Sherlock Holmes

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Sherlock Holmes
Personnage de fiction apparaissant dans
Les Aventures de Sherlock Holmes.

Sherlock Holmes par Sidney Paget
Sherlock Holmes par Sidney Paget

Naissance 1854
Origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Sexe Masculin
Activité Détective consultant
Adresse 221B Baker Street, Londres
Famille Mycroft Holmes (frère aîné), Verner (cousin éloigné)[1], Horace Vernet (peintre français, grand oncle maternel)[2]
Entourage Docteur Watson
Mme Hudson
Inspecteur Lestrade
Irréguliers de Baker Street
Ennemi de Professeur Moriarty
Colonel Sebastian Moran

Créé par Arthur Conan Doyle
Interprété par Basil Rathbone
Peter Cushing
Robert Stephens
Jeremy Brett (série télévisée)
Ronald Howard (série télévisée)
Rupert Everett (téléfilm)
Robert Downey Jr
Benedict Cumberbatch (série télévisée)
Jonny Lee Miller (série télévisée)
Films Les Aventures de Sherlock Holmes
Le Retour de Sherlock Holmes
Le Chien des Baskerville
La Vie privée de Sherlock Holmes
Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express
Le Secret de la pyramide
Sherlock Holmes
Sherlock Holmes Jeu d'Ombres
Romans Une étude en rouge
Le Signe des quatre
Le Chien des Baskerville
La Vallée de la peur
Pièces Sherlock Holmes
Séries Sherlock Holmes
Meitantei Holmes
Les Rivaux de Sherlock Holmes
Sherlock
Elementary
Albums « Le chien des Baskerville », « Une étude en rouge » et « Le Signe des quatre » par Edginton et Culbard d'après Conan Doyle chez Akileos
Première apparition Une étude en rouge
Dernière apparition L'Aventure de Shoscombe Old Place

Sherlock Holmes est un personnage de fiction créé par Sir Arthur Conan Doyle dans le roman policier Une étude en rouge en 1887.

Détective privé et consultant, doté d'une mémoire remarquable pour tout ce qui peut l'aider à résoudre des crimes en général, il possède cependant très peu de savoirs dans les domaines de la connaissance qu'il estime inutiles à son travail. Lors de ses enquêtes, relatées dans les quatre romans et les cinquante-six nouvelles qui forment ce qu'on appelle le canon, Holmes est fréquemment accompagné du docteur Watson.

Personnage très « typé », Sherlock Holmes est devenu l'archétype du « détective privé » pour des générations d'auteurs populaires de roman policier éclipsant ses ancêtres historiques que furent le Chevalier Auguste Dupin d'Edgar Allan Poe et Monsieur Lecoq d'Émile Gaboriau, personnages auxquels Arthur Conan Doyle fait référence dans son œuvre.

Plus d'un siècle après sa création, Sherlock Holmes est resté très populaire et fait l'objet de nombreuses adaptations, telles que, pour ne citer que les plus récentes, les séries télévisées Sherlock et Elementary ou le film de Guy Ritchie Sherlock Holmes.

Biographie fictive[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

L’ensemble des aventures écrites par Arthur Conan Doyle comporte quatre romans et cinquante-six nouvelles originales. Ces textes originaux recevront le titre d'ouvrages « canoniques », par opposition à l'énorme quantité de suites et d'aventures parallèles écrites par de nombreux auteurs, prenant plus ou moins de liberté avec le personnage original.

Conan Doyle écrivit également deux textes parodiques, non inclus dans le canon, dans lesquels apparaît Sherlock Holmes : La Kermesse sportive (1896) et Comment Watson apprit le truc (1924), ainsi que trois pièces de théâtre : Le Diamant de la couronne (1921), Sherlock Holmes et La Bande mouchetée.

Une saynète comique dans laquelle Holmes reste muet lui est parfois attribuée. Il s'agit de Sherlock Holmes en fâcheuse posture. Mais William Gillette, l'acteur qui jouait Sherlock Holmes, en est généralement considéré comme l'auteur.

Conan Doyle laissa également dans ses archives le synopsis d'une aventure, L'Aventure du grand homme, et une aventure complète, Sur la piste du faussaire, qui fut publiée à titre posthume en son nom aux États-Unis ; mais une partie des droits d'auteur revint à Arthur Withaker[3].

L'existence de Sherlock Holmes doit beaucoup au professeur en chirurgie de Conan Doyle, le docteur Joseph Bell. Ses déductions étonnantes sur les patients et leurs maladies l'impressionnèrent beaucoup.

À l'origine, Conan Doyle avait prévu d'appeler son détective Sherrinford Holmes[4].

Détective excentrique[modifier | modifier le code]

Holmes selon Sidney Paget.

Sherlock Holmes commence son activité professionnelle en 1878, rencontre le docteur Watson en 1881 et avoue avoir effectué plusieurs enquêtes en 1891[réf. nécessaire]. Holmes et Watson partageront le même appartement jusqu'au mariage de ce dernier.

Avec sa disparition en 1891, à la suite de son affrontement avec le professeur Moriarty et la mort de ce dernier dans les chutes du Reichenbach, tout le monde croit Holmes mort (Le dernier problème (1891)).

Il refait surface trois ans plus tard (dans La Maison vide). Il raconte qu'au cours de ces années (période appelée le « grand hiatus »), il a pris une fausse identité, celle d'un explorateur norvégien, et s'est rendu à Khartoum, dans le palais même où Gordon Pasha fut assassiné. Holmes justifia sa disparition par le fait que son coup de filet contre le professeur Moriarty laissa un membre dangereux de sa bande en liberté, le Colonel Sebastian Moran[5]. Ce dernier, exécuteur des basses œuvres de Moriarty, avait réussi à échapper à toute mise en accusation lors de l’élimination du réseau criminel du professeur. Il avait suivi son mentor aux chutes de Reichenbach. Après avoir été le témoin de la mort de son chef, causée par Holmes, Moran avait essayé de tuer le détective en provoquant une avalanche de roches sur lui. Holmes réussit cependant à y échapper. Moran se jura de tuer Holmes, mais celui-ci fit tomber Moran dans un piège, provoquant son arrestation.

Il reprend donc du service de 1894 à 1903[réf. nécessaire]. Il reçoit la Légion d'honneur en 1894[6], mais refuse le titre de chevalier en 1902.

S'ensuit une retraite à la campagne en 1907, où Holmes passe ses dernières années à étudier les abeilles et à écrire un traité d'apiculture. Il sortira de cette activité pour narrer lui-même une aventure (La crinière du lion), ayant peu de contact avec le docteur Watson[7], et pour rendre service à son pays à la veille du premier conflit mondial en déjouant les ruses d'un espion prussien (Son dernier coup d’archet).

Réception et études holmesiennes[modifier | modifier le code]

Panoplie de Holmes : loupe, pipe et deerstalker.
Article détaillé : Sherlockiana.

Rapidement adopté par le public, dès la publication de ses premières aventures dans The Strand Magazine, Sherlock Holmes est devenu un personnage de légende au point qu'au XXIe siècle, il fait encore l'objet d'une véritable vénération. De nombreuses études lui ont été consacrées et les nouvelles de Conan Doyle ont fait l'objet de nombreuses adaptations télévisées.

Du statut de héros de papier, Sherlock Holmes est très vite passé à celui de figure historique au point que de nos jours encore, des lettres venant du monde entier lui sont encore adressées à son adresse du 221B Baker Street à Londres. Comme un personnage historique, Sherlock Holmes a donc droit à des «biographes» spécialisés, des exégètes de son œuvre et de ses méthodes policières et même à des musées consacrés à sa « vie ».

Le personnage de Sherlock Holmes a même servi de prétexte à un canular littéraire qui dure depuis près d’un siècle : la création d’une science nouvelle, nommée « holmésologie » ou « études holmésiennes ». Des centaines d’ouvrages ont été rédigés sur le sujet. Le but avoué de cette discipline est de retracer la vie et l'œuvre du détective à partir des écrits du Docteur Watson, ami et hagiographe de Holmes.

Alors que certaines invraisemblances et contradictions dans l'œuvre de Conan Doyle ne s’expliquent que par le fait que celui-ci a écrit ces aventures sur une période de près de 40 ans, la holmésologie prétend trouver dans les écrits de Watson les « véritables » raisons de ces hiatus[réf. nécessaire].

Exemples de contradictions et d’invraisemblances ayant donné lieu à ces travaux :

  • La femme de Watson l’appelle James dans une aventure, alors que son prénom est John ;
  • Dans une aventure, Watson affirme avoir été blessé à la jambe ; dans une autre, c’est au bras.

« Élémentaire, mon cher Watson »[modifier | modifier le code]

Bien que cette phrase soit au XXIe siècle associée à Sherlock Holmes, il ne l'a prononcée dans aucune des histoires écrites par Arthur Conan Doyle[8]. Par contre, elle est présente dans le film Le Retour de Sherlock Holmes, premier film parlant sur le personnage sorti en 1929, et Les Exploits de Sherlock Holmes, un recueil de nouvelles écrit par Adrian Conan Doyle (le fils de Sir Arthur Conan Doyle) et par John Dickson Carr. Elle est présente dans la nouvelle L'Aventure de la veuve rouge. Mais, la même année 1929, elle apparaît dans une nouvelle d'Agatha Christie, L'affaire de la perle rose, consacrée aux deux jeunes détectives Tommy et Tuppence Beresford, également publiée en français dans Mystère Magazine, édition française du Ellery Queen's Mystery Magazine, puis reprise plus tard dans le recueil Associés contre le crime.

Cette célèbre phrase apparaît dans le 4e volume des Œuvres Complètes[9] de Sir Arthur Conan Doyle. Dans ce volume apparaissent La Vallée de la Peur, Contes de Mystère et Exploits de Sherlock Holmes (écrits par Adrian Conan Doyle).

Dans Exploits de Sherlock Holmes, le docteur Watson raconte donc plusieurs aventures du célèbre détective, or dans L'aventure de la Veuve (The Red Widow) à la 637e page, tandis que le docteur Watson et Sherlock Holmes parlent de la façon dont le détective a « deviné » les pensées du docteur Watson (à savoir que la misère et la pauvreté engendrent naturellement le crime), quand le docteur Watson dit : « Je confesse que vous avez suivi le cours de mes pensées avec une précision extraordinaire, dis-je. Un beau morceau de logique, Holmes ! » Sherlock Holmes répond : « Élémentaire, mon cher Watson ! » (13e ligne en partant du bas de la page).

Cette phrase est aussi réutilisée pour le titre de la série Elementary qui met en scène une version de Sherlock Holmes au début du XXIe siècle.

Postérité, adaptations et pastiches[modifier | modifier le code]

Tournage du téléfilm Sherlock Holmes and the Case of the Silk Stocking

Sherlock Holmes demeure un des personnages les plus repris à l'écrit. En 1990, le Guiness Book of Movies recensait 204 adaptations cinématographiques. Ce qui fait de lui le personnage le plus utilisé de l'histoire du cinéma[10].

Pastiches[modifier | modifier le code]

Nombreux sont les auteurs (Alexis Lecaye, June Thomson...) qui écrivirent des œuvres inspirées par le personnage de Conan Doyle ; généralement, elles visent plus à rendre hommage au détective qu’à pasticher l'auteur, sauf exception (voir plus bas). La qualité littéraire de chacune est très variable, certaines imitant à s'y méprendre le style de Conan Doyle. D'autres, plus loufoques, s'écartent beaucoup du corpus holmésien original. D'autres encore choisissent pour héros des personnages secondaires comme Mme Hudson, Mycroft Holmes ou Irene Adler. Par exemple :

Divers auteurs russes ont aussi, du vivant de Conan Doyle, adapté Sherlock Holmes aux couleurs locales, par exemple dans la série Sherlock Holmes en Sibérie de P. Orlovets[11].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Sherlock Holmes, pensif, tel qu'il est représenté dans les jeux vidéo de Frogwares depuis 2006.

C'est à l'illustrateur du Strand Magazine Sidney Edward Paget que l'on doit l'image devenue classique et référentielle de Sherlock Holmes et du Dr James Watson : deerstalker cap, calabash pipe et manteau à rotonde pour l'un, moustaches soignées et « look » bourgeois pour l'autre.

La première apparition de Sherlock Holmes à l’écran date de 1900, dans un film de 30 secondes intitulé Sherlock Holmes Baffled. Par la suite, les aventures de Sherlock Holmes reçurent de nombreuses adaptations à la radio, au cinéma, à la télévision, en bande-dessinées en jeux de société et jeux vidéo. Par exemple :

Musées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Information donnée dans la nouvelle intitulée : L'Entrepreneur de Norwood.
  2. Information donnée dans la nouvelle intitulée : L'Interprète grec.
  3. Études en Noir, éditions Corps 16.
  4. D'après des notes manuscrites de Conan Doyle, conservées à la British Library de Londres).
  5. La maison vide.
  6. mentionnée dans « Le retour de Sherlock Holmes » et l'histoire « Le pince-nez en or ».
  7. La crinière du Lion.
  8. Bernard Ourdin, Enquête sur Sherlock Holmes, Découvertes Gallimard, chap. 2, p. 28.
  9. Éditions Robert Laffont.
  10. Bernard Oudin, Enquête sur Sherlock Holmes, 1997 p. 46.
  11. Voir l'introduction à la traduction française de Sherlock Holmes en Sibérie, 2015, Lisieux, Lingva.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Oudin, Enquête sur Sherlock Holmes, Gallimard, coll. Découvertes, no 333, Paris, dernière édition 2009.
  • Saint-Joanis, Barquin et Bannier, Toutes les apparitions de Sherlock Holmes, DLM, coll. Héros, no 6.
  • Méryl Pinque, Sherlock Holmes, l'ombre du héros, Faustroll, 2004.
  • Pierre Nordon, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Sherlock Holmes sans l'avoir jamais rencontré, LGF/Livre de Poche, 1994.
  • Sophie Bellocq-Poulonis, L'aventure du Détective Triomphant, une étude du mythe holmésien, Ed. L'œil du Sphinx, 2004.
  • Jean-Pierre Crauser, Quel jour sommes-nous Watson ?, Ed. Mycroft's brother, 2005.
  • Pierre Bayard, L'affaire du chien des Baskerville, les Éditions de Minuit, 2008.
  • Marc Fenoli, Qui a tué Sherlock Holmes ?, L'Alpe, no 45, Ed. Glénat-Musée Dauphinois, 2009.
  • Max Philippe Morel, Sherlock Holmes en bandes dessinées, Les Evadés de Dartmoor, 2011
  • Phiilppe Tomblaine, Sherlock Holmes dans la bande dessinée, L'àpart, 2011
  • Max Philippe Morel, Sherlock Holmes à l'écran ; les adaptations et Sherlock Holmes au cinéma et à la télévision, les apocryphes, Les Evadés de Dartmoor, lulu.com 2013
  • Natacha Levet, Sherlock Holmes ; de Baker Street au grand écran, Autrement, 2012
  • Viktoriya et Patrice Lajoye, "Un détective britannique au service de la police russe", introduction à P. Orlovets, Sherlock Holmes en Sibérie, Lingva, 2015
  • Jean-Pierre Naugrette, Détections sur Sherlock Holmes, Cadillon, Le Visage vert, , 310 p. (ISBN 978-2-918061-31-1).
  • William S. Baring-Gould (trad. Claude Perjac, préf. René Réouven), Moi, Sherlock Holmes [« Sherlock Holmes of Baker Street : a life of the world's first consulting detective »], Amiens, Encrage, coll. « La bibliothèque holmésienne » (no 1), , 222 p. (ISBN 2-906389-38-2, présentation en ligne).
  • Michael Hardwick (trad. Jean-Paul Schweighaeuser, préf. Jean-Pierre Croquet), Guide complet de Sherlock Holmes [« The complete guide to Sherlock Holmes »], Amiens, Encrage, coll. « La bibliothèque holmésienne » (no 2), , 222 p. (ISBN 2-906389-76-5).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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