Aser

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Asher)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Asher (homonymie).

Aser ou Asher (Hébreu: אָשֵׁר, Standard Ašer, Tibérien ʾĀšēr) est, selon l'Ancien Testament, le huitième fils de Jacob. Sa mère est Zilpa, servante de Léa, la première épouse de Jacob. Son nom signifie « bonheur » car Léa dit : « Il est né pour mon bonheur ». Il est à l'origine d'une des douze tribus d'Israël errant dans le désert du Sinaï après la sortie d'Égypte. Aser fait son testament âgé de 120 ans[1] et meurt[2].

Asher est aussi le masculin d'Ashera.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Aser et son demi-frère Joseph[modifier | modifier le code]

Joseph rapporte à son père Jacob la mauvaise réputation de Dan et Nephtali (fils de Bilha) et de Gad et Aser (fils de Zilpa)[3]. C'est ainsi que Joseph dit à son père Jacob que Dan, Nephtali, Gad et Aser dévorent les meilleures bêtes du troupeau[4]. En réalité Joseph les a vu manger un agneau agonisant retiré de la bouche d'un ours tué par Gad[5].

Un jour Jacob envoie son fils Joseph rejoindre ses frères qui font paître son petit bétail[6]. Les frères de Joseph complotent pour le tuer[7] et Siméon et Gad s'apprêtent à le tuer[8]. Joseph se met alors derrière Zabulon et les supplie de ne pas le tuer[9]. Ruben intervient et leur dit de ne pas le tuer mais de le jeter dans un puits, son intention étant de l'en retirer plus tard[10]. Finalement Joseph est dévêtu de sa tunique[11] et jeté dans un puits sans eau[12] où il reste affamé pendant trois jours et trois nuits[13]. Juda surveille le puits asséché pendant deux jours et deux nuits craignant que Siméon et Gad ne tuent Joseph[14]. Zabulon est ensuite chargé de surveiller ce puits jusqu'à la vente de Joseph[13].

Juda propose de vendre Joseph[15] à une caravane d'Ismaélites se rendant en Egypte[16]. Des Madianites retirent Joseph du puits sans eau et il est vendu pour vingt pièces d'argent[17]. Avant d'être vendu, Joseph est revêtu d'un vieux vêtement d'esclave[18]. En réalité, Gad et Juda le vendent pour trente pièces d'or, en cachent dix et en montrent vingt à leurs frères[19]. Siméon, Gad et six de leurs frères achètent des sandales[20]. Ruben, parti chercher du nécessaire stocké à Dotham[21], n'est pas au courant de cette transaction et retourne au puits sans eau mais ne retrouve pas Joseph[22].

La tunique de Joseph est trempée dans le sang d'un bouc égorgé[23] par Dan[24] et portée à leur père Jacob par Nephtali[25]. Jacob pense que son fils Joseph est mort dévoré par une bête sauvage[26] et se montre inconsolable[27].

Aser en Égypte[modifier | modifier le code]

Suite à une famine les fils de Jacob, dont Aser et sauf Benjamin, font un premier voyage pour acheter du blé en Égypte[28] et sont mis en prison pendant trois jours[29]. Ils sont libérés mais Joseph retient prisonnier Siméon[30] et leur donne finalement du blé à emporter[31]. Joseph exige qu'ils fassent venir à lui Benjamin pour libérer Siméon[32].

La famine continuant[33] les fils de Jacob, dont Aser et Benjamin le plus jeune fils, font un deuxième voyage pour acheter du blé en Égypte[34]. Siméon est libéré[35] puis Joseph se fait reconnaître à ses frères[36] qui retournent en Canaan avec de nombreux présents[37]. Les fils de Jacob donnent une harpe à Serah et jouant de cet instrument elle chante afin que Jacob comprenne que son fils Joseph est toujours vivant[38].

Jacob et toute sa descendance, dont Aser et sa fille Serah, s'installent en Égypte[39]. Yimna, Yishva, Yishvi et Beria sont les quatre fils d'Aser qui partent avec leur sœur Serah, leur père Aser et leur grand-père Jacob pour s'installer en Égypte au pays de Goshen dans le delta du Nil[40].

Avant de mourir Jacob prédit pour son fils: « D'Aser viendra un pain excellent. Il fournira les mets délicats des rois. »[41].

Aser et sa descendante la prophétesse Anne[modifier | modifier le code]

Dans le Nouveau Testament, il en est fait mention lorsque Joseph et Marie viennent accomplir au temple la cérémonie de purification: il est indiqué de la prophétesse Anne qu'elle est de la tribu d'Aser[42].

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Les bois d'Aser sont le lieu d'où vient l'amant, dans Le cantique de Bethphagé de Victor Hugo[43] : « L'ombre des bois d'Aser est toute parfumée », « L'oiseau semble, aux bois d'Aser, une âme dans les ramées ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Testament des douze Patriarches, Testament d'Aser I,1.
  2. Testament des douze Patriarches, Testament d'Aser II,13.
  3. Genèse 37,2.
  4. Testaments des douze Patriarches, Testament de Gad I,4.
  5. Testaments des douze Patriarches, Testament de Gad I,5.
  6. Genèse 37,12-17.
  7. Genèse 37,18.
  8. Testaments des douze Patriarches, Testament de Zabulon I,5.
  9. Testaments des douze Patriarches, Testament de Zabulon I,9.
  10. Genèse 37,21-22.
  11. Genèse 37,23.
  12. Genèse 37,24.
  13. a et b Testaments des douze Patriarches, Testament de Zabulon II,2.
  14. Testaments des douze Patriarches, Testament de Zabulon II,1.
  15. Genèse 37,27.
  16. Genèse 37,25.
  17. Genèse 37,28.
  18. Testaments des douze Patriarches, Testament de Zabulon II,7.
  19. Testaments des douze Patriarches, Testament de Gad I,10.
  20. Testaments des douze Patriarches, Testament de Zabulon I,11.
  21. Testaments des douze Patriarches, Testament de Siméon I,7.
  22. Genèse 37,29-30.
  23. Genèse 37,31.
  24. Testaments des douze Patriarches, Testament de Zabulon II,5-7.
  25. Midrash Sepher Hayashar, édition Lazarus Goldschmidt, Berlin 1923, pages 152-157.
  26. Genèse 37,33.
  27. Genèse 37,34-35.
  28. Genèse 42,3-4.
  29. Genèse 42,7.
  30. Genèse 42,24.
  31. Genèse 42,25.
  32. Genèse 42,34.
  33. Genèse 43,1.
  34. Genèse 43,15.
  35. Genèse 43,23.
  36. Genèse 45,1-4.
  37. Genèse 45,21-25.
  38. Abot Dir (Abbi) Nathan, édition Salomon Schechter, Vienne 1887. Reproduction New York, 1945. Page 90.
  39. Genèse 46,6-17.
  40. Genèse 46,17.
  41. Genèse 49,20.
  42. Luc 2,22-40.
  43. Victor Hugo, Le cantique de Bethphagé, dans La fin de Satan, G. Charpentier et Cie, éditeurs, Paris 1888.

Voir aussi[modifier | modifier le code]