Dieux très anciens

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Dieux très anciens
Personnage de fiction apparaissant dans
les récits du Mythe de Cthulhu.

Le « signe des Anciens » calqué sur la version décrite par August Derleth, notamment dans son roman The Lurker at the Threshold (en) (1945).
Le « signe des Anciens » calqué sur la version décrite par August Derleth,
notamment dans son roman
The Lurker at the Threshold (en) (1945).

Pouvoirs spéciaux variables
Ennemi de Grands Anciens

Membres Kthanid, Yad-Thaddag

Créé par August Derleth

Les Dieux très anciens (Elder Gods), également désignés comme les Anciens Dieux, Premiers Dieux ou Dieux aînés, sont des divinités fictionnelles créées par l'écrivain américain August Derleth.

August Derleth s'inspire de l'œuvre de Howard Phillips Lovecraft pour broder un cycle de pastiches littéraires, qu'il désigne sous le vocable « mythe de Cthulhu ». Il y imagine une lutte entre les Dieux très anciens, issus de sa plume, et les Grands Anciens (Great Old Ones), entités extraterrestres imaginées par Lovecraft.

Les exégètes du « maître de Providence » soulignent qu'à l'opposé du concept lovecraftien d'horreur cosmique et matérialiste, August Derleth réinterprète les Grands Anciens comme des forces élémentaires et maléfiques, comparables aux anges déchus du christianisme, tandis que le rôle de protecteurs échoie aux Dieux très anciens dans sa vision du mythe de Cthulhu[1],[2],[3],[4].

La conception derlethienne de ces entités est notamment partagée par l'écrivain britannique Brian Lumley, un autre auteur de nouvelles et romans rattachés au mythe de Cthulhu. Lumley réemploie et développe le panthéon des Dieux très anciens dans le cycle relatif à Titus Crow, du nom de son héros occultiste et aventurier.

Fictions « dunsaniennes » de Lovecraft[modifier | modifier le code]

Selon l'exégète lovecraftien Dirk W. Mosig, les Dieux très anciens ne se manifestent pour ainsi dire pas dans les récits littéraires de Howard Phillips Lovecraft puisque ce dernier n'emploie jamais le vocable Elder Gods. Par contre, l'appellation Elder Ones désigne apparemment les « faibles dieux de la Terre » (weak gods of the Earth) dans deux nouvelles lovecraftiennes inspirées plus ou moins par l'œuvre de Lord Dunsany[n 1] : L'Étrange maison haute dans la brume (The Strange High House in The Mist, 1926) et La Quête onirique de Kadath l'inconnue (The Dream-Quest of Unknown Kadath, 1927)[7],[8].

Dans ces deux récits apparaît une entité mal définie, dénommée Nodens le « Seigneur du Grand Abîme » (Nodens, Lord of the Great Abyss) d'après le dieu celtique éponyme de la guérison. La source d'inspiration de Lovecraft réside vraisemblablement dans le roman Le Grand Dieu Pan (1894) de l'écrivain britannique Arthur Machen, où figure une inscription romaine fictive évoquant le « Grand Nodens (le dieu des grandes profondeurs ou de l'abysse)[9]. »

L'Étrange Maison haute dans la brume retrace l'emménagement à Kingsport, ville portuaire fictive, d'un philosophe appelé Thomas Olney. Le nouvel arrivant, intrigué par une demeure surplombant Kingsport depuis le sommet d'une vertigineuse falaise, finit par rendre visite à son mystérieux propriétaire. Ce dernier, « vêtu de vêtements très anciens », lui offre l'hospitalité et évoque complaisamment ses souvenirs d'époques antédiluviennes. L'hôte de Thomas Olney s'interrompt momentanément, refusant d'ouvrir sa porte à une forme noire entraperçue à travers les vitres. En revanche, il accueille chaleureusement plusieurs êtres mythiques lorsque ceux-ci se manifestent grâce à un code convenu. Au seuil de la masure, Thomas Olney découvre des néréides et des tritons, Neptune tenant son trident caractéristique ainsi que la « forme grise et terrible du primitif Nodens » (the grey and awful form of primal Nodens) trônant dans un « vaste coquillage » porté par des dauphins[10].

Spécialiste de l'œuvre du « maître de Providence », le critique littéraire S. T. Joshi observe que le « Seigneur du Grand Abîme » peut difficilement être assimilé aux Elder Ones puisque ces « faibles dieux de la Terre » sont décrits comme doux ou bénins (mild), tempérament aux antipodes de celui de Nodens[9].

La Quête onirique de Kadath l'inconnue dépeint ainsi le « Seigneur du Grand Abîme » comme le maître des maigres bêtes de la nuit[9]. Ces sinistres créatures ailées et sans visages assistent le protagoniste Randolph Carter dans sa quête visant à retrouver la merveilleuse cité de Kadath sise dans le monde du rêve. La nouvelle établit également que les « faibles dieux de la Terre » se placent sous la protection de Nyarlathotep, dit le « Chaos rampant », « âme et messager » d'effroyables divinités distinctes appelées « Autres Dieux » (Other Gods)[11]. Adoptant l'apparence majestueuse d'un pharaon, Nyarlathotep mystifie cruellement Randolph Carter lorsque celui-ci croit parvenir au terme de sa quête. Contraint de chevaucher l'un des monstrueux Shantaks, énorme oiseau écailleux à tête de cheval, l'infortuné humain est conduit à la cour d'Azathoth, dit le « Sultan des Démons[12]. » Heureusement, Carter se remémore les douceurs de sa Nouvelle-Angleterre natale. Il parvient de la sorte à fausser compagnie à sa monture en tentant de rejoindre le monde de l'éveil[13],[14]. Assistant le rêveur de ses conseils soufflés « depuis d'innombrables profondeurs », « le vieux Nodens blanchi par les âges pouss[e] un hurlement de triomphe » lorsqu'un « étincelant rayon » réduit en poussière les créatures informes lancées par Nyarlathotep à la poursuite du fugitif[15].

Selon l'exégète Robert M. Price, Nodens tient le rôle d'un deus ex machina en secourant Randolph Carter et déjouant les plans de Nyarlathotep[16]. A contrario, S. T. Joshi réduit l'intervention du Seigneur du Grand Abîme à celle d'un « meneur de claque cosmique », considérant que tout le mérite de l'évasion revient au rêveur humain[9]. De surcroît, la sollicitude de Nodens semble se limiter à Carter en particulier et non s'étendre à l'ensemble du genre humain[17]. Malgré leurs divergences d'interprétations relatives à ce passage, les deux spécialistes s'accordent à reconnaître qu'il inspire probablement l'écrivain August Derleth lorsque celui-ci conçoit sa vision personnelle de l'œuvre lovecraftienne[18],[16].

« Mythe de Derleth »[modifier | modifier le code]

Originaire de Sauk City dans l'État du Wisconsin et correspondant de Lovecraft avant de devenir son éditeur posthume, August Derleth baptise « mythe de Cthulhu » l'ensemble des récits qui se rattachent censément aux fictions de Howard Phillips Lovecraft. Ce faisant, Derleth incorpore au « mythe » ses propres créations ainsi que ses interprétations anthropocentristes et manichéennes diamétralement opposées au cosmicisme de l'athée Lovecraft. Probablement en raison de sa culture catholique, Derleth échafaude une dichotomie similaire à celle du Dieu judéo-chrétien bannissant Lucifer du Paradis[1].

Très tôt, du vivant même de Lovecraft, Derleth assimile les entités lovecraftiennes à des créatures maléfiques tandis que dans les récits du « maître de Providence », les redoutables entités cosmiques tiennent généralement les mortels pour quantité négligeable et suivent leurs propres desseins incompréhensibles à l'esprit humain. Le pulp Weird Tales publie en août 1932 une nouvelle coécrite par August Derleth et Mark Schorer : The Lair of the Star-Spawn (dont le titre a été suggéré par Lovecraft). Les deux auteurs y mentionnent « Cthulhu, Hastur l'indicible, Lloigor et Zhar, les doubles obscénités, et d'autres », catégorisant ceux-ci comme des « Anciens Dieux » (Elder Ones ou Elder Gods), « êtres maléfiques » (evil beings) autrefois combattus et vaincus par les « Grands Anciens » (Great Old Ones) dans le cadre d'une lutte pour la suprématie sur la planète Terre. Curieusement, le vocable « Grands Anciens » désigne ici les adversaires des méchants « Anciens Dieux[19]. »

Le , dans une lettre adressée à l'écrivain Robert Barlow, August Derleth expose brièvement sa conception de « la mythologie » telle qu'il la comprend : « les Anciens (the Ancient or Old Ones) gouvernaient les Univers. Contre leur autorité se révoltèrent le maléfique Cthulhu, Hastur l'indicible, etc., qui engendrèrent à leur tour le peuple Tcho-Tcho et d'autres créatures adonnées à leur culte[n 2]. » Ces Ancient or Old Ones deviendront les Elder Gods dans des textes ultérieurs[20].

Dans l'article « H. P. Lovecraft, Outsider », rédigé peu de temps après la mort du « maître de Providence » et publié dans le magazine River en juin 1937, August Derleth prête au défunt plusieurs opinions erronées, observe le critique littéraire S. T. Joshi. Ainsi, sur la foi d'une citation apocryphe de Lovecraft — mentionnant censément la pratique de la « magie noire » par ses créatures fictionnelles —, Derleth attribue à son ex-correspondant ses propres conceptions relatives au « mythe de Cthulhu » soi-disant similaire au « mythe chrétien[21],[22]. »

Dans la nouvelle Le retour d'Hastur (The Return of Hastur), vraisemblablement conçue dès février 1932 puis rédigée à partir de janvier 1933 avant de paraître finalement dans Weird Tales en mars 1939[23], August Derleth décline plus longuement ses conceptions par l'intermédiaire du personnage Paul Tuttle : « cette mythologie découle d'une source commune avec la légende de la Genèse », malgré une ressemblance superficielle. Tuttle conjecture l'antériorité de la « mythologie cosmique et éternelle » dont les acteurs sont « de deux essences uniquement : les Vieux, ou Anciens, les Dieux Aînés issus du Bien cosmique [the Old or Ancient Ones, the Elder Gods, of Cosmic Good], et ceux qui sont issus du Mal cosmique qui portent différents noms, eux-mêmes appartenant à différents groupes. » Ces groupes correspondent aux forces élémentaires, selon Tuttle, qui poursuit son « petit cours » à l'intention du narrateur Haddon : « Il y a très longtemps, les Anciens bannirent les Mauvais [the Evil Ones] de l'espace cosmique et les emprisonnèrent en différents lieux. Mais avec le temps, ceux-ci ont donné naissance à des suppôts de Satan qui ont entrepris de préparer leur retour. Les Anciens n'ont pas de nom, mais leur pouvoir est, et sera, apparemment, suffisant pour faire échec à celui des autres. » Bien que les groupes d'élémentaires maléfiques s'opposent entre eux, « tous haïssent et craignent les Anciens. Ils rêvent de les abattre un jour ou l'autre[24] ». La nouvelle se clôt par l'affrontement entre Cthulhu, « l'élémentaire de l'eau », et Hastur, celui de l'air. Les deux créatures sont ensuite brutalement renvoyées dans leurs prisons respectives par une « gigantesque décharge d'énergie électrique en forme de lumière » d'où jaillissent « deux espèces de tentacules de feu[25]. »

Après avoir fondé sa maison d'édition Arkham House en 1939, August Derleth republie les textes de Lovecraft ainsi que ses propres récits également parus dans des pulps. Par ce biais, l'écrivain et éditeur continue d'imputer ses inventions à l'auteur disparu, en particulier dans son court essai « The Cthulhu Mythos » (1969), fréquemment réimprimé. Derleth y affirme notamment que parmi les « divinités ou forces conçues » par Lovecraft pour « son Mythe », il y avait, « initialement, les Dieux très anciens, dont nul n'est identifié par son nom à l'exception de Nodens, seigneur du Grand Abîme ; ces Dieux très anciens étaient des divinités bienveillantes, représentant les forces du bien, et existant paisiblement sur (ou près de) Bételgeuse de la constellation d'Orion[26]. » Selon le principe de continuité rétroactive, Derleth incorpore donc Nodens dans le panthéon des Dieux très anciens. Paradoxalement, l'éditeur d'Arkham House n'inclus pas L'Étrange maison haute dans la brume et La Quête onirique de Kadath l'inconnue, autrement dit les deux nouvelles évoquant Nodens, dans l'ensemble de textes lovecraftiens qu'il considère corrélé au « mythe de Cthulhu[27]. »

Cycle de Titus Crow[modifier | modifier le code]

Brian Lumley en 2011.

Dans la continuité du mythe de Cthulhu envisagé par August Derleth, l'auteur britannique Brian Lumley rédige un cycle de romans et nouvelles narrant les aventures de Titus Crow et d'Étienne-Laurent de Marigny, occultistes dotés de pouvoirs psychiques qui luttent vaillamment, au sein de la « fondation Wilmarth », contre les Grands Anciens. Les deux héros reçoivent parfois l'aide des Dieux très anciens par le biais de pierres en forme d'étoile portant le « signe des Anciens » (Elder sign)[28].

Dans le roman La Fureur de Cthulhu (The Transition of Titus Crow, 1975), Crow voyage psychiquement jusqu'à la planète Élysia, habitacle des Dieux très anciens, où il apprend que jadis, ces derniers emprisonnèrent ou bannirent les « divinités du cycle de Cthulhu » (Cthulhu Cycle Deities dits « CCD »), ex-Dieux Très Anciens qui se tournèrent vers le mal[29].

Le roman Les Abominations de Cthulhu (The Clock of Dreams, également intitulé De Marigny's Dream Quest, 1975) permet à Lumley de mettre en scène l'une de ses créations, Kthanid l'Éminence, en remplacement de Nodens, jamais nommé[16]. « Cousin » et sosie de Cthulhu, Kthanid l'Éminence arbore des yeux dorés empreints de sagesse. Trônant dans sa salle de cristal et de perles, il communique par télépathie avec Marigny. Le Dieu très ancien parvient finalement à vaincre Nyarlathotep mais dans le roman suivant, Le Démon du vent (Spawn of the Wind), le « cousin » du seigneur de R'lyeh apprend à Crow que l'alignement des étoiles annonce la libération prochaine des Grands Anciens[29],[30],[31],[32].

Autre création de Brian Lumley, Yad-Thaddag pourrait être l'équivalent de Yog-Sothoth chez les Dieux très anciens[33].

Critiques[modifier | modifier le code]

Stimulées par la publication partielle chez Arkham House de l'énorme correspondance de Howard Phillips Lovecraft, les études littéraires anglophones consacrées à l'auteur prennent leur essor à compter des années 1970. Dans ce cadre, Richard L. Tierney[34], Dirk W. Mosig[35], S. T. Joshi et d'autres spécialistes du « maître de Providence » expriment nombre de critiques visant les interprétations des textes lovecraftiens par August Derleth[36],[37],[38].

Dans son compte rendu du recueil La Trace de Cthulhu d'August Derleth, le critique George W. Barlow émet de fortes réserves sur le talent littéraire du fondateur de la maison d'édition Arkham House. Barlow met en cause, entre autres, l'intérêt même des développements relatifs aux Dieux très anciens, qu'il dénomme « Premiers Dieux » :

« Le disciple de Lovecraft exploite les intuitions de son maître avec beaucoup de persévérance et fort peu d'imagination. Il ne laisse dans l'ombre rien de ce qui aurait gagné à y rester, sur la lutte des Grands Anciens entre eux et contre les Premiers Dieux, sur le Necronomicon et son auteur, l'Arabe dément Abdul Al-Hazred. Ces cinq nouvelles, d'intrigues exactement semblables, et répétant les mêmes explications, étaient peut-être supportables dans Weird Tales, étalées de 1944 à 1952 ; elles ne le sont pas, réunies en volume sans aucune retouche[39]. »

Le signe des Anciens (Elder sign en anglais), comme calligraphié par Lovecraft dans une lettre de 1930 à Clark Ashton Smith[40],[41].

Évoquant le roman Le Réveil de Cthulhu de Brian Lumley, George W. Barlow observe que l'auteur britannique emprunte « la recette chez le chef Lovecraft : expéditions lointaines + exploration des profondeurs + incantations et rites mystérieux + disparitions inexpliquées + cataclysmes inquiétants + pressentiments angoissants + confrontation avec la monstruosité », à cette nuance près que Lumley considère « les symboles verbaux ou matériels permettant d'agir sur les Cthoniens comme des blocages mentaux et génétiques implantés en eux par les Anciens Dieux (dont la « magie » était en fait une « super-science ») ». Barlow conclue qu'ainsi, « Lumley passe du surnaturel matérialiste au naturel spiritualiste[42]. ».

De surcroît, les récits de Brian Lumley adoptent un ton héroïque, « burroughsien », très éloigné des textes du « maître de Providence », suscitant de la sorte les critiques d'exégètes lovecraftiens[16]. Dirk W. Mosig souligne qu'à l'inverse de Lovecraft, August Derleth et Brian Lumley classifient, dissèquent et expliquent laborieusement « l'Inconnu », tuant dans l'œuf tout mystère et effroi pour les remplacer par « l'absurde et le ridicule[43]. ». Mosig ajoute que Derleth réinterprète notamment le « signe des Anciens » (Elder sign), mentionné succinctement par Lovecraft dans La Quête onirique de Kadath l'inconnue (1926) et Les Montagnes hallucinées (1936), comme une sorte de talisman capable de repousser ou d'emprisonner les créatures du mythe de Cthulhu, tel un crucifix utilisé contre des vampires, « sans parler des interventions des secourables Dieux très anciens qui arrivent selon un timing rappelant celui de la cavalerie américaine dans les mauvais westerns[7]. » L'analogie est reprise par l'essayiste belge Jacques Van Herp, qui blâme Lumley de transformer « l'univers de Lovecraft en un monde de western[44] ».

L'exégète Robert M. Price se demande si la notion derlethienne de « Dieux très anciens » ne trouverait pas un écho dans le court roman Les Montagnes hallucinées (At the Mountains of Madness, écrit en 1931 puis publié en 1936) où Lovecraft évoque un conflit entre l'engeance stellaire de Cthulhu et les Anciens (Elder Ones ou Elder Things[n 3]), créatures mi-végétales, mi-animales, en forme de barrique[46]. Cependant, S. T. Joshi objecte que Lovecraft ne place pas cette lutte sur le plan moral et ne mentionne pas le sort de l'humanité comme l'un de ses enjeux[47].

Parallèlement à la recrudescence d'études littéraires américaines initiée dans les années 1970, les essayistes francophones Maurice Lévy, Francis Lacassin et Jacques Finné attribuent erronément la création des Dieux très anciens à Lovecraft. Paru en 1972[48], l'essai Lovecraft ou du Fantastique de l'angliciste Maurice Lévy affirme que dans l'œuvre lovecraftienne, Azathoth « a excité et mené les « Grands Anciens » dans leur rébellion et (...) les « Anciens Dieux » [l']ont châtié non pas en l'emprisonnant, mais en le reléguant dans les « Espaces Extérieurs » et surtout en le rendant aveugle et idiot[49]. » Supprimé dans la traduction américaine de l'ouvrage[n 4], ce passage relatif aux « Anciens Dieux » est néanmoins repris par Jacques Finné dans un essai dédié à la littérature fantastique américaine[52]. Quant à Francis Lacassin, dans sa préface à l'édition française partielle de la correspondance de Lovecraft (1978), il crédite également Lovecraft de l'invention des Dieux très anciens. L'essayiste interprète ceux-ci comme une « personnifi[cation] de la démocratie » tandis que les Grands Anciens « sublime[raient] » les travers de l'auteur de Providence : racisme, fascination vis-à-vis des régimes autoritaires, « tabous et fantasmes sexuels[53]. »

Autres médias[modifier | modifier le code]

Jeux de rôle[modifier | modifier le code]

Donjons et Dragons[modifier | modifier le code]

Donjons et Dragons (Dungeons & Dragons), le premier jeu de rôle, compte dans sa gamme dédiée à ses Règles avancées (Advanced Dungeons & Dragons ou « AD&D ») un supplément intitulé Deities & Demigods (en). Publiée en 1980 par TSR, la première édition de cet ouvrage propose les caractéristiques ludiques de divinités et héros issus de plusieurs mythologies (grecque, nordique, etc.) ainsi que d'univers fictionnels créés respectivement par les écrivains Fritz Leiber, Michael Moorcock et Howard Phillips Lovecraft. Dans la section dédiée à ce dernier auteur, après une présentation du mythe de Cthulhu qui retrace le châtiment infligé aux Grands Anciens par les « elder gods », le supplément énumère les caractéristiques de diverses entités et créatures[54] imaginées par Lovecraft et August Derleth. Toutefois, Deities & Demigods prend soin d'attribuer à Derleth le concept relatif aux elder gods, en distinguant explicitement celui-ci des créations de Lovecraft[n 5].

En 1981, la réédition de Deities & Demigods supprime toute référence au mythe de Cthulhu en raison de problèmes liés au copyright de l'œuvre lovecraftienne, alors revendiqué par Arkham House. À l'époque, cette maison d'édition vend une licence à la société Chaosium afin que le contexte fictionnel du Mythe soit utilisé dans le cadre d'un autre jeu de rôle, L'Appel de Cthulhu (Call of Cthulhu)[54].

L'Appel de Cthulhu[modifier | modifier le code]

Dans L'Appel de Cthulhu, publié par Chaosium depuis 1981, le panthéon des Dieux très anciens incorpore Nodens, conformément au « mythe de Derleth ». Parmi ces entités, le jeu de rôle compte également Hypnos[réf. nécessaire], le dieu grec du sommeil mentionné dans la nouvelle homonyme de Lovecraft[56],[57],[58], ainsi que la déesse Bast à tête de chat[réf. nécessaire], inspirée de la déesse égyptienne Bastet.

À l'origine, Bast est mentionnée succinctement dans les nouvelles L'Expérience de James Allington (The Suicide in the Study, 1935) et La Grimace de la goule (The Grinning Ghoul, 1936) de l'écrivain Robert Bloch. Ce dernier y évoque The Black Rites, un ouvrage fictif censément dû à la plume du « poète fou Luveh-Keraphf [ou Luveh-Keraph], prêtre de Bast », en guise de clin d'œil à l'un des surnoms dont Lovecraft, grand amateur de félins, s'attribuait à lui-même dans le cadre de sa correspondance[59],[60],[61].

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Lors de l'élaboration du contexte du jeu vidéo World of Warcraft de Blizzard Entertainment, les noms de Cthulhu, Yog-Sothoth et Shub-Niggurath inspirent ceux de leurs équivalents ludiques « C'Thun », « Yogg-saron » et « Y'Shaarj », présentés comme des « Dieux très anciens » (Old Gods, Elder Gods ou Old Ones)[62],[63],[64]. Conséquemment, les monstrueux Dieux très anciens de World of Warcraft équivalent aux Grands Anciens du mythe de Cthulhu et non aux divinités bénignes créées par August Derleth.

Ces Dieux très anciens apparaissent également dans Les murmures des Dieux très anciens, extension de Hearthstone: Heroes of Warcraft, jeu de cartes à collectionner en ligne basé sur l'univers de Warcraft et produit également par Blizzard Entertainment.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Admirateur de l'œuvre de Lord Dunsany, Howard Phillips Lovecraft traverse une période dite « dunsanienne » de 1919 à 1927, pendant laquelle il « cré[e] un univers de fantaisie quasi oriental de royaumes et de cités allégoriques ou oniriques », observe l'essayiste Lauric Guillaud[5].
    Les exégètes S. T. Joshi et David Schultz précisent que l'influence dunsanienne, plus prégnante dans les nouvelles rédigées par Lovecraft entre 1919 et 1921 (La Malédiction de Sarnath, Les Chats d'Ulthar, Les Autres Dieux, etc.), s'affine dans L'Étrange Maison haute dans la brume (1926).
    Enfin, La Quête onirique de Kadath l'inconnue (1927) rassemble dans le « monde du rêve » plusieurs références et personnages (les cités d'Ulthar et de Céléphaïs, le roi Kuranes...) apparus dans des récits lovecraftiens antérieurs. Cependant, Joshi et Schultz estiment que la nouvelle constitue moins un hommage qu'un rejet de Lord Dunsany. Selon eux, après deux années vécues loin de la Nouvelle-Angleterre, Lovecraft associerait désormais l'œuvre littéraire de l'auteur irlandais à une certaine forme d'« artificialité décorative. » Ainsi en témoignerait le protagoniste Randolph Carter lorsque celui-ci prend conscience que la merveilleuse cité passionnément recherchée dans le monde du rêve n'est autre qu'un reflet de Boston, sa ville natale. Cette épiphanie s'accompagne chez Carter d'une meilleure appréciation de la valeur et la beauté du prosaïque monde réel, illustrée préalablement par les regrets de Kuranes, souverain captif du monde du rêve[6].
  2. « According to the mythology as I understand it it is briefly this : the Ancient or Old Ones ruled the universes - from their authority revolted the evil Cthulhu, Hastur the Unspeakable, etc. who in turn spawned the Tcho-Tcho people and other cult like creatures[20]. »
  3. Lovecraft emploie simultanément les vocables Elder Ones et, dans une moindre mesure, Elder Things pour désigner ces créatures dans Les Montagnes hallucinées. Par la suite, le jeu de rôle L'Appel de Cthulhu les désigne exclusivement comme des Elder Things (généralement traduit par « Choses très anciennes ») afin d'éviter toute confusion avec diverses autres entités lovecraftiennes également appelées Old Ones[45].
  4. L'exégète lovecraftien Steven J. Mariconda observe que dans la traduction anglaise de l'essai de Maurice Lévy, le critique littéraire S. T. Joshi opère quelques coupes relatives aux conceptions derlethiennes[50]. Cependant, une allusion à la rébellion et au châtiment des « Autres Dieux » subsiste dans la traduction ; ce passage est annoté par Joshi afin de rétablir la paternité d'August Derleth dans la naissance des Dieux très anciens[51].
  5. « First worshiped by the non-human races of the planet [Earth], the Old Ones were later banished or locked away by the elder gods. The elder gods do not enter into the stories much, and their identity is a mystery. (...) Derleth introduced the concept of a struggle between the Old Ones and the forces of good. Lovecraft's original concept was far less sanguine - all of his gods were evil and chaotic, and the best mankind could expect from them was indifference[55]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mosig 2011, p. 16-19.
  2. Price 1982, p. 17-18.
  3. Schultz 1986, p. 47-49.
  4. Burleson et al. 1987, p. 25.
  5. Lauric Guillaud, « Le thème de la décadence chez C. A. Smith et R. E. Howard », dans H. P. Lovecraft, fantastique, mythe et modernité, Paris, Dervy, coll. « Cahiers de l'hermétisme », , 464 p. (ISBN 2-84454-108-9, présentation en ligne), p. 300.
  6. Joshi et Schultz 2004, p. 74-75 ; 77-78.
  7. a et b Mosig 2011, p. 17.
  8. Joshi 2015.
  9. a, b, c et d Joshi 2015, p. 63.
  10. Lovecraft, « L'Étrange Maison haute dans la brume » dans Les mythes de Cthulhu, p. 89-96.
  11. Harms 1998, p. 232.
  12. Lovecraft, « À la recherche de Kadath » dans Démons et merveilles, Le monde du rêve, p. 145-146.
  13. Lovecraft, « À la recherche de Kadath » dans Démons et merveilles, Le monde du rêve, p. 146-147.
  14. Joshi 2015, p. 62-63.
  15. Lovecraft, « À la recherche de Kadath » dans Démons et merveilles, Le monde du rêve, p. 147-148.
  16. a, b, c et d Price : The Transition of Brian Lumley, p. 77.
  17. Joshi 2015, p. 120.
  18. Joshi : Lovecraft vs. Derleth, p. 46.
  19. Joshi 2015, p. 216-217.
  20. a et b Joshi : Lovecraft vs. Derleth, p. 50.
  21. Schultz 2011, p. 216-223.
  22. Joshi 2015, p. 204-205 ; 208-210.
  23. Joshi 2015, p. 217-218.
  24. August Derleth, « Le retour d'Hastur » dans Le Masque de Cthulhu, Les « collaborations » Lovecraft-Derleth, p. 538.
  25. August Derleth, « Le retour d'Hastur » dans Le Masque de Cthulhu, Les « collaborations » Lovecraft-Derleth, p. 553.
  26. Joshi 2015, p. 207-208.
  27. Joshi 2015, p. 208.
  28. Joshi 2015, p. 277-279.
  29. a et b Joshi 2015, p. 279-280.
  30. Lumley 1977.
  31. Lumley 1978.
  32. Lumley 1979.
  33. Harms 1998, p. 336.
  34. Tierney 1972, p. 53.
  35. Mosig 1976, p. 48–55.
  36. (en) S. T. Joshi, « The Developement of Lovecraftian Studies 1971-1982 (Part I) », Lovecraft Studies, West Warwick, Necronomicon Press, no 9 (vol. 3, no 2),‎ , p. 62-71 (lire en ligne).
  37. Price : The Last Vestige of Derleth Mythos, p. 128.
  38. Dziemianowicz : Divers Hands, p. 248.
  39. George W. Barlow, compte rendu de La Trace de Cthulhu d'August Derleth, Fiction no 269, mai 1976, [lire en ligne].
  40. (en) H. P. Lovecraft, Selected Letters III, Sauk City, WI, Arkham House, (ISBN 0-87054-032-7), p. 216
  41. Il est mentionné une première fois par Lovecraft dans l'histoire La Quête onirique de Kadath l'inconnue (The Dream Quest of Unknown Kadath, 1926), bien qu'il ne soit pas décrit précisément : « the farmer and his wife would only make the Elder Sign and tell him the way to Nir and Ulthar »
  42. George W. Barlow, compte rendu de Le Réveil de Cthulhu de Brian Lumley, Fiction no 278, mars 1977, [lire en ligne].
  43. Mosig 2011, p. 18.
  44. Jacques Van Herp, revue Phénix, no 6, septembre 1986 (cité par Jean-Pierre Andrevon dans Fiction, no 382, 1987, lire en ligne).
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    Nouvelle édition augmentée d'une préface inédite de l'auteur.
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    Traduction abrégée. Seul le premier tome est paru.
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Annexes[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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    Article repris dans (en) Richard L. Tierney, « The Derleth Mythos », Crypt of Cthulhu, Cryptic Publications, no 24,‎ , p. 52–53 (lire en ligne)
    Article repris dans (en) Richard L. Tierney, « The Derleth Mythos », dans S.T. Joshi (dir.), Dissecting Cthulhu : Essays on the Cthulhu Mythos, Lakeland (Floride), Miskatonic River Press, , 280 p. (ISBN 978-0-9821818-7-4, présentation en ligne), p. 10-12.

Articles connexes[modifier | modifier le code]