Temples mégalithiques de Malte

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Temples mégalithiques de Malte *
Image illustrative de l’article Temples mégalithiques de Malte
Le temple de Ġgantija à Gozo
Coordonnées 36° 02′ 56,7″ nord, 14° 16′ 10,1″ est
Pays Drapeau de Malte Malte
Type Culturel
Critères (iv)
Numéro
d’identification
132bis
Zone géographique Europe **
Année d’inscription 1980 (4e session)
Année d’extension 1992 (16e session)
Extension Mnajdra, Ħaġar Qim, Tarxien, Ta' Ħaġrat et Skorba
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

Les temples mégalithiques de Malte sont un ensemble de temples présents dans l'archipel maltais, sur les iles de Malte et Gozo. Ce petit archipel concentre un nombre important de temples mégalithiques : actuellement dix-sept sites inventoriés regroupent trente-trois temples. Il faut y ajouter une quinzaine d'autres sites qui représentaient au moins autant de temples supplémentaires, aujourd'hui disparus sous les bombes de la Seconde Guerre mondiale ou le pic des démolisseurs.

Certains de ces temples mégalithiques sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[1].

Cadre chronoculturel de la Préhistoire maltaise[modifier | modifier le code]

L'archéologue slovaque Jan Lichardus avait proposé en 1985 une échelle de temps s'inscrivant dans le Néolithique européen[2]. Dans les années 2000, les échelles régionales ont été privilégiées, même si des problèmes de terminologie se posent pour désigner les différentes cultures selon ces échelles[3].

Themistocles Zammit est l’un des premiers archéologues et historiens maltais à fouiller les sites mégalithiques de Ħal Tarxien, Ħaġar Qim et Mnajdra ou l’hypogée de Ħal Saflieni et à proposer une chronologie[4]. John Davies Evans est à l’origine de la première échelle chronologique de la Préhistoire maltaise[5]. Cette chronologie est recalée par des datations par le carbone 14 réalisées par David H. Trump[6]. Depuis, cette échelle chronologique des temps préhistoriques maltais est communément acceptée par les milieux scientifiques qui l'ont abondamment documentée.

  • 5 200 – 4 100 av. J.-C. période néolithique
    • 5 200 – 4 500 av. J.-C. phase Għar Dalam
    • 4 500 – 4 400 av. J.-C. phase Skorba grise
    • 4 400 – 4 100 av. J.-C. phase Skorba rouge
  • 4 100 – 2 500 av. J.-C. période des Temples A
  • 2 500 – 700 av. J.-C. âge du bronze
    • 2 500 – 1 500 av. J.-C. phase des cimetières de Tarxien
    • 1 500 – 725 av. J.-C. phase Borġ in-Nadur
    • 900 – 700 av. J.-C. phase Baħrija

La période historique commence avec l’arrivée des Phéniciens qui ouvre l'Antiquité de Malte en

Le mégalithisme maltais[modifier | modifier le code]

Timidement apparu sur le site de Skorba vers lors de la phase Għar Dalam, le mégalithisme maltais, indépendant du mégalithisme méditerranéen ou de l'ouest européen[7], précède de 400 à 700 ans le plus vieux site mégalithique continental, le cairn de Barnenez qui daterait de 4850 – , tandis que les alignements de Carnac ne dateraient que de [8].

Le mégalithisme maltais prend toute son ampleur et son originalité dans l'archipel au cours des phases ultérieures. Pour l'archéologie maltaise, ce n'est pas la maitrise de la pierre ou des métaux qui rythme la Préhistoire mais l'évolution des temples mégalithiques. La période qui s'ouvre se nomme la période des temples (4100 - ). Elle dure 1 600 ans et se subdivise en cinq phases. Les mastabas () et les pyramides d'Égypte () sont contemporains des derniers temples maltais comme le double fer à cheval de pierres bleues (), les trilithes () et le cercle de sarsen de Stonehenge (remanié jusqu'en ). La grande période mégalithique maltaise est terminée depuis environ 700 ans lors de la construction du vieux temple de Cnossos (1900 - ).

La succession temporelle de ces différents courants mégalithiques ne sous-entend d'aucune façon un lien de filiation entre eux. Chaque région a son originalité : les alignements atlantiques, les cercles anglais, écossais ou des Orcades, les tombes des géants et les nuraghes sardes ou les torre corses, les taulas baléares, les cromlechs gallois, les menhirs, les dolmens sous tumulus ou sous cairn, etc.[7]. L'érection de mégalithes réclamait d'énormes dépenses physiques et économiques mais aussi un esprit de solidarité qui renforçait l'unité des groupes qui pratiquaient le mégalithisme[7],[9].

Implantation des principaux sites préhistoriques maltais

Les temples mégalithiques maltais[modifier | modifier le code]

Sur l'ile de Gozo, le temple de Ġgantija est classé depuis 1980. Sur l'ile de Malte proprement dite, les temples de Mnajdra, Ħaġar Qim, Ħal Tarxien, Ta' Ħaġrat et Skorba sont classés au Patrimoine mondial depuis une extension de 1992.

Bien que n'étant pas à proprement parler des monuments mégalithiques, les hypogées sont généralement associés aux temples mégalithiques. Trois sites d'hypogée existent encore dans l'archipel maltais. La même année que le temple de Ġgantija, en 1980, l'Unesco a classé également l'hypogée de Ħal Saflieni au Patrimoine mondial[10].

On trouve associés aux monuments mégalithiques des vestiges préhistoriques typiques de l'archipel maltais, les « Cart Ruts ». Il s'agit de sillons, plus ou moins parallèles, creusés dans la pierre à la surface de l'île. Leur fonction reste une énigme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  • A. Il faut noter, qu'en l'état actuel des connaissances, il n'y a pas eu d'Âge du cuivre à Malte. Les métaux étaient apparemment inconnus des bâtisseurs des temples mégalithiques. Des chercheurs ont voulu voir dans les traces de creusement de certaines salles de l'hypogée de Ħal Saflieni l'utilisation d'outils métalliques mais aucune preuve n'est encore venue appuyer cette thèse. L'apparition des métaux à Malte date d'environ avec l'arrivée du bronze apporté par les peuples guerriers venant de Sicile et d'Italie du sud

Références[modifier | modifier le code]

  1. « fiche officielle de classement no 132 » (consulté le 11 mars 2008)
  2. Jan Lichardus et al. (1985)
  3. N. Cauwe et al. (2007) p. 10.
  4. T. Zammit (1930)
  5. J. D. Evans (1953)
  6. D. H. Trump (1972)
  7. a b et c R. Joussaume (2003)
  8. site officiel des monuments nationaux des alignements de Carnac Consulté le 17 décembre 2008
  9. L. Crooson (2008) p. 109-114.
  10. « fiche officielle de classement no 130 » (consulté le 11 mars 2008)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Cauwe, Pavel Dolukhanav, Janusz Kozłowski, Paul-Louis van Berg (2007) Le Néolithique en Europe, Armand Colin, coll. U Histoire, Paris
  • Lionel Crooson (2008) « Les derniers faiseurs de mégalithes » dans Les Cahiers de Science & Vie, no 103, février-mars 2008
  • (en) John Davies Evans (1953) The Préhistoric Culture Sequence of the Maltese Archipelago, compte-rendu de la Société préhistorique de Londres
  • Roger Joussaume (2003) Les charpentiers de la pierre, monuments mégalithiques dans le monde, Ed. La maison des roches
  • Jan Lichardus, Marion Lichardus-Itten (1985) La Protohistoire de l'Europe. Le Néolithique et le Chalcolithique entre la Méditerranée et la mer Baltique, Presses Universitaires de France, coll. Nouvelle Clio, l'histoire et ses problèmes, Paris
  • (en) David H. Trump (1972) Malta : an Archaeological Guide, Faber et Faber, Londres
  • (en) Themistocles Zammit (1930) Prehistoric Malta, Oxford University Press

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]