Canal EDF

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Canal EDF de la Durance
Illustration.
Le canal de l'EDF près de Meyrargues.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Début Espinasses (Hautes-Alpes)
44° 27′ 47″ N, 6° 14′ 10″ E
Fin Étang de Berre
43° 31′ 36″ N, 5° 04′ 23″ E
Traverse dans région Provence-Alpes-Côte d'Azur, les Hautes-Alpes ; les Alpes-de-Haute-Provence ; les Bouches-du-Rhône
Caractéristiques
Statut actuel En service
Longueur 120 km
Largeur 20 à 35 m
Altitudes Début : 656 m
Fin : 0,4 m
Maximale : 656 m
Minimale : 0,4 m
Dénivelé 655,6 m
Usage production hydroélectrique, irrigation, alimentation en eau potable

Le canal de l'EDF, ou canal usinier de la Durance, est un canal d’irrigation, d’adduction d’eau potable et de production électrique construit par Électricité de France pour dériver une partie des eaux de la Durance. Il est long de plusieurs centaines de kilomètres, dont 120 km environ dans les Bouches-du-Rhône, pour un dénivelé de plus de 655 m.

La plus grande partie de la Durance coule dans le canal (250 m³/s)[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Canal de Curbans[modifier | modifier le code]

Construit entre 1963 et 1965, le canal de Curbans est la partie du canal usinier qui achemine les eaux de la Durance du barrage d'Espinasses à la centrale électrique de Curbans. Il est orienté d’Est en Ouest. Long de 5 250 m, la coupe du plan d’eau est de forme trapézoïdale : le fond, de 9 m de large, est plus étroit que la surface du plan d’eau, entre 43 et 50 m. Il est retenu par deux digues latérales hautes de 23 à 25 m. Son débit instantané est de 220 m³/s et il contient un million de m³ d’eau. La digue gauche (au Sud) est située contre les escarpements de la vallée de la Durance et fait 4 m en crête ; celle de droite (au Nord), mesure de 4 m au début, à 30 m à l’ouvrage d’entonnement. À cet endroit, la base du canal fait 84,5 m[2].

Sur les cinq kilomètres du parcours, un seul est entièrement construit en remblai. Le reste est en partie en déblai. L’intérieur du canal est recouvert sur toute sa longueur d’une couche de béton de cinq centimètres d’épaisseur[2] qui a été repris sur toute la longueur du canal en 2011[3].

À son extrémité Est, le canal reçoit les eaux du lac d’Espinasses. Trois vannes, maintenues ouvertes en permanence, peuvent obturer le canal. Outre l’usine de Curbans, qui peut turbiner 220 m³/s, la vidange peut être assurée par une vanne de restitution qui évacue 80 m³/s dans le lit naturel de la Durance[4].

Le canal s’est tassé de 15 à 20 cm depuis les années 1960[2].

Trois ponts routiers le franchissent[5] et des aménagements permettent à cinq torrents de passer sous le canal[6].

Un canal de fuite conduit ensuite les eaux au lac de Curbans-La Saulce.

Canal de Sisteron[modifier | modifier le code]

Le canal de Sisteron est la partie du canal usinier qui achemine les eaux de la Durance du barrage de Curbans jusqu’au lac du barrage Saint-Lazare, à Sisteron. Le canal de fuite de ce barrage, qui est aussi le canal d’amenée de la centrale hydroélectrique de Salignac, est une prolongation du canal de Sisteron.

Canal d’Oraison[modifier | modifier le code]

Long de 21,5 km[7], le canal d'Oraison est la partie du canal usinier qui recueille les eaux de la Durance au barrage de l'Escale (à la cote 432 m[8]) et les achemine jusqu’à la centrale hydroélectrique d’Oraison. Il reçoit les eaux de la Bléone détournées par le barrage de Malijai (apport de 20 m³[7]). Le canal est établi sur la terrasse de la Durance[9]. Immédiatement après le barrage de L’Escale, la digue du canal supporte la RD 1085 (ancienne route nationale 85 ou route Napoléon). Dans cette partie, le plan d’eau est large de 35 m et le canal profond de 6,5 m[7].

Le canal franchit la voie ferrée de Saint-Auban à Digne via un siphon, puis la Bléone par un pont-canal de 55 m de portée[7].

Les Pénitents et le village des Mées sont contournés par un tunnel de 2 770 m de long, et de section 10x10 m[10]. La dernière partie du canal, longue de 12,260 km, est établie sur la terrasse durancienne, puis creusée dans des poudingues de la bordure du plateau de Valensole[11].

À Oraison, la centrale bénéficie d’une chute d’eau de 84,8 m[9].

Canal d’Oraison à Cadarache[modifier | modifier le code]

Le canal de fuite d’Oraison coule d’abord en souterrain (sur 500 m[12]), puis dans la plaine de la Durance sur 3,3 km. Un pont-canal franchit la Durance : établi sur 26 arches, il mesure 252 m de long et 25 m de large. En fin de pont, le courant est divisé en deux par une cloison vers deux canaux différents[12].

Ces deux canaux répartissent le débit vers deux destinations :

Cette répartition est schématique, puisque les eaux des deux canaux sont réunies avant les deux usines de Sainte-Tulle, qui sont construites côte à côte. Les eaux de la Durance sont ensuite transportées par un canal unique et sont turbinées par l’usine de Beaumont. Elles sont réunies en aval à celles du Verdon au barrage de Cadarache.

Canal de l’EDF dans les Bouches-du-Rhône[modifier | modifier le code]

Le canal reprend son parcours dans le bassin d’éclusée de Cadarache, vaste plan d'eau de 120 hectares.

La Durance et le canal coulent en parallèle dans ces premiers kilomètres. Le village de Saint-Paul-lès-Durance est encerclé par les deux cours d'eau. Peu après le pont de Mirabeau, le canal alimente la première des cinq centrales qui jalonnent son parcours final. Peu après son passage dans cette centrale EDF, ses eaux alimentent le canal de Peyrolles (canal agricole).

Son parcours chemine ensuite près de Meyrargues, à l'écart de la Durance, puis près du château de Fonscolombe, de Puy-Sainte-Réparade, et du château d'Arnajon. À Saint-Estève-Janson, le canal alimente une usine EDF et le canal de Marseille, l'autre, la branche principale, passe au pied de l’abbaye de Silvacane. Près de Mallemort, une troisième centrale est alimentée par une chute d'eau sur le canal. Une dérivation reverse ensuite, une partie des eaux vers la Durance, la conduite principale partant vers Lamanon et Salon-de-Provence.

Le canal étant un peu moins puissant qu'à son départ, du fait des diverses dérivations et prises d’eau des canaux agricoles, la centrale proche de Salon-de-Provence, dans le quartier de la Croix-Blanche, produit moins d'électricité que les trois premières du parcours. À la sortie de Salon-de-Provence, le canal passe près du Moulin Neuf, et part vers Lançon-Provence et Cornillon-Confoux, avant d'alimenter la dernière centrale du parcours, l'usine de Saint-Chamas. Les eaux du canal se jettent dans l'étang de Berre, à Beau Rivage.

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Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le canal[modifier | modifier le code]

Le canal a une section moyenne de 20 m de large sur 7 m de profondeur[1].

Le canal possède une pente faible pour permettre la décantation des alluvions de la Durance, dans le grand bassin de Cadarache, sans trop de rejets dans l'étang de Berre. La pente faible du canal est aussi destinée à maximiser la différence de gradient entre le canal et le lit de la rivière ce qui permet à des intervalles donnés de créer une chute et donc d'insérer une centrale hydro-électrique et générer de l'électricité. La section du canal est choisie pour permettre de véhiculer le débit requis et sa forme est en général choisie pour assurer un débit moyen constant et minimiser la décantation.

Près du village de Saint-Paul-lès-Durance, le ruisseau Abéou a dû être canalisé pour passer sous le canal EDF.

Les ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Pollution et environnement[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Groupe de travail géographie et géomatique, « Le lac de Serre-Ponçon et le canal usinier de la Durance », consulté le 26 novembre 2013.
  2. a, b et c Cécile Dubien, François Delorme, [PDF] « Étude dangers du canal de Curbans », Comité français des barrages et réservoirs (CFBR), Actes du colloque « Pratique des études de dangers de barrages », Insa de Lyon, 28-29 novembre 2011, p. 190.
  3. Dubien, Delorme, op. cit., p. 200.
  4. Dubien, Delorme, op. cit., p. 191.
  5. Dubien, Delorme, op. cit., p. 192.
  6. Dubien, Delorme, op. cit., p. 193.
  7. a, b, c et d Jean Nicod, « La poursuite de l'aménagement de la Durance : la chute d'Oraison », Méditerranée, 1re année, no 4, 1960. p. 83.
  8. Nicod, op. cit., p. 82.
  9. a et b Nicod, op. cit., p. 80.
  10. Nicod, op. cit., p. 83-84.
  11. Nicod, op. cit., p. 84.
  12. a, b, c et d Nicod, op. cit., p. 85.