Barrage de Vouglans

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Barrage de Vouglans
Image illustrative de l’article Barrage de Vouglans
Le barrage vu depuis la route EDF menant à l'usine hydroélectrique
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Jura
Communes Cernon
Lect
Coordonnées 46° 23′ 51″ nord, 5° 39′ 56″ est
Cours d'eau Ain
Objectifs et impacts
Vocation Production d'électricité et régulation des crues
Propriétaire Électricité de France
Date du début des travaux 1963
Date de la fin des travaux 1968
Date de mise en service 1968
Barrage
Type Voûte
Hauteur du barrage
(lit de rivière)
103 m
Hauteur du barrage
(fondation barrage)
130 m
Longueur du barrage 427 m
Épaisseur du barrage
(au sommet)
m
Épaisseur du barrage
(à la base)
25 m
Réservoir
Réservoir Lac de VouglansVoir et modifier les données sur Wikidata
Altitude du réservoir 429 m
Volume du réservoir 605 millions de m3
Surface du réservoir 1 600 ha
Longueur du réservoir 35 km
Centrale hydroélectrique
Centrale de Vouglans
Débit d'équipement 323 m3/s
Nombre de turbines 3
Type de turbines Francis
Puissance installée 285 MW
Source Géoportail[1], SIE[2]

Géolocalisation sur la carte : Jura

(Voir situation sur carte : Jura)
Barrage de Vouglans

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Barrage de Vouglans

Le barrage de Vouglans est un barrage hydroélectrique situé sur la rivière de l'Ain, dans le département du Jura, en France. Sa mise en service en 1968 est à l'origine du lac de Vouglans, troisième plus grande retenue artificielle d'eau de France de par sa capacité (605 Mm3).

Pendant 5 ans, l’édification du barrage a employé plus de 500 personnes, tandis que sa mise en eau a duré plus de 18 mois.

Depuis 2001 et la mise en place du plan Vigipirate à la suite des attentats du 11 septembre[3], il ne peut plus être visité à l’instar de beaucoup d’autres installations hydroélectriques. Il fait l’objet d’une surveillance quotidienne et attentive grâce à 5 km de galeries[4].

Présentation[modifier | modifier le code]

Dans une France où le besoin d'énergie électrique se fait pressant et où le nucléaire n'est encore qu'une perspective lointaine, l'équipement de la rivière d'Ain offre une belle opportunité ainsi que la possibilité de réguler une rivière capricieuse. En effet, le débit au niveau de Pont-de-Poitte (en amont de la retenue actuelle) peut monter à 1 800 m3/s quand sa moyenne annuelle n'est que de 38 m3/s. Cette irrégularité de débit aggravant sensiblement les crues du Rhône. Dès 1956 le site définitif est retenu comme répondant le mieux au divers critères (gorge encaissée constituée de roches solides permettant un bon ancrage et une étanchéité convenable et une faible population (150 personnes) vivant dans le territoire inondé. L'information ne sera pourtant rendue publique qu'au printemps 1957[5].

Le le dossier de la construction du barrage relatif à la déclaration d'utilité publique est mis à la disposition des habitants dans les mairies des communes concernées pour une période de dix jours[6]. La conjonction d'une période où la contestation de ce genre de projet n'était pas encore de mise, de la faible population directement impactée et du court délai alloué aux éventuels opposants fit que la déclaration d'utilité publique fût signée dès octobre 1960.

Construction[modifier | modifier le code]

Les travaux commencèrent par le forage en rive droite d'un tunnel de 230 mètres de long, contournant le futur barrage. D'une section de 60 m2 il pouvait évacuer 600 m3/s. Deux batardeaux permirent alors de détourner la rivière dans le tunnel et d'assécher l'emplacement du barrage. Dans le même temps des fouilles sont réalisées sur chaque rive pour assurer l'ancrage du barrage dans la roche et éliminer les risques de fuites par des failles présentes dans la roche. La maçonnerie s'encastre dans le roc de 5 à 15 mètres.

L'emplacement de l'usine de turbinage est également creusé dans la roche ainsi que les galeries d'arrivée d'eau et le canal de fuite[7].

En 1962-1963, une cité nouvelle est édifiée à Vouglans pour loger les ouvriers et cadres du barrage. Elle est composée de 190 maisons préfabriquées pour les familles, de dortoirs pouvant accueillir 240 célibataires, d'une cantine pour 300 personnes, d'une école, d'une salle de spectacle d'un centre médico-social et d'une maison des cultes[6].

Le coulage du béton du barrage, proprement dit, commence en 1963. Il dure 5 ans et consomme 560 000 m3 de béton et 1 600 t de ferraillage. Le béton est coulé en 29 plots verticaux de 13,5 mètres de large adossés à 2 massifs d'extrémité[7].

Une route donnant accès à la partie amont du barrage traversait le bas de l'ouvrage. Elle ne fut fermée qu'en 1967 juste avant la mise en eau.

Autour du barrage[modifier | modifier le code]

Le pont de la Pyle[modifier | modifier le code]

Avant la construction du barrage, deux ponts permettaient de franchir la rivière : le pont de Brillat et le pont de la Pyle. Ces deux ouvrages devant être largement submergés par la retenue leur remplacement était indispensable. Le site du pont de la Pyle, plus encaissé, permettait un pont plus court (350 mètres) et la proximité des deux anciens ouvrages rendait superflue une reconstruction sur les deux sites. C'est donc un nouveau pont de la Pyle qui fut construit. La route entre Lons-le-Saunier et Saint-Claude empruntant le nouvel ouvrage est nettement plus facile et rapide puisqu'il n'y a plus besoin de descendre au fond de la vallée[8].

Les villages submergés[modifier | modifier le code]

Bien que peu peuplée, la vallée submergée comportait quelques hameaux (Brillat, Bourget et Généria) dont les quelques 150 habitants ont du quitter leurs maisons avant qu'elles ne soient détruites. Les destructions ont commencé en 1963 et les derniers réfractaires ont été chassés en 1967.

La Chartreuse de Vaucluse à l'abandon depuis la révolution et déjà largement en ruine ne fut pas totalement détruite avant sa submersion. Seuls les toits subsistants furent démontés et trois petits bâtiments démontés puis reconstruits à Chavia[9].

Le déboisement[modifier | modifier le code]

Les nombreux arbres de la vallée ont été coupés jusqu'à 440 mètres d'altitude et le bois évacué vers les scieries de la région et la papeterie de Bellegarde-sur-Valserine[10].

Mise en eau[modifier | modifier le code]

La mise en eau commença le [11] et atteignit la côte 415 fin 1968. Après une année de surveillance du barrage, à cette côte, le remplissage final à la côte 429 fût obtenu juste avant noël 1969.

L'usine électrique[modifier | modifier le code]

L'usine électrique est logée dans une salle creusée dans le calcaire de 70 mètres de long, 15 mètres de large et 35 mètres de hauteur dont la voûte est bétonnée par sécurité[12]. Deux ponts roulants de 105 tonnes permettent la manutention. Elle contient quatre turbines Francis entraînant des alternateur de 70 000 kW. Le groupe 4 est réversible et peut servir en heures creuses à remonter de l'eau déjà turbinée dans la retenue.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Comme prévu, la vaste retenue d'eau s'étendant sur 35 km de rivière a été aménagée pour le tourisme. Trois zones ont été prévues et développées[13] :

  1. Surchauffant. Placée juste en amont du pont de la Pyle. Le programme initial très ambitieux a été fortement réduit avec la disparition des hôtels, des lotissements et du centre commercial envisagés. Il comporte actuellement un port, une plage, un camping-caravaning et 2 restaurants ;
  2. Bellecin ;
  3. La Mercantine. Avec un port, un camping et un Village Vacances Familles.

La présence de ces 3 unités touristiques oblige le gestionnaire du barrage à maintenir, en été, un niveau suffisant dans le lac pour que les ports et les plages restent accessibles. Par contre dès septembre des lâchers d'eau importants peuvent avoir lieu pour soutenir la production électriques des ouvrages situés en aval de Lyon[14].

Risque de rupture du barrage[modifier | modifier le code]

De par ses dimensions et le volume d'eau qu'il retient, le barrage de Vouglans est concerné par un plan particulier d'intervention (PPI) dans le cas d'un accident majeur pouvant mener à sa rupture. Les calculs de l'onde de submersion en cas de rupture du barrage de Vouglans prennent en compte le fait que les 4 autres barrages (Saut-Mortier, Coiselet, Cize-Bolozon et Allement) situés en aval sur la rivière de l'Ain seraient également rompus, sous l'effet de la pression de l'onde. La rupture du barrage de Vouglans amènerait à une surélévation notable des niveaux de l'Ain et du Rhône sur plus de 300 km en aval, affectant notamment l'agglomération lyonnaise. L'onde de submersion remonterait également les cours de la Bienne (14,5 km), du Rhône (26,5 km), de la Saône (17,4 km) et de l'Isère (5,6 km)[15].

Évolution de l'onde de submersion en cas de rupture du barrage
Commune Département Cours d'eau Distance au barrage Onde de submersion
Hauteur Temps
Bolozon[15] Ain Ain 30 km 44 m 28 min
Lyon[16] Rhône Rhône et Saône 140 km 10 m h
Salaise-sur-Sanne[17] Isère Rhône 190,5 km m 12 h
Valence Drôme Rhône 240 km 16 h[18]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cartes IGN consultées sur Géoportail.
  2. SIE du bassin Rhône-Méditerranée, « Le lac de Vouglans », Lacs de Franche-Comté, sur eaufrance.fr/ (consulté le 20 août 2012).
  3. Des visites exceptionnelles du barrage de Vouglans, sur leprogres.fr du 15 juin 2016, consulté le 23 septembre 2018
  4. Vouglans : dans les coulisses du barrage aux 600 millions de m3 d'eau !, sur FranceTV du 17 août 2012, consulté le 23 septembre 2018.
  5. Le Progrès, Un géant et des hommes, Lyon, Le Progrès SA, , 68 p. (ISBN 9782918756941), p. 8
  6. a et b Le Progrès, Un géant et des hommes, Lyon, Le Progrès SA, , 68 p. (ISBN 9782918756941), p. 10
  7. a et b Le Progrès, Un géant et des hommes, Lyon, Le Progrès SA, , 68 p. (ISBN 9782918756941), p. 12
  8. Le Progrès, Un géant et des hommes, Lyon, Le Progrès SA, , 68 p. (ISBN 9782918756941), p. 37
  9. Le Progrès, Un géant et des hommes, Lyon, Le Progrès SA, , 68 p. (ISBN 9782918756941), p. 28
  10. Le Progrès, Un géant et des hommes, Lyon, Le Progrès SA, , 68 p. (ISBN 9782918756941), p. 20
  11. Le Progrès, Un géant et des hommes, Lyon, Le Progrès SA, , 68 p. (ISBN 9782918756941), p. 42
  12. Le Progrès, Un géant et des hommes, Lyon, Le Progrès SA, , 68 p. (ISBN 9782918756941), p. 44
  13. Le Progrès, Un géant et des hommes, Lyon, Le Progrès SA, , 68 p. (ISBN 9782918756941), p. 54
  14. C.K., « Baisse du niveau de la retenue pour soutenir les débits du Rhône », Quotidien,‎ , p. 12
  15. a et b « Document d'information communal sur les risques majeurs (Bolozon) », sur macommune.prim.net/, (consulté le 26 avril 2014).
  16. « Risques technologiques » [PDF], sur sdis69.fr, (consulté le 26 avril 2014).
  17. « Plan communal de sauvegarde de Salaise-sur-Sanne », sur reseaudescommunes.fr/, (consulté le 26 avril 2014).
  18. « La rupture de barrage », sur www.valence.fr (consulté le 23 septembre 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armand Spicher, Le barrage de Vouglans, S.A. Loisirs Expansion, 3e trimestre 1989, dépôt légal no 8906052

Liens externes[modifier | modifier le code]