Israélite

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Jacob, « patriarche des Israélites »

Les Israélites étaient un peuple du Moyen-Orient qui habitait une partie de Canaan durant la période tribale et monarchique[1].

Dans la Torah et l'Ancien Testament chrétien, le terme israélite désigne les descendants des douze fils de Jacob, chefs des douze tribus d'Israel[2].

Le terme israélite est assimilé aux termes juif et hébreux. Il est toutefois donné par la plupart des dictionnaires comme dépassé ou tombé en désuétude[3]. Dans la Torah, le terme juif désigne les peuples du royaume de Judée originellement de la tribu de Judas. Ainsi, les Samaritains se considèrent Israélites du royaume d’Israël au nord (ou royaume de Samarie), en opposition aux Israélites "juifs" du royaume de Judée[4],[5]. Le terme hébreux pour sa part désigne les descendants des membres de la tribu de Eber, dont descendraient les israélites.

Emploi du terme en France[modifier | modifier le code]

Contexte antique[modifier | modifier le code]

Contexte moderne[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle le mot est associé aux institutions dont le rôle est d'administrer le culte religieux en France. Cela commence avec la création du Consistoire central israélite de France créé par Napoléon Ier. On en trouve encore la trace dans les intitulés de nombreuses institutions, par exemple l'Alliance israélite universelle[6] ou les Éclaireuses éclaireurs israélites de France.

Le terme va donc en général désigner en France jusqu'à la Seconde Guerre mondiale les Juifs considérés comme intégrés dans le jeu des institutions. Mais l'irruption de la Shoah dans l'histoire a bouleversé les champs sémantiques. Elle change notre regard sur ce « modèle israélite » qui appartient aujourd'hui à l'histoire de l'« exception française ». Les débats sur l'identité juive en témoignent. L'usage du terme « israélite » a pris d'autres connotations qui peuvent, eu égard à l'origine de celui-ci, paraître paradoxales. Utiliser aujourd'hui le mot « israélite » comme synonyme du mot « juif » provoque toujours des déplacements de sens. En France cette fonction d'« euphémisation » est souvent à l'œuvre dans la rhétorique des discours de l'extrême droite. Sinon les historiens l'utilisent en faisant référence à cette situation française.

On pourra à cet égard s'intéresser aux travaux de Pierre Vidal-Naquet et de Chantal Bordes-Benayoun.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Encyclopedia Universalis, sv « Judaïsme ».
  • Jean-Paul Sartre, Réflexions sur la question juive, 1946.
  • Pierre Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, Paris, 2005, édition revue et augmentée.
  • Patrick Cabanel, Chantal Bordes-Benayoun, Un modèle d'intégration : Juifs et israélites en France et en Europe (XIXe-XXe siècles), Berg-International.
  • Élisabeth Roudinesco, Retour sur la question juive, Albin Michel, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Finkelstein, Israel, and Nadav Naʼaman, eds. From nomadism to monarchy: archaeological and historical aspects of early Israel.
  2. (en) Robert L.Cate,, Israelite
  3. « Juif ou israélite ? Halte à la polémique »
  4. (en) « THE ISRAELITE-SAMARITANS »,
  5. « The samaritan update »
  6. Site officiel de l'Alliance israélite universelle.

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