropologie, vol. 112, no 4-5,‎ , p. 545
  4. Eric Crubézy, Elisabeth Lorans, Claude Masset, Franck Perrin, Laurence Tranoy, L'Archéologie funéraire, Éditions Errance, , p. 75.
  5. Jacques Briard, Les mégalithes de l'Europe atlantique : architecture et art funéraire, 5000 à 2000 ans avant J.-C., Errance, , p. 23
  6. Salvatore Piccolo, Ancient Stones: The Prehistoric Dolmens of Sicily, op. cit., pp. 9-12
  7. Frédéric Lontcho, L'archéologue - archéologie nouvelle, février-mars 2003, p. 4-5.
  8. Site officiel des monuments nationaux des alignements de Carnac consulté le 17 décembre 2008
  9. Journal Le Soir, Bruxelles, 14 novembre 1983.
  10. Willy et Marcel Brou, 120 dolmens et menhirs en Gaule Belgique, sous le patronage du Touring Club de Belgique, 1973.
  11. Willy et Marcel Brou, Nos pierres et leurs légendes, Éditions techniques et scientifiques, Bruxelles, 1979.
  12. P. Boomgaard, 2001.
  13. « Les origines de l'Éthiopie », Francis Anfray, ancien directeur de la Mission française d'archéologie en Éthiopie [lire en ligne].
  14. http://www.ifre.fr/index.php/actualites/actualites-afrique/item/1768-publication-cfee-megalithisme-chercher-ethiopie
  15. Site de l'UNESCO, Tiya. Réf. : 12 [lire en ligne]
  16. Gravrand, Henry, "La Civilisation Sereer, Pangool", Les Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal, 1990. pp, 9, 20 & 77. (ISBN 2-7236-1055-1)
  17. Becker, Charles: "Vestiges historiques, trémoins matériels du passé clans les pays sereer". Dakar. 1993. CNRS - ORS TO M
  18. (en) Stone Circles of Senegambia – UNESCO World Heritage Centre
  19. Wassu & Kerbatch Stone Circles, brochure du National Council for Arts & Culture, Gambie
  20. Claude Masset, « Construction et destruction des monuments mégalithiques », Techniques et Culture, no 17-18,‎ , p. 227
  21. Par sciage à la lame de silex des andouillers postérieurs.
  22. Jean-Pierre Mohen, Pierres vives de la préhistoire. Dolmens et menhirs, Odile Jacob, , p. 39.
  23. Jean-Pierre Mohen, op. cit., p. 36
  24. cet emploi est attesté par les traces de « boîtes de débitage », trous relativement peu profonds creusés pour y glisser les coins.
  25. Jean-Pierre Mohen, op. cit., p. 132
  26. Traîneau sur deux lignes parallèles de troncs d'arbres sommairement ébranchés.
  27. Claude Masset, Philippe Soulier, Allées couvertes et autres monuments funéraires du néolithique dans la France du Nord-Ouest: allées sans retour, Errance, , p. 84.
  28. Claude Masset, « Construction et destruction des monuments mégalithiques », Techniques et Culture, no 17-18,‎ , p. 230.
  29. Le 15 août 1985, le relevage du grand menhir de Prat-Lédan à Plabennec devant 10 000 spectateurs est une démonstration politique (cf. Claude Masset, Philippe Soulier, Les dolmens, Errance, , p. 79) mais aussi d'archéologie expérimentale, mettant en œuvre, non des techniques attestées au Néolithique, mais des techniques plausibles. L'association Kroaz-Hent choisit un portique d'où partent les cordes de traction (cordes industrielles au lieu de cordes artisanales) et des cordes tirées par 400 hommes qui permettent de corriger l'inclinaison du mégalithe. cf. Levage du menhir
  30. Jean-Pierre Bayard, Le sens caché des rites mortuaires, Dangles, , p. 231.
  31. Claude Masset, Philippe Soulier, Allées couvertes et autres monuments funéraires du néolithique dans la France du Nord-Ouest: allées sans retour, Errance, , p. 79.
  32. Claude Masset, « Construction et destruction des monuments mégalithiques », Techniques et Culture, no 17-18,‎ , p. 233.
  33. a et b Transport du piédestal, La Nature, 1882. Article signé A. de Rochas (peut-être l'ingénieur Alphonse Beau de Rochas).
  34. Paul Sébillot, Folklore de la France, 1904-1906, rééd. sous le titre Croyances, mythes et légendes de France, Omnibus, 2002.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

  • Ardèche :
    • Jules Ollier de Marichard[1]
  • Bretagne :
  • Loir-et-Cher :
    • Jackie Despriée, Claude Leymarios, Inventaire des mégalithes de la France, 3, Loir-et-Cher, Paris, CNRS, 1974.
    • (en) Salvatore Piccolo, Ancient Stones: The Prehistoric Dolmens of Sicily, Abingdon, Brazen Head Publishing, 2013 (ISBN 978-0-9565106-2-4).
    • Daniel Schweitz, « Archéologie préhistorique en Vendômois : les premières fouilles de mégalithes (1860-1930) », in Mémoires de la Société des sciences et lettres de Loir-et-Cher, 67, 2012, p. 129-151.
    • Daniel Schweitz, « Vers la connaissance des mégalithes du Vendômois (XVIIe -début du XXe siècle) », Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 2013, p. 97-123.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]