Statue-menhir

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« La Dame de Saint-Sernin », statue-menhir découverte en 1888 et aujourd'hui conservée au musée Fenaille de Rodez.

Selon Jean-Pierre Serres, « une statue-menhir est un menhir sculpté représentant une figuration humaine »[1]. Leurs périodes d'érection se situent entre le Néolithique final et l'âge du cuivre (3500 à 2000 av. J.-C.).

Dénomination[modifier | modifier le code]

L'expression « statue-menhir » fait toujours l'objet de discussions, certains auteurs préférant les nommer « dalle » ou « stèle anthropomorphe ». Néanmoins, cette appellation s'est imposée par commodité pour décrire ce type de mégalithe. La dalle, quelle que soit sa nature rocheuse, a fait l'objet d'une régularisation sur toutes ses faces afin d'y représenter , recto-verso, gravé ou sculpté en ronde-bosse, un personnage[1].

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Les statues-menhirs se retrouvent par groupes dans des régions extrêmement localisées, généralement au nord de la mer Méditerranée.

En France[modifier | modifier le code]

On y distingue 4 aires de répartition géographiques (Liste des statues-menhirs de France).

Le groupe rouergat[modifier | modifier le code]

Les 120[1] statues-menhirs de ce groupe doivent leur nom à leur implantation à cheval sur les départements de l’Aveyron, du Tarn et de l’Hérault. Le groupe rouergat se subdivise lui-même en 5 sous-groupes dénommés Dourdou, Rance, Monts de Lacaune, Agout et Tauriac. C'est un un groupe stylistiquement très homogène de statues en grès. Les statues-menhirs sont sexuées, les attributs des personnages variant selon le sexe. Les hommes portent un baudrier et une arme (poignard ou épée). Cette panoplie guerrière est fréquemment complétée, près du cœur, d'un arc, d'une flèche ou d'une hache (et parfois des trois ensemble). Les femmes sont identifiées par la représentation des seins, d'un collier à plusieurs rangs (parfois avec en supplément une pendeloque), la chevelure coiffée en natte dans le dos[2]. Certaines statues masculines sont devenues féminines en supprimant leurs attributs masculins initiaux et en y rajoutant des seins ou des colliers[2].

Généralement, le visage n'a fait l'objet d'aucun traitement particulier, mais il est séparé du corps par un trait distinctif (statue gravée) ou un bourrelet (statue sculptée) chez les hommes, remplacé chez les femmes par le collier. Le visage est souvent orné, chez les hommes comme chez les femmes, de part et d'autre du nez de traits horizontaux, représentant peut-être des tatouages ou des scarifications,[2].

Le traitement des jambes est caractéristique : chez les statues gravées, les jambes sont jointes, chez les statues sculptées elles sont disjointes. Toutes les statues féminines sont sculptées et se caractérisent donc par des jambes disjointes. Les statues masculines sont indifféremment sculptées ou gravées[2]. La taille relativement plus petite des jambes par rapport au reste du corps indique peut-être que le personnage est représenté assis[2].

L'abbé Hermet fut le premier à les identifier et les étudier dès 1892[3]. L'absence de mobilier archéologique attenant aux statues complexifie leur datation. C'est donc par comparaison avec le mobilier similaire (parures) retrouvé lors de fouilles archéologiques qu'elles ont été datées du Chalcolithique[2] (IIIe millénaire av. J.-C.). Le musée Fenaille de Rodez présente la plus importante collection de statues-menhirs rouergates réunie à ce jour.

Le groupe des garrigues[modifier | modifier le code]

Une quarantaine de statues-menhirs sont connues dans le Gard et l'Hérault. Elles sont moins ouvragées que les statues-menhirs du Rouergue et leur ornementation un peu plus sommaire. Elles sont datées du Néolithique final et de l'âge du Cuivre.
Le muséum d'histoire naturelle de Nîmes expose les plus belles pièces.

Le groupe provençal[modifier | modifier le code]

Une trentaine de statues-menhirs sont connues en Provence. Elles adoptent souvent une forme triangulaire et un décor en chevrons. Le musée Calvet d'Avignon présente la plus importante collection de steles provençales.

Le groupe corse[modifier | modifier le code]

Les nombreuses statues-menhirs corses présentent souvent une arme du type sabre ou un grand poignard sur leur face avant.


Ailleurs en Europe[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Serres 2005, p. 3 op. cit.
  2. a, b, c, d, e et f Serres 2005, p. 4 op. cit.
  3. Serres 2005, p. 6 op. cit.
  4. a et b Martínez, P. 2011, La estatua-menhir del Pla de les Pruneres (Mollet del Vallès, Vallès Oriental), Complutum, 2011, Vol. 22: 71-87.
  5. Moya, A.; Martínez, P.; López, J.B. 2010, Èssers de pedra. Estàtues-menhirs i esteles antropomorfes a l´art megalític de Catalunya, CYPSELA, núm 18, 11-41. Museu d´Arqueologia de Catalunya, Girona.
  6. López, J.B.; Martínez, P.; Moya, A. (sous presse), The current state of research on Neolithic statue-menhirs and anthropomorphic stelae from Catalonia, Poster du Colloque "Autour du Petit-Chasseur", Sion 27-30 octobre 2011.
  7. Martínez, P.; Forto, A.; Muñoz, V. (2010): « La estatua-menhir de Ca l’Estrada (Canovelles, Barcelona) y los elementos figurativos del grupo de la Rouerge (Aveyron, Francia) », Actas del Congreso Internacional sobre Megalitismo y otras manifestaciones fuenarias contemporáneas es su contexto social, económico y cultural, Beasain, juillet 2007, Munibe supplément 32, p. 498-505.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Serres, Les statues-menhirs du Sud-Aveyron, Millau, Éditions du Beffroi,‎ , 48 p. (ISBN 2-908123-65-7)
  • Maillé, M. 2010 - Hommes et femmes de pierre, Statues-menhirs du Rouergue et du Haut Languedoc, AEP, monographie, 538 pages, 2010.
  • Servelle, Ch. 2009 - « Étude pétroarchéologique et technologique de la statue-menhir du Baïssas, Le Bez, Tarn », Archéologie Tarnaise, n° 14, 2009, p. 115-121, 4 fig.
  • Vaquer, J. et Maillé, M. 2011 - « Images de guerrier au Néolithique final - Chalcolithique dans le midi de la France : les poignards – figurations sur les statues-menhirs rouergates et objets réels », in L’armement du guerrier dans les sociétés anciennes : de l’objet à la tombe, Actes de la table ronde internationale et interdisciplinaire, Sens, CEREP, 4 juin 2009. Dijon, éd. universitaires de Dijon, p. 103-120.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]