Vere Gordon Childe

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Vere Gordon-Childe
Archéologue
Image illustrative de l'article Vere Gordon Childe
Portrait en pied de Vere Gordon Childe.
Naissance 14 avril 1892
Sydney.
Décès 19 octobre 1957 (à 65 ans)
Blue Mountains (Australie)
Nationalité Drapeau de l'Australie Australie
Découvertes principales culture des Proto-indo-européens, fouilles de Skara Brae
Expéditions principales Skara Brae
Autres activités directeur de l’Institut d'Archéologie (University College de Londres)

Vere Gordon Childe (14 avril 189219 octobre 1957) était un archéologue australien. Il a dirigé la fouille du site néolithique de Skara Brae, en Écosse. Il est aussi connu pour avoir introduit les expressions « Révolution néolithique » et « Révolution urbaine ». Il a surtout été l'un des grands archéologues capables de replacer leurs découvertes au sein d'une théorie du développement préhistorique à l'échelle européenne et mondiale. Ses idées marxistes ont nourri sa pensée sur la Préhistoire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Childe est né en 1892 à Sydney. Après ses études universitaires menées en Angleterre à l'Université d'Oxford (Queen's College), il revint en Australie pour devenir entre 1916 et 1921 le secrétaire particulier de John Storey, Membre du Parlement des Nouvelles Galles du Sud puis Premier ministre. Son ouvrage de 1923, Comment les travaillistes gouvernent, reposait sur l'expérience acquise pendant ces années. Après la mort soudaine de Storey en 1921, Childe abandonna la politique et repartit en Europe.

Son livre intitulé L'Aube de la civilisation européenne (1925) lui valut une notoriété immédiate, et il enchaîna avec d'autres œuvres sur la théorie archéologique. Dans ce premier livre, il fonde sa théorie des relations entre les développements européens et proche-orientaux. Il explora aussi les rapports de l'archéologie et des langues indo-européennes qu'il développera plus tard dans Les Aryens: une étude des origines indo-européennes(1926).

Il a posé en principe une théorie plus détaillée d'une invasion aryenne de l'Europe, d'abord postulée par Max Muller, identifiant le Sud de la Russie comme la patrie des Proto-indo-européens. Ses idées de base ont aussi contribué à la théorie de l'invasion des Kurgan plus tard suggérée par Marija Gimbutas. Le concept original de Childe sur les Aryens était inévitablement sous l'influence de l'idéologie de son temps, mais différait profondément des idées suprémacistes aryennes des Nazis qu'il a attaquées fortement pendant les années trente.

Cet érudit était aussi un linguiste accompli. En 1927, il fut nommé Professeur d'Archéologie à Édimbourg, un poste qu'il a tenu jusqu'à 1946. Ses fouilles de Skara Brae débutèrent en 1928 quand il fut appelé pour surveiller le travail qui avait commencé à la suite d'une tempête ayant mis au jour de nouvelles structures au-delà de celles déjà connues. Pour Childe c'était inhabituel car il n'était pas un spécialiste des fouilles. Son apport essentiel consistait dans l'interprétation des données et découvertes d'autres chercheurs. Cette année-là, 1928, a vu paraître son livre L'Est le plus ancien, qui explorait l'émergence de la civilisation au Proche-Orient.

Vers 3000 av. J.-C., des fermiers du néolithique vivent dans des maisons de pierre, comme ici à Skara Brae.

Childe était aussi un remarquable pédagogue : ses deux livres les plus largement lus, De la Préhistoire à l'histoire (1942, traduction française 1963) et Man Makes Himself (1951), étaient des exposés très lisibles qui ont fait découvrir l'archéologie à une audience plus large et ont aidé à le rendre célèbre.

Quittant Édimbourg après la guerre, Childe a été nommé Directeur de l'Institut d'Archéologie à l'Université de Londres jusqu'à sa retraite en 1956. De retour en Australie, il y est mort en 1957 dans les Blue Mountains, dans des circonstances qui laissent penser davantage à un suicide qu'à un accident.

Principaux apports[modifier | modifier le code]

Childe a été impliqué dans les activités politiques de gauche en Australie, mais son marxisme était plus intellectuel que militant. Peut-être était-il naturel que, étant un archéologue dont les seules sources d'information étaient des indices matériels du passé, il ait été conduit à adopter une théorie holistique qui expliquait tout fait comme résultant de changements dans les modes de production. Il était évident que les premiers hommes étaient des chasseurs-cueilleurs, et que les civilisations surgirent quand elles eurent d'abord adopté l'agriculture et ensuite rassemblé leur population dans des villages. Ces développements, qu'il dénomma « Révolution néolithique » et « Révolution urbaine » et furent en premier lieu esquissées à partir des preuves archéologiques qu'il avait rassemblées, sont toujours des concepts majeurs dans les études préhistoriques.

Cette thèse est contredite par les dernières datations au carbone 14, qui montrent que la sédentarité précède la naissance de l'agriculture. Ainsi, la première ville de l'histoire humaine, Jéricho, est antérieure aux premières cultures de blé. Jacques Cauvin, dans son livre Naissance des divinités, naissance de l'agriculture, revient sur cette idée.

Les développements ultérieurs des civilisations (Childe s'est concentré sur l'Europe et le Proche-Orient, avec quelques excursions en dehors) pouvaient être expliqués par les changements techniques qui intervenaient et qui étaient discernables au travers des « archives archéologiques ». Pour réaliser ceci, Childe commença à utiliser des expressions comme l'âge du bronze ou l'âge du fer, comme une façon d'esquisser les évolutions d'un niveau matériel à un autre, plutôt qu'un simple outil de datation.

Childe fut l'un des rares à mettre en exergue la période hellénistique comme sommet de la civilisation gréco-romaine plutôt que le monde d'Athènes au Ve siècle, ou celui de l'Empire romain. Dans la Méditerranée orientale hellénisée, et particulièrement Alexandrie, il vit le point haut de la culture classique.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • The Dawn of European Civilization (1925)
  • The Danube in Prehistory (1929)
  • The Bronze Age (1930)
  • New Light on the Most Ancient East (1935)
  • Prehistory of Scotland (1935)
  • Man makes himself (1936)
  • Prehistoric communities of the British Isles (1940, 2e édition 1947)
  • What Happened in History (1942), traduction française De la Préhistoire à l'histoire (1963)
  • Progress and Archaeology (1944, 1945)
  • History (1947)
  • Man Makes Himself (1951)
en français

Référence[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Biographie dans l'American Anthropological Association
  • E-Text of 'How Labor Governs'