Barrage de Villerest

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Barrage de Villerest
Image illustrative de l'article Barrage de Villerest
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 45° 59′ 10″ nord, 4° 02′ 54″ est
Cours d'eau Loire
Objectifs et impacts
Vocation électricité - écrêteur de crues
Date de mise en service 1984
Barrage
Type barrage poids/voûte
Hauteur du barrage
(lit de rivière)
59 m
Réservoir
Volume du réservoir 106,2 millions de m3
Surface du réservoir 770 ha

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Barrage de Villerest

Géolocalisation sur la carte : Rhône-Alpes

(Voir situation sur carte : Rhône-Alpes)
Barrage de Villerest

Géolocalisation sur la carte : Loire

(Voir situation sur carte : Loire)
Barrage de Villerest

Le barrage de Villerest est un barrage poids en béton situé au débouché des gorges de la Loire au sud de Roanne, dans le département de la Loire. Il est implanté sur le territoire des communes de Villerest sur la rive gauche et de Commelle-Vernay sur la rive droite.

Caractéristique[modifier | modifier le code]

Il mesure 59 mètres de haut. Le bassin de retenue couvre 770 hectares pour 32 km de longueur, avec Balbigny au plus amont et Villerest au plus aval.

Le barrage en lui-même est la propriété de l'EPL (Établissement Public Loire), successeur de l'EPALA (Établissement Public d’Aménagement de La Loire et de ses Affluents), alors que la centrale hydroélectrique est l'objet d'une concession à EDF (Électricité de France).

L’Institution Interdépartementale pour la Protection des Vals de Loire contre les inondations, en assure la maîtrise d’ouvrage. Son financement provient en partie de l’État, de l’Agence du bassin Loire-Bretagne, et des collectivités locales concernées.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le risque d'une crue centenaire comme celle de 1856 faisait courir un grand risque à des villes comme Orléans ou Tours.

Le comité de bassin Loire-Bretagne est créé au début des années 1970, avec à sa tête Jean Royer, Maire de Tours de 1959 à 1995, pour répondre à un problème dont l'urgence s'est encore accrue après la sécheresse de 1976 : la régulation des crues et des sécheresses sur la Loire, notamment en construisant des barrages. Le comité engage son programme d’aménagement hydraulique du bassin de la Loire.

Les premiers travaux sur le barrage de Villerest démarrent en 1978.

Malgré d'importants contentieux avec les riverains, le barrage est finalement achevé quatre ans plus tard, et son bassin de retenue est entièrement rempli en 1984 (mise en service en avril de cette année). Un an après, sa gestion est transférée à l’EPAPLA, devenu depuis l'EPL.

Les 19 communes riveraines ont développé le tourisme basé sur le lac : nombreux points de mise à l’eau et ports d’attache, une plage, campings avec piscine, un golf (9 trous, 18 départs, 4 053 mètres), 2 châteaux ouverts aux visites, de nombreux restaurants dans toutes les gammes, de pittoresques villages fleuris, un parc d'attraction avec toboggans aquatiques, volley de plage, trampoline, aires de pique-nique sur la plage ou sur l’herbe, aire de camping-cars, un mini-golf et un circuit de voitures radiocommandées à côté du barrage[1].

EDF, alors exploitant pour le compte de l’EPL, signale en 2008 des problèmes d'étanchéité au niveau des vannes du barrage qui peut retenir jusqu'à 138 millions de m³ d'eau. Un appel d'offre européen vient d'être lancé pour sa remise en état. Un chantier colossal et délicat qui devra se faire sans l'assécher pour éviter tout risque de crues.

Rôle du barrage[modifier | modifier le code]

Quatre vannes ouvertes. Le barrage retient une partie de la crue de la Loire (3/11/2008).
Vidange du bassin de retenue pour juguler la crue du 02/11/2008

Son utilité est triple :

  • En période sèche, il permet d'effectuer des lâchers afin de maintenir un niveau d'eau et un débit suffisant en aval et ainsi d'assurer l'approvisionnement en eau potable d'une part, de préserver l'écosystème d'autre part.
  • Il permet également la prévention de crues dévastatrices, le volume important du lac permettant de retenir temporairement de très importantes précipitations dans le Massif central et de les relâcher de manière continue et régulière. Ce dispositif a été complété en amont par le Barrage de Naussac.
  • Le barrage fait aussi partie du système de sécurité des centrales nucléaires de Belleville (Cher) et de Dampierre (Loiret) : des lâchers d'eau en été assurent un débit minimum de 60 m3/s à Gien, dont la station de mesure sert de référence pour ces centrales, et garantissent le refroidissement de leurs réacteurs. Diverses associations écologistes ont dénoncé la construction de ce barrage (ainsi que de celui de Naussac) au profit du parc nucléaire[1],[2].

Une fonction secondaire de cet ouvrage est la production d'électricité. EDF a obtenu la concession de la chute d'eau du barrage, et a construit une usine hydroélectrique qui produit annuellement 600 TJ (167 millions de kWh), soit une puissance moyenne de 19 MW[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Kryn - Le barrage de Villerest. Évolution du projet et construction, dans « Travaux », - mars 1982 - no 564
  • J. Levert - Barrage de Villerest. Distribution du béton par tapis, dans « Travaux » - mars 1984 - no 586
  • J. Levert - Barrage et usine de Villerest, dans « Travaux » - février 1986 - no 607

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Le barrage de Villerest sur le site de la ville.
  2. GAZETTE NUCLEAIRE