Théâtre-Libre

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Plaque commémorative au 37 rue André-Antoine marquant l'emplacement de la salle où fut créé le Théâtre-Libre

Les programmes et les affiches étaient réalisés par des artistes tels que Ibels, Vuillard, Signac, Willette, Toulouse-Lautrec, Abel Truchet, Henry Gerbault, Louis Anquetin, Alexandre Charpentier, de facture réaliste, souvent féroces, qui témoignaient de l'atmosphère du Théâtre-Libre, et de l'esprit de liberté du répertoire et du jeu.

Naturalisme théâtral[modifier | modifier le code]

Le naturalisme, qui était alors au premier plan de l'actualité littéraire, restait exclu des scènes officielles. André Antoine comprit tout le parti que le théâtre pouvait tirer des théories d'Émile Zola. Le Théâtre-Libre serait donc la scène ouverte à l'opposition dramatique, à tous les refusés de la Comédie-Française et du Théâtre de l'Odéon[1]. Le Théâtre-Libre se présenta d'abord comme un laboratoire expérimental pour initiés, puis comme un théâtre de provocation. Après une période de difficultés qui l'obligea à quitter Paris pendant près de trois ans, il devint le lieu de rendez-vous de la haute société.

Découverte de nouveaux talents[modifier | modifier le code]

En 1887, le Théâtre-Libre s'installa dans la salle des Menus-Plaisirs, dans le 10e arrondissement, la propriétaire des murs ayant enfin offert des conditions acceptables à André Antoine. Mais en 1894, le directeur du théâtre, en période de difficulté, ayant cédé à l'un de ses comédiens, Antoine Larochelle, le nom Théâtre-Libre, il dut rouvrir ses portes sous un autre nom. Ce sera le Théâtre Antoine où l'activité du Théâtre-Libre se poursuivit avec des auteurs tels que Courteline, Tolstoï, Balzac[2], Giovanni Verga, Ivan Tourgueniev, et où furent jouées des œuvres inédites d'écrivains tels que les frères Goncourt, Paul Claudel et Villiers de L'Isle Adam. Dans ses premières années d'activité, le Théâtre-Libre présenta un très grand nombre d'œuvres inédites ou composées par de jeunes auteurs dramatiques, bien plus que la Comédie-Française et le Théâtre de l'Odéon réunis. On peut citer encore Jules Lemaître, Jules Renard, Anatole France et Marie Lenéru (presqu'aveugle, atteinte de surdité dès l'âge de quinze ans), qui produisit son Journal et un essai sur Saint-Just. Parmi les acteurs se trouvait Lucien Guitry[3].

Rodolphe Darzens, assistant d'André Antoine jusqu'en 1894, y apporta entre autres et pour la première fois une œuvre d'Henrik Ibsen.

Programmes[modifier | modifier le code]

Premier programme de la saison 1892-1893 illustré par Henri-Gabriel Ibels.

(liste non exhaustive

  • 1890 Myrane, Comédie en gros actes d'Emile Bergerat [4]
  • 1891 - Les Fourches Caudines, drame en un acte de Maurice Le Corbeiller [5]
  • 1891 - La Rançon, comédie en trois actes en prose de Gaston Salendri [6]
  • 1891 - L'Abbé Pierre, pièce en un acte de Marcel Prévost
  • 1891 - Un Beau Soir, comédie en un acte de Maurice Vaucaire
  • 1892 - Le Père Goriot, comédie d'Honoré De Balzac [7]
  • 1892 - L'Etoile Rouge, pièce en trois actes de Henry Fèvre [8]
  • 1892 - Seul, Pièce en deux actes d'Albert Guinon
  • 1892-1893 - Les Tisserands, drame en cinq actes - La Fumée , puis La Flamme,
  • 1894 - L'Inquiétude - Amants éternels
  • 1895-1896 - La fille d'Artaban - La Nébuleuse - Dialogue Inconnu[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Larousse encyclopédique, vol. I, p. 551.
  2. Larousse encyclopédique en 10 volumes, vol. 10, p. 10185.
  3. René Lalou, Le Théâtre en France depuis 1900, PUF, coll. « Que sais-je ? » 1968, p. 5-30.
  4. « Myrane », sur Gallica,
  5. « Gallica », sur Gallica,
  6. « La Rançon », sur Gallica,
  7. « Le Père Goriot », sur Retronews,
  8. « L'Etoile Rouge », sur Retronews,
  9. Programmes illustrés par Ibels, Truchet, Gerbault, Anquetin à la Galerie Laurencin

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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