Cupule (archéologie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Ensemble de cupules sur un rocher, Galice, Espagne.

En archéologie, une cupule est une dépression circulaire effectuée par un être humain à la surface d'une dalle ou d'un rocher. Une telle pierre est désignée comme « pierre à cupules » ou « pierre à écuelles ».

Description et fonctions[modifier | modifier le code]

Une cupule est une forme de pétroglyphe réalisée à la surface de rochers ou d'affleurements rocheux. Il s'agit d'une dépression concave, de forme circulaire ou ovale et d'une profondeur de quelques mm. Les cupules sont généralement de taille modeste, de quelques centimètres de diamètre ; au-delà de 20 cm on parle plutôt de bassins[réf. souhaitée].

Certaines cupules sont entourées par des anneaux concentriques symétriques, également tracées dans la pierre. Parfois, plusieurs cupules sont reliées par une rigole. Des cupules apparaissent parfois sur des mégalithes.

Leur disposition est en général horizontale mais aussi parfois verticale (mégalithe de la pierre femme, 38-Vénérieu)

Vidéo montrant comment un liquide s'écoule sur une pierre à cupules (la Pierre aux écuelles, en Suisse).

Jean Abélanet distingue deux types de cupules, les cupules à fonction figurative (constituant les yeux ou les seins d'une représentation anthropomorphe, telle une déesse-mère ou une « idole », ou servant de départ à des figurations soléiformes[1]) et les cupules à fonction utilitaire[2].

Le but des cupules à fonction utilitaire n'est pas connu, pas plus que l'usage exact qui en était fait. Au vu de rigoles qui reliaient, dans certains cas, les cupules entre elles sur des surfaces plus ou moins horizontales, des archéologues comme Abélanet ont parfois pensé qu'elles étaient liées à des libations rituelles[3]. D'autres hypothèses évoquent des dispositifs astronomiques, de résultat d'affutage, de signalement (frontières ou autre) mais les preuves de telles théories font absolument défaut.

Selon Bernard Rio, les pierres à cupules peuvent être interprétées comme de petits puits sacrés. L'eau de pluie conservée dans les cupules aurait eu des vertus guérisseuses pour les yeux et pourraient aussi être associées à un rite de fécondité, les cupules pouvant représenter la cavité utérine. Jusqu'au milieu du XXe siècle dans les fontaines Ar Vir de Plouescat et Saint-Guénaël de Lanester, les pèlerins puisaient l'eau pour la verser sur une pierre à cupules dans lesquelles ils trempaient leurs mouchoirs avant de s'humecter les yeux[4].

Localisation[modifier | modifier le code]

Pierre à cupules à Mours-Saint-Eusèbe, France.

Les cupules se rencontrent fréquemment en Europe continentale. Près d'un millier de blocs ou de dalles à cupules sont répertoriés en Suisse, principalement là où le mégalithisme est bien implanté[5]. On en trouve également le long de la façade atlantique (nord de l'Angleterre, Écosse[6],[7], Irlande, Bretagne, île d'Yeu[8], île de Noirmoutier, Galice et Portugal), sur la façade atlantique du Maroc du nord (region de Tanger)[9], le long des côtes méditerranéennes (nord-ouest de l'Italie, Thessalie). On trouve des formes similaires dans le reste du monde, comme au Mexique, au Brésil, en Inde et en Guadeloupe (à Trois-Rivières). Elles sont très présentes sur les reliefs, particulièrement en montagne[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léonard Kramer et Michel Mauvilly, « Blocs à cupules, des pierres énigmatiques », Cahiers d'archéologie fribourgeoise = Freiburger Hefte für Archäologie, vol. 21,‎ , p. 20-21 (ISSN 1423-8756, lire en ligne, consulté le ).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Signe solaire avec ou sans rayons. Exemples : cupules avec rayons, cupule au centre d'un cercle de cupulettes…
  2. Jean Abélanet, Signes sans paroles. Cent siècles d'art rupestre en Europe occidentale, Hachette, , p. 152
  3. Michel Martzluff, Roches ornées, roches dressées, Presses universitaires de Perpignan, , p. 236.
  4. Bernard Rio, "Le cul bénit. Amour sacré et passions profanes", éditions Coop Breizh, 2013, (ISBN 978-2-84346-582-6)
  5. Léonard Kramer et Michel Mauvilly, « Blocs à cupules, des pierres énigmatiques », Cahiers d'archéologie fribourgeoise = Freiburger Hefte für Archäologie, vol. 21,‎ , p. 20-21 (ISSN 1423-8756, lire en ligne, consulté le )
  6. « Cup and Ring carvings ......... What are they ?? », Yorkshire Rock Art
  7. « Drumtroddan », The Whithorn Trust
  8. Marcel Baudouin, « La Roche aux Fras, Pierre à 95 cupules et 6 cavités pédiformes, à l'Ile d'Yeu (Vendée) », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 11, no 10,‎ , p. 484-513 (lire en ligne).
  9. (es) Cravioto, E. G., & García, H. G., « Un santurario de Cazoletas (Cupules) en Tánger (Douar Ziaten) », Akros: Revista de Patrimonio, (14),‎ , p. 7-14
  10. « pierres a cupule - alpes » (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :